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mardi 16 février 2016

Ray Milland

A ses débuts, Ray Milland interprète des petits rôles dans les studios londoniens. Il tente sa chance à Hollywood, et obtient un contrat avec la MGM. Déçu par cette expérience émaillée de petits rôles, il retourne brièvement en Angleterre, puis décroche un contrat avec la Paramount qui va le lancer comme " jeune premier ". On le voit alors aux côtés de Claudette ClobertAller et retour(Wesley Ruggles, 1935). Durant les années 30, Ray Milland impose sa silhouette de séducteur, à l'aise dans les thrillers et les comédies mordantes. La célébrité devient évidente avec Bulldog drummond(James Hogan, 1937), et surtout avec Beau Geste (William Wellman, 1939), où il tient un second rôle derrière Gary Cooper. Il se dirige peu à peu vers des interprétations plus troubles et sulfureuses La Falaise mystérieuse(Lewis Allen, 1943), Le Poison(Billy Wilder, 1945), qui lui vaut un Oscar pour le rôle d'un écrivain alcoolique. L'année précédente, il est un amnésique, faux coupable dans un chef d'.uvre de Fritz Lang Espions sur la Tamise(1943). Il s'habitue dès lors à camper des hommes mûrs en proie au doute et à l'angoisse. Il est particulièrement inquiétant dans Le Crime était presque parfait(Alfred Hitchcock, 1953) et excelle dans le rôle d'un magnat pervers La Filles sur la balançoire(Richard Fleischer, 1955). Peu après, Ray Milland passe à la réalisation, ce qui est singulier pour un acteur à cette époque. Il signe cinq films dont un western original (A man alone, 1955), un film d'espionnage (Homme de Lisbonne, 1956), ou encore un film de science-fiction réussi (Panique année zéro, 1962). A partir des années 60, Ray Milland poursuit sa carrière d'acteur de cinéma en dilettante. On peut retenir des compositions dans des films fantastiques de Roger Corman L'Horrible cas du Dr. X(1963) ou son apparition dans Le Dernier Nabab(Elia Kazan, 1976).


                                

A propos de California (Californie, terre promise), le précédent western signé John Farrow, j’écrivais : « Le scénariste et le réalisateur ont eu du mal à maintenir l’intérêt tout du long, les ambitions de départ se trouvant un peu anéanties par un trop grand dispersement de l’intrigue mais aussi par des options de mise en scène un chouïa prétentieuses. John Farrow, conscient de son talent, en fait parfois trop. » Finalement on aurait bien aimé pouvoir au moins en dire autant de sa deuxième incursion dans le genre mais malheureusement, pour Terre damnée, le cinéaste a abdiqué toute inventivité et n’a pas eu ne serait-ce qu’une toute petite idée originale de mise en scène. J’écrivais aussi, puisque l’acteur était déjà présent dans California : « Ray Milland a beau être un formidable comédien de films noirs, il se révèle ici assez terne. » Sur ce point rien a changé, il ne semblait encore pas fait pour se balader dans l’Ouest américain. De plus, on ne peut plus parler d’un grand dispersement de l’intrigue, cette dernière s’avérant bien médiocre et convenue sans même manifester cette fois la moindre ambition au départ. Si l'histoire contenait pourtant tous les éléments pour accoucher d'une attractive série B, le scénario qui en a été tiré, souvent invraisemblable, pivote plus souvent du côté de la série Z. Le virage vers The Lone Ranger se situant aux 2/3 du film aurait été sympathique si le film avait possédé la naïveté, la fraîcheur et l’enthousiasme de certains serials, ce qui est loin d’être la cas. Jonathan Latimer avait pourtant écrit de très bons scripts, notamment pour le film noir : La Clé de verre (The Glass Key) de Stuart Heisler ou La Grande horloge (The Big Clock) du même John Farrow. Mais concernant Copper Canyon, rien de bien nouveau sous le soleil du western excepté ce personnage de tireur d'élite saltimbanque interprété par Ray Milland. Avec un humour pince-sans-rire et un second degré constant dans ses répliques, Milland aurait pu tirer le film vers le haut mais ça ne se produit pas car le comédien prouve une fois encore qu'il n'était pas très à son aise dans le genre (mais cela pourrait changer par la suite). Hormis cela, on suitune intrigue bien sage et sans grande surprise qui vient rarement nous sortir de notre torpeur d'autant que la mise en scène se révèle aussi amorphe que le scénario. Molle et sans rythme, la réalisation ne nous encourage guère à nous raccrocher à quoi que ce soit !



           

Si ! Nous trouvons bien ici et là, sans nous y attendre, quelques plans fulgurants notamment lors des fusillades, un chatoyant Technicolor aux couleurs très chaudes qui rehausse les intérieurs, qui fait briller les costumes d'Hedy Lamarr et les chemises de MacDonald Carey, de beaux paysages (malheureusement pas forcément bien mis en valeur), le joli minois de Mona Freeman, un Harry Carey Jr. qui semble tout droit échappé d'un des derniers films de John Ford et une interprétation assez réjouissante de MacDonald Carey en "bad guy" de service (après ses excellentes prestations dans Streets of Laredo et Comanche Territory, le comédien continue à nous prouver que son jeu était tout à fait honorable et qu'il est dommage qu'il soit aujourd'hui à ce point oublié). Mais c'est bien à peu près tout ce que l'on peut retenir de ce western pataud et peu subtil dans lequel même Hedy Lamarr semble s'ennuyer ; il faut dire que sa romance est bien improbable. La comédienne est par ailleurs bien mal desservie par la maquilleuse qui, non contente d'avoir transformée Hope Emerson en travesti (sic !), nous gâche parfois la beauté d'une des actrices les plus charmantes qui fut durant les décennies précédentes.


