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mercredi 27 avril 2016

Diana Rigg

Après un petit tour par la Chesterfield Repertory Compagny en 1958, Diana Rigg rejoint en 1959 ce qui deviendra la Royal Skakespeare Compagny. Pendant 5 ans, elle poursuit l'apprentissage de son art en participant à plus d'une vingtaine de pièces des répertoires shakespearien (comme Macbeth ou le Roi Lear) ou moderne (de Giraudoux - Ondine en 1961 - à Dürrenmatt - les Physiciens en 1963). C'est par hasard qu'elle rejoint le casting des Avengers, les producteurs recherchant une remplaçante à Honor Blackman partie tenter l'aventure James B. De 1965 à 1968, elle incarne Emma Peel et devient du jour au lendemain une célébrité harcelée par la presse. Gênée par cette envahissante popularité et le peu de considération des producteurs (elle découvre notamment qu'elle est moins payée qu'un caméraman sur la série), elle quitte les Avengers au bout de 51 épisodes, reconnaissant toutefois, quelques années plus tard, que si Patrick Macnee avait insisté pour qu'elle reste, elle aurait sans doute signé pour 2 nouvelles saisons. Las ! En parallèle, elle devient en 1967 une Associée de la RSC. 1968 la voit être nominée aux Emmy Awards pour ce personnage, faire ses premiers pas cinématographiques (le Songe d'une nuit d'été - P.Hall) et accepter le pont d'or offert par Cubby Broccoli pour interpréter l'unique épouse de James dans Au service secret de sa majesté (P.Hunt - 1969).(http://vatzhol.perso.neuf.fr/pagesAF/avengersrigg.html)



                 

                   
« The Assassination Bureau » est un film typique de l’avant dernière période de la carrière du duo Basil Dearden et Michael Relph. Une grosse production internationale (largement financée par les studios américains) avec un casting d’enfer. A des années lumières donc des films de série B à connotation sociale qui ont fait leur renommée dans les années 50. Mais il ne faut jamais enfermer les artistes dans un seul registre. L’œuvre de Dearden et Relph est protéiforme, de qualité diverse (avec quand même un bon nombre de chefs d’oeuvre) mais il y a toujours quelque chose à en tirer. Ici même si le film se veut avant tout une farce divertissante, le concept de ce bureau d’assassinat qui se veut une entreprise respectable, est un régal. Et son détournement pour des fins politiques à la veille de la première guerre mondiale nous offre un contexte passionnant. Bref sous la farce, on ne peut ignorer la satire. Un peu comme dans le « Monsieur verdoux » (1947) de Chaplin. Sauf qu’ici le meurtre est un véritable business, une entreprise professionnelle et non un travail d’amateur éclairé. Mais toujours effectué avec une rigueur morale qui manque « bien souvent » (ahem) aux nations quand elles décident de se faire la guerre.J’ai pris énormément de plaisir à regarder « The Assassination Bureau » adapté par Michel Relph du roman inachevé de Jack London. Voici une comédie d’aventures assez typique de l’époque (on pense notamment à « The Wrong Box » de Bryan Forbes sorti en 1966 mais la référence principale du film est probablement « The Great Race » de Blake Edwards). En tout cas ici c’est très bien écrit, réalisé et interprété, et la forte couche d’humour noir donne une profondeur et une complexité au film que la grande majorité de ces films n’ont pas.


                 

Il faut également saluer le travail sur les décors effectué par Michael Relph qui ne l’oublions pas a commencé sa carrière comme directeur artistique et qui reprend ici sa casquette d’antan. Les intérieurs sont particulièrement réussis dans un style rococo/baroque du plus bel effet. Et sont sublimés par le technicolor du grand Geoffrey Unsworth (qui a filmé l’année auparavant « 2001 Odyssée de l’espace » pour Kubrick).
Au niveau du casting on est également gâté avec des acteurs qui cabotinent pour notre plus grand plaisir. Oliver Reed et Diana Rigg (Emma Peel herself) forment un très beau couple. Et Telly Salavas (alias Kojak) est un parfait méchant. Parmi les assassins professionnels soulignons les performances de deux français (cocorico!) : Philippe Noiret en sénateur propriétaire d’un bordel clandestin et l’un des plus prolifiques seconds rôles de l’histoire du cinéma, Vernon Dobtcheff dans le rôle du maniacodépressif Baron Muntzof. (http://www.cinemaderien.fr/the-assassination-bureau-assassinats-en-tous-genres-1969-2/)


                                 


