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samedi 2 avril 2016

Betta St. John

Au cinéma, Betty Jean Striegler débute à dix ans (un petit rôle non crédité) dans le western Femme ou Démon de George Marshall, avec Marlène Dietrich et James Stewart, sorti en 1939. Jusqu'à l'adolescence, elle contribue à trois autres films américains (également dans des petits rôles), un court métrage où elle danse (1940), Lydia de Julien Duvivier (1941, avec Merle Oberon dans le rôle-titre), et enfin Jane Eyre de Robert Stevenson (1944, avec Joan Fontaine et Orson Welles).
Puis au théâtre à Broadway (New York), sous le pseudonyme de Betta St. John, elle crée en 1949 le rôle de Liat, dans la comédie musicale South Pacific du tandem Rodgers et Hammerstein, mise en scène et chorégraphiée par Joshua Logan, aux côtés de Mary Martin et Ezio Pinza. En 1951, elle reprend ce rôle à Londres, où la distribution comprend notamment (outre Mary Martin) l'acteur anglais Peter Grant, qu'elle épouse l'année suivante (1952) et dont elle devient veuve en 1992. Elle revient au cinéma dans trois films américains sortis en 1953, La Femme rêvée de Sidney Sheldon (avec Cary Grant et Deborah Kerr), La Tunique d'Henry Koster (avec Richard Burton et Jean Simmons) et La Perle noire de Richard Thorpe (avec Robert Taylor, Ann Blyth et Stewart Granger).(Wiki)


                                

La Femme rêvée (Dream Wife) est un film américain réalisé par Sidney Sheldon, sorti en 1953. Clemson Reade est fiancé à Effie, une jeune femme moderne qui travaille au Département d'État. Lors d'un voyage au Moyen-Orient, Clemson fait la connaissance de la princesse Tarji, que son père présente comme une future épouse de rêve. Mais Clemson doit rentrer pour épouser Effie la semaine suivante. Lorsqu'il retrouve sa fiancée, toute occupée à régler des problèmes économiques complexes, il se met à rêver à l'épouse parfaite qu'aurait pu être la belle princesse arabe. Il rompt ses fiançailles, et télégraphie à Tarji qui accepte de venir aux États-Unis. Lorsque la princesse arrive, il lui faut un chaperon, et c'est Effie qui va jouer ce rôle...
Je n'imaginais pas un seul instant que ce film allait devenir un pur moment de folie, de divertissement porté par un Cary Grant au top de sa forme et d'une pléiade d'acteurs tout aussi fabuleux (Debordah Kerr, Walter Pigdeon). On s'amuse de manière continue sans temps mort où on se moque de la misogynie, du sexisme et des coutumes de chacun! Sydney Sheldon opte pour une réalisation dès plus classique pour retranscrire à merveille tout le talent de Grant, une bande sonore dès plus honorable, des péripéties drôlissimos ! Bref, une pépite de comédie américaine comme on en voit très rarement ! A voir absolument.Une comédie un peu molle certes pas désagréable mais un peu bêbête sur certains points notamment sur le fait que le film n'hésite pas à nous exposer tous les stéréotypes qu'ont les américains sur les étrangers. En fait, le film vaut surtout d'être vu pour la prestance, l'élégance, le charisme et la drôlerie de son acteur principal le génial Cary Grant. Donc un film à voir ne serait-ce que pour lui.  Il est certain que question stéréotypes on est servis. Autant sur la femme étrangère que sur la femme américaine. Doit-on conclure que la femme idéale est la femme américaine?


           

Bref, un éloge à la femme américaine clairement exposé. C'est pas très profond, mais amusant quand même. La barrière du langage et de la culture entre les deux futurs époux implique des situations comiques. Et un Cary Grant toujours aussi drôle, séduisant, égal à lui même.Beaucoup de compassion pour le pauvre Cary soumis aux pires tortures féminines pendant tout le film mais qui arrive tout de même à en mordre gaillardement sa shisha sur une affiche particulièrement imaginative... Cary est fiancé avec Deborah-iceberg-Kerr, une sorte de dragon des affaires étrangères pour qui son travail et les chapeaux les plus laids du monde passent avant ses futurs projets matrimoniaux... Une vraie féministe, donc...


                   

Faute de pouvoir s'entendre sur ce sujet, les tourtereaux se séparent et Cary, échaudé par la froideur de ce nouveau modèle féminin se souvient qu'au Bouchistan, les femmes sont élevées traditionnellement avec une seule idée en tête, rendre leur époux heureux.
Ca a l'air chouette comme tout quand on y pense, on ne va pas blâmer ce pauvre Cary de demander à épouser une jeune princesse parée d'une bonne volonté aussi prometteuse...
Bon, bien sûr ça se complique parce que le Bouchistan est en contrats avec les affaires étrangères, que personne ne parle la langue à part Kerr et que Walter Pidgeon force Cary a se conduire de façon diplomatique...
Et bien entendu, ce monstre de Deborah va gâcher des millénaires d'enseignement pour quelques fadaises et autre billevesées superfétatoires.
C'est loin d'être le film du siècle, ne nous leurrons pas, c'est aujourd'hui à réserver aux groupies de Cary Grant (et Dieu sait que nous sommes tout de même assez nombreux pour ne pas être négligés...) qui n'a pas son pareil pour essayer trois pas de danse ou remonter la couverture d'un eunuque endormi, mais c'est déjà beaucoup, personne ne demandait autre chose à ce brave Sheldon de toute manière...(Allociné - Senscritique)


