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mercredi 2 mars 2016

Henry King

Après divers emplois, notamment dans une compagnie de chemin de fer, Henry King devient acteur de vaudeville dans une troupe itinérante puis entre dans le monde du cinéma en 1912. Il joue quantité de petits rôles de 1912 à 1915 dans des films de Pathé ou de la Lubin, tout en exerçant la fonction d'assistant-réalisateur. Il aborde la mise en scène dès 1915. Son premier succès commercial lui vient en 1919 avec 23 1/2 hours leave, une comédie militaire réalisée pour Thomas Ince. En 1921, il fonde avec l'acteur Richard Barthelmess, sa propre compagnie de production, Inspiration Films, qui présente son premier chef-d'oeuvre, David le tolérant et attire sur lui l'attention de la profession. Devenu cinéaste attitré de la Fox-Film de 1930 à 1934, Henry King sera le protégé de Darryl F. Zanuck jusqu'à la fin de sa carrière et l'un des piliers de la 20th Century-Fox à partir de 1935 (une seule exception : Cette terre qui est mienne réalisé en 1959 pour Universal). King dirige ses plus grands succès au cours des années trente: Lloyds of London sur la destinée d'un grand homme d'affaires britannique au XlXe siècle; L'incendie de Chicago, l'un des plus gros budgets d'avant-guerre à Hollywood, un mélodrame prenant place dans les quelques jours qui précédèrent le grand incendie de 1871; Le brigand bien-aimé, une biographie très romancée et devenue fort populaire du célèbre bandit de grands chemins, Jesse James.



                              


Le « film de pirates » est un sous-genre qui eut son heure de gloire à Hollywood et mourut, comme bien d’autres, de sa belle mort avant qu’on fasse mine de le ressusciter avec le très médiocre Pirates des Caraïbes. Peu de grands films nous en sont restés, mais Le Cygne noir, avec L’Aigle des mers, Capitaine Blood ou À l’abordage !, est de ceux-là. Car au-delà du souffle de l’aventure, du glamour des stars, des belles odyssées à travers une mer et des contrées de fantaisie, ces œuvres faisaient preuve d’un sous-texte intelligent. Hissez les voiles !Henry King, réalisateur plutôt prolifique (117 films, un record walshien) mais aussi plutôt méconnu, réalise Le Cygne noir en 1942, l’année de Casablanca et de myriades d’autres productions estampillées Hollywood-s’en-va-t’en-guerre. A priori, il s’agit ici plutôt d’un film de pur divertissement (il fallait aussi égayer les foules en ces temps troublés), a contrario de l’œuvre de Michael Curtiz, L’Aigle des mers, véritable appel à la résistance contre l’ennemi (espagnol, allemand, qu’importe). Le contexte est pourtant plus ou moins le même − la guerre entre l’Angleterre et l’Espagne au XVIIe siècle, qui faisait le bonheur des pirates, soutenus dans leur pillage par leurs royaumes respectifs... Le Cygne noir se fend même de la présence d’un personnage historique, Sir Henry Morgan (anobli par le roi d’Angleterre), pirate à la réputation particulièrement sanguinaire, devenu par la magie d’Hollywood un bon gros truculent comme on les aime (il inspira également le personnage de Capitaine Blood, interprété par le très sexy Errol Flynn). L’esprit de résistance, ici, se pose contre la couronne et contre la loi : une morale rien moins que patriotique, mais les pirates ne sont-ils pas voués avant tout à la piraterie ?