                  

Avec un budget qui paraît conséquent, un cinéaste plutôt bien considéré et des comédiens chevronnés, on aurait pu au moins s’attendre à un film rigoureux et plaisant ainsi qu’à de bonnes séquences d’action ; mais pour cela il n’aurait pas fallu un tel manque de conviction dans la mise en scène, une telle inanité du scénario et un montage à l’emporte-pièce. Résultat : même le final mouvementé parait bâclé, brouillon et sans ampleur, jusqu’au duel final grandement attendu mais qui se termine aussi banalement que le reste du film. Un western sans charme (à l’image des girls du saloon qui chantent comme des casseroles et qui ne dansent guère mieux) mais la beauté de la photographie concoctée par Charles Lang et l’interprétation réjouissante de MacDonald Carey arrivent à sauver le film de la totale médiocrité. La Paramount fera vite oublier ce ratage en sortant un autre et meilleur western dans les derniers jours de l’année 1950  : la deuxième incursion d'Alan Ladd dans le genre après le superbe Whispering Smith. (http://www.dvdclassik.com/critique/terre-damnee-farrow)


                            

L'espion - Pour les amateurs de films noirs et de films d’espionnage, c’est une sorte de film culte. Sa célébrité provient essentiellement qu’il s’agit d’un film complètement muet. Il n’y a pas de dialogue, la bande son est seulement faite d’une musique un rien lancinante. Tourné en 1952, c’était donc une innovation.
L’histoire est très simple, un savant, diplômé en physique nucléaire, espionne ses collègues pour le compte d’un réseau qui est certainement russe. Nous sommes en pleine guerre froide. Il photographie des documents, et le microfilm est transmis à un espion qui lui-même le transmet à un autre espion et ainsi de suite, suivant une routine bien rodée. Mais il va y avoir un grain de sable puisqu’un des maillons de la chaîne sera accidentellement tué dans un accident banal de la circulation. Dès lors le FBI, ayant récupéré le microfilm, se met en route et va enquêter sur tous ceux qui sont susceptibles d’avoir pris les photos. Notre héros est dans le collimateur et il finit par être soupçonné. Obligé de fuir en permanence, il va se réfugier dans une planque où il croisera une femme qui a toutes les allures de la fatalité. Finalement après avoir tué un agent du FBI, il renoncera à fuir son pays et se livrera au FBI, renonçant à embarquer sur le paquebot qui doit l’emmener au Caire. Tout au long du récit, on ne saura jamais rien des motivations de l’espion. A peine peut-on supposer qu’il s’agit d’un homme frustré par son manque de réussite professionnelle, mais il ne semble pas avoir été motivé par l’argent. En tous les cas, en pleine guerre froide, le film est faiblement moral, seulement pour la forme. Il reste dans la description du comportement. (http://alexandreclement.eklablog.com/l-espion-the-thief-1952-russell-rouse-a114844924)



   

Le scénario forcément paranoïaque comporte cependant quelques faiblesses, la plus importante est le personnage de l’agent du FBI  qui se révèle bien nonchalant et assez incompétent. Tout le monde a salué la performance du mollasson Ray Milland qui nous fait découvrir ses angoisses et ses faiblesses avec une grande économie de moyens. Mais tout le casting serait ici à saluer pour sa précision dans l’exposition d’idéal types,  avec bien sûr en premier lieu Rita Gam dans le rôle de l’allumeuse équivoque. Le physique compliqué et angoissé de Martin Gable, le contact de notre espion, donne aussi de la noirceur à une histoire qui n’en manque pas.(alexandre.clement A la fin des années 1920, quand les films parlants se sont emparés d'Hollywood, les films muets traditionnels sont devenus extrêmement rares et réservés à des réalisateurs classiques comme Ozu et Chaplin (qui ne s'est vraiment confronté au cinéma sonore qu'avec Le Dictateur, en 1940), et aux expérimentations d'un Jack Smith et d'un Kenneth Anger, dans les années 1960.


                              

Mais en 1952, Russell Rouse fait un usage habile du silence dans L'Espion, un thriller pesant sur la guerre froide. Ray Milland y campe un physicien nucléaire travaillant à la Commission de l’énergie atomique et trafiquant avec l'ennemi, jusqu'à ce que le FBI s'en aperçoive. Avec ses personnages mystérieux, ses trench-coats et ses rendez-vous secrets, peu de genres se prêtent aussi facilement au silence que l'espionnage. Rouse truffe sa bande-son de bruits naturalistes –des semelles qui claquent, le tic-tac d'une horloge– mais les mots ne viennent jamais rompre sa tension dramatique. Milland passe tout le film dans un malaise palpable, raide et en sueur, avec les lèvres légèrement entrouvertes comme s'il était toujours sur le point de cracher le morceau. A la fin de cette séquence, son soupir grandiloquent en dit long.(http://www.slate.fr/story/50567/cinema-artist-dujardin-muet-interpretation)

3 commentaires:

  1. http://uptobox.com/720gv65t5g6d
    http://youtubeinmp4.com/redirect.php?video=_lgljsAgPag&r=LpXhqNRNyezutY00WEgZQcOjA%2FojO5lmLNCIG0230ck%3D

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  2. Merci pour tes programmations et tes éclairages de qualité, comme toujours, ainsi que le coup de projecteur sur ce grand acteur, dont je ne connaissais guère que la dernière partie de carrière !

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    1. Merci, Tinté ! Toujours un plaisir de t'accueillir !!

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