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mardi 29 mars 2016

Troy Donahue

Grand, blond, les yeux bleus et la silhouette athlétique, Troy Donahue devient la star des adolescents de la fin des années cinquante. Il alterne avec succès le cinéma et les films pour la télévision et tourne avec quelques unes de plus grandes stars féminines de l’époque. Il est même récompensé dans son pays, comme meilleur espoir masculin en 1960. Parmi ses meilleurs films de l’époque se distinguent: «Mirage de la vie» (1959) avec Lana Turner, «Alerte en plein ciel» (1960) avec Rhonda Fleming, «La soif de la jeunesse» (1961) avec Claudette Colbert et «L’amour à l’italienne» (1962) avec Angie Dickinson. Au milieu des années soixante, la carrière de Troy Donahue décline, la jeunesse lui préfère Robert Redford ou Paul Newman. En 1966, son contrat avec la Warner n’est pas reconduit. Il abuse alors de plus en plus de l’alcool qu’il a commencé à consommer régulièrement dès l’âge de treize mais aussi de cannabis puis de drogues de plus en plus dures. Divorcé trois fois dont de deux actrices Suzanne Pleshette et Valerie Allen, il survit pendant une dizaine d’années en jouant des rôles secondaires dans des productions minables. Francis Ford Coppola, par amitié, le fait tourner quelques jours en 1974, dans «Le parrain II» aux côtés de Robert De Niro.


                 

Rien de bien nouveau dans ce film d'horreur des années 50, visiblement influencé par le premier Godzilla.
En effet, The Monster that challenged the World, en français, Le Monstre du Lac Salé, réalisé par Arnold Laven en 1957, accumule tous les poncifs du genre: des expériences atomiques ultra-secrètes, un séisme sous-marin et une créature de la Préhistoire réveillée par cette éruption volcanique, les radiations ayant eu une influence sur sa taille et sa férocité.

Voilà pour les hostilités ! Evidemment, le film d'Arnold Laven souffre du poids des années, et les effets spéciaux sont parfois gênants, même pour un film d'épouvante des années 50. Toutefois, Arnold Laven a le mérite de dévoiler peu à peu le visage du monstre de service, sorte de limace géante, dévorant les malheureux plongeurs du coin. Pour le reste, Le Secret du Lac Salé est une nouvelle métaphore sur les dangers du nucléaire.
Toutefois, The Monster That Challenged the World reste un nanar, une petite bisserie sympathique et sans prétention, le charme du film reposant évidemment sur sa créature gluante. Comme je l'ai déjà souligné, les effets spéciaux sont loin d'êter convaincants, à l'image de cette séquence sous-marine platement réalisée, où un plongeur se fait massacrer par le monstre sanguinaire. Attention, rien de bien effrayant ! On voit clairement un mannequin mécanique se débattre sous un scaphandrier...






Après les fourmis géantes du continent américain de DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE (1954, Them!), les tarentules géantes de TARANTULA (1955) ou EARTH VS THE SPIDER (1958), la mante religieuse géante venue du Groenland de THE DEADLY MANTIS (1957), les immenses abeilles africaines de MONSTERS FROM GREEN HELL (1957), ou même les sangsues démesurées du bayou marécageux de L’ATTAQUE DES SANGSUES GÉANTES (1959, Attack of the Giant Leeches), voici les escargots géants des Mers du Sud ! Personnellement, j’éviterai le trop facile amalgame du récent engouement de la sortie de PACIFIC RIM pour ranger les films de monstres américains dans la catégorie nippone des Kaiju Eiga, car bien qu’il s’agisse aussi de sujets nés de l’après-Hiroshima, il s’agit avant tout de séries B américaines de monstres atomiques, qui n’ont pas le rapport métaphorique, poétique et ancestral japonais à la Nature. 


                                

Et seuls quelques-uns de ces films US (THE DEADLY MANTIS, MONSTERS FROM GREEN HELL et THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD) ont repris l’apparenté ancestrale, voire préhistorique, des Kaiju, mais, pour moi, ces séries B américaines restent avant tout de la science-fiction horrifique des années 50. 
Mais on peut trouver des points communs, bien entendu, entre les larves géantes et luisantes d’un RODAN (1956, Sora No Daikaiaju Radon) et nos affreux mollusque de THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD, mais seulement dans une logique d’échanges d’influences entre deux industries cinématographiques, bien distinctes (et même si Hollywood a, à plusieurs reprises, participé à la production et à la distribution de certains Kaiju Eiga).


