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jeudi 25 février 2016

Sig Ruman

Incarnation classique du paradoxe des acteurs allemands émigrés aux Etats-Unis dans les années 30, Sig Ruman va se spécialiser dans la caricature teutonne made in Hollywood. Sa grande carrure, ses sourcils fournis, la barbe et l’œil noirs, tout en lui contribue à développer cette image inquiétante qu’il saura pourtant mâtiner d’humour, surtout après son stage intensif d’un jour et deux nuits avec les Marx Brothers ! Hermann Gottlieb, le directeur de théâtre d’«Une nuit à l’opéra» (1935), comme le Dr.Leopold X. Steinberg d‘«Un jour aux courses» (1937) seront les bêtes noires idéales de Groucho. Après-guerre, l’infernal trio se souvient de ce bon Sig pour «Une nuit à Casablanca» (1946) où il campe Heinrich Stubel, clin d'oeil au personnage de Conrad Veidt dans le film mythique de Michael Curtiz. A l’instar d’Emil Eggelhoffer, le psychiatre de «La joyeuse suicidée» (1937), ou du Dr.Julius Gustav Krogmann dans «Les aveux d’un espion nazi» (1939), les consonances allemandes seront au rendez-vous tout au long de sa filmographie, à deux ou trois exceptions près comme le Sergent Pellerin, grand-père d'Annabella dans «Suez» (1938). Il campera aussi quelques apparatchiks égarés dans la foulée de «Ninotchka» (1939) d’Ernst Lubitsch : il faut dire que le rôle de Michael Simonavich Iranoff, commissaire soviétique menant joyeuse vie à Paris, lui offre une de ses meilleures prestations. Après «Illusions perdues» (1941) – on l’y voit en M.Kafka, un Hongrois jovial – Lubitsch le rappelle pour son inénarrable interprétation de «To Be or Not to Be» (1942) : le redoutable Colonel Erhardt, chef de la Gestapo, s’avère un dangereux crétin qui éclate d’un rire tonitruant lorsqu’il apprend qu’on le surnomme Camp-de-Concentration-Ehrardt ; dans ce rôle, Sig Ruman atteint des sommets de férocité burlesque : c’est à lui que revient la plus célèbre réplique du film : "Il a fait à Shakespeare ce que nous avons fait à la Pologne !".(http://encinematheque.net/bibli/A0/A074/index.asp)



                  


Sorti en 1946, Une Nuit à Casablanca aurait déclenché la fureur de la Warner Brothers qui menacèrent d'un procès pour l'emploi abusif du nom "Casablanca" trois ans après qu'ils l'avaient déposé à l'occasion du film de Michael Curtiz. Les Marx Brothers répliquèrent qu'ils pourraient eux aussi porter plainte : les "Marx Brothers" ont en effet déposé leur nom avant la "Warner Brothers", ces derniers ont donc ont usurpé la marque "Brothers". La Warner n'insista pas et les Marx s'en sortirent une fois de plus par une de ces pirouettes qui les caractérisent. Une Nuit à Casablanca a été réalisé par Archie Mayo, célèbre par ailleurs pour La Forêt pétrifiée, l'un des premiers succès de Bogart. S'il assemble des gags de très bon cru, Une Nuit à Casablanca met néanmoins un certain temps à démarrer. L'intrigue fait bien évidemment penser à Casablanca (le litige n'était pas si infondé), et on rit franchement lorsque pendant une arrestation des "suspects habituels", Harpo fait tomber une maison qu'il soutenait de la main. Mais le sommet est sans nul doute la scène des bagages où les frangins font tourner le pauvre méchant en bourrique sans aucune pitié. Car les Marx Brothers sont pour qui que soit impitoyables. C'est très bon et complètement loufoque. Ça commence par l'un des gags visuels les plus célèbres de l'histoire du cinéma (Harpo qui soutient le mur d'une maison...)


