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mercredi 6 avril 2016

Ingrid Bergman

L'histoire ne dit pas à quelle sauce ils étaient accommodés. Un soir de 1948, Anna Magnani jeta un plat de spaghettis au visage de Roberto Rossellini. La scène se passait à l’Albergo Luna Convento d’Amalfi. L’actrice, qui était une des maîtresses du réalisateur, n’avait pas supporté que ce dernier reçoive en plein dîner un télégramme signé Ingrid Bergman. Ainsi commença un des plus grands scandales de l’après-guerre. Il faut se souvenir, aussi. À cette époque, Ingrid Bergman était la plus grande star de Hollywood. Elle avait pris la place de Greta Garbo. Son succès était à son comble. Une plaisanterie circulait : « Vous vous imaginez, hier soir j’ai vu un film SANS Ingrid Bergman. » Hitchcock, avec qui elle travailla deux fois (les Enchaînés, les Amants du Capricorne) en était fou (pour tenter de la séduire, il avait même maigri de cinquante kilos). Une statue de vingt-deux mètres à son effigie en Jeanne d’Arc avait trôné sur Times Square. Elle avait incarné la Pucelle d’Orléans dans un film de Victor Fleming. Elle avait aussi été soeur Bénédicte dans les Cloches de Sainte Marie. Bref, on lui aurait donné le bon Dieu sans confession. On aurait eu tort. Tout ça parce qu’elle avait vu Rome,ville ouverte dans un cinéma de La Cienega Boulevard.


                                    


How dare he make love to me and not be a married man?!" (en français, un peu plus soft : “Comment ose-t-il me faire la cour alors qu'il n'est même pas marié ?!") L’ensemble de l’intrigue repose en fait sur ce postulat savoureux découlant de cette réplique, la plus drôle et la plus "culottée" du film ; phrase que lance à mi-parcours une Ingrid Bergman fortement en colère et qui débute la seconde partie censément être la plus amusante après un premier segment consacré principalement à une romance très traditionnelle que le spectateur d’aujourd’hui trouvera certainement sacrément surannée. Certains rétorqueront cependant que c’est de ce côté désuet qu’elle tire son charme principal - ce qui n’est pas nécessairement faux. Pour en revenir à la proposition scénaristique (probablement subversive pour l’époque) qui fait tout le sel de l’histoire, si dans un premier temps Anna se grise d’une relation qu’elle sait adultérine pour son partenaire, elle tombe de haut lorsqu’elle apprend que son amant n’était en fait qu’un "vulgaire" célibataire libidineux, uniquement jaloux de sa liberté. Sans que cela soit explicitement dit, le plaisir pris par Anna à cette histoire d’amour se voit ainsi rabaissé par l’absence de rivale légitime ! Situation très cocasse, amorale et assez "lubitschienne" sur laquelle brodent le réalisateur Stanley Donen et son scénariste Norman Krasna, auteur de la pièce de théâtre Dear Sir adaptée ici pour le cinéma ; une pièce interprétée en 1953 par Mary Martin et Charles Boyer qui n’eut pas le succès escompté, contrairement à son adaptation cinématographique. Seulement, disons-le d’emblée, les deux compères ne retrouvent que rarement le rythme, la drôlerie, l’impertinence, l’éclat, la pétulance et le pétillement des meilleures comédies américaines, dont celles d'Ernst Lubitsch justement.Indiscret est d’ailleurs un film de Stanley Donen (Chantons sous la pluie) assez peu connu dans l’Hexagone.



   


Il s’agit d’une comédie romantique et "de mœurs" dans la lignée de celles que l’on voyait fleurir à tour de bras dans les premières années du cinéma parlant avec déjà, dans quelques-unes d’entre elles, un tout jeune et fringant Cary Grant. Ici, la cinquantaine grisonnante, il continue d’interpréter les tombeurs, moins gaffeur et naïf qu’à l’époque, au contraire plutôt roublard et facétieux mais aussi plus suave et plus stylé. Les années précédentes, il endossait déjà ce style de rôle dans des films bien plus célèbres - à juste titre -, comme le délicieux La Main au collet (To Catch a Thief) d’Alfred Hitchcock ou encore le sublime et bouleversant Elle et lui (An Affair to Remember) de Leo McCarey dans lesquels il formait des couples inoubliables avec successivement Grace Kelly puis Deborah Kerr. Pour sa deuxième collaboration avec Stanley Donen après Embrasse-la pour moi (Kiss Them for Me), Cary Grant impose Ingrid Bergman qui accepte ce bel hommage en demandant cependant à ce que l’intrigue soit transposée de New York à Londres, étant alors en tournage en Angleterre avec Mark Robson pour L’Auberge du sixième bonheur (The Inn of The Sixth Happiness). Malgré toute l’estime et l’amour que l'on peut (doit ?) porter à Ingrid Bergman, elle m’a semblé ici un peu mal à l’aise dans ce rôle vaporeux, manquant un peu de naturel et semblant quelque peu gênée aux entournures lorsqu’il s’agit de donner un peu de fantaisie à son personnage ; le duo qu’elle compose avec son partenaire fonctionne ainsi un peu moins bien que lors de leur première rencontre douze ans auparavant dans l’un des plus beaux films du "maître du suspense", Les Enchainés (Notorious).


