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dimanche 29 mai 2016

Sydney Greenstreet

Sydney Greenstreet est un acteur britannique, de son nom complet Sydney Hughes Greenstreet, né à Sandwich (comté de Kent, Angleterre) le 27 décembre 1879, décédé à Hollywood (Californie) le 18 janvier 1954.Il débute dans son pays natal en 1902, au théâtre, où il sera très actif. À l'occasion d'une tournée, il vient à New York en 1905 et jouera dès lors tant en Angleterre qu'aux États-Unis. Entre 1907 et 1940, il se produit à Broadway, notamment dans des pièces de William Shakespeare (Le Marchand de Venise en 1907, Comme il vous plaira en 1914, Les Joyeuses Commères de Windsor en 1916), et également dans quelques comédies musicales. Sa dernière pièce à Broadway est There shall be no Night (1940), aux côtés du jeune Montgomery Clift. En 1941, il commence sa carrière au cinéma, pour la Warner Brothers. Son premier film, l'un de ses plus connus, est Le Faucon maltais avec Humphrey Bogart, qu'il retrouvera dans Griffes jaunes (1942), Casablanca (1942), Passage pour Marseille (1944) et La mort n'était pas au rendez-vous (1945). Mais le partenaire qu'il aura le plus souvent est Peter Lorre, avec lequel il tournera neuf films. Des ennuis de santé récurrents (notamment un diabète, des suites duquel il décédera) mettront un terme à sa carrière au cinéma (qu'il a d'ailleurs commencée sur le tard, à 62 ans). Son dernier film est Malaya (1949), avec Spencer Tracy et James Stewart. En 1950 et 1951, il participera encore à une série de pièces radiophoniques, The New Adventures of Nero Wolfe.(Wiki)


               

Alors qu’il pratique une ascension régulière depuis 1941, le Film noir connait enfin son plein essor à partir de 1944. Une année de forte activité pour le genre, puisqu’il verra apparaitre sur les écrans des films aussi remarquables et remarqués que Assurance sur la mort de Billy Wilder (chez Paramount), Espions sur la Tamise et La Femme au portrait de Fritz Lang (respectivement chez Paramount et la RKO), Laura d’Otto Preminger (chez 20th Century Fox), Phantom Lady de Robert Siodmak (chez Universal) ou encore Adieu, ma jolie d’Edward Dmytryk (chez RKO). Les studios ont tous conscience de l’exceptionnel vivier de films que peut représenter ce genre malin, subversif, et permettant de braver le code Hays par de nombreux atours audacieux. Le Film noir permet une évolution des techniques, narratives comme plastiques, et opte pour une démarche souvent incongrue, navigant dans les eaux incertaines d’un cinéma brutal, violent, sombre et psychanalytique à la fois. L’âme humaine y est pervertie, souvent obligée de se débattre au sein d’un cataclysme mental rivalisant avec les règles établies d’une société bienpensante pourrie de l’intérieur, la plupart du temps viciée par des convenances sans réelle profondeur affective. L’être humain s’y révèle autre et, quelque part, vrai. Surtout en cette période troublée, pour ne pas dire chaotique, de la Deuxième guerre mondiale, de laquelle émergera une pensée détruite, et dont la reconstruction se fera par de douloureuses remises en question. Le Film noir saura en transmettre les interrogations et opter pour un difficile équilibre entre les forces obscures qui dominent le monde. Le contexte prédomine toujours à l’œuvre, et le Film noir fait indubitablement partie des genres cinématographiques les plus équivoques dès lors que la société recherche son nouveau centre, sans non plus délaisser la question fondamentale taraudant tout esprit s’interrogeant à propos de son univers social et politique, à savoir : que valons-nous ? que sommes-nous prêts à faire sous certaines conditions et dans certaines situations ?Il s’agit là en quelque sorte de l’un des éléments constitutifs de ce fameux Masque de Dimitrios, œuvre noire un peu tombée dans l’oubli avec les années, forcément incapable de rivaliser avec les opus précédemment cités pour cette même année 1944. Mais un film assez fort qui, s’il manque de subtilité, laisse néanmoins percevoir un monde sombre et dépressif, sous couvert d’humour noir et de recherche romanesque. Le Masque de Dimitrios confronte un banal mais populaire écrivain de romans criminels à une enquête remontant le fil des origines d’un meurtrier retrouvé assassiné sur une plage.

