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mardi 26 avril 2016

Miloš Forman

Après quelques études à l'université publique de Poděbrady (qui a, entre autres, compté parmi ses étudiants Václav Havel),Miloš Forman entre à l'École du cinéma de Prague : la FAMU. Il y réalise plusieurs courts métrages, et se lance ensuite dans la mise en scène de comédies. Son premier long métrage, L'As de pique (1963), le fait connaître au-delà des frontières de son pays. Ses œuvres tchécoslovaques (Les Amours d'une blonde, Au feu, les pompiers !), auxquelles il donne une couleur de satire sociale, rompent avec le ton conformiste et l'académisme des productions communistes de l'époque. En 1968, la répression du Printemps de Prague l'oblige à émigrer. Lors des événements, il se trouve à Paris pour négocier les termes du contrat de son premier film américain. Sa société de production tchécoslovaque le licencie directement, prétextant qu'il est sorti illégalement du territoire. Il s'établit ensuite à l'Hotel Chelsea de New York. Il devient plus tard professeur de cinéma à l'université Columbia, où il a notamment pour étudiants Kathryn Bigelow, Martin Brossollet, Yves Lavandier, Ntshavheni Wa Luruli et James Mangold, son protégé. En 1977, Forman est naturalisé américain. Passé aux États-Unis, il réalise d'abord une comédie sociale, Taking Off (1971), sur la classe moyenne américaine, puis change totalement de registre avec Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), drame sur les milieux psychiatriques, qui lui vaut la consécration internationale ainsi que l'Oscar du meilleur réalisateur, remporté à nouveau neuf ans plus tard, en 1985, pour l'adaptation de la pièce de Peter Shaffer sur la vie de Mozart vue par Salieri, le fastueux Amadeus, qu'il a en partie tourné à Prague. Il signe, entre-temps, la version cinématographique de la comédie musicale culte de Broadway, Hair (1979), et réalise une vaste fresque sur l'Amérique du tout début du XXe siècle : Ragtime (1981).(Wiki)

                 


Taking Off (1971) : Tchécoslovaquie, août 68 : l'intervention des tanks de Moscou marque la fin du Printemps de Prague. Milos Forman, qui se trouve alors à Paris où il travaille sur un projet de film américain pour la Paramount, décide de ne pas retourner dans son pays et se rend aux États-Unis. Le courant réformiste frémissant ayant été écrasé par les troupes du Pacte de Varsovie, Forman sait qu'il n'aura plus aucune latitude pour tourner librement ses films. Rappelons qu' Au feu les pompiers, réalisé en 1967, a été interdit par la censure et que Forman a même été sommé par décision de justice de rembourser les frais liés à la production du film, étant même accusé de tentative de sabotage de l'économie socialiste ! En effet Carlo Ponti, le co-producteur italien, détestant le film, avait sommé l'État tchèque de lui rembourser les sommes engagées sous prétexte de non respect de contrat par Forman. D'un continent à l'autre, d'une révolution avortée à une autre. Forman découvre en effet un pays profondément bouleversé par les revendications de toute une frange de la population : une partie de la jeunesse crie sa colère et rejette le modèle parental et une société dans laquelle elle ne se reconnait pas, les mouvements pour les droits civiques continuent à se durcir, le drame des émeutes de Watts et l'assassinat de Martin Luther King sont encore dans toutes les mémoires, les manifestations pacifistes réclamant l'arrêt de l'intervention américaine au Vietnam se multiplient... le pays est en pleine ébullition. Mais dans les milieux artistiques qu’il commence à fréquenter, Forman n'entend parler que de drogues, d’expériences psychédéliques et de libération sexuelle. Il constate que les revendications politiques et sociales de la rue n'intéressent pas l'élite culturelle et artistique, et que le mouvement en marche aux Etats-Unis se résume pour ces bourgeois contestataires au slogan « Sexe, drogue et rock'n roll ». Malheureusement, cette tendance à écarter le fond au profit du plaisir immédiat que promet le Flower Power est aussi partagée par toute une partie de la jeunesse, très peu politisée, ce qui n'est pas sans troubler le cinéaste qui a vu dans son pays des jeunes risquer leurs vies pour gagner leur liberté.


