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dimanche 10 avril 2016

Bruce Cabot

Bruce Cabot est un acteur américain, de son vrai nom Étienne Pélissier Jacques de Bujac, né le à Carlsbad (Nouveau-Mexique) et mort d'un cancer le à Los Angeles — Quartier de Woodland Hills (Californie). Né d'un père d'origine française, il commence sa carrière d'acteur en 1931, sous le pseudonyme de Bruce Cabot, et l'achève en 1971. Il obtient l'un de ses rôles marquants (celui de Jack Driscoll) dans la version de 1933 de King Kong. Au total, il participe à une centaine de films, dont quelques productions italiennes dans les années 1950, ainsi qu'à une poignée de séries pour la télévision.
Il apparaît dans plusieurs westerns et lors du tournage de l'un d'eux (L'Ange et le Mauvais Garçon en 1947), il se lie d'une forte amitié avec l'interprète principal, John Wayne, dont il sera le partenaire sur onze films.


                 

Ce Dodge City, c'est du western très classique, à croire qu'il a défini à lui seul tous les clichés possibles du genre. La galerie de portraits est juste incroyable et les seconds rôles parfaitement brossé... Tout y passe ou presque (il manque le goudron et les plumes). Erroll Flynn quand à lui troque avec élégance la cape et l'épée contre le stetson et le six coups.
1939, année faste entre toutes pour le cinéma hollywoodien et surtout pour le western qui trouve enfin ses lettres de noblesse et une certaine reconnaissance de la part des critiques de cinéma ! Après la 20th Century Fox (Jesse James) et la United Artists (La Chevauchée fantastique), c'est donc au tour de la Warner de sortir son western de prestige. Mais alors que les deux précédents films faisaient mûrir le genre, les ambitions du studio des frères Warner furent de délivrer une sorte de "super série B". Au vu de ce cahier des charges, on peut affirmer que c’est gagné et c’est en partie grâce au réalisateur, qui nous offre un superbe livre d’images. En effet, Michael Curtiz se révèle excessivement généreux ; l'énorme budget qui lui a été alloué, il le fait exploser sur l'écran devant nos yeux écarquillés et notre âme d'enfant qui en redemande. Pour reprendre une expression à la mode, le cinéaste a joué la transparence ; l'argent qu'il a dépensé, on le voit à étalé à chaque seconde que ce soit au niveau des décors fastueux, des costumes éclatants ou encore lors des séquences spectaculaires qui se suivent presque sans discontinuer. C’est d’ailleurs pour cette raison que pour beaucoup de jeunes spectateurs, ce fut l'un des films à l’origine de leur passion pour le cinéma. Un western pétillant, turbulent et haut en couleurs (et quel éclat dans ce Technicolor !) qui assume sa naïveté et ses conventions du début à la fin. 


             
            


Rien de bien original ici, mais l'atmosphère d'une ville bouillonnante de l'après-guerre de Sécession assez bien restituée avec force détails et son charme pittoresque, une mise en scène énergique, un scénario sans surprises mais sacrément remuant, un Errol Flynn irrésistible et charismatique dans la peau d'un avatar de Wyatt Earp, un Bruce Cabot très à l'aise dans la peau du bad guy et un Alan Hale (le Petit Jean des Aventures de Robin des Bois) débonnaire et extrêmement sympathique en tant que faire-valoir humoristique du héros. Cette fresque historique tapageuse aux innombrables péripéties (le catalogue des "clichés westerniens" en terme d’action est quasi exhaustif - du stampede à l’homérique bagarre de saloon en passant par le duel ou la course poursuite) est caractérisée avant tout par une remarquable vigueur de la mise en scène qui nous en met littéralement plein la vue, et ce dès la première séquence de la course entre la diligence et le "cheval de fer" auquel succède un majestueux déplacement de bisons suite au passage du train. 


                            

Plastiquement, la photographie de Sol Polito est un régal, nombre de plans en extérieur se révélant somptueux. La séquence de la rixe homérique déclenchée dans le saloon après que les ex-Confédérés ont provoqué les Yankees présents est tout simplement phénoménale, dynamiquement montée, parfaitement rythmée. Rarement avions-nous vu une telle débauche de cascades et de carnage ; un moment excessivement jouissif ! On peut évidemment reprocher au film un scénario prévisible, des personnages sans épaisseur, des protagonistes féminins sacrifiés (plus encore qu’Olivia de Havilland, d’ailleurs charmante en cow-girl, Ann Sheridan), des transparences inesthétiques alors que les quelques toiles peintes sont superbes, un Max Steiner en petite forme et un scénario sans nuances. Mais, à condition de prendre tout cela au premier degré, voici un film qui se suit avec un plaisir non dissimulé, un espèce de Barnum monumental à l’imagerie naïve qui nous laisse au final une impression de divertissement innocent et charmant de première qualité. 


