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dimanche 13 mars 2016

Folco Lulli

Ce n'est qu'en 1946 que Folco Lulli fait, sa première apparition au cinéma dans «Il bandito», film réalisé par Alberto Lattuada. D'un physique imposant, loin des canons de beauté masculines indispensables aux jeune premiers, Folco Lulli n'en fera pas moins une carrière des plus prolifiques, riche de plus de cent titres de longs métrages. En 1949, on l'aperçoit aux côtés de Totò dans «Toto cherche un appartement» de Steno et Mario Monicelli. Mais son premier film important est sans nul doute «Luci del varieta», réalisé en 1950 par le tandem Alberto Lattuada et Federico Fellini. De grands réalisateurs italiens firent régulièrement appel à lui. Outre les noms déjà cités, Mario Camerini («La fille du capitaine» en 1947), Giuseppe de Santis («Pâques sanglantes» en 1950), Alessandro Blasetti («Altri tempi/Heureuse époque» en 1952), Augusto Genina («Une fille nommée Madeleine» en 1953), Mario Monicelli («L'amée Brancaleone» en 1966), etc. Toutefois, mis à part ce dernier, il fut ignoré par les grands noms de la comédie italienne des années soixante (Risi, Scola,…) comme il l'avait été de représentants éminents du néo-réalisme d'après-guerre (De Sica, Rossellini, …). Dans les années cinquante, il fonde une maison de production et internationalise sa carrière. C'est ainsi qu'il acquiert une grande notoriété de ce côté des Alpes grâce à des des oeuvres comme «Le salaire de la peur» de Henri-Georges Clouzot (1952), «Le comte de Monte-Cristo» de Robert Vernay (1953) et l'excellent et atypique film d'André Cayatte, «Oeil pour Oeil» (1957), dans lequel il interprète le rôle d'un mari qui va conduire à sa perte, à travers le désert, le médecin ayant refusé de soigner son épouse, décédée.(http://www.encinematheque.fr/bibli/A0/A021/index.asp)


                   


Après l’avoir progressivement initiée depuis le début des années cinquante dans ses réalisations pour le comique Toto, Mario Monicelli fur véritablement le fer de lance de la comédie italienne grinçante en 1958 avec Le Pigeon. Contexte réaliste, humour noir, personnages extravagants, tous les éléments qui feront de la comédie le genre roi de l’âge d’or du cinéma italien pendant plus de vingt ans, se retrouvent d’emblée dans ce coup de maître. A peine un an plus tard, Monicelli confirmait avec La Grande Guerre, tout aussi brillant et plus ambitieux encore. Tout au long de La Grande Guerre, à travers les pérégrinations comique et tragique de ses deux héros, un autre film vient constamment à l’esprit, Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone. En effet, derrière les deux œuvres se cachent les mêmes auteurs : le légendaire duo Age & Scarpelli, grands auteurs de la comédie italienne et le nom moins fameux Luciano Vincenzoni, grand scénariste italien et collaborateur fidèle de Leone. On retrouve ainsi dans les deux films (surtout pour les séquences guerrières chez Leone) ce croisement de réalisme noir et oppressant nous plongeant dans l’enfer de la guerre et d’humour désopilant. Si Eastwood apportait un détachement tout américain et Eli Wallach toute la touche outrancière latine, Monicelli quant à lui fait appel aux deux acteurs parmi les plus cabots du cinéma italien, Vittorio Gassman et Alberto Sordi. Surtout, les deux interprètes se sont spécialisés dans les rôles d’italiens fanfarons, lâches et idiots. C’est eux qui créent le décalage permanent entre farce pure et vrai film de guerre. On rit ainsi beaucoup au début du film notamment la première rencontre entre les héros où Sordi embobine Gassman en se faisant payer pour l'exempter de combat, alors que ce n'est pas en son pouvoir, et leurs retrouvailles musclées un peu plus tard suite à cette trahison.


           


Nos deux couards ne sont que le reflet de la description qui nous est faite de l’armée italienne : aucune fibre patriotique, des soldats cherchant à en faire le moins possible (toutes les tâches permettant de quitter momentanément le front sont bonnes à prendre) et ceux motivés à prendre des risques se font rétribuer par les malchanceux désignés d’office pour les remplacer sur les missions dangereuses. D’ailleurs, si Gassman et Sordi apparaissent comme deux électrons libres, les personnages secondaires sont imprégnés de cette tonalité néoréaliste encore très présente dans la comédie italienne. On pense au soldat Bordin joué par Folco Lulli, père de famille nombreuse prenant tous les risques pour envoyer un maigre complément financier aux siens. On trouve également la prostituée incarnée par Silvana Mangano (femme du producteur Dino De Laurentis) qui dans un premier temps donne dans l'excès de l’Italienne forte de caractère, notamment une hilarante scène où tout un régiment en rut se presse sous sa fenêtre pour ses faveurs. Ces deux personnages servent donc à humaniser Gassman et Sordi en ne les réduisant pas au seul ridicule comique.


