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jeudi 28 avril 2016

John Lund

John Lund est né le 6-02-1913 à Rochester ( New- York). Peu de documents sur cet acteur au visage lisse, aux cheveux blonds et au regard bleu, fils d'un norvégien émigré à New- York. Il travaille dans la publicité avant de faire ses débuts de comédien dans un spectacle de la New-York world's fair en 1939 : Railroads on parade. Deux ans après, il est à Broadway dans une production appelée " As you like it", puis travaille comme acteur et auteur à la radio. Son interprétation dans " the hasty heart" en 1945 lui vaut deux rôles, celui d'un père et d'un fils dans " To each his own"( à chacun son destin)(1946) avec Olivia De Havilland, puis il joue auprès de Betty Hutton dans "the perils of Pauline" et tourne sous la direction de Billy Wilder "A foreign affair" (la scandaleuse de Berlin)(1948) entouré de Marlene Dietrich et Jean Arthur, certainement son film le plus connu. Mitchell Leisen qui avant d'être réalisateur, fut costume designer et décorateur, l'engage pour un film à costumes "Bride of vengeance"(la vengeance des Borgia)(1949), Paulette Goddard joue Lucrèce Borgia et Macdonald Carey César Borgia. Suivent quelques comédies, puis le western s'empare de lui : "Battle at apache pass" , sorte de suite au film de Daves "broken arrow", Lund est le major Colton, ami de Cochise, à qui Jeff Chandler prête une nouvelle fois ses traits , Lund qui ne sait pas monter à cheval (d'après Boetticher) jouera un champion de rodéo dans "Bronco buster" , Dwan le dirige dans "the woman they almost lynched" western au féminin tourné en noir et blanc. Dans "chief crazy horse", " five guns west", "white feather" il est de nouveau sous l'uniforme et dans " Dakota incident" il tentait vainement d'amener Dale Robertson devant la justice pour prouver son innocence dans le hold-up d'une banque. On a pu le voir aussi dans "High society" en prétendant de Grace Kelly, puis après une comédie avec Jack Lemmon" the wackiest ship in the army"(le rafiot héroïque) où il est encore un militaire, Lund tourne en 1962 son dernier film "if a man answer" (un mari en laisse) avec Sandra Dee et Micheline Presle.(http://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?style=5&f=30&t=11591&sid=470e0215e810f8bd25ebe354e9ea932d&view=print)



                       
                          

En vérité, la fonction que Lubitsch reconnaît au cinéma est la plus évidente et la plus essentielle qui soit : un chat n’est jamais un chat, une action ou une situation peuvent en cacher une autre car il faut se méfier des apparences. Et c’est bien la raison pour laquelle un film comme To be or not to be est irracontable. Le cinéma, pour Lubitsch, est tout entier inscrit dans l’art des apparences. Il favorise la loi des contraires, bénit les rebondissements qui sont les conséquences de cette virtuosité des inversions que l’on retrouve dans la matière même du cinéma. Le positif (l’image) et le négatif sont les deux mamelles indispensables et nécessaires pour que fonctionnent et se perpétuent la machine-cinéma.
Et si je commence ma critique de La Scandaleuse de Berlin de Billy Wilder par l’éloge de Lubitsch, c’est que Wilder est le plus lubistchien de tous les cinéastes. Pas seulement parce que Lubitsch le sortit du gouffre au moment où, venant de Berlin, Billy Wilder fut à Hollywood attaché à de basses besognes, pas seulement parce qu’ils ont en commun un humour dérangeant et, surtout pour Wilder, virulent, pas seulement parce qu’ils sont tous deux Viennois (ils n’étaient pas les seuls !), pas seulement, enfin, parce que Wilder collabora à plusieurs scénarios de Lubitsch mais bien surtout parce qu’il a été le seul (je n’oublie pas le Welles de F for Fake) à bien utiliser des recettes dont il faut déplorer aujourd’hui que, malgré leur succès, elles sont tombées en désuétude. S’il faut absolument chercher un héritier à Lubitsch, c’est bien Wilder qu’il faut convoquer et non pas Max Ophüls dont les parentés, essentiellement viennoises, avec l’oeuvre de Lubitsch sont beaucoup plus folkloriques, avec l’oeuvre de Lubitsch que cinématographiques. Bref, depuis la première ligne de cet article, je ne parle que de mise en scène et de rien d’autre.