      
   


Un meurtrier bien connu des polices et autres gangs mafieux de l’Europe Centrale, au cœur des années 1920, entre deux guerres. Dans le portrait qui est fait de lui, Dimitrios est un prestidigitateur du crime, un minable charognard vivant sur le dos d’un monde en pleine reconstruction. Reconstruction par ailleurs sabordée par l’atmosphère générale, décrivant un monde prêt à passer au deuxième acte majeur de son autodestruction, puisque l’action du film prend place en 1938, alors même que l’Europe s’apprête à entrer en guerre. Aucune des deux guerres mondiales n’est par ailleurs mentionnée dans le récit, ni celle passée, ni celle envisageable à venir et faisant pourtant rage lors de la production de cette œuvre. Ce qui laisse au film une marge de manœuvre assez habile, puisqu’il expose un monde déprimant et lardé de forfaits criminels donnant à voir l’espèce humaine sous un jour peu reluisant. Et Dimitrios en est le parangon, le Mabuse obsessionnel et mesquin, arnaqueur à la petite semaine, lancé à la poursuite du gain de façon dépassionnée mais totalement intéressée. Dimitrios, c’est la gangrène européenne cupide incapable de se reformer autour d’une cicatrisation déjà guettée par les vautours de tous horizons.


                                


Un assassin et voleur que l’on suit de flash-back en flash-back, et qui prend un tour charismatique assez impressionnant sous les coups de boutoir de récits à la première personne édifiant donc inévitablement sa légende. Or, dès l’instant où les masques tombent, en l’occurrence celui de Dimitrios, que découvre-t-on d’autre qu’une silhouette vieillissante, usée par ses forfaits, tombant en disgrâce dans une ultime tentative de meurtre brouillonne et désespérée, destinée à lui permettre de fuir une nouvelle fois son passé ? Au milieu des ruines de la conscience, ruines que ne manque pas de souligner le ventripotent personnage de Mr. Peters quand il déclare régulièrement que le monde manque de bonté (référence d’ailleurs explicité au conflit mondial en cours), se dressent quelques personnages ambigus qui se montrent en définitive autres que ce qu’ils semblaient être au départ. Mr. Peters traverse ainsi le film en parfait criminel revanchard, tenu par l’appât du gain, prêt à engloutir un million de francs en retrouvant Dimitrios et en les lui extorquant. La séquence durant laquelle il enlève l’enrobage cachant les fameux billets de mille francs ne manque pas de souligner son évidente parenté avec celle, plus symbolique, du Faucon maltais de John Huston, et dans lequel le même acteur (Sydney Greenstreet) découvrait littéralement le fameux faucon de Malte (en réalité faux) sous un œil dévoreur et passionnel.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-masque-de-dimitrios-negulesco)


                            

