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mercredi 3 février 2016

Michael Rennie

Fils de James Rennie et d'Edith Dobby Rennie. L'acteur britannique Michael Rennie a travaillé comme vendeur de voitures et ensuite comme directeur avant de se tourner vers le 7è Art. Son premier contact avec le monde du cinéma fut celui de remplacé Robert Young dans le film "Les Quatre de l'espionnage" (1936) réalisé par Alfred Hitchcock. Rennie rejoint la Royal Air Force en 1941, en formation en tant que pilote de chasse aux États-Unis dans le cadre du Plan d'Arnold. Pendant son séjour à Napier Field, Dothan, en Alabama pour son entraînement en vol avancé, son compatriote stagiaire, l'écossais Jack Morton, lui avait demandé ce qu'il faisait dans la vie civile. Rennie dit à Morton et aux autres pilotes réunis autour d'une table, qu'il était un acteur de cinéma. Ils se regardèrent avec incrédulité ont tous éclaté de rires. Quelques jours plus tard, Rennie et ses camarades sont allés en ville pour voir un film, "Ships with wings" (1941). Pendant le film, et à la grande surprise de ceux qui étaient assis avec lui, Rennie est apparu sur l'écran, comme dans la Royal Navy et dans le rôle du Pilote du lieutenant Maxwell. Ils ont tous été surpris !!!. Michael était un gros fumeur, et il a eu des graves problèmes respiratoires pendant de nombreuses années. Pendant le tournage de la comédie de Broadway "Marie, Marie" dans les années 1960, Rennie a dû aller à l'hôpital à plusieurs reprises, cela ne l'a pas empêché d'être embauché et à rejouer son rôle dans la version cinématographique, Marie, Marie (1963). Sa voix a été également doublée pour le film La Battaglia di El Alamein (1969) en raison de ses problèmes de santé chroniques.


                

La Treizième Lettre (The 13th Letter) est un film américain, reprise du célèbre Le Corbeau réalisé en 1943 par Henri-Georges Clouzot ; sorti en 1951, il a été tourné au Québec par Otto Preminger. En Montérégie, dans un Saint-Marc-sur-Richelieu qui gravite autour d’un soi-disant «hôpital de la Miséricorde», le docteur Laurent (Charles Boyer) joue au «Corbeau» dénonciateur, à la Clouzot, le plus souvent par l'intermédiaire de sa femme Cora (Constance Smith), à qui il en impose. Le nœud de l’action concerne le nouveau docteur Pearson (Michael Rennie) dont Cora s’est amourachée et dont elle cherche à éloigner une rivale, Denise Tourneur (Linda Darnell). Une demi-douzaine de Québécois dans la distribution, la plupart simples figurants comme Paul Guèvremont, Camille Ducharme et Jacques Auger, mais dans des rôles secondaires relevés avec panache se signalent aussi Jean-Louis Roux en Jean-Louis Gauthier hospitalisé qui, ébranlé par une dénonciation lui attribuant un cancer incurable, se tranche la gorge, et Ovila Légaré en maire qui, dans le vain espoir d’étouffer le scandale qui s'abat sur sa communauté, fait incarcérer sans raison vraiment probante une certaine sœur Marie (Judith Evelyn). - À remarquer au passage le traversier reliant le village de Saint-Marc à celui de Saint-Charles sur l’autre rive de la rivière Richelieu le long de laquelle des vaches disputent en un point la chaussée à des automobiles à l’époque encore relativement peu nombreuses.
Une histoire de corbeau que Preminger a bien du mal à rendre consistante on est loin d'un Hitchcock ou d'un Clouzot, la direction d'acteurs ne passe pas et le dénouement n'est guère concluant, clairement pas un genre idéal pour le réalisateur. Premier constat. Même si ce n'est pas nouveau, on peut partir d'un même matériel dramatique et aboutir à un résultat tout à fait différent. La ou le film de Clouzot était d'une noirceur implacable, le film de Preminger comporte des ruptures de ton qui ne servent pas le propos. La musique d'ouverture déjà surprend, légère et presque primesautière. On a l'impression d'être au début de "Our town". Ensuite, Le docteur Laurent commence à parler et on est assez stupéfait par l'accent français qu'il trimbale. L'action (je l'ignorais) avait été transposé dans une petite ville du Québec alors Boyer a trouvé malin de reprendre l'accent de Maurice ou celui ci l'avait laissé...Pas bête à priori ...sauf que le reste de la distribution -à l'exception de quelques rôles secondaires joués par des acteurs canadiens- étant américaine, il est le seul à adopter cet accent incroyable et l'effet est totalement raté.



