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jeudi 14 avril 2016

Mario Bava

Dans les années 1970, le réalisateur italien Mario Bava (1914-1980), spécialiste de l’épouvante, était considéré comme un honnête artisan de films « bis ». A cette époque, le film « d’horreur » était encore relégué au rang de divertissement secondaire, une branche bien à part du cinéma dit « officiel ». Avec le temps, les barrières sont tombés, la critique et le grand public ont découvert les cinéastes dit « border line » qui ce sont révélés être aussi importants que les grands maîtres du panthéon cinématographique. Dans l’histoire du cinématographe, il n’y a pas de films de série A et des films de série B, mais de bons ou de mauvais films, de bons ou de mauvais réalisateurs. Mario Bava, « le dernier artisan du cinéma », fait parti des grands maîtres du 7ème art tout autant qu’Alfred Hitchcock. Il est la figure paternelle du cinéma fantastique italien et l’inventeur du Giallo, le thriller horrifique. Au-delà de ces étiquettes commerciales, Bava est avant tout un auteur complet, un extraordinaire plasticien de l’image, un expérimentateur de formes. Ses films à petit budget témoignent d’obsessions morbides et sadiques, illustrant toutes les catégories du cinéma populaire transalpin. Il œuvra ainsi dans tous les styles cinématographiques : Fantastique, science-fiction, épouvante, horreur, giallo, western, aventure, historique, péplum, romance, érotisme, comics, espionnage, comédie, road movie et slasher.Il a inventé une grammaire cinématographique unique, autant du point de vue visuel que narratif, reprise depuis par des cinéastes comme Dario Argento, Brian De Palma, Tim Burton, Quentin Tarantino ou David Lynch.



                 


Roy Colt et Winchester Jack -1970, les jeux sont faits, et le western spaghetti est définitivement porté sur son auto-parodie. Cette fois, c'est l'illustre Mario Bava (pas forcément illustre dans le genre qui nous intéresse ici, d'ailleurs), qui s'y colle. Pour cela, il s'adjoint les services du scénariste Mario Di Nardo et de l'acteur Teodora Corrà, déjà présents dans "l'Ile de l'Epouvante", le giallo signé en cette même année 70 par Bava. Mais il passe ici à quelque chose de totalement différent : le western comique à tendance lourdingue. Le tout début du film est assez calamiteux, avec sa surenchère de musique et ses effets de zooms et de dézooms compulsifs. Heureusement, ce parti-pris de mise en scène s'arrête assez vite pour quelque chose de plus standard mais de plus supportable. C'est déjà ça de pris. On ne pourra pas en dire autant pour l'humour du film, pas franchement finaud, et très porté sur le comique de répétition. On aura ainsi droit plusieurs fois à l'impotent qui reproche à ses concitoyens de s'être tous barrés alors qu'il était en danger, à Jack et Roy qui se battent en se roulant au sol, à l'indienne qui fait les comptes des passes qu'elle a accordé à ses chauds prétendants etc etc... A noter aussi quelques incursions dans le beauf, comme une bagarre dans un bordel ou comme lorsque le révérend ne peut donner l'assaut pour cause de grosse commission en court... Ce qui ne veut pas dire que tout tombe à plat : quelques gags sont effectivement réussis et évitent la facilité. Mais globalement, Bava n'a pas su distinguer la légèreté de la facilité. Les gags s'enchaînent sans toutefois instaurer un quelconque esprit jovial. Le film souffre de toute façon d'un manque de scénario certain, puisque finalement le tout est très répétitif et, à l'instar de ce qui se fait niveau humour, propose plusieurs fois les mêmes genres de scènes, par ailleurs absolument pas violentes malgré quelques embuscades tournant à la fusillade.