                  

La relation entre Vittorio Gassman et elle s’avère ainsi très touchante, les aspects humoristiques (la séduction ridicule de Gassman, le vol de portefeuille par Mangano) rapprochant peu à peu leur solitude, notamment lorsqu’ils découvriront tout deux qu’ils sont nés de père inconnu.Plus le récit avance, plus le ton se fait sombre et dramatique, chacun des retours des deux tire-au-flanc s'avérant de plus en plus culpabilisant quand il n’était que drôle jusqu’ici. Dino De Laurentis a accordé des moyens colossaux à cette production et Monicelli déploie nombre de séquences impressionnantes, à la violence saisissante, comme ce fulgurant assaut de tranchées qui ouvre le film. Les injustices pathétiques sont également légion : un messager se fait tuer à cause de l'intransigeance d'un gradé, l'obligeant à traverser un champ de tirs pour délivrer l'ordre autorisant les soldats à boire de l'alcool et manger du chocolat pour Noël... (http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/4004/la-grande-guerrela-grande-guerra-mario-monicelli-1959)

Bonus :

          


La ruée des Vikings (1961) : Grand classique du film d’aventure comptant parmi les chefs d'œuvre de Richard Fleischer, Les Vikings ne pouvait laisser indifférent ce grand recycleur de formule qu'était le cinéma de genre italien à l'époque. Sans égaler son illustre modèle, le film de Mario Bava constitue néanmoins son avatar le plus réussi avec le petit côté excessif typiquement transalpin où le film sera forcément plus violent, érotique et outré que le Fleischer.Doté de moyens plus conséquents qu'à l'accoutumée, Bava offre un spectacle des plus flamboyant où le visuel oscille entre son penchant pour le tournage en studio et l'imagerie plus typique du cinéma d'aventures associée à des extérieurs spectaculaire. Ainsi tous les passages chez les vikings offrent des intérieur très travaillés où Bava pour illustrer l'atmosphère païenne des rites nordiques usent d'éclairages et de filtres bariolés rouges, violets, le tout accompagné des décors fantaisistes et imposants.A l'opposé, chez les anglais à la fois chrétienne pieuse, le tout se fait plus sobre et c'est par les intrigues de palais et les manigances fourbes du méchant incarné par Andrea Checchi que se traduit l'atmosphère viciée.L'interprétation est inégale mais relativement solide. Le scénario reprend la trame des deux frères ennemis ignorant leur parenté et Cameron Mitchell (pendant de Kirk Douglas chez Fleischer donc et solide interprète de la série B italienne notamment le péplum) interprète un Eron débordant de charisme et de noblesse sous la barbarie tandis que Georges Ardisson en Erik malgré un physique imposant est tout de même assez fade. 


   


Andrea Checchi campe un méchant fourbe à souhait et les jumelles Alice et Ellen Kessler sont tout à fait convaincantes en fiancée des héros.
Les scènes de batailles sont toutes très réussies même si un peu trop brève dans l'ensemble. Celle qui ouvre le film donne le ton avec un massacre de vikings sanglant où femmes et enfants sont décimés de manières impitoyables. Le combat en pleine mer même si trahissant le manque de moyens (et la disposition étrange du pont des drakkars vikings) fait preuve d'une belle énergie mais c'est la bataille finale qui emporte l'adhésion. 


                  

Précédée par un mano à mano hargneux entre Erik et Eron, la conclusion offre des vues impressionnantes du décor du château, manie bien le suspense et l'émotion (avec la fin du personnage de Eron en montages alterné poignant) et offre une dantesque opposition entre anglais et vikings.
L'amateur d'affontement épique sera servi entre l'huiles bouillante balancées du haut des remparts, flèches à la précision aussi dévastatrice que sanglante, haches et épées faisant des ravages le tout au sein d'un décor s'effondrant de toute part. Malgré un scénario léger et quelques raccourcis hasardeux, Bava nous offrait là un de ses films les plus spectaculaire et se concluant sur une dernière scène est de toute beauté.(http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2011/08/la-ruee-des-vikings-gli-invasori-mario.html)

1 commentaire:

  1. https://fxqevz1r7z.1fichier.com/
    http://www.multiup.org/download/52f48d7158014b2a27bf7c80c670dc30/ruedesvik.part1.rar
    http://www.multiup.org/download/4733a69e070e8801e2fc2e2160c665d5/ruedesvik.part2.rar
    Mot de passe : palace (merci Au palace ce soir !!)

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