           

Hollywood a été profondément secoué par le succès d'Easy Rider et les studios se demandant comment récupérer cet engouement pour un cinéma différent à des fins mercantiles. C'est ainsi que les pontes de la Universal décident de produire de jeunes cinéastes dans le cadre de films « indépendants » et à petits budgets. Alors que le public boude de plus en plus les anciennes formules hollywoodiennes, Universal et d'autres studios espèrent ainsi reproduire l'inattendu succès commercial du film de Dennis Hopper en surfant sur la vague contestataire de la jeunesse et son désir de nouveauté. C'est ainsi que Peter Fonda réalise l'étonnant L'Homme sans frontière, Monte Hellman le non moins surprenant Macadam à deux voies et que Forman trouve l'opportunité de tourner son premier film américain, la Paramount ayant entretemps mis un coup d'arrêt au projet sur lequel il travaillait jusqu'ici. Le cinéaste est soutenu par Michael Hausman, un jeune homme de bonne famille fou de cinéma qui, malgré le fait qu'il ait été déshérité par ses riches parents, parvient à réunir les fonds pour que le cinéaste puisse boucler la production du film.


                                 

Le budget est de 851 000 dollars et Forman tourne avec une toute petite équipe, bénéficiant par contre de neuf semaines de tournage, quatre mois de montage et d'une totale liberté pour l'écriture du scénario, les choix de mise en scène, les lieux de tournage (tout est en fait tourné en décors naturels) et le casting. Il obtient même une dérogation exceptionnelle du syndicat des techniciens pour faire travailler son compatriote Miroslav Ondrícek, chef opérateur qui a débuté en même temps que lui sur le documentaire Konkurs en 1964 et qui collaborera avec Forman jusqu'à Valmont en 1989. Mais avant ce tournage en famille, où Forman laisse une grande part à l'improvisation, il y a un long et difficile travail d'écriture auquel il doit se livrer. Il est censé faire pour ainsi dire œuvre de sociologue or il se trouve souvent démuni face à ce qu'il voit, il n'a pas toutes les clefs, il est plein de doutes et découvre pour ainsi dire l'Amérique en écrivant le film.(http://www.dvdclassik.com/critique/taking-off-forman)


                                   


1963. McMurphy, 38 ans, est transféré du pénitencier dans une clinique psychiatrique. Cinq fois arrêté pour combats avec violence et condamné pour viol sur mineure, consente d'après lui, il doit être évalué par le docteur Spivey. Celui-ci devra dire si McMurphy simule un dérangement mental pour échapper au travail carcéral.
McMurphy est interné dans une section de dix-huit malades dont les soins sont surveillés par l'infirmière Ratched. Celle-ci a ordonné de façon très stricte la vie de ses patients : distribution de médicaments au son de la musique classique, gymnastique et groupe de parole se succèdent. Y participent principalement huit malades. Il y Lared, intellectuel et homosexuel refoulé qui souffre de l'infidélité réelle ou supposée de sa femme qu'il ne peut satisfaire. Il y a Martini, débile léger, Billy le bègue, suicidaire, incapable de se défaire de l'autorité de sa mère et Chesswick, obséquieux et souffrant de peurs paniques. Autour d'eux, il y a Mancini, l'aphasique, un ancien général et un ancien tennisman perdus dans leur monde et surtout L'indien, un imposant chef de tribu que tous croient sourd et muet.


              
McMurphy s'oppose vite par sa trop forte personnalité aux méthodes répressives de l'infirmière Ratched. Il demande à baisser le niveau musique, refuse de prendre ses médicaments et entraine les autres à demander d'allumer la télévision pour la diffusion de la coupe des clubs. Ratched, sure de son autorité, autorise un premier vote, où McMurphy n'obtient que trois voix. Le lendemain il en obtient neuf mais Ratched clôt la séance avant que l'Indien ne fasse basculer la majorité. McMurphy triomphe quand même en mimant sa réaction de spectateur enthousiaste.


