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samedi 27 février 2016

Marius Goring

Né à l'Île de Wight en 1912, son père est le Docteur Charles Goring et sa mère, Kate Macdonald, était une pianiste professionnelle. Il a 6 ans lorsque son père meurt. Sa mère l'encouragea dans sa vocation artistique, qui l'introduisit dans le milieu du théâtre. Le jeune Goring fait ses études à l'université de Cambridge, ainsi qu'en Allemagne et à Paris. Il débute sur les planches au Théâtre Old Vic à Londres, au Sadler's Wells, joue dans The Voysey Inheritance de Harley Granville-Barker, et dans des pièces de Shakespeare au cours des années 1930, dont le rôle de Feste dans La Nuit des rois et dans Macbeth.
Au cinéma, il est révélé en 1940 dans le film The Case of the Frightened Lady de George King, révélation confirmée quelques années plus tard dans Les Chaussons rouges (The Red Shoes) de Michael Powell et Emeric Pressburger, grâce au rôle de Craster, musicien-compositeur embauché dans une compagnie de ballet, dont l'amour pour la danseuse étoile (incarnée par Moira Shearer) est contrarié par la personnalité tyrannique du directeur. À partir des années 1960, il se fait plus rare au cinéma, au profit de productions pour la télévision britannique. Marius Goring fut marié à Mary Westwood Steel de 1931 à 1941, à l'actrice allemande Lucie Mannheim de 1941 au décès de celle-ci en 1976, et à Prudence Fitzgerald de 1977 à son propre décès en 1998.


                    


« Indéniablement le plus beau film en Technicolor. Une vision jamais égalée » affirmait encore tout récemment Martin Scorsese qui est à l'origine de l'extraordinaire restauration numérique du film en 2009 supervisée par Robert Gitt (UCLA Film and Television Archive). Comme le disaient Michael Powell et Emeric Pressburger, The Red Shoes était leur première tentative en vue de réaliser à partir d'un scénario original un "spectacle total" au sein duquel la couleur devait tenir un rôle primordial. Mêlant musique, danse, peinture et cinéma, The Red Shoes pourrait être considéré comme le point culminant de leur fabuleuse carrière, le "spectacle total" étant double puisque le ballet de 17 minutes, sorte de film dans le film, s'avère l'une des séquences les plus parfaites et les plus éblouissantes jamais vues sur un écran de cinéma (dans le domaine du ballet, seul Vincente Minnelli à Hollywood rivalisera avec ce morceau de bravoure, par l'intermédiaire de celui d'une durée à peu près équivalente clôturant Un Américain à Paris) ! Après avoir signé quelques films de propagande durant la Seconde Guerre mondiale, Michael Powell et Emeric Pressburger ont très vite fondé leur propre compagnie de production, The Archers. Ils réalisèrent par la suite quelques grands classiques qui n'ont aujourd'hui encore, presque 70 ans plus tard, rien perdu de leur splendeur. Ce furent entre autres Colonel Blimp (1943), I Know Where I'm Going (Je sais ou je vais - 1945), Une Question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death - 1946), Le Narcisse noir (Black Narcissus - 1947) ou Les Contes d'Hoffman (The Tales of Hoffmann - 1951).


   

Non seulement le duo s’occupa de la mise en scène, mais les deux hommes furent aussi les auteurs des scénarios ainsi donc que les producteurs. Avec successivement Le Narcisse noir et Les Chaussons rouges, on peut dire qu'ils sont arrivés à l'apogée de leur art aussi bien en ce qui concerne leur créativité visuelle que leurs innovations techniques, sans oublier la fluidité et l'intelligence de leur écriture scénaristique. Ils ont atteint et réussi ce qu'ils ont toujours dit vouloir faire, ce fameux spectacle total ! Après s'être séparés (mais le succès n'était plus franchement au rendez-vous, le duo s'avérant trop avant-gardiste), Michael Powell réalise Le Voyeur (Peeping Tom) en 1960 ; c'est un énorme scandale et l'opprobre lui tombe dessus ainsi du même coup que sur toute sa carrière antérieure. Les productions The Archers deviennent des pestiférées ; elles seront dénigrées encore quelques temps avant que les "barbus" des années 70, les Spielberg, Coppola, De Palma ou Scorsese tombent en pamoison devant elles (de même que des personnalités plus inattendues pour ce type d'œuvre comme George Romero).


