.

.

jeudi 31 mars 2016

Oskar Homolka

Oskar Homolka est un acteur autrichien né le à Vienne (Autriche-Hongrie) et mort le dans le Sussex (Royaume-Uni). Homolka commence sa carrière au théâtre en Allemagne, où il travaille dès 1924 avec Bertolt Brecht. Son premier film vient deux ans plus tard, avec Les Aventures d'un billet de dix marks (Die Abenteuer eines Zehnmarkscheines) de Berthold Viertel. Homolka tourne jusqu'en 1934 en Allemagne, part en Angleterre rejoindre Hitchcock pour tourner Agent secret, puis continue sa carrière à Hollywood aux États-Unis, à l'instar de nombreux acteurs ayant fui l'Europe à cette époque. Il incarne divers personnages assez stéréotypés, exploite son fort accent étranger en jouant des espions, des communistes du KGB, des personnages violents (Boule de feu) (1941). Revenu en Angleterre dans les années 1960, il y restera jusqu'à sa mort, survenue en 1978.


                                

Howark Hawks signe ici une comédie infiniment moins rythmée et tonique que L'Impossible Monsieur Bébé, mais son humour ravageur, sa romance et ses 7 espiègles petits vieux parviennent pourtant à faire de Boule de Feu une excellente comédie, très injustement "oubliée" dans la filmo de son réalisateur. Boule de Feu, c'est un peu Blanche Neige et les 7 nains... pardon, 8 ! Blanche Neige est une chanteuse de Music Hall... Le prince charmant un professeur linguiste... Les Chasseurs qui la traquent, la Police... Les 7 nains sont au nombre de 8, chacun dotés d'une discipline d'érudition comme ceux de Disney l'étaient d'un caractère (Simplet/ Philosophie, Grincheux/Mathématiques, etc.)... La méchante reine, un gangster qui doit épouser la chanteuse pour éviter qu'elle ne puisse être appelée  témoigner contre lui... Et comme de bien entendu, l'arrivée de la belle dans le quotidien studieux et organisé des 8 encyclopédistes (Gary Cooper est le seul jeune), va faire voler en éclat la concentration du petit groupe et porter en son sein la graine de l'amour, mais aussi le monde de la pègre !
Tout ça n'est pas aussi hystérique que nous l'espérions, mais Boule de Feu, en dépit de son incapacité à dépasser une limitation de vitesse bien peu élevée, n'a pourtant eu aucun mal à accrocher la banane à toute la rédaction. Mieux, nous avons été complètement conquis par le rythme casanier de ses petits vieux ! C'est bien évidement par tout un jeu de contrastes que Hawks nous immerge dans cet univers poussiéreux qui va découvrir le grand ménage de printemps (siffler en travaillant ?). La vénérable sagesse des charmants petits-vieux s'oppose à l'impatiente énergie de la jeunesse, le conservatisme s'oppose à la modernité, la savoir éclairé aux sombres projets étriqués des méchants...




   

Inévitablement les deux mondes opposés génèrent des étincelles et les échanges commencent ! La jeunesse envahi le vieux monde, redonnant vigueur à nos vieux érudits, les transformants presque en enfants espiègles et turbulents, et la raison l'emportera sur les dangers de la vie de femme de gangster.
Simplement, sans hâte ni brusquerie, Boule de Feu enclenche sa mécanique ronronnante pour nous faire adhérer à cette romance résolument savoureuse et délicieuse ! La réussite de Boule de Feu se concentre principalement sur la fine équipe d'encyclopédistes, dont l'alchimie à l'image est imparable. Prévisible, voire pantouflarde dans son déroulement, Boule de Feu trouve dans la formation de son improbable couple Gary Cooper/Barbara Stanwyck, et dans ce petit monde qui s'enflamme, tous les éléments nécessaires pour créer le plaisir et l'adhésion du spectateur. Rapidement le charme opère, la mayonnaise prend et la mécanique comique fonctionne à plein. 



               
                              

Il ne manque qu'un peu de punch et de rythme pour que Boule De Feu explose réellement. A deux doigts du top, il aurait accédé sans peiner aux sommets de la comédie romantique américaine ! Handicapé par son manque de vélocité, son efficacité sera cependant sans faille si vous êtes préparé à un voyage en car, plutôt qu'en TGV. La critique semble sévère, mais croyez-nous lorsque nous vous disons qu'on ne s'y ennuie pas un seul instant. Pas un chef d'oeuvre, mais un excellent moment habité d'un charme puissant et traversé d'un humour absolument délicieux ! Si l'art d'être spirituel consiste à accentuer à l'extrême une situation alarmante, alors Wilder est un immense artiste. La pénétration, dans un univers mas­­culin exagérément chaste, du « genre de femme qui pousse toute une civilisation à la culbute » est un sujet en or (et de prédilection) pour l'espiègle scénariste, futur maître de la comédie sophistiquée.(http://www.telerama.fr/cinema/films/boule-de-feu,8444.php)


