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samedi 9 avril 2016

John Gilling

Né en mai 1912 à Londres, John Gilling restera comme l’un des plus talentueux réalisateurs britanniques du cinéma de genre durant les années 50/60. Une carrière riche et fournie qui connaîtra son apogée lorsqu’il commencera à travailler pour la célèbre firme Hammer. Il débute sa carrière véritablement en 1946 avec "Escape for Bradmoore" et n’aura de cesse de tourner jusqu’en 1974. En 1952 il tourne "Mother Riley meets the vampire" où il s’offre les services de Bela Lugosi en tête d’affiche mais aussi en fin de carrière. En 1956 il réalise "The gamma people", un film de science-fiction où des enfants sont transformés en mutants à coups de rayons X… A l’instar aussi de "The flesh and the fiends" en 1959 avec Peter Cushing ("la chair du diable") et Donald Pleasence ("prince des ténèbres", "phenomena") entre autres. En 1961 il tourne "Le spectre du chat" (The shadow of the cat) avec notamment Barbara Shelley ("dracula prince des ténèbres") Il fait une petite pause dans le fantastique durant l’année 1962, le temps de réaliser 10 épisodes pour la série TV "Le saint" avec Roger Moore. De retour en 1963, sort sur les écrans "l’épée écarlate" (The scarlet blade) alors que se profile à l’horizon un des films majeurs qui restera dans l’histoire du film de zombie et de la Hammer : l'invasion des morts-vivants*** sort sur les écrans en 1965. Le film est en partie tourné en Cornouailles dans des décors somptueux et la photographie illumine le métrage. (http://www.horreur.com/?q=nid-1657/john-gilling)


                               


Les films de zombies comptent à peu près cinq cents réalisations à ce jour, dispersées aux quatre coins du globe qui est sphérique (l’incohérence de cette expression me frappera toujours). Les Mexicains, les Argentins, les Espagnols, les Asiatiques, les Italiens, les Américains, les Français même se sont lancés dans l’aventure. Lors de l’explosion cinématographique du genre en Angleterre sous l’égide de la Hammer, le thème eut droit lui aussi à quelques réalisations assez sympathiques. L’invasion des morts-vivants de John Gilling en est de celles-là. Réalisateur renommé de la Hammer pour ses réalisations comme Dans les griffes de la momie ou encore La femme reptile, Gilling est représentatif de l’ensemble des productions hammeriennes, dotant son film d’un scénario extrêmement complet mais non complexe (signé ici par Peter Bryan) et réalisant un petit joyau d’horreur avec une âme baroque très présente. Sans tomber dans les frasques d’une monstration dérangeante, Gilling retourne aux sources zombiesques introduites par le White zombie de Victor Halperin. Déplaçant quelque peu son intrigue (en Angleterre), Gilling renoue toutefois avec la conception vaudou du mythe des morts-vivants sans pour autant livrer un film plat au niveau horrifique comme pouvait l’être son modèle. L’invasion des morts-vivants mise sur la suggestion particulière mais brille également par la mise en scène ténébreuse et réaliste de certaines scènes monstratives comme le réveil des morts dans le cimetière, vision cauchemardesque. On sent ici et là les influences de l’œuvre d’Halperin comme ce travail de forcené auquel sont condamnés les zombies par le maître terrifiant qu’est John Carson. Une influence directe remaniée par le biais d’une intrigue totale et de scènes marquantes pour coller aux besoins plus générationnels du cinéma d’alors.


           


L’incroyable force du métrage, outre sa mise en scène et le jeu de ses acteurs, est incontestablement ce scénario qui semble alambiqué au départ mais qui va s’éclaircir au fil du temps. Un réseau fragmenté composé d’une pléiade de personnages et de sous-intrigues (la maladie des villageois, le sort du médecin, la personnalité effacée d’Alice, l’omnipotence du seigneur Hamilton) qui vont toutes se rejoindre finalement dans un tuyau étriqué, leur permettant de communier et de récupérer toute l’attention du spectateur par le biais d’images fortes et de rappels constants. L’invasion des morts-vivants est une excellente variation sur le thème des zombies qui, tout en restant dans l’esprit de la Hammer, s’en démarque assez bien par l’utilisation parfaite de sa couleur et sa violence graphique épatante.Pour réaliser des économies, la Hammer Filmsdécide au millieu des années 60 de produire des métrages deux par deux. L’objectif est alors de profiter d’une équipe technique déjà en place, de réutiliser les décors ou les acteurs de manière à enchaîner les tournages l’un après l’autre.