Le lendemain, après un mois d'internement, Murphy est convoqué devant le docteur Spivey et deux autres psychiatres qu'il ridiculise. Le surlendemain, il transforme l'habituelle sortie en bus en grande partie de pêche en mer. Au retour, il est sévèrement puni et condamné aux électrochocs. Il parvient néanmoins à organiser par la suite une partie fine avec des prostituées afin que Billy ait sa première expérience sexuelle. Il pense s'échapper mais, pour avoir un peu trop tardé, est repris par les gardes. Alors que Ratched persécute moralement Billy pour l'empêcher de reprendre son autonomie, McMurphy tente de l'étrangler. Une lobotomie le transformera en légume, avant qu'un détenu ne l'étouffe par pitié.



                                    


Le film souffre de nombreux défauts. La radio annonce que la finale de la coupe des clubs de base-ball se déroule en 1963. La charge contre l'establishment psychiatrique est ainsi amoindrie par le fait qu'il ne s'agit pas d'une situation contemporaine. Il pourrait être supposé que l'usage des méthodes barbares que sont les électrochocs et la lobotomie peut appartenir au passé. Par ailleurs, la perversité morale dont fait preuve Ratched qui persécute moralement chacun de ses malades pour les dominer est un ressort dramatique un peu excessif et répétitif.




Il n'en reste pas moins que la rage de liberté dont a toujours fait preuve Forman se retrouvent pleinement ici. Face au docteur Spivey, compassé et fragilisé par sa vanité par trop apparente de pécheur de saumon, face aux autres psychiatres et à l'infirmière, tous coincés dans leur idéologie de l'ordre et du calme à tout prix, McMurphy propose une solution libératrice à certains traumatismes. L'indien reste aussi une figure inoubliable des traumatismes sociaux que, faute de mieux, on demande à la psychiatrie de guérir.


                                     



Le casting est la qualité première du film. Nicholson, énergie du visage, du langage et des gestes toujours en action est l'interprète idéal pour une thérapie de l'action qui dépasse le simple behaviourisme par l'investissement affectif dont il fait preuve. La séquence de match de base-ball à la télévision éteinte où celle-ci ne reflète que les actions que mime McMurphy et celui du visage des autres patients, interloqués, est l'une des plus belles du film. C'est le producteur, le tout jeune Michael Douglas, qui proposa le scénario à Forman et lui permit ainsi de connaître enfin le succès après huit ans passés aux Etats-Unis et l'échec public du beau Taking off (1971). Le film rafla cinq Oscars dont ceux du Meilleur film, Meilleur acteur et Meilleur réalisateur.
Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/forman/volaudessusdunniddecoucou.htm




                                     


Il fallait tout le talent de Milos Forman et de deux interprètes puissants comme Jack Nicholson et Louise Fletcher pour rendre cette leçon aussi humaine et aussi pathètique! Meilleur film, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur rèalisateur, meilleure adaptation...il ne restait plus beaucoup d'Oscars prestigieux à se partager en cette annèe 1976! Ruèe vers les salles, du jour au lendemain, la rèputation internationale de Milos Forman est assise! C'est une oeuvre d'un humour noir à la fois hilarant et terrifiant! Les acteurs - certains d'entre eux sont-ils de vrais malades ? - sont tous extraordinaires de vèritè même dans les plus petits rôles, plus particulièrement Brad Dourif et Danny De Vito, Sydney Lassick et Christopher Lloyd! D'une comèdie grinçante et dèsopilante, Forman fait jaillir un drame bouleversant à la fois grandiose et poignant où l'on n'est pas près d'oublier ce final symbolique du gèant Will Sampson! Un èlectrochoc du 7ème art d'une efficacitè rarement atteinte au cinèma... chrischambers86

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?eud1la8gjh
    https://0m74qjqov2.1fichier.com/
    Zik : http://www.ulozto.net/xp9ZooH/one-flew-over-the-cuckoos-nest-ost-rar

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