Le théâtre de Shakespeare EST un théâtre de sang par excellence. Les meurtres violents y sont légion, comme on le constate dans les exécutions orchestrées par Lionheart. Ce théâtre est donc le thème central du film, qu'il s'agisse des décors et costumes, mais aussi des préoccupations du tragédien interprété par Vincent Price : la vengeance et la mort. Les citations shakespeariennes sont nombreuses, permettant de bien affirmer la passion de Lionheart pour son art et pour l'auteur qu'il a célébré toute sa vie, refusant de jouer autre chose, et dans le même temps d'établir une connexion très précise avec l'oeuvre du dramaturge. Ce scénario n'est pas sans rappeler celui de L'ABOMINABLE DOCTEUR PHIBES, où Vincent Price interprète un veuf vengeur. Dans THEATRE DE SANG, il accomplit son forfait avec la même précision et surtout le même sens de l'humour et de la mise en scène. Les meurtres, comme dans les deux films où Vincent Price interprète le Docteur Phibes, sont précis. Ils ont aussi cette particularité d'avoir une origine bien déterminée. Ainsi, chacun des meurtres est inspiré de la mort de l'un des personnages de Shakespeare du répertoire de Lionheart. Comme dans LE RETOUR DU DOCTEUR PHIBES, qui s'inspirait des morts infligées par les plaies d'Egypte.On pourrait craindre que le manque d'inventivité du scénario ne nuise à la qualité du film. C'est sans compter l'excellent Vincent Price, qui une fois de plus, s'il en était besoin, nous prouve qu'il maîtrise parfaitement son jeu, pour notre plus grand plaisir. Son physique s'impose encore ici avec une incroyable aisance, son éventail d'expressions paraissant infini. Son visage exprime tour à tour la haine, le désespoir, l'ironie avec une facilité déconcertante. THEATRE DE SANG permet à Vincent Price de jouer une fois de plus ce personnage devenu machiavélique par la force des choses. C'est un personnage torturé, obsédé par l'humiliation qu'il a subie, et mû par la seule idée d'une vengeance impitoyable. Il n'est d'ailleurs pas sans rappeler des personnages shakespeariens, dont il cite à ceux qu'il projette de tuer : " Être ou n'être pas. C'est la question. Est-il plus noble pour une âme de souffrir les flèches et les coups d'une indigne fortune ou de prendre les armes contre une mer de troubles et de leur faire front et d'y mettre fin ? " . Même si cette interrogation revêt de nombreuses interprétations, on peut tout à fait en tirer tout le propos du film. Lionheart prend le spectateur à témoin, en lui démontrant que le seul moyen de vaincre sa douleur est de se venger de ceux qui l'ont offensé.  


           


Outre Vincent Price, que l'on découvre sous une multitude de postiches et de personnages loufoques, coiffeur pour dames, masseur, chirurgien, on retrouve dans le casting de THEATRE DE SANG Diana Rigg, rappelez-vous Emma Peel dans THE AVENGERS. Elle joue deux personnages dans le film, l'un étant la fille de Lionheart. Son second personnage ne nous apparaîtra qu'au dénouement. La seule présence de Vincent Price pourrait suffire à faire de THEATRE DE SANG un film incontournable. En prime, on a droit à une bonne dose d'humour et à quelques giclées de sang qui ne font que renforcer l'attrait de ce film, dans la lignée de L'ABOMINABLE DOCTEUR PHIBES.Nadia Derradji

9 commentaires:

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    https://dailysubs.net/ajax/down.php?id=8162784&title=AUTO%20TRANSLATED%20-%20fr%20-%20Assassination%20Bureau%20(1969).srt&from=p
    http://uptobox.com/ixx304qt23fh

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  2. Génial comme portrait ! Merci aussi pour la programmation !
    En général, nous sommes focalisés sur sa période télévisée alors que ses films sont originaux et intéressants !

    A noter qu'elle est apparue relativement récemment dans un épisode de Dr Who ou Games of thrones et, oui, elle a bien changé.

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    1. Merci , Tinté !
      je cherchais aussi L'Hôpital d' Arthur Hiller de 1971 , tu connais ?

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    2. Oui, si c'est bien avec George C.Scott.
      C'était une spécialité d'une personne qui tenait un membre et qui nous a quittés, décédé je veux dire, et qui nous avait initié à ce grand acteur. Je ne peux que penser à lui quand je lis quelque chose sur Goerge C.Scott, par ailleurs...

      Tu devrais le trouver ici ou là. Il me semble bien qu'il se trouvait incidemment sur le blog de Michael Bigshow qui, hélas, est passé en mode privé il y a de cela peu de mois...

      Excellent film, par ailleurs, où Diana Rigg incarnait un personnage vraiment déjanté ! Tout comme son père dans le film !

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    3. Merci de tes précisions , je cherche ...

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  3. un anglais sous les tropiques est pas mal non plus

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    1. Merci du conseil , je regarde dés que possible !!

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  4. Connais pas ce « The Assassination Bureau » .Je vais remédier a ça.
    Merci Corto.

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    1. Les sous titres ne sont pas top ,mais ça passe ...

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