                                

Ainsi, un doublé prestigieux est mis en chantier avec DRACULA PRINCE DES TENEBRES et RASPOUTINE LE MOINE FOU, les deux avec Christopher Lee. Bien plus modeste, John Gilling se voit confier deux projets : L’INVASION DES MORTS-VIVANTS et LA FEMME REPTILE. Au cinéaste britannique de redoubler d’ingéniosité pour narrer ses deux histoires sans que l’on ne sente trop les économies de bouts de chandelles. Et il faut bien reconnaître que John Gilling va relever le défi avec brio, particulièrement sur L’INVASION DES MORTS-VIVANTS. Si le métrage se concrétisera au milieu des années 60, l’idée de départ traîne dans les bureaux de la Hammer depuis 1962. Peter Bryan propose en effet l’intrigue de base sous le titre de THE ZOMBIE. Dans les années qui vont suivre, le scénario sera écrit par Anthony Hinds avant que Peter Bryan n’intervienne pour finaliser le script. Dans le même temps, le project va changer de titre pour se transformer en HORROR OF THE ZOMBIES puis THE HORROR OF THE ZOMBIE avant d’adopter son titre anglais définitif THE PLAGUE OF THE ZOMBIES. Comme souvent en Grande Bretagne à cette époque, le scénario va être présenté au comité de censure anglais qui fera pas mal d’objections concernant la violence ou l’insistance d’éléments macabres ou gratuits. Le métrage écopera bien évidemment d’un «X», à l’arrivée, comme la plupart des films de la firme à cette époque. (http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=2172&NamePage=invasion-des-morts-vivants--l----plague-of-the-zombies-)


                  


John Gilling a déjà deux belles réussites derrière lui dans le domaine de l'épouvante à la sauce Hammer : "l'invasion des morts-vivants" et "la femme reptile". L'année suivante, en 1967 donc, il décide de réaliser un troisième film pour le studio anglais mettant en scène la Momie, après "la malediction des pharaons" et "les malefices de la momie".  Le personnage de la Momie avait connu un grand succès dans les années 40 avec les films de la Universal, dans lesquels la Momie était interprétée par Lon Chaney Jr, qui avait lui-même été précédé par Boris Karloff en 1932. Ce qu'on pouvait reprocher à cette série de films, c'est qu'elle reproduisait quasiment le même scénario de vengeance divine, ce qui limitait quand même l'intérêt du spectateur à la longue.  Remise au goût du jour par l'immense Terence Fisher en 59, avec Christopher Lee dans le rôle du monstre aux bandelettes, La Momie, tout comme le Loup-Garou, ne fut pas une icône chez la Hammer, comme put l'être Dracula ou Frankenstein. Néanmoins, les trois films dans lesquels elle apparaît sont de bons films, et différents les uns des autres en plus, ce qui n'était pas le cas de leurs homologues américains. Le problème avec "dans les griffes de la momie" est qu'on veut toujours le comparer avec le film de Fisher, et forcément, on le place plus bas que "la malediction des pharaons" alors qu'il possède bon nombre de qualités.  Et oui, reconnaissons-le, le film de John Gilling est un très bon divertissement, débutant comme un film d'aventures passionnant, pour glisser vers le film d'épouvante avec "la résurrection de la Momie".  La scène d'introduction, se déroulant à l'époque du règne du Pharaon, possède un charme naïf, car on se doute bien que tout se passe dans un studio de cinéma et non pas en Egypte. Cependant les décors, les costumes et la mise en scène font que ça passe très bien à l'écran.


           

L'expédition nous ramène au film d'aventures typique, avec paysage ensablé, dangers, recherche de tombeau, découverte, et bien sûr, mise en garde par le gardien. Des éléments inhérents au genre "mummy's movies", mais qui sont très bien amenés ici, sans temps morts (j'ai lu des critiques qui disaient qu'on s'ennuyait, ce ne fut pas le cas pour moi) et avec le plaisir de voir des personnages bien en place, dont le sympathique André Morell, acteur bien connu des fans de la Hammer, puisque étant apparu dans de nombreux films du studio comme "le spectre du chat", "le chien des baskervilles" ou "l'invasion des morts vivants" par exemple.


                  


C'est après 45 minutes de film que l'on découvre enfin notre momie en action, rendue vivante grâce à Hamid qui lit les incantations présentes sur le linceul du Kah-to-Bey, et l'envoie donc châtier les profanateurs de sépultures. Le monstre revient donc de manière récurrente dans la suite du film, mettant en œuvre son action vengeresse. Le look de la créature est assez différent de celui des momies qu'on a l'habitude de voir, les bandelettes sont bien présentes, la différence notable se situant au niveau du visage. Pas d'enchevêtrement de bandelettes ici, mais comme un simple masque dont on devine aisément l'acteur dessous. Néanmoins, elle n'est pas ridicule, et remplit parfaitement son rôle. L'acteur, c'est Dickie Owen, et ce rôle ne lui est pas étranger, puisqu'il le jouait déjà en 1964 dans "les malefices de la momie" de Michael Carreras.(http://www.horreur.com/index.php?q=node/2774)

1 commentaire:

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