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jeudi 24 mars 2016

Luigi Cozzi



Luigi Cozzi est un réalisateur et scénariste italien, né le 7 septembre 1947 à Busto Arsizio (Italie).Luigi Cozzi est un des protégés du maître italien de l'horreur, Dario Argento. En plus d'avoir travaillé sur plusieurs des films d'Argento, Cozzi a aussi écrit une biographie appelée Giallo Argento. Avec Contamination, Cozzi montre qu'il n'a pas le même talent de réalisateur que son mentor. Par contre, cela n'empêche pas Contamination d'être une série B plus que divertissante.




                


Il est des moments d'émotion culturelle qui marquent la vie de tout homme à la fibre artistique un tant soit peu développée. La lecture d' « Ulysse » de James Joyce pour le lettré; la découverte de Vermeer pour l'amateur de peinture ; la chronique de « Starcrash, le choc des étoiles » pour le nanardeur ! L'angoisse étreint alors l'âme de l'esthète : serai-je à la hauteur du Grand Œuvre qui se présente à moi ? Car « Starcrash » de Luigi Cozzi, c'est… comment dire ? Ce n'est pas n'importe quoi ! Quel sociologue nanar évaluera-t-il un jour combien de vocations de nanardeurs sont nées sous la puissance de ce choc des étoiles ? Il fut un temps, petits z-enfants, où l'Italie était le plus grand centre de production de divertissement populaire d'Europe occidentale, suivant un modèle de création bien établi : on copie tout ce qui marche à Hollywood, avec les moyens du bord et une imagination d'artisan modestes mais bûcheurs. Puis un jour, de la même manière que l'épicerie du ère François, malgré ses qualités, se trouve toujours fatalement écrasée par le développement de Carrefour et Auchan, il devint tout simplement impossible de rivaliser sérieusement avec l'éléphant américain sur le terrain du divertissement. Ce moment, qui ne signa pas instantanément la fin de Cinecittà, mais devait marquer le début de sa lente agonie, porte un nom précis : « La Guerre des étoiles ». La bombe de George Lucas, en marquant le grand bond en avant de la technique du cinéma, devait rendre dérisoires tous les efforts des Italiens pour produire de la distraction de masse. Pourtant la réaction ne s'était pas faite attendre et face à ce nouveau défi, nos amis transalpins ne se l'étaient pas fait répéter : « Ha comme ça Hollywood fait de la science-fiction à grand spectacle ?? Qu'à cela ne tienne, on va faire tout pareil ! Ca fait vingt ans qu'on le fait !! ».



            

Le résultat : « Starcrash » ! En fait, la rencontre entre des producteurs français désireux de produire au moindre coût et des techniciens italiens prêts à montrer leur savoir-faire (rappelons que Lucas tourna son premier « Star Wars » en Angleterre par raison d'économie). Tous les ingrédients qui avaient fait la recette du film de Lucas sont là : des acteurs principaux peu connus (donc pas chers), une guest-star (Christopher Plummer à la position qui fut celle d'Alec Guinness et Peter Cushing), des effets spéciaux pétaradants, une intrigue très BD et mouvementée…Hé bien, il n'y a pas de quoi rire car « Starcrash » représente le moment précis où l'imagination du bis italien commença à se casser les dents sur les nouveaux standards du divertissement cinématographique.Car le résultat qui se présente à nos yeux ébahis est… tout simplement d'un ridicule galaxique, cosmogonique, stratosphérique, d'une kitscherie à fracasser tous les mètres-étalons connus du grotesque ! Rien n'y échappe : ni les effets spéciaux (oh ces peintures sur verre aux couleurs criardes censées représenter l'espace !) ni les costumes (dignes d'une opérette de Francis Lopez) ni l'interprétation, ni surtout les dialogues!


                 

                  

