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mardi 12 avril 2016

Stephanie Beacham

Stephanie Beacham commence sa carrière sur les planches, notamment par des cours de mime, avant d'apparaître dans de nombreux projets télévisés dès la fin des années 1960. En fin de compte, elle est révélée grâce à la série télévisée Tenko dans laquelle elle interprète une jeune femme de la haute société qui se retrouve, en plein conflit du Pacifique, prisonnière dans un camp pour femme du sud-est asiatique. La série britannique Connie est un véritable tremplin, mais son interprétation et les turpitudes de son personnage lui valent rapidement l'étiquette de "garce" ("bitch" en anglais) dont elle arrivera difficilement à se défaire.
Connue surtout pour son interprétation de Sable Colby dans la série télévisée Dynastie 2 : Les Colby, dérivée de Dynastie dans les années 1980, elle fut une des icônes glamour, pourtant assez discrète de cette décennie. Elle a, malgré sa carrière en demi-teinte fréquenté et joué avec les plus grands : Ava Gardner, Charlton Heston, Marlon Brando ou encore au théâtre avec Jeremy Irons ou Ian McKellen.



                   


Michael Winner vs Henry James : c'est l'association contre-nature (du type remix David Guetta vs John Cage) que propose Le Corrupteur. Le réalisateur roublard, rentre-dedans de Un Justicier dans la Ville et le subtil écrivain du non-dit, de l'ambiguïté des êtres. Revendiqué par Winner comme un film consciemment d'art et d'essai, Le Corrupteur se veut un prélude au chef d'œuvre littéraire vicieux de James, Le Tour d'écrou (déjà brillamment adapté au cinéma par Jack Clayton sous le titre Les Innocents). Entreprise inutile pour les puristes du roman – une histoire retorse, très subjective, de fantômes -, mais portant bien la patte cynique et brouillonne de Winner, avec Marlon Brando en guise d'effet spécial à lui tout seul. "Marlon [Brando] voulait rencontrer de vrais Irlandais pour le rôle. […] Nous nous rendîmes dans un bar [fréquenté par des Irlandais]. […] Marlon regarda à travers la salle et me demanda : "c'est bien cela un Irlandais?" "Non", répondis-je. "C'est un Pakistanais." (Michael Winner, Winner takes all). Le cœur du roman de James était la nature incertaine du récit de la narratrice. Elle voit des fantômes, mais sont-ils réels? Sa vertu maladive ne la rend-elle pas encore plus dangereuse, prédatrice que ces spectres? Critiques et commentateurs continuent d'ailleurs d'être divisés par les délicieux pièges de James. Le Corrupteur tendrait pour une interprétation littérale de l'ouvrage, ôtant ses mystères et ses corsets. Winner expose ce que le livre suggérait - et plus – selon sa technique habituelle : plans expédiés, zooms à tout va, image terne / réaliste et volonté de choquer. Au menu donc : sadomasochisme, voyeurisme, barbarie et inceste. Le film d'auteur selon Winner est un post-scriptum au cinéma d'horreur gothique, alors agonisant en Grande-Bretagne avec le déclin de la Hammer, du Ken Russell dilué mais avec quelques vrais bouts de malaise – en particulier, les scènes de jeu avec les enfants. Le tout dans des décors antipathiques et soutenu par l'élégante partition, faussement malicieuse, de Jerry Fielding. Winner rapporte une anecdote sur le tournage qui résume son approche personnelle du film : Marlon me demanda : "si Bergman était ici, que dirait-il des notations sociologiques des personnages et de leurs réponses à l'èthos sous-jacent de cette scène?" Je me mis à regarder une chaise vide. Puis la porte. Je répondis : "Bergman vient de partir. Il vient de se lever et de filer. Et je ne suis pas du tout surpris." ( Michael Winner, Winner takes all).


            


Brando, alors sur le retour (Francis Coppola était présent sur le tournage pour le convaincre de jouer dans Le Parrain), se fait plaisir et fait son show d'ogre ayant consciencieusement travaillé l'accent irlandais. Il rejoue sa partition familière de rebelle très sexué et sans cause, correspondant ironiquement à la description de Quint par James dans Le Tour d'écrou : "il me fait un peu penser à un acteur". Fichu à la va-vite, Le Corrupteur ménage son intérêt par le script (encore plus explicite sur le papier que dans son adaptation finale) de Michael Hastings. Scénario qui donne au matériau jamesien un caractère en fait beaucoup plus victorien qu'à l'origine (James était un europhile américain, même si pour certains historiens, le terme victorien – englobant le règne de la Reine Victoria en Grande-Bretagne – pourrait s'appliquer à tout le 19ème siècle post-napoléonien) et dresse des parallèles entre cette période et les années 70.