The verdict (1946) -Premier film de Don Siegel qui fait déjà preuve d'un indéniable feeling pour trousser ses ambiances et faire monter la sauce - un crime tortueux avec une victime retrouvée enfermée dans sa chambre : mystère, mystère. On est dans le London de la fin du XIXème avec de petites rues glauques forcément embrumées, un soleil qui ne se lève jamais (le fameux phénomène de "l'aurore nocturnale" propre au film noir vintage - vous me reprenez si j'invente), un cimetière envahi par la fumée comme si un dragon se trouvait sous chaque tombe, des cloches qui résonnent pendant des heures quand un condamné à mort est conduit à la potence... L'atmosphère est aussi lourde que le personnage principal (l'acteur de poids Sydney Greenstreet who plays l'inspecteur Grodman) qui ne va pas tarder à avoir un poids encore plus lourd sur la conscience : à peine arrivé dans son bureau alors qu'une exécution vient d'avoir lieu, on apprend que l'homme qu'il vient de conduire à sa mort était innocent, un témoin crucial venant tout juste d'être retrouvé. Greenstreet qui tirait déjà un peu la gueule depuis le début (le poids des ans, aussi) devient vert-mauve et vire au jaune-fuchsia (le film étant en noir et blanc, cela pourrait prêter à discussion mais j'en mettrais personnellement ma main au feu) quand on lui apprend qu'il est viré de son taff - il faut bien qu'il serve de fusible auprès de l'opinion publique et la sanction se fait encore plus difficile à supporter lorsqu'il apprend que c'est ce couillon de John Buckley (un petit moustachu peu finaud et opportuniste) qui va prendre sa place.Ses amis tentent bien de lui remonter le moral et voilà-t-y pas que dans la foulée l'un d'eux est assassiné : la liste des suspects est plus que limitée (un adversaire politique qui a juré sa perte, une fille aux mœurs légères avec laquelle il a eu maille à partir le soir du crime et un troisième larron dessinateur et alcoolique qui n'a a priori rien contre lui mais comme c'est Peter Lorre - ouais, forcément suspicieux). On sent bien que Greenstreet - qui mène son enquête dans l'ombre en free lance - va tout faire sur l'action pour tenter de ridiculiser Buckley... La vengeance est un plat qui se mange froid, froide comme la mort ajouterait Fassbinder s'il était plus jeune...


          


Film d'ambiance, disais-je, film aux dialogues qui fusent et qui se joue bien souvent à huis-clos dans de sombres apparts, film d'acteurs avec en particulier un Peter Lorre aux yeux plus globuleux que jamais et à la voix plus traînante qu'une grosse limace (Greenstreet apparaît lui terriblement las pendant tout le film, quand à Joan Lorring dans l'un des seuls rôles féminins, ce n'est pas à proprement parler la femme la plus sexy du monde...), film à rebondissements avec de nombreuses fausses pistes... même si, même si l'habitué du genre peut deviner relativement en avance qui est le vrai coupable. Des ombres fuyant sur les murs, des mains gantées qui tentent de forcer des portes, un cercueil que l'on déterre pour tenter d'exhumer des preuves, des somnifères utilisés pour agir en toute tranquillité dont même un chat est victime (po commun), des coups de feu qui éclatent dans la nuit, des messages anonymes, des flics qui rappliquent de nulle part au moindre coup de sifflet (la meilleure réplique restant celle de Peter Lorre après que sa tenancière lui a conseillé de toujours garder à portée de la main un sifflet : "How would you blow a whistle if somebody cut your throat ?" - "No wind...!" a-t-elle juste la force de lâcher, effarée), Don Siegel sait créer des situations suffisamment inquiétantes pour qu'on savoure jusqu'au bout cette turpide machination.



                              


Un final diablement noir et un verdict sur cette œuvre forcément positif pour le tout premier film du Don et sa première intrusion plus que prometteuse (le mot est laid, j'avoue) dans le genre. Encore un excellent film anglais... ah ben non, ouais, pardon.Merveilleux film de Don Siegel, où l’on retrouve avec plaisir le couple Greenstreet/Lorre. Le réalisateur use et abuse de cette atmosphère victorienne et des soirées londoniennes noyées de brume. L’intrigue policière est puissante (meurtre dans une pièce fermée) et le spectateur est sans arrêt mis sur des fausses pistes. Parfaitement réalisé et mis en scène, ce film reste un plaisir à regarder plus de 50 ans après sa sortie.Don Siegel réussit magistralement ce film noir dans la mesure où jusqu’à la dernière minute il laisse planer l’ambiguïté sur l’identité du meurtrier. L’ambiance sonore et visuelle contribue à renforcer le mystère et l’angoisse. Peter Lorre et Sydney Greenstreet sont formidables à l’écran.(http://shangols.canalblog.com/archives/2011/08/03/21724699.html et http://films.blog.lemonde.fr/2007/04/06/verdict/)

1 commentaire:

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    http://www.multiup.org/fr/download/6de3ff0407de6f45e79b32677292aabf/The_Verdict__1946__VOSTFR_.avi

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