             

Mais La Scandaleuse de Berlin, c’est avant tout Marlène. Déesse sternbergienne, elle est, par sa facilité à se travestir, un personnage lubitschien, donc wildérien, par excellence. Petite parenthèse. Il faut la voir dans Angel (1937) de Lubitsch et dans Desire (1936) de Borzage, supervisé par Lubitsch. Curieusement, Lubitsch n’utilise pas tous les ressorts de son talent et de celui de Marlène pour faire de l’ange sternbergien ce personnage caméléon et dérivant d’un sexe à l’autre. La raison ? Très marqués par Marlène, les réalisateurs et Marlène elle-même tenaient, à n’en pas douter, à offrir et à modeler une nouvelle image de la star. Premier travelo de l’histoire du cinéma, il n’en fallait pas plus pour que Billy Wilder s’intéressât à Marlène et lui offre un rôle qui la rajeunit de dix-huit ans. Elle réinvestit un personnage de femme fatale chanteuse de cabaret pendant que l’action se situe à Berlin.





Il faudrait être sénile et amnésique pour oublier cet ange qui traversa la nuit bleue de Berlin avant que le Reich ne sombre dans l’infamie, la terreur et l’anéantissement. C’est justement sur des images d’un Berlin détruit, pulvérisé, presque supprimé, vu d’un avion rempli de députés du congrès américain qui viennent enquêter sur le moral et la morale des troupes américaines d’occupation que le film s’ouvre, saisissant. On en a le souffle coupé. Avec une équipe réduite, Billy Wilder avait filmé les scènes d’extérieur pendant l’été 1947 précédant le tournage. Et tout le monde crut que le film avait été mis en scène dans l’ancienne capitale du Reich.
Parlons du jeu de Marlène. On lui reproche d’être glacé, d’en faire le moins possible pour s’agglutiner le maximum de mâles.


D’en rajouter dans le balancement de ses faux cils. D’être trop brillante dans un film mettant le doigt sur la pénurie, elle qui n’a plus rien si ce n’est des décombres qui envahissent sa chambre. Moi, je l’adore telle qu’elle est. Vous la trouvez trop sensuelle quand elle chante Illusions ? Mais quoi, le sujet du film n’est-il pas : c’est un scandale de chanter sur les ruines de Berlin. Et j’avoue que je n’ai jamais cru autant à une nazie, après la débâcle et la défaite, qu’en voyant cette Berlinoise anti-nazie exilée en Amérique sortir chaque nuit des décombres pour y chanter langoureusement l’amour et l’espoir, Black Market et autres Ruins of Berlin. Je n’ai jamais cru autant à Berlin pulvérisé par les bombes américaines qu’en voyant ce film américain tourné par un ancien Berlinois d’adoption. Wilder sait nous montrer les choses et les personnages comme si nous les connaissions depuis toujours.


                                



Le bas qui sort de la poche du capitaine John Pringle (John Lund), la jeune député naïve (Jean Artur) draguée par deux soldats américains, le baisemain de Hitler à Marlène dans des actualités reconstituées, la cave aménagée en boîte de nuit, la maison d’Erika von Schlütow (Marlène), nous les gobons comme s’il s’agissait d’une comédie légère traitant du passé alors que la caméra de Wilder dévoile une tragédie dont les cendres ne sont pas encore complètement éteintes.
Et pourtant, Marlène ne faillit pas participer à cette entreprise car le fait qu’Erika ait appartenu au parti nazi lui déplaisait. Dans un premier temps, elle refusa comme elle refusa un peu plus tôt le rôle principal des Portes de la nuit de Marcel Carné invoquant qu’elle avait « remarqué que plusieurs scènes montrent des aspects négatifs de la vie sous l’occupation et contribuent à créer une ambiance qui constitue une mauvaise propagande vis-à-vis du reste du monde ». C’est seulement quand elle découvrit les bouts d’essais tournés avec June Havoc qu’elle donna son accord à Billy Wilder.Gérard Courant




                              

