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vendredi 13 mai 2016

Robert Taylor

Acteur mythique de la MGM où il fit pratiquement toute sa carrière. Il tournera des films tantot agréable que très discutable mais l'ensemble de sa filmographie est très honorable et beaucoup d'acteurs auraient voulu un tels palmarès. Epoux de madame Barbara Stanwick, là aussi pas des moindres, Robert Taylor fut très à l'aise dans le genre qui nous intéresse le western. En effet, quelques titres ne sont pas denués de bon sens voire agréables à voir (Billy the kid, Ambush, Westward to women, Devil's doorway). Certains le considère comme un acteur moyen, il fut enchaîné par la MGM d'où un certain manque d'expression dans ses films, plus révélateur dans des rôles de méchants (The last hunt). Il fut aussi très agreable à voir dans ses films médievales (Quentin duward, Knigths of the round table). Mais, il devint quand même un champion des films d'action toutes catégories et pour notre plaisir, un de ses rôles les plus convaincant fut Party girl très apprécié par la critique ce très beau Nicholas Ray permis à Robert Taylor d'avoir l'estime de la profession et du public. Malgré donc des films assez mineurs, M.Robert Taylor a toute notre estime.(http://biographie.westernmovies.fr/act/robert-taylor-168-biographie.html)


                             

Wild Side, en éditant Johnny, roi des gangsters, remet un coup de projecteur sur le réalisateur Mervyn LeRoy, habile faiseur d’Hollywood pas vraiment passé à la postérité depuis. Si le film, exemple parfait du film noir proprement réalisé, pâtit du jeu peu inspiré de Robert Taylor, il laisse éclater le talent impérial de deux seconds rôles : Van Heflin (pour le coup récompensé d’un oscar) et la toute jeune Lana Turner. Puissant d’Hollywood dans les années 1930 et 1940, Mervyn LeRoy fait pourtant partie de ces réalisateurs dont le cinéphile ne sait jamais trop quoi faire. Souvent considéré comme un habile faiseur sans véritable patte, l’homme a pourtant quelques pépites à son actif : du Petit César (1930) à la magnifique Valse dans l’ombre (1941) en passant par le social Je suis un évadé (1932), le cinéaste a surtout toujours su faire preuve de flair pour anticiper les tendances, du film de gangster au mélo en passant par le drame social. C’est donc sans grande surprise qu’on le voit s’essayer au film noir, genre on ne peut plus en vogue pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Johnny, roi des gangsters pour lequel il s’adjoint les services de Robert Taylor, l’un des acteurs les plus limités de l’époque et déjà présent dans son précédent film Valse dans l’ombre. Pas forcément conscient de ce handicap, Mervyn LeRoy ne joue pourtant pas la carte de la facilité en lui confiant un rôle double : celui de Johnny, un ancien malfrat sorti de prison qui se fait passer pour chauffeur de taxi afin de poursuivre ses activités parallèles. Malheureusement, l’acteur, autrefois considéré comme l’un des plus beaux spécimens d’Hollywood, n’a que trois expressions faciales et peine à être crédible dans les deux registres. Mais la dimension psychologique du personnage de Johnny ayant ses limites, le réalisateur ne se plantera pas autant que Vincente Minnelli qui, quelques années plus tard, osera lui confier le rôle d’un psychotique dans son pourtant très troublant Lame de fond (1946).


           

L’acteur, qui reconnaissait lui-même ses faiblesses, limitait très certainement la casse dans des rôles qui n’exigeaient pas trop de nuances, à l’image du militaire inconscient du drame qui se jouait pour sa fiancée dans Valse dans l’ombre. On peine donc à croire qu’une jeune étudiante en sociologie (qui plus est incarnée par l’incandescente Lana Turner) le prenne pour cas d’école et tombe finalement amoureuse de lui.
Pourtant, une fois passés ces travers de départ, le spectateur devrait pouvoir apprécier sans mal les belles qualités du film. Car derrière la mise en scène un brin académique se dessine une fiction de second plan, beaucoup plus intéressante. Comme s’il devait remplir un cahier des charges édicté par les Studios (faire un film noir efficace pour combler les attentes du public), Mervyn LeRoy peine à avoir une approche personnelle de son personnage principal. 