                              

Après avoir atteint la maturité avec Stagecoach, le western était un peu retombé en enfance mais il aurait été dommage de s’en plaindre, les deux facettes du genre pouvant très bien cohabiter sur les écrans. Michael Curtiz fera néanmoins mieux dans le western l’année suivante avec l'excellente Caravane héroïque (Virginia City). Un Western de Curtiz de 1939 avec Errol et Olivia, et en couleurs ! Sans doute le film qui a le plus inspiré Morris pour son Lucky Luke, il y a des trains et la fabrication du chemin de fer, les pionniers et leur convoi, les cow-boys et leur bétail, les diligences et le courrier, la ville sans loi et le nettoyeur de villes, le médecin et le journal local, les chorus girls et même l'association de vieilles filles pour une prairie plus pure !!! Si on rajoute à ça un couple de légende avec Errol dans son premier rôle de western et une Olivia toute craquante qui donne envie de lui donner des fessées, on voit pas où bouder son plaisir... Les seconds rôles sont extras et vous avez en prime une des plus grosse bagarre de saloon de l'histoire. Il paraît que tous les cascadeurs d'Hollywood furent embauchés pour tourner cette scène dantesque !! Un chouette film du dimanche après-midi ! Sources : http://www.dvdclassik.com/critique/les-conquerants-curtiz et senscritique


                                 

En 1968, la sortie des Bérets verts fait l’effet d’une bombe. Produit, réalisé et interprété par John Wayne, le film prend en effet le parti de soutenir clairement et avec une totale conviction le conflit armé au Viêt-Nam. Jusque là avant tout considéré comme un patriote amoureux de son pays, distillant ses valeurs au travers de plusieurs de ses films, et acteur d’un cinéma sur le point de s’éteindre, Wayne voit son image se renverser de manière fracassante. Les Bérets verts va lui opposer tous les intellectuels et pacifistes américains, ainsi qu’une Europe relativement hostile à cette guerre. La France, surtout, sera considérablement marquée par l’image d’une politique de droite et pro-militariste développée par l’acteur avec ce film. La jeunesse française, alors en pleine révolution sociale et intellectuelle (après les évènements de 1968), et les communistes offrent un accueil enragé au film qui sort le 27 juillet 1969 à Paris (2). Des affiches sont lacérées, certaines salles de cinéma sont victimes d’alertes à la bombe, l’image de John Wayne est désormais celle d’un réactionnaire dangereux, capable de louer les vertus d’une guerre horrible et d’en défendre les principes. Aux Etats-Unis, et ce dès 1964, la guerre est condamnée par l’opinion publique. La presse relaie l’information et les images, et fait au bout du compte de ce conflit la première guerre quotidiennement médiatisée de l’histoire. On y voit un nombre incalculable de corps mutilés, d’explosions de bombes incendiaires ; mais on y voit aussi une population en souffrance qui subit les massacres, aux côtés d’une armée américaine possédant un armement massif et technologiquement à la pointe du progrès. Sur le terrain, confrontée à une situation qu’elle ne peut contenir correctement, l’armée elle-même ne sait pas toujours ce qu’elle est venue faire dans ces contrées. Une grande partie du peuple américain détourne le regard, manifeste dans les rues des grandes villes (comme à New York, le 15 avril 1967), commence à avoir honte de ce conflit, et l’Europe se nourrit des images véhiculées par la presse du monde entier, se forgeant ainsi une opinion de fer, pacifiste et contre l’engagement armé au Viêt-Nam.


   

La jeunesse est bien sûr la première à montrer son mécontentement, surtout aux Etats-Unis, en manifestant, en occupant les campus d’université, en détruisant ses papiers militaires ou même en fuyant au Canada. La scission entre la population et l’armée se fait alors plus large et plus vindicative.En allant rencontrer l’armée américaine sur le terrain, John Wayne y découvre une situation difficile qu’il ne soupçonnait pas. Exposé aux tirs d’obus et aux conditions déplorables qui font le quotidien des militaires engagés, l’acteur perçoit une autre réalité, celle d’une intervention humanitaire indispensable dans le but d’aider la république du Viêt-Nam (Sud-Vietnam) à réorganiser le pays et à vaincre la République Démocratique du Viêt-Nam (Nord-Vietnam) soutenue par le bloc de l’Est, et plus particulièrement par la Chine. Choqué aussi par ce qu’il juge être de l’information partiale (menée par les médias), qui ne rend absolument pas compte de l’investissement humain et idéologique effectif depuis le début des hostilités, Wayne décide de monter un projet de film qui lui servira à défendre cette cause qui lui semble pourtant si juste et si nécessaire.


                

Il demande l’assistance du gouvernement américain, afin de bénéficier de tout l’équipement armé et logistique dont il aura besoin pour reproduire une réalité militaire moderne et réaliste. Il travaille durement sur l’évolution du scénario, et propose de se charger de la production : il pourra ainsi contrôler tous les aspects artistiques et thématiques du film. Malgré les craintes de la Warner Bros., le comédien prend également les commandes concernant la réalisation. De l’avis des studios, Ray Kellogg lui sera adjoint pour sécuriser le projet, ainsi que Mervin Le Roy (non crédité au générique). En effet, l’échec financier d’Alamo sur le territoire américain (mais il avait néanmoins obtenu un grand succès en Europe) est encore dans les mémoires, ce qui limite la confiance des exécutifs vis-à-vis des compétences de metteur en scène de Wayne. Nanti d’importants moyens financiers, le film est pensé, préparé et tourné dans l’urgence, finalement presque sur un coup de tête pourrait-on dire, celui d’un acteur absolument convaincu du bien fondé d’un tel film, une fois encore sûr de son bon droit et décidé à en découdre avec l’opinion publique.DvdclassiK

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