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mardi 17 mai 2016

Lana Turner

C'est en 1946, avec le sulfureux Le facteur sonne toujours deux fois, qu'elle marquera à jamais la mémoire des cinéphiles. MGM, pourtant peu habituée aux films noirs, lui donne un rôle de femme fatale. On se souviendra longtemps de la première apparition de Lana, toute de blanc vêtue. « Lana Turner, presque toujours habillée de blanc, le parfait de sa plastique, de ses mouvements de hanches. On cherchait, d’instinct, à deviner sous cette blancheur la rondeur d’un sein ou la ligne des fesses. » Elle nous donne une magnifique interprétation. Lana Turner est l'une des actrices les plus rentables de la MGM, comme le prouvent ses succès suivants, le spectaculaire film Le Pays du dauphin vert, Le Retour où elle retrouve Mervyn LeRoy et Clark Gable, deux films de George Sidney, Éternel Tourment avec Spencer Tracy, et Les Trois Mousquetaires où elle incarne la vénéneuse Milady de Winter aux côtés de Gene Kelly. En 1953, elle trouve l'un de ses meilleurs rôles dans Les Ensorcelés, satire du milieu hollywoodien, sous la direction de Vincente Minnelli. Son rôle de Georgia Lorrison est inspiré plus ou moins de la vie de Diana Barrymore, fille de l'acteur John Barrymore. Le film fut nommé six fois aux oscars et reçut cinq trophées. Elle joue surtout par la suite des personnages romanesques comme Crystal Radek dans la troisième version de La Veuve joyeuse, une grande prêtresse biblique dans Le Fils prodigue, une lady amoureuse du fils d'un Maharadjah dans La Mousson jusqu'à la maîtresse du roi Henri II Diane de Poitiers qui sera son dernier film chez MGM après dix-huit ans de règne.(Wiki)


                  


Probablement considéré à juste titre comme le plus grand film de Vincente Minnelli, Les Ensorcelés est surtout une magnifique peinture d’Hollywood : trahison, déchéance et manipulation sont au centre de cet exercice de style d’une grande virtuosité, servi par des acteurs au sommet, Lana Turner en tête. Harry Pebel, Georgia Lorrison et Fred Amiel ont tous trois deux gros points communs : avoir réussi dans l’univers impitoyable d’Hollywood et avoir longuement côtoyé Jonathan Shields (Kirk Douglas), producteur mégalo, impitoyable, redouté puis déchu, à qui ils doivent une partie non négligeable de leur réussite. Les années ont passé et l’amertume nourrie par les trahisons successives a définitivement pris le pas sur tout autre sentiment. Alors sollicité pour collaborer de nouveau avec l’homme maudit du septième art, chacun va se remémorer – par le biais de trois longs flash-backs successifs – l’ensemble des événements qui ont causé cette irrémédiable rupture. Si les films entièrement construits en flash-backs se répandent de plus en plus au début des années 1950, notamment grâce à Joseph L. Mankiewicz qui en a fait l’une de ses marques de fabrique par le biais de trois films remarquables (Chaînes conjugales en 1949, Eve en 1950, La Comtesse aux pieds nus en 1954), une certaine linéarité du récit continue de rassurer le public et donc les producteurs. Une fois n’est pas coutume, certains metteurs en scène font véritablement figures de précurseurs (Orson Welles avec Citizen Kane en 1940, Otto Preminger avec Laura en 1944) en tentant de dynamiter les codes. Mais ici, c’est la question de la subjectivité – tout comme dans Chaînes conjugales ou plus tard dans Les Girls de George Cukor (1957) – qui sert de fil conducteur à la cohabitation de ces trois témoignages, censés se compléter pour rendre moins fragmentaire la vision que le spectateur aura de Jonathan Shields.


                   

Figure de grandeur, source de haine comme de fascination (d’où le titre original, bien plus représentatif, The Bad and the Beautiful), ce personnage de producteur manipulateur, n’existe qu’à travers la représentation que s’en font ses trois anciens partenaires. Selon le même schéma, chacun – du réalisateur à l’écrivain en passant par l’actrice – va revivre successivement la rencontre, l’apothéose puis la dégradation d’une relation qui les a pourtant amenés au sommet de la gloire. Ce n’est donc pas sans une certaine mélancolie que Vincente Minnelli dépeint l’univers impitoyable d’Hollywood qui fabrique aussi vite qu’il brise les objets d’adoration. Au centre du film, le personnage de Georgia Larrison est certainement le plus réussi. Inspirée de Diana Barrymore, fille de l’acteur John Barrymore, ce personnage est interprété avec une justesse déconcertante par la mésestimée Lana Turner. Actrice fragile malmenée par les hommes, elle est le pendant probable d’une Judy Garland à laquelle le réalisateur fut marié et annonce – en filigrane – le personnage que Lana Turner incarnera quelques années plus tard dans Mirage de la vie de Douglas Sirk.(https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-ensorceles.html)


                                


Alors qu’en 1952, Hollywood est en plein âge d’or, Vincente Minnelli, oscarisé à plusieurs reprises, n’hésite pas à dynamiter une représentation complètement idéalisée du star-system. Du producteur qui n’hésite pas à répéter inlassablement son ambition de faire des recettes au mépris de la reconnaissance artistique à l’humiliation subie par ceux qui s’investissent trop personnellement dans des projets trop grands pour eux, l’industrie cinématographique la plus puissante au monde n’a visiblement rien du formidable terrain de jeu que certains se plaisent à imaginer : le suicide, l’alcool, l’adultère et la mort jalonnent sans effet de surdramatisation le quotidien de chacun. Enfin, Les Ensorcelés est une admirable démonstration du savoir-faire de Vincente Minnelli au niveau dramatique et cinématographique. Lui qui n’a pas toujours cherché la facilité (en réalisant par exemple pour son premier film, une comédie musicale entièrement jouée par des acteurs noirs, Un petit coin aux Cieux en 1944) et qui a su faire preuve de brio dans des genres très différents (la comédie musicale, le drame ou même la comédie avec l’excellent mais méconnu Qu’est-ce que maman comprend à l’amour ?), Minnelli n’hésite pas à mêler l’ironie virtuose à une émotion plus retenue, tout en composant de véritables tableaux où il célèbre inlassablement le cinéma comme art du faux. Une belle manière de déclarer son amour.