   
   

Voici bien ce qui fait l’extraordinaire audace du Cygne noir : Sir Henry Morgan, gracié par le roi au seuil de la pendaison, est nommé gouverneur de la Jamaïque afin de mettre un terme aux activités de ses anciens amis pirates, la paix entre l’Angleterre et l’Espagne ayant été signée. Certains − dont notre héros, le capitaine Waring (Tyrone Power, au sommet de sa musculature) − se rangent à ses côtés, par amitié plus que par conviction ; d’autres, qui préfèrent violer, tuer et piller (on les comprend), se font un devoir de le saborder (George Sanders, méconnaissable, et Anthony Quinn dans un de ses premiers rôles). Se mêle à cette lutte fratricide la trahison d’un gentleman anglais, pour que la confusion entre "bons" et "méchants" soit vraiment totale. Conclusion : les rebelles sont tués, forcément, mais les anciens pirates décident de le redevenir... Alors, qui sont les gendarmes ? Qui sont les voleurs ?


Difficile de donner une réponse autre que celle d’Hollywood : le héros l’emporte toujours, quels que soient ses méfaits. Jamie Waring (Tyrone Power, donc) est un alcoolique invétéré (il passe une bonne moitié de son temps saoul) pour qui la femme ne pèse pas plus lourd qu’un gros sac de patates. Il faut voir cette scène extraordinaire où après avoir été mordu par Lady Margaret (Maureen O’Hara) alors qu’il essayait de l’embrasser, il venge son orgueil de mâle en l’assommant d’une énorme claque, pour la jeter ensuite violemment par terre afin de pouvoir serrer son ami dans ses bras... Difficile de convaincre ainsi une jeune femme qu’on l’aime d’un amour passionné !


                                 
                                           
Jamie la kidnappe donc : bien lui en prend, puisqu’à la vision de son torse nu, elle finira par céder à ses avances, dans un final qui n’est pas sans rappeler les magnifiques Aventures de Robin des Bois, où Lady Marianne (Olivia De Havilland) succombait petit à petit au charme (bien plus qu’aux idées) de Robin (Errol Flynn). Dans Le Cygne noir, dont on peut regretter le final un peu rapide, la conversion de la femme, qui ne doit pas prendre plus de deux secondes (le temps d’un gros plan sur le magnifique visage de Maureen O’Hara), est d’une rapidité assez étonnante, comme s’il suffisait que l’interprète de son ravisseur soit Tyrone Power pour qu’elle l’accepte comme mari, après quelques petits refus de bienséance. Puisqu’on te dit que c’est lui !


Nul besoin alors de longs discours justifiant ou excusant la piraterie. Le Cygne noir est un film qui s’assume : les pirates sont des héros bien plus sexys que les gentlemans, ils savent mieux se battre à l’épée, leur costume est moins ridicule et le drapeau noir a beaucoup de classe. Tout le monde est d’accord, ce qui facilite les choses, car cela permet de prêter plus attention à la façon dont on mettra en valeur ces héros. Ici, la perfection technique est de mise, grâce notamment au travail du célèbre chef opérateur Leon Shamroy, pour qui le Technicolor est un jeu d’enfant aussi bien dans les grandes scènes de bataille que dans les scènes intimistes, d’une très grande sensualité. On rêvera alors d’être sauvagement enlevée par un corsaire vêtu d’une cape rouge ou de crier « À l’abordage » le sabre entre les dents. Cette magie-là est irremplaçable.(Ophélie Wiel)


                                  

