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vendredi 1 avril 2016

Marie Déa

La carrière de Marie Déa est à son image, reflet d'une mélancolie souriante acceptant les accidents de parcours. Née parisienne le 20 juin 1919, Marie Déa se tourne rapidement vers le théâtre. Elle n'a pas vingt ans et fait déjà partie de la troupe réunie par Gaston Baty. On remarque ses apparitions furtives mais gracieuses dans Madame BovaryMadame CapetMacbeth. Brune aux yeux vifs, elle bénéficie, outre sa présence en scène, d'un sourire un peu tremblé à la limite de l'émotion. Dès 1938, le cinéma lui fait signe : à peine la remarque-t-on dans La Vierge folle (Henri Diamant-Berger). Mais, dans une courte scène d'une production maritime (Nord-Atlantique, de Maurice Cloche, 1939), elle montre ses qualités dramatiques. Ce qui entraîne sans doute Robert Siodmak à la choisir pour le premier rôle féminin de Pièges (1939). Face à une intimidante brochette d'acteurs : Maurice Chevalier, Erich von Stroheim, Pierre Renoir, André Brunot, non seulement elle s'impose, mais, dans un rôle chatoyant, atteint dans les moments pathétiques une réelle intensité. Le film consacre son succès pendant la drôle de guerre, alors qu'elle tourne, en compagnie de Félix Gandéra et de Léo Joannon, des films sans grand intérêt.(http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-dea/)


                               


56 rue Pigalle est un film français réalisé par Willy Rozier, sorti en 1949.  L’intrigue, sur un scénario de Willy Rozier lui-même, est apparemment banale. Elle peut même apparaître comme surchargée. Mais c’est justement de cette surcharge que surgit l’aspect tragique et désespéré de la passion qui unit Jean et Inès. Les soucis s’accumulent aussi bien comme une forme de punition de l’adultère commis, que comme une fatalité sans issue. Cela va donner un caractère ambigu aux deux héros. Jean est en effet très ami avec Montalban, mais il ne peut renoncer à sa passion pour Inès, quitte à la payer d’un prix excessivement élevé. Il acceptera de tout perdre et de partir vivre dans un grand dénuement en Afrique. Jean et Inès renonceront alors aux conforts de la vie mondaine à laquelle ils étaient habitués à Paris. Les amours de Jean et d’Inès apparaissent alors comme un long chemin de croix, et non comme la recherche du plaisir. Mais le mari d’Inès est lui aussi dans l’ambigüité parce qu’aussi bien il aide Jean, mais il ne peut surmonter sa jalousie. Il sombrera dans les plaisirs frelatés des boîtes de nuit. Même si le film est centré sur Inès et Jean, c’est d’un triangle infernal dont il s’agit. A la fois misérable et plein de grandeur et de renoncement. Cette ligne vénéneuse fait penser à William Irish bien sûr, surtout dans la fin. >Mais le cadre de ces amours bourgeoises et adultérines dans son opposition à Pigalle justement ou à la misère de l’Afrique, vont prendre un caractère particulier. En effet, l’insouciance des amants est tout de suite perturbée par la haine du valet qui se venge non seulement pour de l’argent, mais aussi pour effacer les humiliations que son statut de valet engendre forcément. 



            


De même le photographe crasseux en veut au valet d’être capable de pressurer les bourgeois. En vérité le titre, 56 rue Pigalle, est un peu racoleur et semble nous orienter vers le milieu et ses frasques. Il n’en est rien, Pigalle est à peine un décor qui sert à des oppositions de classes. L’interprétation est intéressante. Bien sûr Jacques Dumesnil est un peu trop raide et n’a pas beaucoup de charisme, sa patite moustache donne un côté vieillot à l’histoire, mais Marie Déa est très bien avec ses tourments rentrées et ses larmes retenues. Elle a beaucoup de présence. Aimé Clariond dans le rôle de Montalban est excellent. Mais ce sont plutôt les seconds rôles qui surprennent, René Blancard qui joue le valet Bonneet, ou Raymond Cordy dans le rôle du chauffeur de taxi pittoresque. Ou encore Marco Villa dans celui de Baruch le photographe criminel. Le film est produit par la société de production de Willy Rozier qui maitrisaient ainsi ses films de a jusqu’à z. Il y a donc toujours un côté un peu minimaliste par manque de financements.


                                 


Les gros plans sont trop nombreux, les éclairages un peu pauvres, et souvent les scènes dialoguées se bornent à un champ contre-champ sans imagination. De même les scènes violentes sont souvent escamotées. Mais il y a  tout de même quelques idées cinématographiques intéressantes. Par exemple toute cette scène qui met en présence le maître chanteur et le photographe et qui conduira au meurtre. Malgré le côté exotique de cette vision de l’Afrique, la fin est également filmée d’une manière intéressante en jouant sur le peu de lumière qui sourd des persiennes, ou en insistant sur la pluie torrentielle. C’est donc un film qui vaut le détour, datant de 1948, il montre que malgré les a priori de Borde et Chaumeton le film noir à la français était en plein développement. En effet, à cette époque le film noir américain n’avait pas encore été mis en pleine lumière, et la Série noire en était à ses balbutiements. C’est sans doute dans cet interstice de temps que Willy Rozier développe une vision originale du « noir ». (http://alexandreclement.eklablog.com/56-rue-pigalle-willy-rozier-1948-a118114894)


                  

Le Bon et les méchants est très bien mené par un Lelouch en forme qui utilise pour sa photographie un vintage faisant vieux clichés. Un Lelouch à découvrir. En se documentant pour "Le voyou", Claude Lelouch remarque que nombre de truands èvoquaient comme un paradis la pèriode de l'Occupation! D'où l'idèe de cette comèdie qui balaie l'histoire de France de 1935 à la Libèration, à travers les destins croisès de petits malfrats! Dans un pêle-mêle virtuose, il entrelace le gang des tractions, les sombres heures de la Collaboration aux combines de Jacques Dutronc et du regrèttè Jacques Villeret en compagnie de la piquante Marlène Jobert! C'est frais, c'est bien troussè, de plus la photographie est particulièrement originale et soignèe dans les couleurs! Un excellent divertissement et le charme des acteurs qui fait beaucoup dans cette aventure policière qui se marie à l'èvocation nostalgique du Paris des annèes 30... 
(Allociné).

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?n8mnk40ei7
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