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samedi 12 mars 2016

Lennie Tristano

L'influence considérable que Lennie Tristano va exercer sur le cours du jazz dès le milieu des années 1940 ne s'explique pas uniquement par l’extrême originalité de son jeu pianistique. Elle se nourrit aussi des lumineuses analyses de l'un des rares théoriciens que cette musique ait connus. Toute une génération de jeunes instrumentistes s'y est reconnue et n'a pas choisi d'autre maître. Les échos de cette voix très originale s'entendent sous les doigts de Bill Evans, de Cecil Taylor et dans les improvisations de Martial Solal.
Fils d'immigrants italiens, Leonard Joseph Tristano naît à Chicago le 19 mars 1919. À neuf ans, il devient aveugle. Sa mère, qui pratique le chant et le piano, guide ses premiers essais sur le clavier. Jusqu'à l’âge de dix-neuf ans, il suit une formation très complète dans un institut de jeunes aveugles de sa ville natale. Tout en poursuivant l'étude du piano, il aborde la composition, la direction d'orchestre et s'initie à divers instruments : saxophones ténor et alto, clarinette, guitare, trompette, batterie. En 1943, il obtient ses diplômes de piano et de composition de l'American Conservatory of Music de Chicago. Son parcours paraît alors assez chaotique : il joue du saxophone ténor et de la clarinette dans des orchestres de danse, dirige une formation de dixieland et enseigne à la Christiansen School of Popular Music.



                                


Mais, progressivement, le piano devient son mode d'expression principal. Dès lors, les disciples affluent : Phil Woods, Lee Konitz, John LaPorta, Billy Bauer, Arnold Fishkin, Sal Mosca, Ronnie Ball, Bill Russo, bref, l'élite du jazz blanc de l'époque. En 1946, Tristano écrit quelques arrangements pour Woody Herman, constitue avec deux de ses élèves – le bassiste Arnold Fishkin et le remarquable mais méconnu guitariste Billy Bauer – un trio sans batterie, le Lennie Tristano Trio, et s'établit à New York, où il va participer avec enthousiasme aux batailles que le be-bop livre pour s'imposer ; il se produit avec les meilleurs musiciens de ce courant, au premier rang desquels Dizzy Gillespie et Charlie Parker. En 1947, une émission radiophonique oppose des représentants du « vieux jazz » (Jimmy Archey, Danny Barker, Wild Bill Davidson, Pops Foster…) à des représentants du « nouveau jazz » (Tristano, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, John LaPorta, Billy Bauer, Ray Brown et Max Roach). Les seconds s’en sortent grands vainqueurs.


                                

Cette même année, Tristano enregistre assez abondamment sous son nom (en solo, en trio ou en combo avec le clarinettiste John LaPorta), mais aussi comme sideman du tromboniste Bill Harris. Il se produit à plusieurs reprises avec Parker et Gillespie et d’autres beboppers. Tristano est élu « musicien de l’année » par les lecteurs de la revue Metronome. Le pianiste écrit d’ailleurs pour cette revue deux articles théoriques : « What’s Right With the Beboppers » et « What’s Wrong With the Beboppers ». En 1948, se consacrant surtout à l’enseignement, il est totalement absent des studios.
1949 est une année phare dans la vie de Tristano. Il est alors un musicien totalement reconnu par ses pairs et va enregistrer des plages qui sont des incontournables de l’histoire du jazz (séances Prestige Records et Capitol Records).
Le 3 janvier 1949, il enregistre deux titres au sein d’un orchestre occasionnel réunissant des musiciens élus par les lecteurs de la revue. Ce Metronome All Stars réunit la plupart des musiciens considérés comme les figures représentatives du nouveau jazz : Tristano, Parker, Gillespie, Fats Navarro, Miles Davis, Jay Jay Johnson, Kai Winding, Buddy DeFranco, Eddie Safranski, Shelly Manne, Pete Rugolo et plus curieusement Charlie Ventura et Ernie Caceres. Un des deux titres, Victoria Ball, est une composition du pianiste.


                                

C’est aussi en janvier 1949 que le trompettiste Tony Fruscella se désiste pour une séance organisée par la marque Prestige et conseille aux directeurs du label d’enregistrer Tristano. C’est donc un combo réunissant Tristano, Lee Konitz, Billy Bauer, Arnold Fishkin et Shelly Manne qui se retrouve en studio. Si la majorité des titres viennent de la plume de Konitz (Subconscious Lee, Tautology…), la musique est surtout représentative de l’esthétique de Tristano et l’enregistrement est une réussite totale.
Toujours en 1949, entre mars et mai, d’autres enregistrements capitaux sont réalisés, cette fois-ci pour le label Capitol Records. Ces plages, la plupart en sextet (Konitz et Warne Marsh étant aux saxophones et Bauer à la guitare) sont une parfaite démonstration du côté novateur mais aussi de la richesse de la musique de Tristano. Lors d’une de ces séances, le 16 mai, les musiciens enregistrent les pièces Intuition et Digression, qui sont les deux premières tentatives d’improvisation totalement libres (atonales et sans matériel thématique initial) de l’histoire du jazz. Parlant de ses titres, Lenny Popkin, saxophoniste et élève de Tristano, a écrit « C’est de l’harmonie free, mais c’est de l’harmonie.


                                


C’est là où je fais la distinction entre le free de Tristano et ce qu’on a appelé plus tard free jazz, la rencontre de musiciens qui, le plus souvent, soufflaient chacun de son côté. Chez Lennie, l’harmonie, la mélodie et le rythme ont une égale importance, de même la communion d’esprit entre les musiciens. Ils jouent les mêmes éléments que les gens qui jouent des standards.» En 1950, Tristano est encore plébiscité par les lecteurs de Metronome. Une séance d’un nouveau Metronome All Star est organisée mais le résultat est plutôt décevant. 1950 marque le début d’une période de retrait pour Tristano durant laquelle il abandonne le devant de la scène musicale, ne donnant plus que quelques rares concerts, pour se consacrer à son enseignement. De 1950 à 1955, les traces discographiques de Tristano sont donc rarissimes. Pourtant en 1951, le pianiste a ouvert son propre petit studio à Manhattan (17 East 32nd Street). En 1953, c’est dans ce studio que Tristano va enregistrer en piano solo le magistral Descent Into the Maelstrom, un véritable déferlement de clusters et de longues lignes atonales, véritable ovni par rapport au jazz de l’époque. Ce titre ne sera d’ailleurs publié qu’en 1978 (sur l’album éponyme du label Atlantic).
En 1955, c’est encore dans son studio qu’il enregistre quatre titres particulièrement intéressants, qui constitue une partie du 33 tours publié par le label Atlantic appelé « Tristano ». Line up et East Thirty Second sont deux titres où Tristano improvise sur des accompagnements préalablement enregistrés par un contrebassiste et un batteur. La bande magnétique est ralentie pour l’enregistrement de la partie de piano, puis accélérée pour le pressage final ce qui donne au lignes mélodiques improvisées par le pianiste une densité stupéfiante. (Universalis encyclopedie et Wiki)

1 commentaire:

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