Un remake du premier film parlant de John Ford, The Black Watch, réalisé en 1929. C'est l'un des rares films qui évoquent la première guerre d'indépendance indienne de 1857-1859. Dans les développements de l'histoire, on suivra les péripéties en partie historique  d'un aspect de cette révolte, celle des soldats indigènes, les Cipayes, ici ceux de la fameuse Khyber Rifles du titre américain (que l'on peut interpréter comme un jeu de mot un peu ironique). Ces supplétifs étaient chargés notamment de surveiller la Khyber Pass ou s'étaient réfugiée des rebelles indiens (Dans le film d'Henry King, Khurram Khan et ses hommes). La mutinerie des cipayes a été déclenché au moment de l'arrivée en Inde d'une nouvelle arme, le fusil Endfield  pour laquelle les soldats devait déchirer les cartouches en papier avec les dents pour mettre la poudre dans le canon avant d’y introduire la balle ; cette cartouche étant lubrifiée avec du suif (graisse de porc ou de bœuf), le procédé fut jugé inacceptable par les hindous et les musulmans qui refusèrent de se servir de cette arme nouvelle et se retournèrent même contre l'occupant anglais, s'estimant victime de provocations et de vexations de leur part. Cependant, quelques officiers gagnèrent semble t'il la sympathie de leurs supplétifs. C'est sans doute l'un de ces personnages "historiques" qui a inspiré le personnage du capitaine King dans le roman de Talbot Mundy puis dans les adaptations cinématographiques de John Ford puis de Henry King.  Les évènements décrits plus haut sont tous relatés dans le film d'Henry King mais récupérés et remis à la sauce Hollywoodienne pour montrer une "réalité" acceptable par le public anglais car cette première grande révolte indienne qui impliqua aussi la noblesse et bien sûr la paysannerie se termina dans un bain de sang et fit entre 500 000 et 1 000 000 de morts coté indien. La "révision" que propose le film entraina l'interdiction du film en Inde. Les actes douteux ou tout au moins discutables du capitaine King que l'on verra dans la deuxième partie du film qui appartient presque totalement au film d'aventure et au film de guerre s'explique sans doute par ce qui est montré dans la première partie du film, l'arrivée de King dans la garnison et le racisme qu'il subissait de la part des autres officiers.  


   

Très vite cet aspect était intégré et même noyé dans l'intrigue amoureuse. Le problème de discrimination raciale se déplaçait donc lorsque Susan, la fille du général commandant la garnison tombait amoureuse du capitaine King. Le général Maitland semble d'abord appuyer King lorsqu'il constate la mise à l'écart de l'officier par ses collègues mais cet appui connaitra quelques limites quand il s'apercevra que l'amour éprouvé par sa fille est plus qu'une simple amourette. Comme souvent avec ce metteur en scène, même lorsqu'il est relativement peu inspiré, c'est visuellement que l'on trouve toujours plaisir à le suivre. Les rencontres obligatoirement discrètes entre Susan et King sont filmées de manière absolument sublime, notamment une longue séquence nocturne au cours de laquelle, en marge du bal dont l'accès a été refusé à King  car en tant que métis il n'a pas le droit de rentrer dans le cercle des officiers ni de les fréquenter en dehors du service, Susan quitte le bal, rejoint King sur une terrasse discrète ou ils improvisent un merveilleux bal à deux visuellement splendide. 


                               


Cette séquence est encore prolongée par une autre rencontre secrète dans le désert puis dans les ruines d'un temple abandonné au sable. C'est la scène qui fournit d'ailleurs la transition entre la romance contrariée et le film de guerre car ils sont attaqués par des rebelles indiens au cours de cette escapade amoureuse.  A partir de là, çà se gâte une peu, en tout cas si l'on considère qu'une vérité historique un peu trop "violée" est un critère valable pour moins estimer le spectacle que l'on regarde car visuellement encore une fois, on n'est pas déçu. Pour moi (malheureusement) parfois la morale véhiculée par un personnage et d'une manière plus générale, par le film lui même compte un peu pour le juger, or ici la morale du capitaine King est douteuse et je pense qu'Henry King épouse son point de vue. On peut interpréter les actes du capitaine King au cours de la seconde partie du film comme une manière d'être enfin reconnu comme un "vrai" britannique. Bien que rejeté par les anglais, ou pour cette raison, il espère sans doute par sa bravoure, par une forme de trahison et par le sacrifice d'une part de lui-même, obtenir son brevet de britannique en massacrant ses "semblables". Intéressant mais un peu ambiguë pour ne pas dire gênant…surtout que Henry King et ses scénaristes utilisent pour montrer cette évolution, des évènements qui trahissent la vérité historique. (http://filmsnoirs.canalblog.com/archives/2015/07/25/32404746.html)

1 commentaire:

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