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mardi 22 mars 2016

Seth Holt

Seth Holt (né le et mort le ) est un réalisateur et un monteur britannique. Seth Holt, metteur en scène n'ayant derrière lui qu'un film des fameux Ealing Studios, nommé NOWHERE TO GO , tourne Hueler de peur. Seth Holt tourne ensuite un drame nommé LA BLONDE DE LA STATION 6 avec Carroll Baker, puis il revient vers la Hammer pour le tournage de CONFESSION A UN CADAVRE interprété par Bette Davis
Après le succès considérable de FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE !, la Hammer continue durant trois années sur la voie des films d'horreur gothique en couleurs, avec divers titres comme LE CAUCHEMAR DE DRACULA, LA MALEDICTION DES PHARAONS et autres LES MAITRESSES DE DRACULA. Pourtant, au tournant des années soixante, la firme se détourne doucement de ce filon, comme si une lassitude commençait à se faire sentir au sein de son équipe.



                 


La Hammer s'oriente donc vers des sujets non fantastiques et fait une tentative d'horreur différente, à savoir une tentative de thriller d'épouvante – à petit budget, forcément. Le scénariste maison Jimmy Sangster convainc les dirigeants du studio d'adapter un de ses scénarios avec HURLER DE PEUR, long métrage pour lequel il est aussi nommé producteur. Pour HURLER DE PEUR, il se voit épaulé par un grand chef-opérateur du cinéma britannique, Douglas Slocombe, déjà vétéran puisque ayant œuvré sur des grands classiques des studios Ealing comme le film à sketchs fantastique AU COEUR DE LA NUIT ou la comédie NOBLESSE OBLIGE. Pour jouer dans ce film, on recrute Ann Todd (vedette de LE PROCES PARADINE d'Alfred Hitchcock, ce qui n'est pas anodin, nous le verrons) et la jeune Susan Strasberg, fille du mythique formateur d'acteurs Lee Strasberg de l'Actors Studio. Christopher Lee en personne, pilier de la Hammer, est aussi de la fête.
Penny Appleby, jeune femme devenue paraplégique suite à un accident d'équitation, se rend chez son père dans sa superbe villa de la Côte d'Azur. Elle y est reçue avec sollicitude par la nouvelle épouse de son père. Mais celui-ci est absent pour affaires. Lorsque Penny affirme avoir vu le fantôme de son père dans un débarras de la demeure, son entourage soupçonne que la pauvre enfant n'a plus toute sa tête...
Ainsi, las des monstres, des donjons et des trucages sanglants, la Hammer tourne le dos au gothique pour surfer sur les succès d'Alfred Hitchcock. Pas le Hitchcock tournant d'énormes productions en VistaVision et Technicolor avec des vedettes comme James Stewart ou Cary Grant. Mais le Hitchcock qui vient de triompher avec PSYCHOSE, petit film tourné avec un tout petit budget, en noir et blanc, au moyen de méthodes rapides issues de la télévision. Avec PSYCHOSE, il reprend des thèmes de la psychanalyse ou de la psychiatrie déjà approchés dans certains de ses titres comme LA MAISON DU DOCTEUR EDWARDS, dans lequel Gregory Peck combat un traumatisme menaçant sa santé mentale, et il les met à la sauce de l'horreur de série B, d'une certaine hystérie Grand Guignol et sordide.


           


Le succès phénoménal de PSYCHOSE entraîne des copies et dérivées, comme HOMICIDAL de William Castle ou REPULSION de Roman Polanski en Grande-Bretagne. Il essaime à travers divers genres à venir, comme le film de psychokiller, dont il est le fondateur, mais aussi par certains aspects le Giallo ou le Slasher. Suite à ce succès, peut-être les dirigeants de la Hammer se sont-ils dits qu'il était temps pour eux de changer de braquet et d'accompagner cette vague américaine plutôt que de persévérer à élargir leur catalogue Gothique. Pourtant, s'il arrive dans la roue de PSYCHOSE, HURLER DE PEUR ne s'inspire pas seulement de ce métrage. Certes, il en reprend certaines ficelles, comme l'exploitation de moments «chocs». Mais il pioche aussi dans divers classiques du Film Noir, en particulier par le biais du thème classique de la jeune ingénue qu'un mystérieux complot tend à conduire vers la folie. Un sujet vraiment classique exploité dans HANTISE de George Cukor ou LES DIABOLIQUES de Henri-Georges Clouzot, et surtout par Hitchcock lui-même dans REBECCA ou LES AMANTS DU CAPRICORNE. D'autres éléments du cinéma du grand Hitch apparaissent encore, comme ce suspens se jouant en vase clos, dans un milieu familial, à l'instar de SOUPCONS où une jeune mariée soupçonne son mari de vouloir l'assassiner, ou L'OMBRE D'UN DOUTE dans lequel Joseph Cotten incarne un oncle revenant vers ses proches avec des intentions peu claires. HURLER DE PEUR fonctionne donc sur des éléments connus, exploités dans divers classiques du cinéma. Néanmoins, il se distingue du tout venant grâce à la mise en scène étonnante, experte de Seth Holt.



