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samedi 16 juillet 2016

Don Taylor

Don Taylor débute au cinéma en 1943 comme acteur dans The human comedy. Les studios de la MGM l'emploient alors dans des rôles de jeune premier. En 1943, l'auteur dramatique Moss Hart lui confie l'un des rôles principaux de Winged victory, l'un des spectacles glorifiant l'aviation américaine les plus populaires. Quelques mois après ce succès à Broadway, Don Taylor apparaît dans l'adaptation cinématographique du spectacle, réalisée par George Cukor. Il obtient par la suite des rôles plus importants et donne la réplique à Barry Fitzgerald dans Naked city/La cité sans voiles (Jules Dassin, 1948). Dans ce film qui marque les débuts du film policier "néoréaliste" aux Etats-Unis (Dassin filme essentiellement en extérieurs, ce qui donne à son film une certaine authenticité), Taylor campe le jeune second d'un inspecteur à la poursuite d'un malfrat. En 1953, il est l'une des vedettes de Stalag 17 (Billy Wilder), prisonnier de guerre qui tente de s'échapper d'un camp nazi. À partir de 1957, Don Taylor se lance dans la réalisation, d'abord à la télévision, puis au cinéma. Il s'illustre particulièrement avec des films fantastiques : Escape from the planet of the apes/Les évadés de la planète des singes (1971), troisième volet de la série ; The island of Dr. Moreau/l'Île du docteur Moreau (1977) ; Damien : Omen II (1978). Avec The final countdown/Nimitz, retour vers l'enfer (1979), il pose la question de la responsabilité de l'homme face à l'histoire. Un porte-avions remonte le temps et se retrouve à l'époque de l'attaque de Pearl Harbor par l'aviation japonaise. Depuis 1980, Don Taylor se consacre exclusivement à la télévision.(http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=10455)


                                 


Quand je vois la qualité de Stalag 17 et du peu d'autres Wilder que j'ai vu, je me demande pourquoi je n'en vois décidément pas plus. L'occasion était trop bonne, c'était la fin des examens, le jour de mon anniversaire et le film passait au cinéma. Et ce film est juste un pur bonheur à savourer sans faim. Ce film est un sommet de comédie dramatique. Wilder marie parfaitement la noirceur de l'âme humaine avec une légèreté très appréciable. Car Stalag 17 est très drôle, ce qui le différencie largement de La Grande Evasion et de La Grande Illusion (que de grands films aussi d'ailleurs, sans vouloir tomber dans le jeu de mots bas de gamme). Le camp de prisonniers est ici tourné en dérision avec une délectable espièglerie. Déjà ça fait plaisir de voir un anti-héros en personnage principal, le personnage d'Holden est un homme bourré de défauts, qui cherche surtout à défendre ses intérêts par opportunisme. Et j'aime ce genre de personnages, loin d'être lisse et qui obtient ainsi directement ma sympathie. Dans l'ensemble je trouve l'écriture des personnages assez remarquable. Chacun a son temps de présence à l'écran, sa personnalité à développer et ça rend ce camp très vivant, avec des portraits atypiques et souvent réussis. Le duo Animal-Shapiro est juste irrésistible, à la fois drôle et touchant. A l'image du film d'ailleurs. Et on le sent qu'ils se font plaisir dans ce film, Preminger tenant ici un rôle de commandant de camp dans un registre burlesque juste réjouissant. La scène des bottes et du téléphone est un sommet d'humour, avec cette dose de malice qui parsème toujours le film et le rend plus qu'agréable. Pour autant le film ne se concentre pas uniquement sur l'aspect comédie bien que celui-ci soit très présent. Il y a une part tragique dans Stalag 17 qui ne délaisse pas les instants moins glorieux où l'homme dénonce, trahit, juge ou s'indiffère. Le film prend alors la forme d'un jeu de pistes, mêlant ainsi le sérieux au comique avec une aisance remarquable.


           


C'est tout le talent de Wilder d'opposer autant de registres sans que cela choque. L'ensemble est très fluide grâce à une mise en scène particulièrement réussie et un rythme prenant. Les 2 heures sont passées à vitesse grand V pour ma part car Wilder prend le temps de développer cet univers atypique et les personnages qui l'animent. Bourré d'humour et pourtant si cynique, Stalag 17 est une oeuvre unique, particulièrement habile, brillante et cohérente. Car le ton du film peut paraître déroutant à première vue, mais Wilder use d'un scénario précis et efficace qui ne rend aucune scène superflue et fluidifie l'ensemble. Un petit plaisir de cinéma, généreux et mis en scène par un grand cinéaste dont j'ai hâte de poursuivre la filmographie.Sombre et joyeux, ludique mais tendu, huis clos dénué de la moindre claustrophobie. Vous n'aimez pas les films de prisonniers ? Vous aimerez quand même celui-là, qui ne ressemble à rien de ce que vous avez pu voir, et certainement pas la grande évasion, quoique nombreux furent les films de prisonniers qui par la suite s'en inspirèrent. William Holden, passe-partout fétiche de Wilder, campe un anti-héros pour lequel on éprouve immédiatement de la sympathie. Les scènes sont parfaitement découpées et les actions rondement menées. Tout est décrit avec minutie, restituant une ambiance directe, comme si on y était. Si ce n'est pas une comédie, l'humour ne manque pas.