                   


Même si bien rafraichissantes (le film est loin d’être mauvais), leurs retrouvailles s’avèrent donc ici un peu décevantes.Il faut dire aussi que, comme les décors et la saison au sein desquels le couple évolue, le film est beaucoup moins glamour que ceux précédemment cités, les lieux huppés de Londres en hiver possédant (tout à fait subjectivement) beaucoup moins de charme que la Riviera en période estivale. Moins dépaysant aussi puisqu’à quelques exceptions, le spectateur ne quitte pratiquement jamais l’appartement d’Anna. La comédie de Stanley Donen s’avère également bien moins chaleureuse ou spirituelle que nous l'aurions souhaité, au contraire bien trop guindée à l’image également du milieu professionnel d’où sont issus les principaux protagonistes (hormis Anna), la haute société de la finance et de la politique, fréquentant surtout clubs privés et diners mondains. Cette comédie un peu terne (et finalement assez peu drôle), abordant en filigrane les mœurs de la haute société londonienne, son puritanisme et ses idées sur le mariage, si elle ne brille ni par son rythme ni par son originalité, se laisse cependant suivre sans déplaisir grâce avant tout à son interprétation. (http://www.dvdclassik.com/critique/indiscret-donen)


                                


Les deux films dans lesquels Walter Matthau a joué en 1969 ne pourraient pas être plus différents l’un de l’autre. D’un côté, nous avons Hello Dolly de Gene Kelly, une comédie musicale longue et pesante qui véhicule un rapport de forces archaïque entre hommes et femmes. De l’autre, il y a cette comédie malicieuse dans laquelle le sexe anciennement considéré comme faible prend le pouvoir sans que les hommes osent s’y opposer, voire sans qu’ils ne s’en rendent compte. L’interprétation de l’acteur principal est parfaitement à la hauteur de ce changement de registre radical. Encore abonné aux vieux grincheux auprès de Barbra Streisand, il fait preuve d’une attitude plus désemparée, quoique jamais totalement désarmée, face au duo de tonnerre formé par Hawn et Bergman. Les personnages que ces dernières jouent avec brio s’affranchissent sans peine des attributs qui collent habituellement à la peau de leurs stéréotypes respectifs – la blonde décervelée et la vieille fille sinistre – pour mieux agencer de savoureux quiproquos. Or, leurs revendications en faveur d’une vie amoureuse moins cadenassée sonnent étonnamment modernes, surtout de la part d’un scénariste issu de la vieille école comme I.A.L. Diamond, qui exerce pour une fois sa maestria des répliques venimeuses sans son acolyte habituel Billy Wilder. Grâce à cette fraîcheur de ton, les thèmes abordés dans Fleur de cactus s’avèrent suffisamment universels pour sonner toujours justes, près de cinquante ans après sa sortie. Contrairement à la cure de jouvence forcée dans le film de Dugan, où le dentiste devient un chirurgien esthétique, le bar branché de New York un resort luxueux à Hawaï, et où les gadgets de la communication virtuelle prennent le dessus sur des trouvailles infiniment plus charmantes ici.



            


Ainsi, la séquence de la danse est un sommet humoristique, menant à leur paroxysme les méprises multiples qui avaient jusque là propulsé le récit, tout en permettant à Ingrid Bergman de nous émerveiller par son sens insoupçonné de la comédie physique. L’actrice s’approprie complètement un rôle taillé sur mesure et pourtant sensiblement différent de celui qu’elle tenait dix ans plus tôt, dans Indiscret de Stanley Donen, où elle était une sorte de pendant docile de Toni, c’est-à-dire méchamment trompé sans broncher jusqu’à la révélation finale. Il serait certes exagéré d’interpréter ce retournement de situation comme une révolution, puisque Gene Saks n’est certainement pas un réalisateur investi d’une quelconque cause sociale. Mais la revanche des femmes bernées est assez nuancée pour ne pas en faire un règlement de comptes tendancieux et, par conséquent, à nouveau daté.La Fleur de Cactus ne cherche pas dans le gag à tout prix, c'est plus subtile que ça, il met en place une joie de vivre, c'est un film dans lequel on se sent bien.


                 

Certes les dialogues et le charme de Bergman n'y sont pas pour rien, mais l'histoire en elle même est vraiment un super matériel pour une comédie. Quelques répliques sont justes énormes, alors que d'autres donnent juste un petit sourire sur le visage du spectateur en tous cas ça fait du bien à voir, car il n'y a rien qui dénote, pas une scène en dessous d'une autre, pas une baisse de rythme car il faut placer la morale (comme bien souvent dans la comédie actuelle). Du coup c'est un petit bonheur à voir bien que tout de fois ça n'atteigne pas la grâce d'un Lubitsch.  C'est une vraie bouffée d'air frais. Les situations sont très drôles, je trouve le film très moderne pour son époque (pour son sujet, pour son sens du rythme, pour son humour). Je trouve qu'à peu près tout fonctionne dans le film. J'avais peur qu'après avoir vu le remake le film puisse sembler un peu vieux mais pas du tout, Fleur de Cactus est vraiment très moderne. J'étais surpris de voir Ingrid Bergman dans un rôle comique mais elle est vraiment chouette en fait. Et puis il y a des personnages secondaires qui sont aussi très sympas. Le film est vraiment léger et plaisant, c'est une bonne comédie ! (Allociné)

1 commentaire:

  1. http://sv59.onlinevideoconverter.com/download?file=h7h7c2a0j9h7g6&title=1958%20%20%20Indiscreet.avi&v=h26o52Oqbz0
    http://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/6091712/indiscreet-fr
    https://1fichier.com/?gzojy5mp9m

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