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mardi 31 mai 2016

Jacques Baumer

De petite taille, un physique à la « monsieur tout le monde », il connaît une longue carrière au théâtre - telle la pièce La souriante Madame Beudet de Denys Amiel et André Obey ou dans des opérettes La Maréchale Sans-Gêne au théâtre du Châtelet - avant de débuter tardivement au cinéma à l'âge de 47 ans. Il incarne, dans une quarantaine de films, des personnages timides, discrets, avec un grand naturel. Il débute en 1932 devant les caméras de Georges Lacombe dans Ce cochon de Morin. Il tourne pour les plus grands réalisateurs, où il s'impose dans des seconds rôles comme une figure incontournable du cinéma français des années trente et quarante : Julien Duvivier : La belle équipe (1936), Robert Siodmak : Mollenard (1937), Sacha Guitry : Désiré (1938) et Le comédien (1947), Marcel Carné : Le jour se lève (1939), René Le Henaff : Le colonel Chabert (1943), Maurice Tourneur : Impasse des deux anges (1948), Yves Allégret : Manèges (1949). Il fut remarquable en commissaire dans Le jour se lève, en procureur - face à Raimu - dans Les Inconnus dans la maison d'Henri Decoin (1942). Il fut Delebeque dans Le colonel Chabert et Noirtier dans Le comte de Monte-Cristo de Robert Vernay (1942). Il incarne parfaitement le maître d'équitation lucide, ami de Bernard Blier, dans Manèges d'Yves Allégret. Caroline Chérie de Richard Pottier en (1950) est sa dernière apparition au cinéma.(Wiki)


                                

La gloire de Raimu ne cesse de s'étendre au début des années 40! En 1942 par exemple, il interprète successivement trois jolis drames qui sont devenus depuis des classiques du cinéma français: "Monsieur la souris", de Georges Lacombe, "Les inconnus dans la maison" de Henri Decoin et ce "bienfaiteur", du même metteur en scène, qui permet à Raimu (le bandit, la crapule) d'interpréter brillamment le rôle d'un bandit qui a une double vie! Diffusé il y a quelques années au cinéma de minuit, ce film témoigne d'une vision très noire d'un monde provençal et montre que le tandem Decoin-Raimu était à l'aise, de façon générale, dans un genre qui faisait jadis des merveilles avec une atmosphère unique! Toute de mélancolie et de tristesse, il serait injuste de ne pas citer l'excellente Suzy Pim, personnage émouvant qui ne connaîtra jamais le bonheur! A le revoir aujourd'hui, ce classique possède une force incontestable née de la complicité entre un artisan plus que créateur et son immense interprète qui atteint le grand art dans les scènes finales! Alors Raimu, d'après vous, gentil bienfaiteur ou méchant malfaiteur ? Ce film est très proche par son sujet de celui tourné 4 ans plus tôt par le même Raimu: ''l'étrange monsieur Victor''. C'est donc quelque chose d'assez bizarre que Henri Decoin ,excellent metteur en scène, se soit lancé dans cette aventure, d'autant plus que Grémillon fait partie de la crème de la crème. Je ne m'attendais donc pas pas à un chef d'oeuvre. Néanmoins, c'est pas mal du tout et l'ennui ne vient jamais. La peinture des habitants de Barfleur sur Oron a la causticité des années 40, ils sont tous formidablement interprétés. Ce sont également les années d'occupation, cela se sent dans ce scénario ou chacun cache quelque chose. En fait, c'est un film caractéristique de la decennie, riche en films de bons niveaux, avec beaucoup de séquences occupées par les seconds rôles et parfois entrecoupées de variétés. Ici ,une chanteuse de grand talent y marque sa place à tel point que l'on a envie de la réécouter. Petite anecdote: Simonne Signoret 21 ans y fait une apparition en secrétaire du journaliste et prononce trois mots, mais elle n'est même pas dans le générique.


   


La fin du film est bâclée ce qui fait tomber la note ainsi que le mauvais jeu de Suzy Prim, mais par rapport à tant de films contemporains c'est un bonheur .  Raimu toujours excellent dans les rôles à la double personnalité profite de ce petit scénario taillé sur mesure. Il restait au réalisateur a équilibrer le poids de l'acteur pour éviter les lourdeurs ce qu'il fait très bien. Film de série, film de samedi soir, film opium du peuple si l’on veut ; tourné en 1942, il ne fait pas la moindre allusion à la guerre, à l’Occupation, aux restrictions (et à pire encore, naturellement) ; il est de la même veine, sur un mode plus grinçant que "Premier rendez-vous", du même Henri Decoin, en 1941 : du cinéma de divertissement, conçu pour faire oublier la dureté des temps ; il ne faudrait pourtant pas croire que tout le cinéma des années grises et noires a été de la même veine ; d’Henri Decoin encore, "Les inconnus dans la maison" tiendront un discours beaucoup plus militant si l’on peut dire ("Trop de bistrots, pas assez de stades !") ; et que dire des "Visiteurs du soir", où le Diable dépêche sur terre ses envoyés, ce qui me semble une allusion assez claire à la situation…