   

L'exemple même de la fausse bonne idée amenée par un comédien mais que Preminger avec son expérience aurait du corriger. Il a sans doute du s'incliner. En tout cas, j'en prends le pari. Plus tard, une idylle contrariée occupera une bonne partie de l'intrigue au détriment de l'atmosphère qui aurait du rester constamment dans la gravité. On a de toute façon la nette impression que le scénariste (Howard Koch), le réalisateur Preminger ou le producteur, ou tout ce beau monde a la fois, on eu peur de cette histoire plus noire que la suie et ont voulu édulcorer le plus glauque du scénario original de Chavance adapté par Clouzot.  Plus tard, ce scénario met presque totalement l'accent sur le coté Whodunit de l'intrigue...Or, je dirais presque qu'on s'en fout...  On ne se console même pas avec l'interprétation des autres principaux protagonistes. La plupart sont ternes et peu inspirés sauf Linda Darnell, dont je ne suis pas un grand fan, mais qui là est assez touchante dans un rôle inhabituel. En conclusion, je dirais que c'est un des plus mauvais films de Preminger avec peut-être ses premiers films Columbia. Je n'attendais pas de miracle mais tout de même un peu mieux de la part de ce metteur en scène dont, comme tout le monde, je suis plutôt un admirateur. ( http://filmsnoirs.canalblog.com/archives/2013/01/23/26230836.html)


                                       

  Le 17 octobre 1950, un scandale politique éclate à la Chambre des Communes de Grande-Bretagne : le ministre des Affaires Etrangères est interpellé au sujet d’inquiétantes négligences dans la surveillance de documents intéressant la Défense nationale pendant la guerre. A une époque où les secrets du récent conflit sont peu à peu dévoilés, cette histoire fait grand bruit : en 1943-44, un employé de leur ambassade à Ankara, sous le nom de code « Cicéron », a vendu aux Allemands des photographies de documents hautement confidentiels (comptes-rendus de réunions secrètes, par exemple). Cette histoire surprenante que les autorités britanniques souhaitaient cacher vient d’être publiée dans Der fall Cicero, les mémoires d’un certain Ludwig Carl Moyzisch, ancien attaché commercial de l’ambassade d’Allemagne à Ankara qui dirigeait alors les services secrets nazis en Turquie. Le vrai Cicéron s’appelle en réalité Elyesa Bazna (1904-1970), Serbe d’origine turque, ancien chanteur qui a fait tous les métiers et a même connu la prison. Après une dizaine d’années passées comme employé dans des consulats à Ankara, il entre en 1942 au service d’un conseiller à l’ambassade d’Allemagne. Il quitte ce poste moins d’un an plus tard mais y garde certains contacts, dont il se sert après être devenu valet-chauffeur à l’ambassade de Grande-Bretagne : pour la première fois il vole des documents qu’il revend à son ancien employeur. Il gravit les échelons, devenant le valet de l’ambassadeur lui-même, et continue son petit commerce. Après la guerre on le perd de vue jusqu’en 1958, date à laquelle il sort son propre manuscrit, Signé Cicéron, raconte sa vérité, répond au livre de Moyzisch et au film de Mankiewicz dont il apparaît loin de l’éclat, du brio et de l’intelligence du personnage.



   

Cette extraordinaire affaire d’espionnage attire logiquement l’attention du monde du cinéma. C’est Darryl F. Zanuck, directeur de production de la 20th Century Fox, qui obtient les droits d’adaptation du livre après avoir bataillé contre Arthur J. Rank, Alexander Korda ou la MGM. Il officialise le projet, produit par Otto Lang, en confiant l’écriture du script à Michael Wilson dont la récente co-adaptation d’Une Place au soleil (1951) lui vaudra un Oscar. Pour réaliser le film, il nomme Henry Hathaway, cinéaste éclectique de l’écurie Fox qui avait déjà travaillé avec Lang sur Appelez Nord 777 (1948). Ce film policier inspiré de faits réels, comme La Maison de la 92e rue qu’il a réalisé en 1945, montre son goût prononcé pour le réalisme et les tournages hors des studios, parfois sur les lieux mêmes de l’action, des caractéristiques qui ont certainement motivé Zanuck dans son choix ; celui-ci souhaite en effet que le film soit tourné dans un style proche du documentaire. On sait d’après un mémo daté du 7 novembre 1950 qu’il veut donner à Cicéron plutôt qu’à Moyzisch le rôle central de l’histoire en ne lui attribuant aucune prise de position politique. L’espion ne se rapprochant d’aucun camp, l’argent est donc le moteur de l’intrigue. Cette neutralité facilitera ainsi l’empathie du public malgré les actes de trahison et ses relations avec les nazis.


               


Le livre de Moyzisch sert de caution réaliste à un film qui utilise les éléments de la réalité, par l’utilisation de la voix off, pour mieux s’en éloigner. A cette époque, on connait seulement une petite partie de la vérité, c’est un moment de flou (on ne sait pas où se trouve Cicéron ni s’il est toujours vivant) qui est tout au bénéfice du film. L’histoire contient alors suffisamment de zones d’ombres pour inspirer l’imagination du scénariste sans avoir à respecter précisément les faits. Wilson apporte ainsi beaucoup de modifications à l’histoire décrite dans le livre, évoquant par exemple le vol des plans du Débarquement en Normandie alors qu’on apprendra bien plus tard que Cicéron a "seulement" subtilisé des documents concernant les projets d’attaques des Forces Alliées. On ne dit pas non plus que Cicéron a eu des maîtresses dans l’ambassade qui lui ont facilité l’accès aux documents confidentiels. Wilson change des dates, des évènements, resserre l’intrigue dans le temps et l’espace autour d’un petit nombre de protagonistes, s’inspire de personnages réels (Cornelia Kapp, mandatée par le contre-espionnage américain pour démasquer Cicéron, qui devient Colin Travers dans le film) ou en invente pour son adaptation : notamment Von Richter, le colonel de la Gestapo, et surtout la Comtesse Staviska.


