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dimanche 20 mars 2016

Yvette Etiévant

Au cinéma,Yvette Etiévant  débute en incarnant une femme de chambre auprès de Paul Bernard et Maria Casares dans «Les dames du Bois de Boulogne» (1944) de Robert Bresson. Réalisateur qu’elle retrouve pour un rôle similaire dans «Journal d’un curé de campagne» (1950) avec Claude Laydu d’après Georges Bernanos. Entre-temps, elle joue dans un film policier intitulé «Entre onze heures et minuit» (1948) de Henri Decoin dont Louis Jouvet partage l’affiche avec Madeleine Robinson. Elle enchaîne les films sous la direction de Marcel Pagnol, Louis Daquin, Jean Anouilh, Jean Grémillon ou Marc Allégret sans obtenir de rôles décisifs. En 1955, Yvette Etiévant incarne l’épouse délaissée de Jean Gabin au profit de Françoise Arnoul dans «Des gens sans importance» de Henri Verneuil. Cette composition marquante d’une femme fragile la cantonne souvent dans le même registre. Néanmoins, elle apparaît dans des succès populaires: en patronne de bistrot dans «Les vieux de la vieille» (1960) de Gilles Grangier ou en mère du héros de «La guerre des boutons» (1961) de Yves Robert. Mais avec «La Nouvelle Vague», ses apparitions sur le grand écran se raréfient. En 1965, après le suicide de la comédienne Françoise Spira, Yvette Etiévant assure l’intérim de la direction du Théâtre de l’Athénée. Malgrè tout, Alain Resnais la dirige dans «La guerre est finie» (1965) avec Yves Montand et Ingrid Thulin et dans «Je t’aime, je t’aime» (1967) avec Claude Rich et Olga Georges-Picot puis plus tard dans «L’amour à mort» (1984).(http://www.cineartistes.com/fiche-Yvette+Eti%E9vant.html)


                              


Jean Grémillon a réalisé des courts métrages sur le monde du travail au début de sa carrière. Tout au long de sa filmographie relativement restreinte il conservera un caractère social à son oeuvre. "L'amour d'une femme" son dernier film, histoire d'amour assez moderne sur fond de revendication féministe est entièrement construit autour de la description des us et coutumes du monde rural organisé autour des métiers régaliens que sont le maître d'école, le médecin et l'ingénieur. Grémillon montre comment la vie s'organise sur une île alors que les moyens de transports sont encore sommaires et aléatoires. C'est l'occasion pour le spectateur d'aujourd'hui de constater que la France des années 50 était encore fortement imprégnée des particularismes régionaux. A la même époque Yves Allégret livre un film de la même veine avec "La meilleure part" (1955). Le noir et blanc renforce encore l'impression de regarder en mouvement une France disparue qui nous parait désormais très lointaine. A certains moments alors que Grémillon observe les processions mortuaires avec les femmes en coiffe, on peut penser aux témoignages filmés que le banquier altruiste, Albert Kahn avait produit au début du XXème siècle, envoyant de par le monde des reporters à la recherche de civilisations en train de disparaître que seul le cinéma naissant pouvait transporter jusqu'aux générations suivantes.. La crédibilité n'est pas toujours au rendez-vous comme chez Allégret, tellement il est difficile de croire à Micheline Presle en médecin de campagne.


             


Mais là n'est pas l'essentiel, la belle Micheline donnant toute sa mesure dans les difficultés que rencontrait alors une femme pour se faire respecter dans une fonction encore essentiellement dévolue aux hommes . Tiraillée entre sa vocation et le poids de la solitude ressentie sur cette île perdue au large des côtes bretonnes, elle devra choisir son destin. Comme si l'exercice d'un métier à responsabilités condamnait la femme au célibat, et à renoncer à la maternité qui en général l'accompagnait. L'ingénieur italien (Massimo Girotti),de passage comme elle viendra un peu involontairement à son secours, sentant bien que la vie qu'il lui offrirait dans son village natal ne saurait combler très longtemps cette femme d'une autre époque. Gaby Morlay complète fort bien la distribution avec en prime une scène déchirante où l'institutrice qu'elle interprète succombe à une rupture d'anévrisme. A propos de Gaby Morlay il est intéressant de remarquer qu'à travers Catherine Mouchet elle a trouvé une digne successeure qui permet de rappeler un peu cette grande actrice injustement oubliée.