                              
                            
Donc, "Le Bienfaiteur", c’est épatant, et c’est rudement bien fait ; un notable récemment installé dans un bourg, philanthrope et généreux, courageux et intelligent est, en même temps, le chef incontesté d’une dangereuse bande de malfrats parisiens ; de cette dichotomie naît le film, fort habilement mené. On n’y découvre qu’à la vingt-cinquième minute que l’aimable M. Moulinet (Raimu, donc) n’est pas ce qu’il semble être aux habitants de Barfleur-sur-Oron, paisible bourgade de l’Ouest ; Moulinet est croqué en quelques coups de crayon sommaires mais habiles. C’est un homme qui attire la sympathie et tranche sur l’invraisemblable médiocrité des notables de la commune (le médecin et le pharmacien, qui ne peuvent pas se sentir, le conservateur des hypothèques qui méprise le receveur des contributions, tous esprits forts et médiocres) ; il est amoureux (de Suzy Prim, fondatrice d’une œuvre d’aide aux jeunes filles abandonnées), va se marier, se ranger, quitter sa vie de malfaiteur….(Allociné)
Bonus :


                              



Le comédien (1948) - Sacha Guitry retrace ici la biographie de son père,le comédien Lucien Guitry,qu'il campe lui même tout en jouant son propre rôle!Fidèle à son gôut pour les répliques à l'emporte-pièce,le cinéaste évoque,avec humour et émotion,la carrière de ce monstre sacré du thèatre français qui sacrifia son bonheur à l'amour de son art!Un grand moment du film:celui de Guitry fils qui se sert du père pour régler ses problèmes conjugaux!Un comédie de moeurs aux anecdotes amusantes et aux dialogues brillants...  Ce n'est un secret pour personne : Sacha Guitry était avant tout un homme de théâtre, et il le prouve de la manière la plus évidente qui soit ici. Car si on excepte quelques réalisations (« La Poison » et « Le Roman d'un tricheur » en tête), la plupart de ces films dégageait cet aspect très « théâtre filmé » dont le grand Sacha ne se cachait d'ailleurs pas. Seulement voilà : j'ai beau ne pas être contre les lieux clos, il y a tout de même des limites. Car que c'est pauvre techniquement! C'est simple, on est d'ailleurs proche de l'ennui très régulièrement et d'ailleurs, il faut bien avouer que le résultat final est en définitive terriblement inégal. Heureusement (vous me direz, c'est la moindre des choses dans ce genre de productions : c'est vrai, mais bon, ce n'est pas suffisamment courant pour ne pas être signalé), nombre de dialogues s'avèrent être un régal, permettant ainsi au film d'avoir un minimum de densité de bout en bout, d'autant qu'il y a tout de même moins intéressant dans la vie que d'entendre Guitry « himself » nous parler avec sensibilité et talent du rapport qu'entretenait son père au théâtre, dont il était l'un des plus grands interprètes. Bref, c'est plat, parfois même un peu barbant, mais c'est écrit de manière remarquable et parle de choses intéressantes, alors ça passe.


           


Comme quoi, il suffit de peu de choses parfois... Un grand film, une interprétation du plus grand comédien du 19e siècle par le plus grand comédien du 20e siècle. Que demander de plus. Pas d'effets spéciaux, pas de scène de sexe, pas de meurtre, pas d'explosions. De quoi désespérer les plus écervelés des spectateurs et ravir les amateurs de théâtre filmé.Sacha raconte ici l'histoire de son père Lucien Guitry et il interprète les deux personnages avec son habituelle maestria. Au delà du portrait biographique, Guitry parle de l'art, du théâtre, de l'écriture, des femmes, et tout cela est un ravissement. Si "Le comédien" n'est pas l'un de ses tout meilleurs films, il reste une oeuvre très attachante et incontournable pour tous les admirateurs de Guitry.Dans ce film tourné en 1948, Sacha Guitry rend hommage à son père, Lucien Guitry, et à travers au métier de comédien. Sacha joue le rôle de père et du fils et il est accompagné par sa troupe habituel d'acteurs. Sans doute pas le meilleur Guitry, mais une bonne cuvée quand même.(Allociné)                                         

1 commentaire:

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