                               

Ils seront les premiers à réhabiliter le duo de cinéastes d'autant que Les Chaussons rouges fait partie de ces quelques films qui leur auront donné envie de se lancer à leur tour dans le milieu du septième art. A sa vision aujourd'hui encore, il est facile de comprendre pourquoi il s'avère toujours aussi moderne, intelligent, sensible et esthétiquement bluffant : un chef-d'œuvre immortel et magique sur lequel tout a été déjà dit à maintes et maintes reprises - et dont on a beaucoup reparlé récemment lorsque est sorti en salles, voici à peine plus d'un an, le film Black Swan qui comportait effectivement de nombreux points communs avec The Red Shoes sans qu'il soit utile de les comparer qualitativement parlant, Darren Aronosky étant lui aussi un cinéaste loin d'être inintéressant. (http://www.dvdclassik.com/critique/les-chaussons-rouges-powell-pressburger)


                                


Jack Cardiff a vidé "La motocyclette", d'André Pieyre de Mandiargues, de tout prolongement, ne gardant que la suite des évènements! Le réalisateur a soustrait du livre tout ambiguïté, banalisant l'intrigue et les personnages, supprimant les détails les plus significatifs! Ainsi Marianne Faithfull est nue sous sa tenue de caoutchouc, Cardiff faisant appel à un èrotisme franc et sain pour èmoustiller le spectateur! Dans le livre, elle a gardé un slip, mais elle a omis de le changer et il est donc de propreté douteuse! Le trouble émoi sensuel plus ou moins malsain est ainsi remplacé par l'image de la pin-up hollywoodienne belle et fraîche! De même, dans le chalet où elle est violèe, elle reconnaît qu'il ne s'agit pas de son fiancé en touchant dans le noir le crâne légèrement dégarni de son amant! Mais là encore le séducteur professionnel d'âge mûr devient dans le film le classique play-boy aux dents blanches Alain Delon, montré en un plan très bref teinté d'orange! De fait lorsque Cardiff est impuissant à traduire la magie du langage, il donne dans l'abstrait, terminant les scènes d'amour par un bariolage non figuratif de plusieurs minutes! Aussi, au lieu de respecter le début limpide de Pieyre de Mandiargues (la fille se levant à l'aube pour enfourcher sa moto), le film commence par un curieux rêve psychanalytique à base de numéros de cirque et de dompteurs! Dès lors l'habileté de technicien du rèalisateur qui fait des randonnées à moto de superbes moments du cinéma devient inutile! Certaines situations sont en effets puissantes en elles-mêmes, mais d'autres ne valent que par le regard du romancier qui saisit un détail plutôt qu'un autre et suggère l'explication psychologique! Pieyre de Mandiargues est évidemment un écrivain de cette catégorie, le plus difficile à adapter, car il faut tout "récrire" avec la caméra une fois établies les grandes lignes du scénario! Reste une excellente photographie et une bonne interprétation d'Alain Delon et Marianne Faithfull...



           

Sans doute un des films les moins connus de Delon, un film oublié, et pourtant un film que j'adore. C'est n'importe quoi (je peux comprendre qu'on puisse mettre 0 étoiles) mais un film révélateur de la liberté de l'époque, et avec Marianne Faithfull en cuir!  Vous l’aurez deviné si vous avez lu le résumé de l’histoire, le scénario de « The Girl on The Motorcycle » ne casse pas des briques. Mais la mise en scène sous hallucinogène de Jack Cardiff est quasi expérimentale, et c’est finalement ce qui évite le film de ressembler aux légendaires films érotiques du dimanche soir sur M6. Pour info, l’intrigue est tirée d’un roman d’André Paul Édouard Pieyre de Mandiargues, surréaliste et collectionneur de pornographie (ah c’est donc ça !).


                               

Jack Cardiff est bien entendu un directeur de la photographie légendaire, le Dieu du Technicolor (« Les chaussons rouges » et « Le Narcisse noir » pour Powell et Pressburger c’est lui !), mais en tant que réalisateur son film le plus célèbre reste « Sons and Lovers » (1960) un film en noir et blanc adapté du roman de D.H. Lawrence qui lui a valu une nomination aux Oscars. Parmi la dizaine de films qu’il a réalisé, deux sont de vrais OFNIs (objets filmiques non identifiés) : « The girl on the motocycle » (1968) et « Mutations » (1974). La séquence de rêve qui ouvre « The girl… » donne le ton. Surimpressions, négatif saturé aux couleurs criardes,… Comme on dit « je ne sais pas ce qu’il a fumé mais ça devait être de la bonne » ! Marianne Faithfull est sublime mais elle avait probablement le même fournisseur. Il faut dire que Jack Cardiff a eu la bonne idée de lui demander d’avoir l’air de prendre son pied à chaque fois qu’elle est sur sa moto, et qu’elle y passe bien la moitié du film. Alors évidemment ça lui donne un air un peu (ahem) particulier. Surtout qu’à la fin, on ne la retient plus !  ( http://www.cinemaderien.fr/the-girl-on-the-motorcycle-la-motocyclette-1968/)                         

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