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samedi 23 avril 2016

Le testament du docteur M

Dans un hôpital psychiatrique, un fou reprend peu à peu ses esprits, suffisamment en tout cas pour prendre la poudre d'escampette après avoir liquidé le gardien chargé de le surveiller. Pour retrouver son identité et son passé, une seule piste s'offre à lui : un morceau de pellicule. Pas n'importe lequel, car nombreux sont les collectionneurs qui se damneraient pour le posséder. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de l'introduction du Docteur Mabuse de Fritz Lang, réputée disparue. Sur le fond, nous voici face à un thriller assez traditionnel, le fugitif traînant dans son sillage une inspecteur de police caractérielle et les membres d'une organisation mystérieuse qui semblent en savoir long sur les récents événements. Derrière ce clacissisme apparent, Pécau et Damour, délaissant pour l'heure le registre de la science-fiction de Nash, se fendent d'un univers déjanté peuplé d'êtres maléfiques. L'absurde côtoie le sordide. La violence, éclatant par intermittence, paraît peser sur les épaules de tous les personnages. L'ambiance oppressante, qui ne se dément pas d'un bout à l'autre de ce premier tome, est non seulement due au scénario angoissant concocté par Pécau, mais aussi et surtout au dessin de Damour qui livre indéniablement son meilleur album. Les visages, expressifs, transmettent bien la peur ou la folie dont sont imprégnés les personnages. Par une mise en scène impeccable, il renforce le suspense entretenu par son compère scénariste. Officiant aux couleurs, Vincent Froissard, déjà à l'ouvrage sur des séries de qualité telles que Felicidad ou Après la guerre, se concentre sur des tons très foncés et permet au récit de gagner encore en obscurité. La prouesse du dessinateur et de son coloriste est évidente : parvenir à rendre dans une bande dessinée une atmosphère digne des films de Fritz Lang, véritable maître du genre, n'était pas chose aisée. C'est pourtant ce qu'ils ont réussi, et de quelle manière ! Pour un peu, on s'attendrait à croiser Peter Lorre au détour d'une sombre ruelle.


                            


L'intrigue de ce premier volume est par ailleurs difficile à résumer : les auteurs posent beaucoup de questions, présentent un grand nombre de personnages, parfois de manière très succinte, et lancent d'innombrables pistes qui peuvent laisser perplexe. Néanmoins, certains signes attestent de leur maîtrise de l'univers qu'ils mettent en place, la parfaite intégration des films de Fritz Lang dans l'histoire n'étant pas le moindre. L'ensemble paraît cohérent, même si les révélations sont remises à plus tard, et rien ne saurait empêcher l'amateur de récits torturés de se plonger avec avidité dans ce Testament du docteur M. En espérant que les deux derniers tomes seront à la hauteur.  Ouvrir Le testament du docteur M, puis se perdre dans les méandres du récit. Plusieurs trames se croisent et s'entremêlent, chaque personnage suivant son propre chemin, son propre destin. L'inspecteur Lotte Habou cherche M, un tueur en série échappé d'un asile psychiatrique. M cherche l'origine d'un morceau de pellicule sur lequel repose l'introduction du Docteur Mabuse de Fritz Lang. Le jeu du chat et de la souris pourrait encore durer longtemps, entraînant son lot de meurtres et de sang versé. Les pistes, jalonnées de cadavres, se multiplient, tout comme les disparitions inquiétantes et les personnages au bord de la folie. L'atmosphère est glauque, sombre, aussi impénétrable que le double jeu que semblent jouer certains des acteurs. Mais peut-on encore parler de jeu, quand il se solde par un tel déchaînement de violence ? Si l'histoire fonctionne bien, c'est en grande partie grâce à la force que Damour place dans son trait. Hommes et femmes au visage déformé par la folie, créatures incertaines qui vous poursuivent dans la nuit, regards vides et chairs déchirées... tout concourt à faire de ces Trois lumières le réceptacle de nos peurs ancestrales, ne serait-ce que par une mise en couleurs efficace dans sa sobriété. Dures, certaines scènes le sont de toute évidence, mais les auteurs évitent tout ce qui est gratuit, facile. Ici, tout a un sens. Encore faut-il le découvrir, une tâche ardue pour le lecteur chargé de voir derrière les ombres.(http://www.bedetheque.com/serie-18142-BD-Testament-du-docteur-M.html?_ga=1.84990430.675690881.1460874421)


                             


Pour déroutant qu'il soit, le scénario n'en reste pas moins passionnant. Et si la multiplication des personnages et des intrigues tend à brouiller les cartes, il se dessine tout de même un lien entre tous ces éléments épars, comme si les auteurs attendaient le troisième et ultime tome pour rassembler les pièces du puzzle. C'est du moins ce que dira le lecteur optimiste, convaincu qu'une telle mise en place ne peut se ponctuer que par un final grandiose. Quel que soit ce final, quelle que soit sa portée quasi métaphysique que l'on peut déjà percevoir en filigrane, une chose est sûre : Le testament du docteur M est une série à part, où se marient à la perfection les talents d'un dessinateur qui se surpasse pour l'occasion, et d'un scénariste qui, toujours capable de surprendre, aura voulu rendre hommage à l'un des plus grands cinéastes de tous les temps. Toute proportion gardée, le résultat est à la mesure de l'ambition, beau et angoissant comme un film du Maître. Avec quelques mois de retard par rapport à la date de sortie des deux premiers, voilà enfin la conclusion d'un thriller étrange et néanmoins captivant, en hommage à l'œuvre de Fritz Lang, grand cinéaste du XXe siècle. Après deux tomes riches en révélations, mais aussi surtout en énigmes, le temps est venu de tout savoir sur M, Aude et Lotte. Sans trop en révéler ici, on se contentera de dire que M va retrouver la mémoire, et que Lotte va se reprendre en main. Le récit est d'ailleurs plus centré sur elle que sur M, et tout le monde finira par se réunir pour la grande révélation finale. Le récit tient toutes ses promesses et satisfera ses lecteurs, bien que le final surprise (mais cohérent) risque d’en dérouter certains. Agréable à suivre, il se révèle moins complexe qu’en début de série. Les dessins, toujours assurés par Damour et mis en couleurs par Vincent Froissard, assurent un véritable travail d'ambiance contemporaine, avec des personnages possédant leur propre charisme. Un thriller passionnant en triptyque, véritable hommage au cinéma, comme on aimerait en découvrir plus souvent… ( http://www.planetebd.com/bd/delcourt/le-testament-du-docteur-m/l-origine-du-mal/10581.html)                                

1 commentaire:

  1. http://www.priceminister.com/s/le+testament+du+docteur+m#xtatc=INT-601
    https://www.leboncoin.fr/livres/928145463.htm

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