                

Passons outre le ridicule du titre français, "Peyton Place" est avant tout une chronique très acide de l'Amérique des années 40/50, celle de ces petites villes qui sont autant de clichés de l'American way of life mais où la gentille populace cache également d'immondes secrets. L'histoire, basée sur un roman de Grace Metalious, s'inscrit dans le cadre très réaliste d'une petite bourgade fictive de la Nouvelle Angleterre qui se veut être représentative de la ville moyenne américaine. On suit ainsi, sur plusieurs années, le destin croisé de différentes personnalités de cette communauté bien sous tous rapports ; un échantillonnage qui a le mérite de mixer harmonieusement les âges et les couches sociales. Les bases de l'histoire sont ainsi solidement ancrées dans une réalité sociale connue de tous, la férocité de la charge n'en sera que plus grande. ! Le mélodrame apprivoisé, le mélodrame transcendé Le film débute à la manière d'un mélodrame classique avec l'arrivée du nouveau Principal du collège, Michael Rossi, qui va vite être attiré par la belle Constance. On sent la douce romance débutée, les acteurs sont jeunes et beaux, la luminosité est apaisante, le cadre est idyllique, le technicolor rend les couleurs resplendissantes, les violons commencent à entonner leur sérénade... Mais voilà, l'histoire qui nous est présentée n'a rien du conte de fées ! Robson nous déroule gentiment son histoire en suivant le chemin balisé du bon mélodrame, prenant son temps pour installer ses personnages et ses situations, avant de faire progressivement craqueler l'image lisse et idyllique qui nous était présentée jusqu'alors ! Et c'est dans cette progression où le film devient particulièrement savoureux et jouissif, les images se fendent peu à peu et nous révèlent avec force l'ampleur de l’hypocrisie ambiante. Crétinement traduit en français par "Les Plaisirs De L'Enfer", "Peyton Place" aurait mérité un titre plus évocateur comme "Peyton Place, une petite ville sans histoire." En effet, cette petite ville que nous filme Mark Robson, révèle une fois son couvercle soulevé, de lourds et douloureux secrets. Ceux-ci mettant alors en exergue les tortures provoqués par le conformisme, la tragique influence des commérages, et l'inconsistance désespérante des pratiques religieuses.


            

Avec une mise en scène parfois convenue, mais très dynamique et une brillante distribution le film de Robson est vrai régal qui en dit long sur l'Amérique profonde des années 40. Un long "mélodrame américain où tout s'arrange à la fin" qui "passe" plutôt bien. L'intention était louable de nous montrer les travers et les secrets des habitants d'une petite ville de province. Le film n'y va d'ailleurs pas avec le dos de la cuillère et les allusions sexuelles (étonnantes pour l'époque) y vont bon train et sont souvent intelligente. Malgré tout le film pèche par quelques bizarreries, ainsi si le monde des adultes n'est pas très net, celui des jeunes serait "plus sain" (?) et surtout pour servir de contrepoint à tous les hypocrites de la ville on nous pond deux personnages qui eux sont garantie sans tache (le nouveau prof et le toubib, ben voyons !). Pas de longueurs, mais quelques scènes inutiles, une bonne réalisation et une bonne direction d'acteurs, une musique peu discrète (Waxman). Beaucoup de bonnes choses, sympathique par moment, naïf en d'autres, ce bon film ne provoque pourtant pas l'enthousiasme.  


               


Si "Peyton Place" est si réussi, c'est surtout parce qu’il est bien écrit. On sent le travail de fond pour élaborer l'histoire et approfondir les personnages, rendant ainsi crédible les différentes situations présentées. C'est ainsi que Robson affûte ses arguments et son plaidoyer dans ce qui sera la mise en accusation de la société US. Si le film se termine par un procès, ce n'est pas un hasard, c'est cette société bien pensante et moralisatrice qui est mise au banc des accusés. On nous dévoile ainsi les crimes perpétrés et cachés par les membres respectables de la population : alcoolisme, sombres convoitises, mensonge, adultère, viol, inceste... À l'image de la prude et traditionaliste Constance, tous ont des cadavres dans leur placard et la vérité n'est pas toujours agréable à entendre. Robson met à jour, avec brio, l'hypocrisie généralisée, le poids néfaste des conventions et du puritanisme. Il est bien aidé en cela par une réalisation sobre et efficace, et par des acteurs étonnant de justesse ( Lana Turner et Diane Varsi sont toutes deux remarquables). Le propos du film n'en est que plus pertinent et lorsque le verdict tombe, c'est bien l'amertume qui s'impose durablement, reléguant la douceur sucrée du début au rang de vague souvenir.(http://www.senscritique.com/film/Les_Plaisirs_de_l_enfer/critique/41012841)                                                                               

1 commentaire:

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