                                                                 

Produit par Arthur Gardner et Jules V. Levy pour l’Allart Pictures Inc., et distribué par la United Artists, THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD a été réalisé par Arnold Laven. Laven a été réalisateur pour l’United States Army Air Forces pendant la Seconde Guerre Mondiale, et c’est à cette époque qu’il a rencontré Arthur Gardner et Jules V. Levy, avec lesquels ils s’associera pour tourner une poignée de séries B dans les années 50, comme WITHOUT WARNING (1951), un thriller avec un tueur psychopathe, VICE SQUAD (1953), un film noir avec Edgar G. Robinson, et ce fameux THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD (1957). Le film est assez prenant et les effets visuels plutôt réussis, le mollusque géant, bien que montré à l’écran à l’aide d’une simple superposition d’images, peut parfois rappeler le poulpe gigantesque (animé en stop-motion par Ray Harryhausen) de IT CAME FROM BENEATH THE SEA (1955). THE MONSTER THAT CHALLENGED THE WORLD est un bon divertissement de Drive-in pour un samedi soir en famille. - Trapard -


                               

Amateur de westerns depuis ma tendre enfance, mon père m'emmenait dans une petite salle de cinéma de quartier. Je me rappelle qu'elle était chauffée par un gros poêle à charbon et les sièges étaient de simples chaises en bois, très loin du confort des salles actuelles, c'est dire. Dans cette salle, j'ai vu des dizaine et des dizaines de westerns, qui sont pour la plupart, soit réédités, soit vraiment introuvables même en version anglaise. Et bien, celui-là, je le découvre à l'âge de la retraite. C'est un comble d'avoir loupé ce film "cultissime" digne des plus grands films sur les guerres indiennes (Major Dundee de Sam Peckinpah, Les Cheyennes de John Ford, La porte du diable d'Anthony Mann...). On pourrait en citer des dizaines. Celui-ci a un peu de mal à démarrer, puisque la première moitié du film est surtout centré sur les relations entre le lieutenant Hazard et les deux femmes qui éprouvent soit de l'amour (Suzanne Pleshette - Mrs Kitty Mainwarring), soit de l'intérêt (Diane McBain - Laura Frelief). Un peu d'action par-ci par là permet de maintenir l'intérêt durant les 45 premières minutes. Puis, peu à peu, l'attention se transforme en passion jusqu'à la fin du film. Tant pis pour ceux qui n'éprouvent aucun intérêt pour l'acteur Troy Donahue. Acteur peu connu, certes, mais je l'ai trouvé sublime de vérité, sincérité, courage, charisme dans ce film, même si au demeurant, j'eusse préféré un autre acteur dans le rôle du jeune lieutenant fougueux et fidèle à ses engagements. Le général Alexander Quaint (James Gregory) est aussi magnifique dans la peau du vieux soldat intègre et rigoureux. Les combats sont très bien menés, les décors naturels sont splendides, les personnages et les caractères sont très bien dépeints. Raoul Walsh, qui réalisait là son dernier film, montre au travers ce brillant spectacle, qu'il était l'un des maîtres des grands westerns avec John Ford, Howard Hawks et plus près de nous, Clint Eastwood. "A distant trumpet" (titre original) reste un film d'anthologie à découvrir pour ceux qui ne l'ont jamais vu. Au terme d’une carrière cinématographique extrêmement prolifique, Raoul Walsh clôt son imposante et excitante filmographie par un baroud d’honneur assez réjouissant, un très beau chant du cygne, certes quelque peu bancal mais cependant d’une vigueur telle qu'elle emporte tout sur son passage !


           


Depuis le début du parlant, le réalisateur nous aura offert un corpus westernien qui, à l’instar de l’ensemble de son œuvre, se sera lui aussi montré irrégulier (quelle filmographie ne l’aurait pas été avec un tel nombre de titres) mais qui n’aura pas non plus été avare en pépites, voire en chefs-d’œuvre. Afin de lui rendre un petit hommage, voici une micro-rétrospective alors que nous abordons ici son œuvre ultime ; nous nous souviendrons donc surtout - dans le genre qui nous concerne - du toujours aussi impressionnant vu d’aujourd’hui La Piste des géants (The Big Trail), de l’épique et superbe Charge fantastique (They Died with Their Boots On), du curieux et tourmenté La Vallée de la peur (Pursued), du méconnu et pourtant formidablement plaisant Cheyenne, du tragico-romantique La Fille du désert (Colorado Territory), du mésestimé mais pourtant sublime Victime du destin (The Lawless Breed), du mineur mais agréablement teigneux Bataille sans merci (Gun Fury), du coloré et dépaysant La Brigade héroïque (Saskatchewan), de l’ample Les Implacables (The Tall Men) et enfin du délicieux Un Roi et quatre reines (A King and Four Queens) . Une bien belle brochette de westerns, qui vient se conclure en beauté avec ce robuste A Distant Trumpet. (Allociné/Dvdclassik)

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