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dimanche 27 mars 2016

Boris Karloff

Acteur au physique impressionnant qui en fait le successeur de Lon Chaney, Karloff est également un véritable morceau d'histoire cinématographique à lui seul. Ayant traversé l'époque du muet jusqu'au modernisme en couleurs du cinéma d'exploitation cormanien, en passant par de nombreuses collaborations avec des réalisateurs majeurs, il peut en outre se vanter d'avoir pu amener une parcelle de l'héritage des films Universal dans la nouvelle génération horrifique d'alors. Un lien entre plusieurs époques, donc. Mais bien sûr, Boris Karloff est avant tout un grand acteur, et ses prestations dans les deux Frankenstein de James Whale restent ses plus hauts faits d'armes. Il fut cependant capable de s'en libérer, ne rechignant pas à jouer de son image (sa collaboration avec Abbott et Costello) et à se faire passer pour le vieillard grabataire au sein des nouveaux venus de l'horreur (dans The Comedy of Terrors), prouvant ainsi que son talent ne se limitait pas aux rôles de monstres, mais qu'il était autant capable de jouer la comédie. Considéré comme un acteur révélé sur le tard (80 films avant Frankenstein, quand même), Boris Karloff est cependant une des personnalités que le genre fantastique a permis de mettre sur le devant de la scène. Un genre auquel il a rendu énormément, n'hésitant pas à endurer des souffrances physiques durant ses tournages (les Frankenstein). Bref un modèle d'acteur, une gueule talentueuse, un style particulier, qui encore une fois, et c'est le propre de tout grand acteur, ne pourra être égalé.(http://www.psychovision.net/films/biographies/77-karloff-boris)


                 


En 1934, John Ford, qui a déjà derrière lui une longue carrière, réalise le remake d’un film muet britannique de 1929, Lost patrol, tiré d’un roman de Walter Summers. Tourné dans un coin du désert californien, porté par une distribution exemplaire, (Victor McLaglen, Boris Karloff), The lost patrol est un film court (66 minutes) considéré à l’époque comme le meilleur film de l’année. Près de quatre-vingts ans plus tard, il va de soi que le film a vieilli, mais il reste fondateur par bien des aspects. En 1917, en Mésopotamie, pendant la difficile – et peu connue – campagne menée par les troupes impériales britanniques contre les Ottomans, une petite patrouille de cavaliers parcourant un paysage de dunes est prise à partie par des combattants invisibles et perd son officier. Le reste de la troupe se réfugie autour dans un oasis et y est progressivement décimé par un ennemi habile et patient, jusqu’au dénouement, qui préfigure les mythiques westerns. Lointain ancêtre des survival movies qui se multiplient depuis plus de trente ans, The lost patrol est une étude de caractère, aux dialogues parfois trop écrits mais à l’excellente interprétation. Ford y regarde, comme souvent dans son cinéma, un groupe d’hommes soumis à des forces hostiles. Tracés à grands traits, les portraits n’en sont pas moins frappants, du sous-officier expérimenté à la jeune recrue candide, en passant par les soldats, hommes simples ou complexes, à commencer par le personnage de Karloff, religieux névrosé qui a toute sa place dans Les sorcières de Salem, le chef d’œuvre d’Arthur Miller (1953). Parmi les lointains descendants de ce film, il me semble enfin que l’on peut regarder avec intérêt le film de Walter Hill, Southern comfort (Sans retour, 1981), qui remplace le désert par le bayou. Finalement très américain, The lost patrol nous montre aussi une troupe bavarde, peu disciplinée, à la tête de laquelle le sergent est d’abord un grand frère. Certaines des péripéties et des morts sont d’ailleurs directement imputables à ce commandement très amical, étonnant au sein d’une armée britannique que l’on ne savait pas si cool, en particulier en temps de guerre...(http://aboudjaffar.blog.lemonde.fr/2012/07/14/la-patrouille-perdue/)


   


Annonciateur d’une trajectoire particulière, Cerveaux de rechange (The man who changed his mind) se présente surtout pour l’acteur comme un retour aux sources, déjà amorcé par Juggernaut la même année. Exploité outre-Atlantique, Karloff se ressource dans ses propres terres avec cette pellicule réalisée par Robert Stevenson, auteur de la future adaptation du roman Jane Eyre de Charlotte Brontë avec Orson Welles, sur un scénario de John L. Balderston (la pièce Dracula à l’origine du film Universal, La momie, La fiancée de Frankenstein) et Sidney Gilliat, auteur des scripts de The lady vanishes et Jamaica Inn, deux fleurons de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Egalement baptisé Dr Maniac ou The Man Who Lived Again, intitulés peu adéquats, Cerveaux de rechange aborde l’aliénation progressive d’un scientifique investi dans ses recherches et désireux de faire effectuer à la science un pas supplémentaire. Le docteur Laurience, à l’opposé de la figure du maniaque qu’annonçait l’un des titres alternatifs, est présenté dès l’entame comme un personnage aux idées farfelues raillé par ses pairs et délaissé par une corporation qui voit en lui bien plus un illuminé qu’une menace. Au service de l’esprit scientifique, Laurience met volontiers de côté les problèmes éthiques et utilise des singes comme cobayes afin de mener à bien ses expériences. Les expériences en question consistent à échanger les esprits d’un sujet à l’autre dans une optique bienfaitrice. Aussi niaise soit-elle, l’expérience n’en paraît pas moins dangereuse dès que le savant émet l’hypothèse de réaliser des tests sur des humains. A l’image de The man they could not hang et des Frankenstein, deux oeuvres dans lesquelles Karloff interprète tantôt un "mad scientist" tantôt une créature horrible, Cerveaux de rechange repose sur des personnages crédibles aux antipodes des savants excentriques qui pullulent dans le cinéma bisseux des 30’s.



