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mercredi 11 mai 2016

Robert Duvall

Duvall est remarqué en 1957 pour sa performance dans la pièce Vu Du pont. Dès lors, le cinéma s’intéresse à lui. Le comédien débute à l’écran cinq ans plus tard dans Du Silence Et Des Ombres aux côtés de Grégory Peck, qu’il retrouvera l’année suivante dans Le Combat Du Capitaine Newman. Il reste longtemps cantonné aux seconds rôles, faisant des compositions remarquées en face des plus grands (Marlon Brando, Burt Lancaster, Frank Sinatra, Steve McQueen, etc). Robert Duvall est vraiment révélé au public en 1969, grâce à Francis Ford Coppola, dans Les Gens De La Pluie. En 1970, il est un des héros de M.a.s.h., de Robert Altman. L’acteur est au cœur de ce «nouvel Hollywood» (expression de Peter Biskind), puisqu’il tourne aussi Thx 1138 Director'S Cut, sous la direction de Georges Lucas. Duvall franchit un cap avec le personnage de Tom Hagen, avocat confident de Don Corleone dans Le Parrain et sa suite. Cette saga signée Coppola lui vaut sa première nomination aux Oscars. Il obtient la statuette en 1983 pour son interprétation dans Tendre Bonheur. Quatre ans plus tôt, il avait reçu un Golden Globe pour son second rôle dans Apocalypse Now. En 1988, il joue Colors avec Sean Penn. (http://www.commeaucinema.com/personne/robert-duvall,17839)



                              


THX, un matricule devenu mondialement connu depuis la création, en 1983, du fameux label de qualité du même nom, qui orne salles de cinéma et jaquettes de DVD. S’il est moins célèbre, le numéro 1138 a également fait du chemin depuis 1971. Celui-ci a donné son nom à un quartier de prisonniers sur la redoutée Etoile de la mort de la trilogie Star Wars. Label de qualité d’un côté, code carcéral de l’autre, le personnage campé par Robert Duvall semble naviguer en eaux troubles. Sa double identité le prédestinait à refuser le monde totalitaire dans lequel il lui était donné d’évoluer. Cette société détachée de toute réalité se voulait le reflet du mode de vie de la fin des années 60, une métaphore sur le conformisme d’une décennie. A l’époque, le futur, le 21e siècle semblait encore loin, maintenant que nous le vivons, peu de choses semblent avoir changé, mais l’épouvantail que représentait THX semble toujours d’actualité, la "sociologie-fiction" fonctionne plus que jamais. A cette époque, tout comme le héros THX 1138, le cinéma traversait une grave crise identitaire. Le système des studios laissait progressivement, mais sûrement, la place à des compagnies dont le capital était entre les mains de puissants holdings financiers. La création et la rébellion n’avaient plus leur place au sein du système hollywoodien traditionnel. C’est dans ce contexte que Francis Ford Coppola décida de fonder American Zoetrope, une société de production qui allait permettre aux réalisateurs qui avaient rejoint ses rangs, de mener artistiquement leurs projets à bien face à la mentalité consumériste des executives des studios. Quel premier film, mieux que THX 1138 EB, travail d’étude du jeune George Lucas, pouvait symboliser la philosophie de Zoetrope ? Coppola, qui était prêt à tout pour lancer THX, parvint à convaincre Lucas de s’atteler à l’écriture d’un scénario. Lucas, peu à l’aise dans ce type d’exercice appela Walter Murch à la rescousse. Entre-temps, Coppola avait négocié un financement du film par la Warner, à la condition qu’il soit le lien unique entre Lucas et le studio. Lucas entreprit de tourner son film avec peu de moyens, mais en totale liberté. Du moins le pensait-il…



   


Le produit final fut montré aux huiles du studio en 1970. Le cauchemar commença. Les cadres, John Calley en tête, détestaient le film. Celui-ci ne correspondait pas à l’idée commerciale qu’ils s’en étaient faite. Bien qu’elle se défendait d’user du ciseau pour imposer ses vues à ses auteurs, la Warner exigea de Lucas de rendre les bobines. Rudy Fehr, l’exécuteur des basses œuvres du studio, coupa quatre minutes et le film sortit sur les écrans au printemps 1971 dans une version revisitée. Si THX 1138 marqua la fin de la relation entre Warner et la Zoetrope, il sonna également le glas des illusions de Lucas. Jamais il ne pardonna au studio d’avoir charcuté son "bébé". L’expérience THX modifia également les relations entre Coppola et Lucas, qui n’avait pas pardonné à Francis Ford de l’avoir abandonné face aux exigences de la Warner.


                  



Si le concept de THX était novateur en 1970, il ne faisait pourtant que refléter les préoccupations des maîtres du roman de science-fiction. A la vision de ce THX, à l’analyse de son système totalitaire, on ne peut s’empêcher de penser au 1984 de George Orwell ou au Nous autres d’Eugène Zamiatine ou encore au Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, sans évidemment oublier les dizaines d’auteurs renommés qui ont développé les mêmes préoccupations. Tout comme eux, Lucas ne tente pas de décrire un futur possible, il se borne à critiquer le présent. George Lucas développe des obsessions thématiques récurrentes : un héros qui se bat contre le système, un personnage qui préfère quitter un univers familier pour s’aventurer dans l’inconnu. Tout comme le personnage central d’un American Graffiti ou d’un Star Wars, THX se bat contre la société. Tel Z dans Antz, tous tentent d’échapper à la monotonie de leur fourmilière, à s’extirper de l’obscurité afin d’atteindre le soleil. A l’instar de Platon, la lumière symbolise la quête du bien. Le soleil qui éclaire notre monde, rend visible toutes choses sur terre. 