           


Le film contient deux scènes d'un délire absolu, celle de la préparation des valises et celle de la poursuite avec l'avion. les Marx sont toujours bien dans leurs rôles respectifs,toujours aussi foldingues, et les morceaux de piano (Chico) et de Harpe (Harpo) sont toujours aussi bien. On notera la présence au générique de Lisette Verea dont on se demande pourquoi elle n'a pas fait carrière dans le cinéma, avec son physique à la Ava Gardner.  Ce film nous fait sourire du début à la fin. Les Marx Brothers courent partout durant tout le film ce qui rend le film extrèmement marrant. La présence de Harpo est tout à fait remarquable car il ammène un plus au film, un peu de scilence à tout le brouhaha de l'hotel. Durant le film, les trois frêre mênent une enquète qui est entrecoupé de moment de sérénité avec la musique quils interprètent. Seul regret, tout va trop vite...


                               

La légende voudrait que Warner Brothers ait menacé d'attaquer la production pour l'utilisation du mot Casablanca dans le titre et que Groucho Marx ait répondu en les menaçant de les attaquer pour l'utilisation du mot Brothers, sachant que les Marx Brothers existaient bien avant Warner Brothers. A une demande ultérieure de détails sur le scénario, Groucho leur aurait répondu une histoire totalement farfelue (où il est un docteur en théologie australien pendant que Chico vend des éponges aux piliers de bar avinés pour les empêcher de vomir et que Harpo est un porteur arabe qui vit dans un ancien vase grec à la périphérie de la ville). Tout ceci semble toutefois avoir été inventé de toutes pièces et donné à la presse pour faire la promo du film, la Warner a nié tout contact.(http://films.blog.lemonde.fr/tag/harpo-marx/)


                                


Le clown est roi (1954) .Il s'agit d'une comédie en couleur se déroulant dans l'univers du cirque. Lorsqu'ils quittent l'armée Jerry et Pierre se font embaucher dans un grand cirque comme hommes à tout faire. Mais Jerry rêve de devenir clown ... Le scénario est très léger. On voit les deux amis exécuter différentes taches : monter le chapiteau, soigner les animaux, aider les artistes ... Ce n'est pas inintéressant mais cela n'est guère captivant. On assiste à quelques numéros de cirque plus ou moins originaux : funambules, trapèze ... et les clowns bien sur. Les gags sont essentiellement visuels, plus ou moins burlesques. Hormis l'excellent gag du poisson le scénario n'explore pas le comique de l'absurde, c'est dommage. Jerry Lewis qui interprète Jerry est évidemment très bon dans le rôle de clown taillé sur mesure. Dean Martin dans le rôle de Pierre est l'éternel séducteur dont les femmes tombent inévitablement amoureuses ... Ses chansons cassent un peu le rythme et n'apportent pas grand chose au film. Il y a beaucoup de bons sentiments, notamment lorsque le cirque fait une représentation pour les orphelins. Ce passage du film est beau, comique et émouvant à la fois. La mise est scène est très ordinaire essayant juste de mettre en avant le monde du cirque, les animaux et les artistes. Le film est tout de même assez agréable à regarder. Réalisé en 1954 par Joseph Pevney et se rapporte à la période où Jerry Lewis est alors associé au cinéma à son partenaire de cabaret Dean Martin.



   


L’intrigue est fort simple, deux amis dans le besoin, (Jerry et Pete) pour qui la vie se résume à une suite de gags et de farces, finissent par trouver un poste de manœuvres dans un cirque américain à trois pistes, d’où le titre original “3 Ring Circus”. Jerry désire devenir clown et un soir il remplace un clown absent. Son sens de la scène conquiert un public indulgent. Le voilà membre à part entière de la troupe. Pete ne demeure pas en reste et devient, en quelque temps, le manager de la caravane. Une belle trapéziste prend ombrage de ce succès. Elle décide de quitter les lieux. Le nouveau directeur, que l'orgueil conduit à devenir pingre, n'est plus l'homme insouciant qu'il était. Rien ne va plus entre les deux anciens compagnons... “Le clown est roi” qui vient après ”Sous le plus grand cirque du monde“ n’a pas eu le succès de ce dernier, ce qui peut paraître curieux car rarement un film ne nous a montré la préparation de l’entrée comique, monde fait de stress et d’émotion.(http://www.cirk75gmkg.com/2014/05/le-clown-est-roi-3-ring-circus-et-le-jour-ou-le-clown-pleurera-the-day-the-clown-cried-deux-films-avec-jerry-lewis.html)

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