                 


Animé de desseins louables, le scientifique troquera finalement sa flexibilité morale pour une rage meurtrière suite aux manipulations médiatico-capitalistes dont il fera l’objet. Ce renversement des statuts (Lord Haslewood, milliardaire véreux qui n’investit dans la science que pour faire progresser ses intérêts propres, est finalement le vrai vilain de l’histoire) s’avère d’autant plus marqué que Laurience, conscient des accès de folie dont il est victime, émet finalement des regrets par rapport à ses exactions, moment de lucidité où il exhorte son assistante de détruire la machine infernale. Ce travail sur le fond compense une certaine inertie formelle encore tributaire de la mise en scène théâtrale en vogue lors de la décennie précédente. Néanmoins, la pellicule, portée par d’impressionnantes interprétations (Donald Calthrop, excellent dans le rôle de l’assistant rabougri de Laurience et Frank Cellier, tout aussi impeccable dans sa double interprétation), représente l’une des plus belles réponses aux œuvres Bis d’un cinéma hollywoodien qui commence doucement à traîner la patte en la matière et qui s’embourbe dans ses propres conventions (les expérimentateurs fous et leurs dérives animalières).(http://www.cinemafantastique.net/Cerveaux-de-rechange.html)


                            

Les Trois visages de la peur (1963) : Bien avant Creepshow et ses suites, le grand Mario Bava livrait ce film à sketches horrifique de toute splendeur. Passant d’un genre à un autre, « il maestro della paura » adapte ici des nouvelles de F.G. Snyder (Le Téléphone), Tolstoï (Les Wurdalaks) et Ivan Chekhov (La Goutte d’eau). Si l’ordre de diffusion des divers segments varie d’un pays à l’autre, il est bien plus grave de constater que l’introduction et le final furent, à l’époque, supprimés de toutes les copies du film. Exit donc Boris Karloff qui introduit la séance et, en habit de Wurdalak, chevauchant un cheval qu’un travelling arrière nous dévoile mécanique, avec les quelques assistants qui actionnent des branches autour de lui. Exit aussi les sous-entendus lesbiens des deux protagonistes féminines du segment « Le Téléphone » que Bava dû remonter sous les exigences des distributeurs américains. Supprimé aussi la musique de Roberto Nicolosi, qui fut remplacée par celle, moins angoissante, de Les Baxter. Un beau petit massacre qui n’a pas empêché le film d’obtenir un énorme succès. Heureusement pour nous, une édition récente, proposée avec le Mad Movies n°205 et disponible à bas prix dans toutes les bonnes solderies, propose le film dans sa version intégrale avec un ordre tout à fait réjouissant en ce qui concerne les sketches, puisqu’on va crescendo vers une frayeur de plus en plus insondable. Tous ces remaniements sont dus au fait qu’il s’agit d’un film de commande pour Mario Bava, bien obligé de respecter les désidératas des producteurs et distributeurs. Cela n’empêche en rien le réalisateur d’exceller dans cet exercice. Bien qu’inégaux, les trois histoires présentées comportent leurs lots de réjouissances et de splendeurs. Dans « Le Téléphone », peut être l’épisode le plus faible, Michèle Mercier (pas encore devenue Angélique marquise des anges) est harcelée au téléphone par une personne qui la menace de mort. Un thriller réaliste et hitchcockien, où l’unité de lieu est parfaitement maîtrisée de bout en bout. Le début est vraiment prenant mais les choses se précipitent un peu trop sur la fin pour que ce segment reste dans les mémoires. Plus marquant, « Les Wurdalaks » met en scène un homme parcourant la campagne slave qui débarque dans une famille de paysans. Des démons revenant boire le sang de leurs proches semblent hanter ces terres. Et lorsque le père, parti à la chasse aux démons, revient à minuit, il ne semble plus avoir un comportement très humain.



                  

Le point fort est une nouvelle fois l’atmosphère, Bava rendant hommage aux célèbres films de la Universal. Ce n’est pas pour rien qu’on y retrouve Boris Karloff, qui, l’air grave et sérieux, n’hésite pas à se parodier. « Je suis mort…de faim ! » lance-t-il. Les fans apprécieront l’ironie ainsi que les superbes décors et la fabuleuse lumière venant colorer de multiples teintes le visage de celui qui fut la créature de Frankenstein la plus célèbre. Enfin, dans « La Goutte d’eau », Bava excelle dans son art : le film de terreur ancestrale. Une infirmière y vole la bague d’une patiente qui vient de décéder et dont elle a fait la toilette mortuaire. De retour chez elle, la femme va être hantée par le spectre dont elle s’est accaparée le bien. Ce segment est sans nul doute le meilleur des trois. Il s’agit du plus effrayant aussi. Éclairages bariolés, lumières clignotantes, climat sonore envahissant, « La Goutte d’eau » plonge le spectateur dans un climat de folie obsédant. Les apparitions du spectre font froid dans le dos et restent gravées dans la mémoire. Rien que pour ce petit chef d’œuvre qu’est « La Goutte d’eau », il faut voir Les Trois visages de la peur. Vous ne fermerez peut être plus l’œil une fois la nuit tombée mais cinématographiquement, vous ne le regretterez pas.(http://www.cinemafantastique.net/Trois-visages-de-la-peur-Les.html)

1 commentaire:

  1. http://uptobox.com/kq4f6xzwnwwu
    https://1fichier.com/?ksa8b4gyeq (merci l' UFSF !!)

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