   

Le duo Roy / Jack a bien du mal à fonctionner, faute de charisme. Il faudra davantage se pencher sur les personnages secondaires, comme le révérend ne jurant que par le Tsar de Russie, mais surtout l'indienne, qui a pour elle d'être incarnée par la belle Marilù Tolo, sans laquelle l'histoire serait bien morne. Signalons tout de même un effort fait dans la dernière partie du film, où l'intrigue s'emballe un peu à l'approche du trésor et où les personnages, y compris les deux amis, commencent à douter l'un de l'autre. Tout n'est donc pas à jeter. Mais ceci dit, le film de Bava ne restera pas dans les mémoires de ses spectateurs, à part peut-être pour quelques effets complètement pourris (un serpent en plastique tout immonde, par exemple...).(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/678-roy-colt-et-winchester-jack)



                  


Nombreux sont ceux qui affirment que les années 70 ne furent pas les meilleures de Mario Bava qui va peu à peu décliner au niveau du talent de ses œuvres. Bien loin de confirmer de telles assertions, je me contente de contempler l’héritage bavien avec une pointe de nostalgie qui m’assaille continuellement. Et puis, soyons objectifs, La baie sanglante entre de plein pied dans cette décennie et constitue pourtant d’une des œuvres-phare du réalisateur. Il en est de même, dans une moindre
mesure, pour Lisa et le diable ainsi que pour ce Baron vampire qui reste dans la lignée de la carrière de Bava. Un an après La baie sanglante, Bava signe avec ce Baron vampire sa première collaboration à grand public avec le producteur Alfredo Leone, collaboration qui s’achèvera prématurément suite aux soucis que causera la sortie de Lisa et le diable. Malgré un titre original évoquant La vierge de Nuremberg d’Antonio Margheriti (le titre original étant Gli orrodi del castello di Norimberga), le métrage n’a que peu de similitudes avec l’œuvre précitée et ne doit son titre qu’à l’utilisation d’instruments de tortures divers par le baron dont la fameuse Vierge de Nuremberg. Pour ne pas susciter de confusion, les distributeurs décidèrent de modifier le titre original et de le transformer en Baron vampire, bien loin d’évoquer l’oeuvre de 1963. Une apologie de la souffrance qui renvoie directement à la première œuvre de Bava, Le masque du démon, et donne lieu à une espèce de fermeture hermétique du cycle ouvert par l’œuvre de 1960. Des thèmes similaires s’y retrouvent comme le supplice de la sorcière, les instruments de torture, la résurrection d’un personnage mutilé revenu se venger, un vieux château gothique comme décor, …


   


Changement important : le sexe du revenant change puisqu’ici il s’agit du retour d’un homme torturé puis tué et maudit par la malédiction de la sorcière. Mis à part ces thèmes semblables, les deux œuvres ne partagent que peu de points communs tant elles diffèrent du point de vue du traitement de l’image et du scénario. Si Le masque du démon se faisait le témoin de l’entrée dans l’ère de la monstration, Baron vampire en est le digne descendant puisque l’auteur use de scènes assez violentes pour choquer le spectateur et le marquer au fer rouge à l’instar des pauvres victimes du baron. Une ambiance effrayante se met en place, tantôt gothique, tantôt moderne (Bava s’amuse à mêler les deux comme l’illustre ce distributeur de canettes de Coca-Cola dans le vieux château) et il faut avouer que le film souffre de cette
ambivalence mal équilibrée.


                                

Œuvre moins fouillée que Lisa et le diable, Baron vampire gagne en efficacité ce qu’elle perd en profondeur. Suivant un fil conducteur classique et se déclinant autour d’une trame scénaristique convenue, l’œuvre a au moins le mérite de ne pas égarer les spectateurs et de les tenir en haleine. D’autant que l’histoire se tient et apporte même son lot de surprises (mais qui est ce fameux baron ?). Quelques scènes valent le détour pour l’ambiance mise en place et pour le savoir-faire de l’ancien chef opérateur. On retiendra notamment celle de la course nocturne dans la vie qui pousse l’héroïne à se cacher pour éviter le fameux baron (scène qui n’est pas sans rappeler la poursuite labyrinthique du début de Lisa et le diable). En conclusion, sans être véritablement épatante, non ne peut toutefois cracher sur ce film qui reste dans la continuité de l’œuvre bavienne et emmène son lot de suspense et d’angoisse.(http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Baron-vampire-Dans-la.html)

2 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?8c7fd8h87t
    https://ry1qk5izha.1fichier.com/

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  2. a voir aussi duel au couteau et l'espion qui venait du surgelé

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