                               

ET bien que ce ne soit pas un film de guerre, la stratégie s'y invite régulièrement, avec intelligence. On pourra considérer que ce film ne fait pas le poids face à certains monuments de Wilder, ou des films de Guerre ; c'est vrai. Mais il bénéficie d'un savoir faire et d'une clarté suffisants pour qu'on y trouve plus qu'un divertissement. Disons que c'est le divertissement façon Wilder : haut de gamme, dont le postulat semble être, envers et contre toute attente, et quoiqu'il s'en défende, de ne jamais prendre les spectateurs pour des imbéciles.L’un des plus grands triomphes de Billy Wilder, et source de sa brouille avec les studios Paramount, est lié au cocktail détonnant qu’il a su faire entre le drame, le suspense, l’humour et la reconstitution historique issus la pièce Stalag 17, écrite par d’anciens prisonniers de guerre, qui connaissait elle-même un franc succès à Broadway. Réussir à mettre en scène un ton léger et à donner une dimension aussi émotionnelle aux personnages à partir du thème difficile des conditions de détentions des soldats américains pendant la seconde guerre mondiale dans des camps allemands est une la preuve du génie de ces scénaristes. La justesse de cette approche atypique d’un sujet propre aux tragédies humaines profite du jeu pertinent de ses comédiens, menés par William Holding qui méritât cet oscar du meilleur acteur qui lui échappa de peu deux ans plus tôt pour sa première collaboration avec Billy Wilder dans Boulevard du Crépuscule.(Allociné)


                  

"Cinq hommes armés" est un film doublement intéressant à regarder. D'une part il s'agit d'un divertissement hautement distrayant, et en cela déjà l'on ne peut que s'incliner devant et louer l'entreprise et sa réussite; mais également parce qu'il contient certaines failles et qu'il est amusant d'observer comme le film parvient à les surmonter alors qu'il en aurait certainement fait couler pas mal d'autres. Toujours est-il que ses qualités et son effet euphorisant semblent tellement immédiats que ce film d'aventures parvient ici à rester, on ne se sait comment, à flot, et il offrirait presque en terme de divertissement pur, sa définition même. Quoiqu'il en soit, l'on pourra aisément choisir de laisser toute dissection intellectuelle, tant le spectacle n'est pas porté ici sur la réflexion mais confectionné pour un plaisir spontané, ce qu'il parvient à procurer assez facilement, revigorant même son spectateur un certain temps après sa vision. C'est à Dario Argento qu'on doit en grande partie le scénario et peut-être même un peu plus. Un Dario Argento encore débutant si l'on peut dire, puisque ce dernier tournera la même année son premier et l'un de ses meilleurs films comme metteur en scène, le fameux "Oiseau au plumage de Cristal", en même temps que d'avoir collaboré à d'autres scénarios de Westerns comme "Une corde, un colt", toujours la même année, mais aussi le standard Leonien "Il était une fois dans l'ouest" juste avant. Soit dit en passant, il ne faudra pas s'attendre à des étincelles au niveau de l'histoire finalement très classique. Peut-être pourra-t-on mettre en exergue tout au plus un aspect plus politisé de son auteur avec, même si ce n'est pas une nouveauté alors au sein du genre ("El Chuncho"/"Le Mercenaire"), un contexte et une teneur politiques, avec ses despotes de l'armée mexicaine et ses paysans lyriques injustement spoliés, ce que tenteront de réparer nos très valeureux et complémentaires héros.


           

Et si Dario Argento livrera finalement en 1973 son unique film à teneur plus directement politique avec "Cinq jours de révolution", le thème est surtout ici prétexte à l'action, même si le temps d'un plan par exemple l'on verra par lâcheté un prêtre prêt à recueillir les derniers mots d'un condamné à mort voué au peloton prendre ses jambes à son coup dès lors que le peloton armera.Puisque l'on parle du script, voici tout de même de quoi il retourne. Pendant la révolution mexicaine, un homme mystérieux du nom de Dutchman (Le néerlandais/Peter Graves) convoque de vieilles connaissances avec la promesse de 1000$ à la clé afin de dérober 500 000 $ d'or chargés sur un train de l'armée, et doté d'un arsenal militaire dissuasif, de canons, de mitrailleuses et de gardes patibulaires avec des escadrons de soldats passant alentour toutes les six minutes. Le but de nos héros est noble, puisqu'il s'agit de redonner aux paysans cet argent pour mener à bien leur révolution. Mission impossible ou suicide par excellence, mais ce sera sans compter sur la valeur de nos cinq hommes armés, le cinquième étant un ami plus récent de notre meneur d'hommes, Luis (Nino Castelnuevo), au préalable acrobate de métier et qui, on s'en apercevra, manie extrêmement bien le lance-pierre.


               

Pour les autres, que des spécialistes en leur genre, puisqu'il s'agit d'Augustus (James Daly), un expert en dynamite, un ours mal léché mais à la force colossale en la personne de Mesito (Bud Spencer), ainsi que "Samouraï" (Tetsuro Tamba/"Goyokin") dont les armes blanches ne semblent avoir aucun secret, du couteau en passant par l'épée ou le sabre, et sera un complice précieux pour les attaques silencieuses en vue.Difficile alors de ne pas succomber au charme d'un tel casting, d'autant que derrière la caméra nous avons un bon artisan travaillant jusqu'alors pour la télévision (Mannix/Cannon) qui signe ici son premier film en tant que réalisateur, avant quelques classiques comme "Les évadés de la planète des singes", "L'île du docteur Moreau" ou encore "Nimitz, retour vers l'enfer". Quant aux acteurs, nous avons deux américains, deux italiens et un japonais et somme toute des acteurs de talent, autant dire que tout est fait pour tenter d'assurer la réussite commerciale mondiale du film, bref de faire un ‘success'. Le résultat à l'écran est étonnant, et autant dire que l'osmose se fait plutôt bien .(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/843-cinq-hommes-armes)

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