                 

Evoquant les grandes angoisses de la très répressive société – justement - victorienne, l'historien Roland Marx cite la peur de la sexualité, de la mort, de l'effondrement des codes sociaux et moraux, incarnés par Peter Quint et Miss Jessel. Le casting de Brando, son image de marginal hors de et sur l'écran, n'en font que plus sens : figure du mal absolu chez James, Quint est ici celui qui brise les conventions, renverse les valeurs. "Les morts ne vont nulle part", dit-il à une époque où les victoriens prêtaient une attention maniaque aux obsèques. Affirmant qu'aimer fait mal, s'habillant avec le frac de son maître, Quint est un défi aux règles, un asocial typique des personnages de Winner. Le Corrupteur évoque cette hypocrisie, cette pression sociale dans une scène signifiante ou la servante rappelle à Miss Jessel qu'elle a des "obligations". Et Miss Jessel de s'évanouir ensuite.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-corrupteur-winner)



                              


Inseminoid (1981) - Suite au Alien de Ridley Scott et Dan O’Bannon, les variations science-fictionnelles proposant une intrigue spatiale autour d’un extraterrestre envahissant l’espace vital des humanoïdes sont légion. Malgré les arguments peu crédibles du producteur Richard Gordon visant à interdire toute accusation plagiaire, le métrage de Norman J. Warren peine à ne pas souffrir de la comparaison d’avec son illustre prédécesseur. Pourtant, malgré un pitch quasi similaire (milieu spatial, une tribu de scientifiques divers, un individu investi par un alien), les deux œuvres possèdent de multiples points de distanciation qui terminent de les différencier l’une de l’autre, sacrant du même coup irrémédiablement l’œuvre de Scott au détriment de la relecture européenne de Warren. C’est que l’Anglais, déjà coupable de Satan’s slave et du Zombie venu d’ailleurs, éprouve bien des difficultés à se rapprocher des modèles américains malgré les deux autochtones (Robin Clarke et Jennifer Ashley) insérés dans le cast suite aux recommandations de la Shaw brothers. Une européanisation qui se lit autant dans la sexualisation de l’intrigue que dans le décalque engourdi des œuvres qu’elle imite. Si le pitch emprunte considérablement au film de Scott lui-même se modelant sur It ! The Terror from Beyond Space de Edward L. Cahn, l’œuvre de Warren lorgne également sur le classique de Mario Bava La planète des vampires dont il reprend les monochromes tour à tour bleuâtres, rougeâtres et verdâtres, subterfuge chromique symbolisant un univers étranger au monde terrestre qui permet de ne pas éparpiller le budget rachitique en fx coûteux et inutiles.


            

 Mieux, pour limiter au mieux les frais, le tournage se déroule dans une caverne britannique (et sa température constamment froide) à peine agrémentée de quelques éléments appartenant aux lieux de vie supraterrestres dans l’imaginaire collectif. Centrée dans les sous-sols de la planète Xeno, l’intrigue louvoie au gré de couloirs labyrinthiques aux nombreux méandres nantis de quelques caissettes ornementales. De faiblesse, le film transforme pourtant le confinement financier en force lorsqu’il décide de développer davantage le caractère de l’hôte que celui de la créature (qui fera également son apparition, atteignant du même coup le comble du ridicule), renvoyant du même coup aux œuvres traitant de possessions démoniaques également en vogue depuis le film de Friedkin.


                  


Sandy, en pleine gestation exponentielle, devient un prédateur redoutable qui ne désire que d’exterminer ses compagnons de jadis par simple envie plus que par instinct de protection de sa progéniture. Déplacement thématique reprenant la thèse de Hobbes de l’homme loup dans laquelle l’insertion de la créature alien ne devient plus qu’une légitimation science-fictionnelle maladroite des confrontations humaines qui baignent l’ensemble. Que reste-t-il en définitive de cet Inseminoïd au titre évocateur ? Une thématique épuisée, des acteurs fadasses, une musique électronique éreintante, des décors minimalistes et un manque de rythme crucial pudiquement contrebalancés par l’une ou l’autre séquence glauque sympathique (l’attaque des aliens, l’insémination). Bien loin d’être le plus mauvais film de Warren, Inseminoïd constitue pourtant le plus bel exemple de la roublardise d’un réalisateur qui sut en nombre circonstances passer à travers les mailles du filet de productions avares en dringuées horrifiques.(https://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Inseminoid-Artificiel.html)

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