                 


Si le héros veut échapper au mensonge, il doit commencer une ascension libératrice hors de la caverne, dans ce cas, hors de la cité. L’allégorie de la Caverne semble avoir servi de moteur pour la trame de THX. Tout comme dans la Caverne de Platon, le monde souterrain décrit par Lucas est corrompu, vain, aveugle aux besoins de sa communauté, ses vues mercantiles lui ont fait perdre tout contact avec l’organique. Les masses ne servent qu’à nourrir le système et en retour le système leur prodigue ce dont elles ont besoin : sexe artificiel, drogues sédatives, religion étatisée et société de consommation uniformisée afin de limiter le choix et le libre arbitre. Afin de se libérer de ses entraves et d’une fin inéluctable, THX n’a d’autre possibilité que de s’échapper. Sa partenaire LUH (Maggie McOmie) supprimée, plus rien ne le retient sous terre. C’est en compagnie d’une illusion - l’hologramme SRT (Don Pedro Colley) qui souhaite également connaître la vie - et de SEN, un déviant (Donald Pleasence), que THX va entreprendre son périple. Cette libération ne sera réussie que dans la contemplation du soleil. Lucas nous livre d’ailleurs un plan final sans ambiguïté sur ses références. THX qui s’est extirpé de sa cité-prison, fait face à une lumière aveuglante mais bénéfique. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/thx-1138-lucas


                 

Robert Duvall et Robert De Niro ne sont pas des inconnus dans l’univers d’Ulu Grosbard. En 1965, Robert Duvall avait été dirigé à Broadway par Grosbard dans la pièce A View from the Bridge, d’après Arthur Miller (1915-2005). Quant à De Niro, il retrouvera le cinéaste en jouant dans Falling in Love (1984), sorte de remake de Brief Encounter (David Lean, 1945). Ayant un air de ressemblance troublant, Duvall et De Niro incarnent de façon très crédible deux frères, l’un policier, l’autre prêtre, aux rapports complexes. Tom Spellacy n’est pas un fonctionnaire incorruptible, dans le passé il servait d’homme de main pour le compte d’un proxénète, tandis que Desmond Spellacy est davantage un homme d’affaire qu’un homme de Dieu. Tom ne tient pas à trouver le coupable par soif de justice, il n’éprouve jamais une pensée pour la martyre assassinée (habitué aux horreurs de son métier, il ne s’offusque pas des plaisanteries de son collègue sur le lieu du crime). Mais pour lui, aller jusqu’au bout de son enquête peut être interprété comme une forme de rédemption, une manière de tirer un trait sur son passé peu glorieux. Par contrecoup, il est aussi question de rachat pour Desmond qui, mêlé à l’affaire, sera contraint de méditer sur son éloignement des valeurs essentielles devant être celles de la foi catholique. L’œuvre d’Ulu Grosbard est moins un film noir qu’une étude des liens entre deux frères, doublée d’une réflexion sur les compromissions de l’Eglise en collusion avec le milieu des affaires. Lent de rythme, True Confessions n’est pas pleinement satisfaisant, faute de réelle intensité dramatique. On ne ressent jamais véritablement de tension entre Robert Duvall et De Niro (par ailleurs plus sobre que d’habitude). De plus, trop vouloir traiter de loin l’histoire de meurtre aboutit à relativiser l’intérêt de son dénouement. Toutefois, True Confessions contient quelques seconds rôles le rendant tout à fait recommandable, notamment Rose Gregorio en prostituée fanée, Kenneth McMillan (1932-1989) en collègue de Tom, toujours prêt à s’extasier sur les seins des femmes, Charles Durning en milliardaire dont la bonhomie affichée cache une personnalité des plus menaçantes, et enfin Burgess Meredith (1907-1997), en prêtre évincé par sa hiérarchie parce que jugé trop vieux.


           

Une évocation d'époque. La toile de fond est un fait divers célèbre des années 40 (le meurtre d'une prostituée à Los Angeles), mais le film se déroule dans des milieux inattendus (la haute hiérarchie de l'Eglise catholique). Comme dans "Le Récidiviste", le film précédent d'Ulu Grosbard, la distribution et une direction d'acteurs rigoureuse compensent largement le classicisme de la mise en scène. Les deux Robert - Duvall et De Niro - sont des frères remarquables. Un thriller insidieux sur l'omniprésence de la corruption et du mal.Un film étrange qu'il ne faudrait pas classer trop vite sous l'étiquette d'œuvre anticléricale. En effet, pourquoi le "film noir" ne prendrait-il pas aussi pour thème l'Eglise ? Diverses "affaires" ont montré qu'elle n'ignorait pas le temporel. Les finances du Vatican ont fait l'objet, dans leur gestion, de vives critiques. L'interprétation du film est de surcroît éblouissante : le couple De Niro-Duvall est fascinant de bout en bout. (http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5458 et http://www.hollywood80.com/article-21833875.html)

3 commentaires:

  1. https://ibwunc.1fichier.com/
    https://ndgh523bv8.1fichier.com/

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  2. Merci pour la découverte du film "True confessions" avec ces deux immenses acteurs.

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