                                

Il va alors progressivement le délaisser au profit des seconds rôles qui vont dynamiter les archétypes du genre. La culpabilité, traitée ici avec une étonnante acuité, va même devenir un véritable moteur pour les personnages de l’étudiante et du bras droit de Johnny. La première, convaincue d’avoir abattu un homme, perd progressivement le sommeil et la raison, devenant ainsi l’antithèse de la femme fatale maîtrisant ses émotions et ses affects. Le second noie dans l’alcool des sentiments visiblement peu catholiques qu’il nourrit à l’égard de Johnny, parsemant ses allocutions de déclarations confuses sur le sens de leurs rapports et l’avenir qui s’offre à eux. Conduit avec suffisamment d’intelligence (au point de ne pas alerter le Code Hays alors en vigueur depuis près d’une dizaine d’années), le thème du désir coupable finit même par devenir l’un des points d’équilibre du film, faisant de Johnny le bien mal nommé roi des gangsters.(http://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/johnny-roi-des-gangsters.html)


                                   

Belle année "westernienne" que celle qui voit sortir pour la clore en apothéose, le soir de la Saint-Sylvestre, l’un des plus beaux fleurons du genre ! Une excellente cuvée 1951 qui, après Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri), sacrait avec Convoi de femmes, William Wellman comme réalisateur le plus marquant de l’année tout comme la précédente, toujours concernant le western, avait été dominée par John Ford et surtout Anthony Mann. Après la vie quotidienne des "Mountain Men" au-delà du Missouri, le franc-tireur William Wellman se penche sur le long et harassant voyage (plus de 3 000 kilomètres), à travers montagnes et déserts, d’une caravane de 150 femmes pionnières qui, au prix d’efforts surhumains, parties de Chicago pour fuir un passé encombrant ou douloureux, sont arrivées en Californie où elles ont épousé des cow-oys dont elles n'avaient vu que les photos et qui avaient besoin de compagnes pour adoucir leur quotidien et fonder un foyer.
Une histoire véridique pour laquelle Frank Capra s’était passionné et qui, s’il l’avait réalisée comme il l’aurait souhaité, aurait donné l’occasion de voir un western signé par l’immense réalisateur de New-York - Miami (It Happened One Night) ou La Vie est belle (It's a Wonderful Life) avec même Gary Cooper prévu en tête d’affiche. Mais la Columbia refusa prétextant qu’elle ne faisait pas de western, qu’elle n’avait pas la logistique pour et encore moins de chevaux. Des excuses totalement bidons qui dégoûtèrent Capra et qui le poussèrent à aller raconter cette incroyable odyssée à son ami William Wellman, qui put faire financer le projet par la MGM à condition de le réaliser. Frank Capra donne son accord. Deux cent femmes furent engagées pour un tournage en décors naturels de onze semaines, qui fut aussi éprouvant que les aventures réelles de ces héroïnes de la conquête de l’Ouest ; le résultat sur l’écran étant ainsi criant de réalisme, la MGM, très fière, fit un court métrage, Challenge the Wilderness, consacré au tournage du film : des actrices obligés à apprendre à manier le fouet, à conduire un chariot, à tirer, à réparer un attelage et des roues...


          
   
Mais entrons sans plus tarder dans le vif du sujet, carrément dans le film. Tout de suite après un générique traditionnel, Convoi de femmes débute, sans grandiloquent prologue écrit ou parlé, par une séquence qui donne d’emblée le ton et le style du film : simplicité, noir et blanc peu glamour et refus du spectaculaire au profit d'une plus grande et âpre véracité. Plus de musique (comme pour tous les westerns en noir et blanc du réalisateur, il n'y en aura plus aucune) et une attention de documentariste pour filmer des cowboys faire entrer les chevaux à l’intérieur des enclos. Pas de chichis, aucun folklore mais une volonté de réalisme. S’ensuit une conversation entre John McIntire et Robert Taylor, tous deux agenouillés auprès d'une barrière, triturant des épis de blé en parlant. Une scène qui ressemble énormément à l'une des premières d’un autre convoi, celui du Convoi des braves de John Ford. Mais contrairement à ce dernier (et superbe film), il n'y a quasiment aucun sens du pittoresque chez Wellman ; tout est dans la retenue. 