La vision de ce « Choc des étoiles » suffit à plonger le spectateur dans une sorte de béatitude heureuse : à ce niveau d'absurdité, on ne compte pas, on visite ! La tragédie commence dès les premières images, où l'on se rend compte que « Starcrash » entend rivaliser sérieusement avec son modèle. Un vaisseau spatial parcourt l'espace : plan très long sur l'objet, pour nous faire admirer l'effet spécial. Mauvais point, c'est un jouet en plastique totalement raté. Suit l'attaque du vaisseau par des tâches de couleur (de la peinture rouge qui flotte dans l'huile, rajoutée ensuite sur l'image) ! Suit un texte défilant sur l'écran, exactement à la manière de « Star Wars » (mais moins réussi car sans l'effet de perspective), que je vous reproduit intégralement : « Au-delà des temps, la vie existait aux confins de l'univers. Des galaxies entières prospéraient sous le règne bienveillant de l'Empereur des étoiles. Jusqu'au jour où le féroce Zarth Arn, qui régnait sur les étoiles maudites, découvrit l'arme absolue, capable de dominer les esprits. L'Empereur, informé de l'accès de mégalomanie de Zarth Arn, chargea une frégate spaciale (sic) d'enquêter sur ses projets. La frégate fut détruite. Zarth Arn, qui se crut invincible et entreprit la conquête de la galaxie. (sic) Des étoiles maudites aux confins de l'univers, Zarth Arn répend (sic) terreur et destruction. L'heure arrive enfin de s'opposer à son délire de domination. » (http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-starcrash-starcrash.html)



                  


Des policiers new-yorkais se rendent sur un bateau qui semble avoir été déserté en pleine mer. À l'intérieur du bateau, tous les occupants ont été massacrés. Dans une des pièces, ils font la découverte de ce qui ressemble à des oeufs géants, verts et gluants. Un des policiers en prend un dans ses mains, mais celui-ci éclate. Quelques secondes plus tard, les trois policiers ayant reçu des éclaboussures voient leur estomac éclater. À l'aide d'agents fédéraux, le policier restant devra essayer de trouver la provenance de ses oeufs avant qu'ils ne contaminent d'autres personnes. Ça faisait longtemps que le début d'un film ne m'avait pas autant captivé. Copie assumée d'Alien, le scénario de Cozzi transpose l'histoire d'Alien sur Terre. Tout comme dans le film de Ridley Scott, on retrouve dans Contamination des oeufs venus d'ailleurs et des ventres qui explosent. Ç'aurait pu être agaçant, mais les comparaisons s'arrêtent là. Contamination épate par ses effets gores extrêmement explicites. À défaut d'être extrêmement doué en tant que réalisateur, Cozzi n'a pas peur de nous balancer des litres d'hémoglobine. La scène où les estomacs des policiers éclatent est du bonbon pour les yeux. Après une première demi-heure très gore, le film change de registre. Aidé d'une agente gouvernemental et d'un ex-astronaute, le policier restant se rend en Amérique du Sud pour trouver le malade qui a envoyé les oeufs à New York. Contamination devient alors un film d'aventure, mais ne vous inquiétez pas ... l'horreur est encore présent.


            

Côté technique, le film est loin d'être parfait. La réalisation manque de finesse et le montage n'est pas toujours à point. Le rythme du film est parfois lent. Une scène qui aurait dû durer une minute peut en durer cinq et ainsi de suite. Le scénario est intéressant, mais pas assez développé. En plein milieu du film, on apprend qu'il y a eu une mission sur Mars. Un des astronautes est revenu en disant avoir vu des oeufs et des extra-terrestres. On l'a traité de fou et ridiculisé dans les médias. Cet aspect du film est d'une importance capitale, mais le scénario nous l'amène trop tard. J'aurais débuté le film avec ce voyage sur Mars.
Malgré tous ses défauts, Contamination est une série B extrêmement divertissante. Les amateurs de gore sont bien servis, avec des effets visuels extrêmement réussis. Le film comporte assez de revirements pour nous tenir en haleine du début à la fin, en plus d'avoir une trame musicale composée par les Goblin (Suspiria). 


                               

Le film met en vedette Ian McCulloch, connu des amateurs d'horreur grâce à ses rôles dans Zombie et The Ghoul. De plus, l'actrice québécoise Louise Marleau (Bunker, Le Bleu Du Ciel) a un rôle très important. Je n'ai aucune idée comment elle a obtenu un rôle dans Contamination, mais c'est drôle de voir une actrice de chez nous jouer dans un film d'horreur italien pas très connu.
Blue Underground nous offre un excellent DVD du film de Luigi Cozzi. En plus d'avoir droit à un son DTS, le transfert est impeccable. Les bonus incluent une entrevue de 17 minutes avec Cozzi ainsi qu'un documentaire de 23 minutes tournée en 1980. Une bande annonce et une galerie de publicité complète ce DVD.
Pour ceux qui aiment le cinéma d'horreur italien, Contamination est à ne pas manquer. Au-delà de cela, je le conseille aussi fortement à ceux qui ne sont pas familiers avec les films italiens. Contamination a une approche américaine qui en fait un film très commercial. (http://www.horreur-web.com/contamination.html)

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