                                


Les cadrages et mouvements de caméras sont précis et mobiles, l'image joue sur la profondeur de champs et les disproportions de perspective pour donner au métrage une allure subtile et léchée, variée et expressive. Qui plus est, les moments de terreur et de suspens sont parfaitement assemblées et montées, créant des moments de terreur impressionnants. Il faut dire que Seth Holt bénéficie de la photographie de Douglas Slocombe, tout à fait magnifique, apportant une patine luxueuse remarquable à ce long métrage. Quand bien même l'action se confine à quelques décors et personnages, jamais nous n'avons l'impression de visionner un métrage de petite compagnie ou de seconde zone. Slocombe se montre parfaitement à l'aise dans tous les instants du film, distillant des images tour à tour solaires et obscures, cotonneuse ou ensoleillées, d'un réalisme cru ou d'un subtil onirisme.
Tout cela est épaulé par des comédiens parfaitement compétents et surtout par un scénario de Jimmy Sangster qui fait à la fois la force et la faiblesse de HURLER DE PEUR. Sa force, ce sont ses rebondissements incessants et difficilement prévisibles, tenant le spectateur en haleine sans coup férir sur la durée concise du métrage. La faiblesse, c'est un certain manque de logique et de cohérence dans la continuité des événements, apparaissant une fois que le récit a joué toutes ses cartes. HURLER DE PEUR n'est ni très original, ni très cohérent, mais il n'en reste pas moins une jolie réussite de la Hammer, un suspens habile doté d'une facture technique impressionnante prouvant que le petit studio peut tourner des films damant le pion des grandes majors sur leur propre terrain. HURLER DE PEUR connaît d'ailleurs un beau succès en salle et auprès des critiques. Il entraîne chez la Hammer d'autres projets du même style.



                                 

La momie sanglante (1971) : A priori, rien ne destinait Howard Brandy a travailler avec un studio de cinéma britannique et encore moins la Hammer. En effet, Howard Brandy commence son activité d’attaché de presse dans le domaine de la musique à l’orée des années 60. Il va ainsi travailler pour des artistes tels que Frankie Avalon, Aretha Franklin ou encore Marvin Gaye. Dans le courant des années 70, il continuera son travail auprès d’artistes ou de labels musicaux mais commencera aussi à faire de même pour le cinéma. Il a toutefois l’idée de se lancer dans le cinéma et, pour cela, il fait l’acquisition des droits du livre «Le joyau des sept étoiles» écrit au début du XXème siècle par Bram Stoker, ce dernier étant plus connu pour avoir écrit «Dracula». Il met la main sur le scénariste Christopher Wicking qui vient d’écrire plusieurs films pour le compte de l’A.I.P. (LACHEZ LES MONSTRES, LE CERCUEIL VIVANT…) et lui demande de travailler sur la rédaction d’un scénario. Et en tout logique, Howard Brandy va proposer ce projet d’adaptation cinématographique à la Hammer Film, encore auréolée de ses grands succès horrifiques des années 50 et 60. Au début des années 70, c’est encore James Carreras qui tient les rênes de la maison de production britannique et celui-ci accepte de prendre le film sous son aile. Howard Brandy devient pour l’occasion producteur mais va tout de suite devoir faire des concessions. En effet, James Carreras n’a aucunement l’intention de mettre en chantier un film portant le titre THE JEWEL OF SEVEN STARS, titre original du livre, et demande à ce que le nom du film comporte le mot «Momie». Pourtant, le film ne contient pas vraiment de momies telles qu’on peut les appréhender habituellement et encore moins de la façon dont on a pu les voir dans les films précédents de la Hammer : LA MALEDICTION DES PHARAONS, LES MALEFICES DE LA MOMIE et DANS LES GRIFFES DE LA MOMIE.



            


Alors que sont envisagés Peter Duffell ou bien Gordon Hessler pour réaliser le film, c’est finalement sur Seth Holt que se portera le choix de la production. Le cinéaste avait d’ailleurs déjà mis en scène deux métrages pour la Hammer Film auparavant avec HURLER DE PEUR et CONFESSION A UN CADAVRE. Le rôle masculin principal est directement offert à Peter Cushing, acteur vedette du studio. En ce qui concerne l’héroïne devant incarner un double rôle, le réalisateur et le scénariste opte pour Amy Grant. James Carreras imposera toutefois l’actrice Valerie Leon alors que, suite à une audition, Seth Holt et Christopher Wicking ne sont toujours pas convaincu par la comédienne. La rencontre entre Valerie Leon et Peter Cushing ne sera jamais vue sur un grand écran car le comédien quitte le plateau après une demi-journée de travail pour rejoindre le chevet de sa femme gravement malade qui décèdera quelques jours plus tard. Peter Cushing est donc remplacé par Andrew Keir qui ne se sent pas forcément à l’aise dans ce rôle écrit pour un autre comédien. Quoi qu’il en soit, les petites séquences mettant en scène Peter Cushing et Valerie Leon sont retournées avec le nouvel acteur.


                   


Le tournage sera marqué par plusieurs autres incidents. Ainsi, un technicien décède pendant le tournage dans un accident de moto et, surtout, Seth Holt est frappé d’une crise cardiaque une semaine avant la fin des prises de vues. On propose à Don Sharp de boucler le film mais le cinéaste refuse poliment. Plutôt que chercher plus loin, c’est Michael Carreras qui va terminer le film. Le fils de James Carreras travaille bien évidemment au sein de la Hammer dans l’équipe dirigeante du studio et il a déjà réalisé quelques films dont LES MALEFICES DE LA MOMIE. Toutefois, le cinéaste se retrouve embarrassé en reprenant BLOOD FROM THE MUMMY’S TOMB. Car Seth Holt a l’habitude de monter ses films lui-même et a donc une idée plutôt précise du découpage de son film. Néanmoins, il n’écrit pas de note et garde tout en tête. Michael Carreras se trouve donc face à un puzzle qu’il lui faut assembler et dont il ne comprend pas toujours la logique. Cela mène le cinéaste a retourner quelques séquences pour compléter des scènes qui lui paraissent inachevées. (http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1895&NamePage=blood-from-the-mummy--s-tomb--la-momie-sanglante-)

1 commentaire:

  1. https://s4y48jute1.1fichier.com/
    http://uptobox.com/two8c1ezhe6h

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