                                   

MR SARDONICUS est une réalisation de William Castle de 1962 qui convoque l'arsenal alors à la mode de l'horreur gothique : 19e siècle, héros anglais, château slave, serviteur borgne et torve, triangle entre le docteur, le monstre et Maude. Pas de doute, l'ombre de Bram Stocker fait plus que planer sur le scénar io même si la figure vampirique est ici remplacée par celle, relativement connexe, de la goule. Les habitués des productions de la Hammer, du gothique italien ou des adaptations de Poe par Roger Corman se retrouveront donc en terrain connu. Dès lors, il reste peu à dire du film lui-même. Une honnête série B, sans réel génie mais cependant correctement menée. William Castle ne faillit pas à sa réputation de roi du gimmick avec ce MR SARDONICUS dont l'élément essentiel ne tient pas au film mais à l'interaction qu'il induit avec son public. En effet, ce dernier est invité, à l'issue de l'avant dernière bobine à décider du sort du méchant par le biais du « Punishement poll », un vote calqué sur le mode des jeux du cirque de la Rome antique où le public décidait en levant ou baissant son pouce du destin du gladiateur vaincu. Le film s'interrompt donc avant le lancement de la dernière bobine et un animateur vient s'enquérir du vote des spectateurs.Le film est précédé d'un court module dans lequel William Castle introduit son film et le mode opératoire du vote. L'irruption du cinéaste dans son propre film n'est pas sans évoquer Alfred Hitchcock alors encore en pleine gloire. Par ailleurs, on peut penser que l'interruption du film pour le vote s'inscrit bien dans l'air du temps, lorsque l'exploitation en salle passait par un entracte pour vendre des friandises et boissons, pratique qui sans avoir totalement disparue est néanmoins en très forte régression dans la pratique actuelle. La télé réalité actuelle n'a rien inventé, jusque et y compris dans ses trucages et manipulations puisque manipulation du spectateur il y a. Le truc du vote est un mirage puisqu'en réalité - ou du moins dans la version projetée à offscreen -, il n'y a qu'une seule fin, celle de la mo rt de Mr Sardonicus.


   


Le vote est donc truqué : quel que soit le nombre de « thumbs up », l'animateur répondra invariablement que le décompte donne la mise à mort gagnante. L'interaction ne relève donc pas du choix réel du spectateur mais de l'impression qui lui est donnée qu'il dispose d'un choix. Le 7e art est bel et bien l'art de l'illusion ! En ces temps où la mode est aux montages ou conclusions alternatifs, il faudra donc encore longtemps avant de voir abandonner les recherches des collectionneurs avides de retrouver l'épilogue épargnant Sardonicus. Mais après tout, ne sommes-nous pas dès l'abord prévenu par le titre même du film : « Monsieur Sardonique », dont le sourire en coin réfère d'ailleurs tout autant à ce vieux margoulin de William Castle, et à son introduction hitchckockienne qui nous met sur la voie du bon tour qu'il entend nous jouer ? Après tout, on ne nous demande pas de juger Sardonique mais de voter sa punition (l'explicite « punishement poll »). Bien vu William.


                   

D'autres sources indiquent cependant qu'une fin heureuse aurait quand même été tournée, à la demande de la production et une fois le premier montage (avec punition du monstre) terminé et que c'est cette demande qui aurait donné l'idée à Castle de donner le choix aux spectateurs. Le happy end existerait alors bel et bien mais n'aurait pratiquement pas été montré. En mars 2009, le film a été présenté à Bruxelles à la deuxième édition du Festival Offscreen, dans le cadre d'un module consacré au cinéma interactif. Le punishement poll y a bel et bien livré son verdict, condamnant une fois de plus Sardonicus... même si un vrai décompte des voix lui aurait peut-être épargné la vie. Le sadisme réside donc tout autant dans la manipulation des votes ou du moins de la communication du résultat. Le cinéma est affaire de point de vue, ce qui implique la maîtrise de la communication... Et William Castle de rester dans ce domaine roi en son château ! Philippe Delvaux

1 commentaire:

  1. http://dfiles.eu/files/jm6tauoyr
    http://speedy.sh/XSAST/RdRsNcMrS1961.avi.001
    http://speedy.sh/cCKCs/RdRsNcMrS1961.avi.002
    http://speedy.sh/8YVYJ/RdRsNcMrS1961.avi.003
    http://speedy.sh/qada2/RdRsNcMrS1961.avi.004
    https://dailysubs.net/imdb/55200/121194

    RépondreSupprimer