                              

À son exploitation en France, le film d’Howard Hawks The Big Sky (1952) devient La Captive aux yeux clairs. Pas forcément honteux pour autant, ce titre échoue à évoquer la grandeur lyrique de sa version originale. C’est que le western, à son plus populaire, était avant toute chose un genre commercial, à l’exploitation utilitaire – on n’a sans doute guère fait de place à sa poésie. C’est d’autant plus vrai pour les films à petit budget, tel que ce Bandit plutôt viril, titré en version originale The Naked Dawn, « L’Aube nue ». C’est donc peu prévenu que le spectateur francophone va approcher ce western de la dernière partie de la carrière d’Edgar Georg Ulmer – un budget minimaliste, pour un tournage d’une dizaine de jours, le plus souvent en intérieur, devant une toile peinte évidente. Et pourtant, le souffle des grands espaces est bien présent, soutenu par un script lyrique et somptueux. Placés dans la bouche de peón miséreux, de bandits de grand chemin, les dialogues très littéraires les transforment, comme ils transforment le film. Celui-ci prend, au fil du récit, des airs de conte rousseauiste – tandis que les personnages ne se contentent pas d’incarner des allégories, mais deviennent des êtres de chair crédibles, complets, et pétris d’idéal.
C’est le cas pour Santiago, particulièrement. Incarné par Arthur Kennedy, c’est le bandit du titre – un bandit inédit, baroque, formidable. Autant prêtre que moine, pèlerin perpétuellement en lutte avec la divinité pour percevoir et comprendre les limites de la condition humaine, c’est également un personnage de western de son plein droit. Épris de liberté et d’idéal, il n’a pourtant pas accès aux grands espaces, aux territoires à conquérir qui font, habituellement, la toile de fond du genre. Ceux-ci ne lui sont accessibles que dans le rêve, le fantasme western de l’indigent. Souriant, confiant, sans pour autant être inconscient de la tragédie latente qui le menace, Santiago est le pendant positif, rêveur et lyrique de L’Homme des hautes plaines de Clint Eastwood : un avatar du rêve de la conquête de l’Ouest. À l’époque d’Ulmer, sans doute y croyait-on plus qu’à celle, vingt ans plus tard, des derniers feux du western spaghetti...


            

Pourtant, si le Bandit a à cœur d’intégrer les idéaux du western, il le fait dans un cadre peu commun – avant toute chose, ce n’est pas tant un film de l’ouest qu’un film du sud, situé à la frontière américano-mexicaine à une époque indéfinie (on y voit déjà une voiture), là où le réel a déjà rattrapé le rêve, et où seul une créature étrange et absolue telle que Santiago peut encore professer de croire en un idéal. Les enjeux du film sont, par ailleurs, tout à fait médiocres : on y meurt pour voler des montres, on y trahit pour une poignée de pesos, on s’enorgueillit d’être parvenu à acheter un lopin de terre dans lequel on pourra se faire enterrer... Les grands espaces sont cloisonnés, autant par la forme cinématographique que par les faits qui accablent les protagonistes. Ulmer ne se laisse pourtant pas désarçonner par son manque de moyens. Le réalisateur ne laisse pas aux seuls dialogues le soin de convoquer à l’écran l’intensité des sentiments mis en jeux, et sa caméra capture des moments profondément pathétiques (la mort de son complice au début du film, les rapports entre Santiago et Manuel) ou d’une sensualité remarquable (notons d’ailleurs l’originalité formelle de ces scènes, où l’on cadre une danseuse de bar de sous la jambe croisée d’une spectatrice, comme l’incongruité magnifique de la scène de douche de Betta St John...).


                               

En apparence, ce n'est pas un western qui paye de mine et pourtant le résultat va au-delà de nos espérances. Comme un grand nombre de films d'Edgar G. Ulmer, la mise en scène et le montage sont parfois approximatifs mais bizarrement c'est ce qui fait son charme et puis il y a quelques trucs qui faut absolument garder en tête. D'abord qu'Ulmer sait très bien faire sentir l'ambiguïté dans les rapports entre les personnages dont aucun ne peut laisser indifférent. Ensuite, parce que quelques séquences valent plus que le coup d'oeil comme celle de l'agonie au début du film (magnifique!), la scène du cabaret ou encore la douche qui ne laissera aucun oeil masculin indifférent. Et pour finir, Arthur Kennedy, qui avait déjà prouvé à de très nombreuses reprises qu'il était un très brillant acteur de second rôle, est absolument parfait dans le rôle principal. La fin est prévisible, c'est dommage, mais elle est réalisée de manière à la rendre très poignante. Un très beau western, inhabituel et injustement méconnu, qui mérite plus que jamais qu'on s'y arrête. (Allociné)                                          

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