.

.

samedi 16 juillet 2016

Goldfish

Joueur invétéré, Goldfish est de retour dans la ville qu'il avait quittée précipitamment dix ans plus tôt pour sauver sa vie. Il vient chercher le plus précieux des biens, son fils, élevé par Lauren, son ex-femme. Aujourd'hui, celle-ci règne sur le crime organisée de manière incontestée et le roi des cartes commence une délicate partie qui relève plus de la roulette russe que du poker...David Gold, alias ''Goldfish'', autrefois un escroc réputé, est de retour en ville après des années d'absence. Ce n'est pas pour retrouver son vieil ami devenu policier, ni son ancienne compagne maintenant boss de la pègre. Tout ce qu'il veut, c'est revoir son fils.Voici de nouveau un bon thriller signé Brian Michael Bendis, qui nous emmène dans le monde crapuleux des salles de jeu, de la prostitution, de la drogue et de… la corruption. Sans trop dévoiler l’intrigue, je peux vous dire que le personnage principal (David Gold alias Goldfish) m’a vite accroché. Après dix ans d’absence, il revient en ville avec la ferme intention de récupérer son fils. En dix ans, sa femme a eu le temps de faire fructifier sa petite affaire juteuse. Elle est aujourd’hui à la tête d’une fortune, capable de payer les meilleurs hommes de main. Elle manie l’argent sale avec dextérité et dirige son empire avec poigne. Si son ex est bien décidé à avoir le fin mot de l’histoire, autant vous dire qu’elle ne l’entend pas de cette oreille. On arrive dans la vie de Goldfish le jour où il débarque en ville. On ne connait rien de son passé et on se retrouve donc complètement à la merci de ce personnage visiblement peu loquace. Son plan nécessite qu’il reprenne contact avec quelques anciennes connaissances. Ces confrontations seront autant de prétextes utilisés par l’auteur pour nous approfondir son personnage, fouiller son passé et – par la même occasion – nous forcer à corriger les fausses représentations qu’on avait pu se créer.(http://www.bedetheque.com/serie-7407-BD-Goldfish.html)



                                


Ce choix narratif sert l’intrigue et impose un sentiment d’insécurité permanente. A l’instar du héros, on reste sur nos gardes et on est vigilent au moindre élément du scénario. L’atmosphère de l’album est très agréable. On est pris par cette histoire haletante où la voix-off et les dialogues semblent se placer instinctivement dans les cases. Il me semble que Bendis a un sens de la composition visuelle qui lui est propre. Il remanie en permanence la disposition de ses planches et n’hésite pas à marquer brutalement des temps d’arrêt dans son scénario. L’auteur illustre ces passages avec un minimum de cases par page voire des visuels en pleine page. Dans ces moments-là, il peut superposer des petites cases – autant de détails à prendre en compte pour appréhender l’ambiance de la scène – sur le dessin principal. Il relance peu à peu son scénario en augmentant le nombre de bandes et/ou de cases… et peut aller jusqu’à découper frénétiquement ses planches en une quinzaine de vignettes. Quoiqu’il en soit, j’apprécie la manière dont les visuels s’organisent car cela donne un côté vivant et interactif à la lecture. Pourtant, j’ai régulièrement été en difficulté durant la lecture. Ne parvenant pas à reconnaître les personnages, j’ai dû revenir en arrière plusieurs fois. Bendis utilise les contrastes noir et blanc à outrance, certains visuels sont saturés de noir (choix de l’auteur ou rotative mal réglée ?). Conséquence : certains personnages sont difficilement identifiables (y compris Goldfish) et certains visuels sont complètement étouffés par une pénombre trop importante (j’avais déjà fait le même constat sur Torso).


                


Pour l'une de ses premières oeuvres Bendis nous fait un récit noir avec un trait lisible contrairement à son travail sur Jinx. Bendis n'a pas non plus son défaut (pour certains) poussé sur les dialogues dans cette oeuvre, meme si ils sont bien présents. Les personnages sont travaillés, mais la tension n'est pas assez mise en scène, je trouve. On pense notamment aux scènes avec le fils de Goldfish. Le final de l'histoire est plutot réussi, on appréciera l'ironie et le cynisme de celle-ci et nous montre qu'ici les adultes se comportent comme des enfants et les enfants comme des adultes. Cette oeuvre est donc un bon récit noir, bien exécuté au niveau du dessin, il manque encore quelque chose pour que ça soit plus que bien. On comprend avec ces débuts de Bendis l'embauche qui a suivi.Goldfish est un polar noir qui rend vraiment hommage aux classiques des années 40, au point qu'on y trouve des personnages appelés Lauren Bacall ou encore Marlowe. L'ambiance y est la même, milieu noir, un peu de pègre, un homme revenu du passé pour remuer des choses oubliées, un tripot où on trouve aussi des jeux clandestins, de la drogue et des filles. Les personnages ont tous un lourd passif et sont nettement moins inébranlables qu'ils s'en donnent l'apparence. La construction de cette intrigue est assez originale et plutôt bien menée.Dans la lignée de "Torso" du même Bendis... L'histoire sans être super originale est plaisante à déplucher malgrés le pavé. Le découpage est parfois déroutant mais le rendu Noir et Blanc est superbe, à la hauteur des dessins. Du bon Bendis, un bon polar...J’aime la manière dont Bendis nous met dans l’ambiance et développe ensuite ses intrigues mais ses albums souffrent, à mon avis, d’un défaut de lisibilité certain.Le trait de l’auteur est trop épais et ses noirs sont trop généreux, ce qui ne permet pas d’identifier immédiatement ses personnages et rend complexe la lecture. Reste que Goldfish est un bon polar qui devrait plaire aux amateurs du genre.(http://www.senscritique.com/bd/Goldfish/critique/47546017)

1 commentaire: