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vendredi 18 mars 2016

Tommy vs The Wall

Tommy : Vu après The Wall, et je crois que je suis obligée de les comparer, même si une quasi décennie sépare les deux films, pareil pour les albums.
L'ombre du père décédé pendant la 2de Guerre Mondiale qui règne sur la famille, le mutisme du héros qui se devient héros des foules malgré lui, même si pour le cas de Tommy il sera plus qu'heureux de l'être par la suite. Une critique vivace du star system, de la société de consommation, mais beaucoup moins poussée et provocatrice pour Tommy. La scène de l'église où la déesse est une Marilyn Monroe, avec bien sûr le tableau de Warhol... On a vu moins poussif comme moyen de faire passer un message.


                            

Je dirais que la totalité du film est plus "digeste" et plus abordable que pour The Wall où il faut avoir vraiment le coeur bien accroché. Par contre, la réalisation n'est pas exceptionnelle, elle a horriblement mal vieilli, le son est assez mauvais, mais peut-être car pas de remastérisation en vue...
Puis comme pour The Wall ou Hair, le passage à l'écran est trop tardif, même si pour Tommy 6 ans sépare la sortie de l'album de celle du film. L'époque est moins transpirante de l'esprit des titres, on y croit moins. Néanmoins, la musique enchante, un très grand album, de nouvelles interprétations très justes, et les apparitions de stars aussi putain Tina Turner en Acid Queen est formidable, pareil pour Elton John, par contre Clapton sert un peu à rien...(http://www.senscritique.com/film/Tommy/critique/15111524)


                            


Menées dans ce projet par Pete Townshend, les Who sortent le premier opéra rock de l’histoire. Il conte l’histoire d’un jeune garçon qui s’enferme dans un mutisme complet après avoir vu son père tuer le nouvel amant de sa mère. Suit un parcours, qui à travers le succès au flipper et une guérison subite, fait de Tommy une sorte de prophète avant qu’il ne retrouve seul sa véritable liberté. Le concept d’opéra rock sera réutilisé dans "Quadrophenia" mais aussi dans "The Wall" de Pink Floyd. TOMMY résulte de la rencontre de deux hommes, Pete Townshend, guitariste et compositeur du groupe THE WHO, et Robert Stigwood, producteur de cinéma. D’abord agent artistique (d’Eric Clapton notamment) il devient producteur de spectacles avec JESUS CHRIST SUPERSTAR, qu’il adapte au cinéma en 1973. Fort de ce succès, il repère le concept-album TOMMY, opéra-rock de Pete Townshend, et propose une adaptation pour l’écran. C’est à lui que l’on doit aussi SATURDAY NIGHT FEVER (il avait senti que le Disco avait un bon potentiel…) et GREASE. Sans doute quelques peu grisé (grisé par Grease ?!!!), il se lance ensuite dans une adaptation cinéma de SERGENT PEPPER des Beatles, dont les chansons seront interprétées par les Bee Gees et Peter Frampton (!!), une production énorme qui fait un flop retentissant et signe la fin de sa carrière ou presque. Deux autres grands films musicaux sont sortis ces années-là, THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW et PHANTOM OF PARADISE, mais aussi des échecs cuisants comme THE WIZ, une resucée du Magicien d’Oz avec Michael Jackson et Diana Ross. Il faudra attendre THE WALL d’Alan Parker en 1982, pour que le rock et le cinéma fassent de nouveau bon ménage. 



   

Robert Stigwood confie l’adaptation et la réalisation de TOMMY à Ken Russell (1927-2011, en photo avec le disque des WHO). Russell vient de la télé, et a connu un grand succès avec deux de ses premiers films, LES DIABLES (avec déjà Oliver Reed, son acteur fétiche) et MUSIC LOVERS, drames gothiques blasphématoires qui ont provoqué leurs petites polémiques. Ken Russell mêle déjà cinéma et musique, puisque MUSIC LOVERS a pour héros le compositeur Tchaïkovski, qu’il avait tourné MALHER l’année précédente, qu’il confiera ensuite à Roger Daltrey (le chanteur des WHO) le rôle de Frantz Liszt. Et c’est à lui qu’on doit LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, en 1984 avec Kathleen Turner, thriller érotico-sanglant, oui je sais le titre fait soft-pornif pour M6, mais le film est très bien !



                  

Le scénario du film, co écrit avec Pete Townshend, reprend la trame du disque, mais les auteurs ont apporté quelques changements (on passe de l’après Première Guerre Mondiale, à l’après Seconde) et ont complété des passages un peu obscurs, bref, ont mieux ficelé le bébé ! L’histoire est assez édifiante, jugez-en : Nora Walker a un jeune fils, Tommy. Son mari, un aviateur, est à l’hôpital après un crash. Elle se remarie avec Franck Hobbs. Sauf que le mari rentre chez lui. Franck le tue mari, sous les yeux du petit Tommy. Traumatisé, et parce qu’on lui répète qu’il n’a rien vu, entendu, et ne racontera rien, le gamin devient aveugle, sourd et muet ! Nora et Franck auront de cesse de le guérir, d'exorciser ce mal. Tommy ne verra son salut qu'à sa dextérité au flipper…



                  

Il est certain que dit comme ça, sur le papier, on craint le pire. Et à l’écran aussi ! Je ne vous cacherai pas que pas mal de gens considèrent ce film comme une bouse, une daube, un machin boursoufflé sans intérêt. On reviendra sur le scénario, fourre-tout politico-psychanalico-mystique, mais il est indéniable que le film possède une force visuelle, une inventivité et une recherche graphique, certes datée, mais fascinante. C’est un film bourré de références, les scènes du camp de vacances pouvant renvoyer au MAGICIEN D’OZ ou à CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ! C’est un film au casting incroyable, Oliver Reed (poivrot de première, sa rencontre avec Keith Moon devait valoir son pesant de whisky...) et Ann-Margret (elle débute avec Franck Capra en 1961, séduit Elvis avec ses chansons country mais pas que... tourne avec Chabrol, Risi, Attenborough...). Les comédiens chantent eux mêmes. La bande originale ayant été réenregistrée, on ne s’est pas contenté de passer le disque original en playback, comme dans THE WALL). Autres vedettes invitées, outre THE WHO : Elton John, Jack Nicholson, Tina Turner, Arthur Brown et Eric Clapton. (http://ledeblocnot.blogspot.fr/2013/06/tommy-de-ken-russell-1975-par-lucb.html)



                    


L'histoire du cinéma offre à nos yeux un certain nombre d'OCNIs (Objet Cinématographique Non-Identifié), films mythiques et pourtant peu connus, qui demeurent dans l'inconscient collectif comme la marque d'une époque, comme le reflet d'une génération. Le style de films dont tout le monde parle, mais que personne ne semble avoir vraiment vus... D'emblée émane autour de Pink Floyd : The Wall, une aura particulière, un sentiment d'inquiétante étrangeté que l'on peut attribuer à ce groupe  britannique formé en 1964. Leader de la musique psychédélique et du rock progressif, Pink Floyd se forge une renommée internationale grâce, entre autres, à ses textes philosophiques et politiques, mais aussi de par ses expérimentations sonores et ses performances scéniques on ne peut plus originales, voire parfois dérangeantes. Proposé au départ par Roger Waters, l'album « The Wall » (1979) peint avec violence la solitude de l'artiste face à son public, tout en évoquant l'aliénation des hommes par la société. Au cours de la tournée qui suivra, l'isolement des Pink Floyd prendra une forme scénique assez inattendue, provocante et osée. Au cours du concert, un véritable mur en briques est construit, séparant ainsi le groupe de son public. En 1982, Alan Parker réalise un film autour de ce concept d'enfermement, mettant en vedette Bob Geldof dans le rôle principal de Pink. Ode véritable à l'album, Pink Floyd : The Wall a la caractéristique de ne comporter quasiment aucun dialogue : la part belle est faite aux morceaux du groupe, dans une alternance de scènes filmées (les souvenirs d'enfance de Pink se mêlant avec habilité au temps présent), et d'illustrations dessinées ; ces dernières étant l'oeuvre d'un célèbre caricaturiste satirique anglais, Gerald Scarfe.


   



Alan Parker a ainsi élaboré un dispositif filmique efficace, qui se met au service d'une gigantesque fresque peignant méticuleusement la schizophrénie du personnage en focalisation interne. La première lecture, la plus évidente, laisse d'abord apparaître les souffrances de Pink face à l'absence du père et à la surprotection de sa mère (dans « The Trial », ses bras se transforment en mur...). Une douleur causée par un tiers qui fait naître un sentiment de médiocrité vis-à-vis du monde des adultes. À la seconde lecture apparaît alors une critique plus profonde de la société, et en particulier une attaque quasi explicite contre Margaret Tatcher, qui a lancé le pays (le Royaume-Uni) dans la guerre des Malouines. La jeunesse, devant tant d'inconscience, n'a d'autre choix que de se perdre dans le rock, le sexe et la drogue. 



                                

Le mur, représentation des troubles mentaux de Pink, est la métaphore de l'enfermement schizophrénique. Il est aussi le symbole d'une forme d'asservissement social. Dans « Another brick in the wall », des enfants, dont le visage est recouvert d'un masque uniforme, défilent sur un tapis roulant industriel. Critique du système scolaire qui forme des moutons, futur public crédule qui ne saura avoir les bons rapports avec un artiste et avec son œuvre. Dans une séquence, les spectateurs acclament Pink lors de son show : croisant les bras devant eux avec les poings fermés, chacun exprime ainsi son ralliement, au milieu de drapeaux rouges et blancs sur lesquels deux marteaux se croisent pour former une croix. Une nouvelle forme de soumission... différente mais tout aussi douloureuse. Une autre dictature, violente et hitlérienne.  


                 

Pink Floyd : The Wall a la qualité des grands films : à chaque visionnage de nouvelles choses apparaissent. Des détails inconnus, des références moins explicites, des couleurs ou des notes. Mais un sentiment demeure, fidèle et perturbant : celui de l'effroi qui naît lorsque Pink nous enferme dans son monde. Géraldine Pioud
(http://iletaitunefoislecinema.com/chronique/2692/pink-floydthe-walla-la-decouverte-dune-schizophrenie-psychedelique)

2 commentaires:

  1. https://eplec9.1fichier.com/
    https://1fichier.com/?fyh6y475qr

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  2. zik : https://1fichier.com/?isd9jauugi
    http://uloz.to/xQMQDdtV/tommy-ost-75-mp3

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