White Feather est un western de la Panoramic Productions, compagnie n’ayant produit que 12 films dont quelques westerns, le plus connu étant le très bon The Raid de Hugo Fregonese l’année précédente. Semblant avoir bénéficié d’un budget conséquent au vu de l’importante figuration déployée, La Plume Blanche est pourtant encore assez méconnu en France. Remplacez les Apaches par les Cheyennes et vous vous ferez la réflexion comme quoi ce film ressemble énormément sur de très nombreux points à un classique du genre sorti cinq années auparavant, La Flèche Brisée (Broken Arrow), aujourd’hui surtout célèbre pour avoir été proclamé premier véritable western pro-indien. Et ce n’est pas vraiment une coïncidence puisque l’un des coscénaristes de White Feather n’est autre que le réalisateur de Broken Arrow, à savoir l’un des plus généreux chantres de l’antiracisme du cinéma hollywoodien, Delmer Daves. On retrouve en effet dans La Plume blanche une même introduction prévenant le spectateur que les Indiens parleront anglais pour plus de facilité, la même actrice principale, Debra Paget, dans le rôle de l’indienne qui tombe amoureuse d’un homme blanc, et une intrigue à peu près similaire dans ses grandes largeurs, celle d’un civil essayant de s’occuper de ce que les militaires n’arrivent pas à mener à bien : réussir à faire accepter un traité de paix aux indiens (mais qui aura cette fois une conséquence plus fâcheuse, celle de les déloger).White Feather narre donc l’histoire véridique d’une amitié entre un ingénieur topographique blanc, Josh Tanner, qui n’éprouvait avant de la connaître qu’indifférence envers la nation indienne, et un guerrier Cheyenne, Little Dog, qui refuse de quitter les terres qu’on souhaite confisquer à son peuple pour y exploiter l’or dont elles regorgent. Une histoire d’amour a également lieu, celle de ce même blanc pour la fille du chef des Cheyennes ; et à noter, c’est bien la première fois qu’un film hollywoodien se termine avec courage sur le mariage à venir d’un blanc avec une Native.



           

L’ensemble se déroule sur fond de faits historiques, ceux qui précèdent le départ ‘forcé’ en 1877 des dernières tribus indiennes du Wyoming pour des plaines plus au sud (fait qui sera raconté par ailleurs pas John Ford dans Cheyenne Autumn), juste avant ce dramatique exil, jusqu’au moment où ‘le dernier Cheyenne’ révolté est abattu après un combat inégal qu’il avait souhaité contre l’avis de Broken Hand, son père et chef de la tribu. Pour être plus précis, si tout ce qui est exposé dans le film s’est effectivement déroulé dans la réalité, ce n’est pas obligatoirement dans cet ordre, le geste suicidaire des deux révoltés qui constitue, durant le dernier quart d’heure, le paroxysme du film et qui se passe avant la ‘déportation’ des Cheyennes, a en réalité eu lieu une dizaine d’années plus tard, en 1890 exactement, alors que les Indiens étaient déjà parqués dans leurs réserves du Montana.


                 


Si beaucoup parlent à propos de White Feather de pale imitation de Broken Arrow, je trouve pour ma part qu’au niveau du fond, cette ‘resucée’ n’a pas trop à rougir face à son illustre prédécesseur. Le film de Robert D. Webb possède même un scénario presque mieux équilibré et, si la mise en scène avait suivi, se serait sans doute révélé plus intense par le fait de prendre son temps là où celui de Delmer Daves se montrait parfois trop elliptique et saccadé, ce qui nous empêchait de ressentir suffisamment d’empathie envers les personnages. Ceci étant dit, à cause de cette réalisation sans grandes idées, assez molle et manquant singulièrement d’ampleur, le film est loin d’être à la hauteur de ses ambitions et de ses intentions et, après tant de grands films pro-indiens vus jusqu’ici (de La Porte du Diable de Anthony Mann à Tomahawk de George Sherman en passant par La Flèche Brisée de Delmer Daves ou Bronco Apache de Robert Aldrich), s’avère être par ce fait relativement décevant même si tout à fait honorable. En effet, rarement la nation Indienne avait été décrite avec autant de pudeur et de noblesse, rarement un film s’était attardé autant de temps au sein d’un campement indien, la caméra nous faisant avec attention assister à la vie quotidienne des membres de sa tribu.(http://www.dvdclassik.com/critique/plume-blanche-webb)

1 commentaire:

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