                           


Il y a des plus, et il y a des moins. Commençons par les moins. Carette est mal employé, ou plutôt il a déjà fait ça cent fois et nous le savons. Du coup il cachetonne. Ensuite Girotti est doublé, ce qui nuit énormément à son rôle. Cela décrédibilise un peu le film. La mère qui ne veut pas soigner son enfant, ça fait Eugène Sue, et c'est dépassé même en 1953. Voilà pour les moins. Le reste... il y a Presle qui en fait assez. Il y a Morlay qui pourrait lui voler la vedette. Son rôle est une telle prémonition que je m'en voudrais d'insister. La scène où Morlay meurt, celle de la procession des morts, sont des sommets- mais pas à la hollywoodienne. Le couple Presle-Girotti, on y croit en tant que personnes déplacées, ils semblent rarement fusionnels et cela sied au film. La mise en scène est magistrale, sublime, on croirait à une "leçon de choses", ce n'est jamais forcé, jamais artificiel; l'insularité et l'irréductibilité des îliens est totalement intégrée. Ce ne serait pas vrai sinon. Conclusion involontaire à une oeuvre d'une rare intégrité, "L'amour d'une femme" prolonge "Remorques", le film est indéniablement plus fort, moins rageur/ désespéré, plus sage. Une émotion unique le parcourt. Si vous le ratez, vous n'aimez pas le cinéma.(Allociné)


                              


"Crime et Châtiment" de Georges Lampin représente exactement ce contre quoi s'est rebellée "La nouvelle vague", une qualité française jugée un peu rance, bâtie essentiellement autour d'adaptations de chefs d'œuvre de la littérature. Ici c'est Charles Spaak, spécialiste du genre qui réactualise le célèbre roman de Dostoïevski pour en garder uniquement la substantifique moelle. Le casting est prestigieux autour du tout jeune Robert Hossein qui campe René Brunel, l'étudiant fiévreux qSpoiler: . Hossein encore débutant n'est pas complètement convaincant même si son regard noir laisse deviner d'insondables tourments et c'est la présence à ses côtés des Gabin, Blier, Carette et Ventura qui permet au film de conserver une certaine tenue. Blier est bien sûr génial d'onctuosité malsaine confirmant son incapacité à être "mauvais" ou même "passable". Gabin qui vient juste de retrouver sa popularité après "Touchez pas au grisbi" de Jacques Becker en 1954, montre qu'il est fin prêt pour aborder le rôle de Maigret. Si on ne met pas en parallèle l'œuvre de l'auteur russe avec le film de Georges Lampin on peut prendre un certain plaisir à ce drame passionnel. Nous ne sommes certes pas en face d'un chef d'œuvre mais d'un film de qualité française. On se demande ce qui a bien pu déclencher tant de haine de la part des jeunes turcs de la Nouvelle Vague qui pensaient surtout à se faire une place. On serait bien avisé en ce moment de remettre ce vocable à l'ordre du jour quand on voit l'absence totale de "qualité" de certaines comédies financées avec les deniers publics Je ne dirai qu'un mot : superbe !!! J'ai commencé à regarder le film, je suis allé jusqu'au bout ! Gabin, qu'on ne voie pas pendant tout le film,joue Gabin, égal à lui-même, mais on prend plaisir à le voir^^. Hossein joue très bien, et Blier est extraordinaire !!! Comme dans " Le 7ème Juré ", les rôles de satyres lui vont à ravir ! Et que dire des personnages féminins ? Ulla Jacobson est ravissante, quand à Marina Vlady, quelle beautée !!!!!! Quel physique pour une actrice de l'époque! Je ne l'avais même pas reconnue !


            

Et si l'on ajoute le petit rôle de Lino Ventura dans celui du barman et la géniale présence de Julien Carette, on est en droit de penser que ce très bon classique mérite le coup d'oeil et qu'il est injustement trop méconnu ! A voir pour les fans de classique! Je voudrais maintenant voir la version avec Harry baur et Pierre Blanchar qui est' parait-il, encore supérieure !
En 1956, Georges Lampin nous livre une version moderne et retranscrise du "Crime et châtiment" de Feodor Dostoievski, la meilleur après le film de Pierre Chenal de 1934. Le rôle du commissaire, jadis attribué à Harry Baur, revient à Jean Gabin, et celui de l'ex-étudiant torturé, que Pierre Blanchar avait sû élever de par son immense performance, revient ici à Robert Hossein, pas mal non plus. Notons également que Bernard Blier fait partie du casting, tout comme, de façon plus marginale, Lino Ventura. Bref, de très bons acteurs pour une version originale, fidèle, et aujourd'hui incontournable du chef-d'oeuvre russe.(Allociné)                                                               

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