                    



Puis on assiste au discours du rancher à ses cowboys, les avisant qu’il allait partir leur chercher des femmes mais que la condition serait de se comporter envers elles avec attention, tendresse et douceur ; ce seront les ferments de cette nouvelle terre. Un très belle et simple oraison qui amène à la séquence suivante, à Chicago : l’embauche de ces femmes prêtes à traverser l’Amérique pour changer de vie. Quelques traits d’humour qui ne débordent jamais (il n’y aura aucune séquence du style de celle de la bagarre généralisée dans Across the Wide Missouri), quelques situations cocasses mais surtout une fois encore, une attention extrême portée à des personnages pour lesquels le cinéaste semble s’être pris d’affection. Une succession de séquences ayant chacune leur propre rythme, comme différents chapitres d'un livre, la liaison entre chacune d'entre elles étant d'une grande fluidité grâce à une écriture rigoureuse et sereine. Avec toujours autant d'harmonie dans l'enchainement des scènes, le périple commence ; mais Wellman ne cherche pas plus ici le spectaculaire ni le plan fulgurant. On le regrette parfois, pensant qu’il n’est pas de taille à rivaliser avec Ford sur ce point, mais c’est sa volonté de ne pas avoir cherché la facilité, d’avoir filmé à hauteur d’homme sans jamais chercher à nous en mettre plein la vue.



                             


En effet, comme s’il avait pensé que les spectateurs s'en feraient la réflexion, à mi-parcours, le cinéaste semble avoir voulu prouver que s’il le voulait, il était capable de rivaliser avec les plus grands et du coup nous scotche à notre fauteuil par l’intermédiaire d’une séquence plastiquement et rythmiquement splendide, époustouflante de virtuosité, celle de la poursuite à cheval de Denise Darcel par Robert Taylor dans le fond d’un canyon. Succession de plans tous plus étonnants les uns que les autres (notamment cet immense plan d’ensemble filmé sans doute du haut du canyon), montage d’une totale efficacité et final de la séquence d’un lyrisme échevelé qui fait penser à du King Vidor (la gifle puis le baiser passionné). Puis, une fois qu’il a fait retourner ses deux personnages réconciliés (voire plus si affinités) au campement, Wellman reprend son convoi là où il l’avait laissé, filmant la fin du voyage aussi sobrement qu’avant cette scène qui semblait là pour démontrer la parfaite maîtrise cinématographique d’un réalisateur qui autrement, dans ses meilleurs films comme ici, préfère ne jamais céder à la facilité. La preuve est que cette séquence virtuose a fait louper au spectateur ce qui s’était passé pendant ce temps-là au sein du convoi, tout simplement le plus gros drame que ce dernier ait eu à subir depuis son départ, ses plus grosses pertes : les Indiens ont attaqué et ont laissé pour mort une dizaine de personnes. 





                                  

Comme si William Wellman nous disait : « Vous voyez ce que c’est que de faire l’intéressant et de s’extasier devant la pure virtuosité ; pour la peine, je vous priverais de la grande scène de bataille du film pour le fait d’avoir cautionné mon péché d’orgueil. » Qu’à cela ne tienne, Wellman est un roublard et il nous offre néanmoins à cet instant l’un des moments les plus intensément poignants du film : cette litanie des morts, sa caméra glissant à chaque nom du visage de celle qui le prononce vers le cadavre. Un sobre mais très belle idée de mise en scène, comme pour se faire pardonner d’avoir dévoilé trop généreusement son brio. Bien entendu, j'affabule en imaginant les états d’âme du réalisateur ! C’était juste pour appuyer un peu lourdement sur le fait que ce western s'avère expressément assez rêche esthétiquement parlant (car William C. Mellor avait prouvé à maintes reprises son génie plastique au travers par exemple de son maniement du Technicolor lors du précédent western de Wellman, Across the Wide Missouri) et que le cinéaste ne cherche jamais la joliesse dans sa mise en scène afin de trouver un ton plus juste, plus vrai, plus réaliste, sa caméra semblant silencieuse, son regard simplement admiratif.Source : http://www.dvdclassik.com/critique/convoi-de-femmes-wellman

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