                               


En mars 1951, quelques jours après le début du tournage d’On murmure dans la ville, Joseph Mankiewicz conforte encore davantage sa position à Hollywood. Son film Eve est le grand vainqueur de la cérémonie des Oscars (6 récompenses, dont celle du Meilleur Film). Surtout, Mankiewicz est le premier à recevoir la statuette du Meilleur Réalisateur deux années de suite. Le contrat qui le lie à Zanuck arrive à son terme à l’automne suivant : il ne souhaite pas le renouveler. Arrivé à la Fox il y a près de neuf ans, il a patiemment et méthodiquement appris le métier en même temps qu’il s’est confronté dès son arrivée à Hollywood au système des studios. Déçu par cette façon de travailler (il s’était déjà brouillé avec Louis B. Mayer en 1942, ce qui avait motivé son  départ de la MGM pour la Fox), il a désormais des rêves d’indépendance vis-à-vis d’Hollywood dont il souhaite s’éloigner. « Il n’y a aucun endroit alentour où il est possible à ce peuple de cinéma de stimuler son esprit », disait-il. Il veut retourner écrire à New York, devenir son propre producteur, en indépendant, travailler librement au cinéma comme au théâtre. Ce qu’il concrétisera deux ans plus tard en créant sa propre société, Figaro Inc., et en réalisant La Comtesse aux pieds nus (1954).


                         

Mankiewicz ne supporte pas Zanuck, qu’il ne se privera pas de critiquer des années après tout en lui reconnaissant un véritable talent : « J’ai travaillé avec les plus grands producteurs et je dois dire que je n’en ai rencontré aucun qui fut aussi bon lecteur et aussi doué pour la restructuration des scripts. » La cohabitation fut suffisamment difficile pour que le réalisateur gardât une certaine rancœur pour ce nabab « aux qualités d’instinct, non de réflexion » qui avait tendance à préférer dans un scénario l’essentiel aux nuances. Mankiewicz avait un esprit trop indépendant pour supporter les ordres imposés. Il était par exemple furieux que la poursuite finale de L’Affaire Cicéron dans les rues d’Ankara ait été réduite au montage par un Zanuck trop impatient d’arriver au dénouement.
Celui-ci, en producteur avisé, souhaite utiliser une dernière fois le prestigieux réalisateur avant la fin de son engagement. Contraint par des délais resserrés, il n’a pas d’autre choix que lui soumettre un projet dont la production est déjà très avancée. C’est ainsi qu’en mai 1951, une semaine seulement après la fin du tournage d’On murmure dans la ville, alors que Hathaway a déjà travaillé sur la majeure partie de la préparation du film, Zanuck autorise Mankiewicz à reprendre le projet Cicéron. 


                              

Celui-ci a déjà repéré le scénario, intéressé par la qualité d’un sujet qui lui permet aussi de travailler sur un genre qu’il n’a encore jamais abordé. Le tournage est prévu d’août à octobre 1951. Cela laisse moins de quatre mois à Mankiewicz pour finaliser le casting, peaufiner le plan de travail et surtout revoir le scénario rédigé par Wilson. Si celui-ci reste crédité au générique, il ne fait aucun doute que Mankiewicz s'est approprié le sujet, modifiant notamment les dialogues. Le biographe Kenneth Geist compara le script original avec celui tourné, annoté et corrigé de la main du réalisateur. Il conclut que la continuité dramatique était bien l’œuvre de Wilson, mais que pratiquement aucune de ses répliques ne figurent dans le film. James Mason signe en 1950 un contrat à court terme avec la Fox pour pouvoir incarner Rommel dans Le Renard du désert (1951) sous la direction de Henry Hathaway. Pendant la pré-production de L’Affaire Cicéron, qui devait être son film suivant, Hathaway fait appel à James Mason pour interpréter le personnage principal. Malgré le changement de réalisateur en cours de route, l’acteur sera ravi d’être dirigé par Mankiewicz. Dans ses mémoires, parlant de L’Affaire Cicéron, il avouera : « C’est l’un des rares films dans lequel j’apparais que je peux revoir avec intérêt jusqu’au bout. » 
Source et suite : http://www.dvdclassik.com/critique/l-affaire-ciceron-mankiewicz

3 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?7i4jnqndt8
    https://dailysubs.net/imdb/43251/7918932
    http://uptobox.com/hn1wjyvsnene

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  2. Merci Corto pour la découverte ce remake du "corbeau", je connais pas.

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    1. Une curiosité , difficile de faire mieux que l 'original ...
      A bientot !

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