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lundi 15 février 2016

Marcel Bozzuffi

À partir des années soixante, Marcel Bozzuffi devient l’un des troisièmes couteaux les plus emblématiques de la série noire à la française. Sa voix grave et rauque, son visage taillé à la serpe, son regard glacial, la rudesse de ses traits, en font un gangster fort impressionnant, et il devient vite l’un des acteurs les plus familiers aux amateurs du genre. Il retrouve Gilles Grangier en 1963 pour «Maigret voit rouge», toujours avec Jean Gabin. C’est durant le tournage de ce film que Marcel Bozzuffi rencontre celle qui deviendra sa compagne jusqu’à sa mort, l’actrice Françoise Fabian. C’est à nouveau à Jean Gabin qu’il donne la réplique dans «Du rififi à Paname» (1966). La consécration vient la même année avec «Le deuxième souffle», film noir réalisé par Jean-Pierre Melville, avec Lino Ventura et Paul Meurisse. Bozzuffi y incarne le malfrat Joe Ricci. En 1969, il livre l’une de ses meilleures interprétations dans «Z» de Costa-Gavras, où son personnage d’assassin homosexuel est teinté d’ambiguïté, tout comme les autres protagonistes. À cette même époque, il passe derrière la caméra et réalise son unique film au cinéma, «L’Américain», dont il écrit le scénario, et qu’il interprète aux côtés de Jean-Louis Trintignant. Dans les années soixante-dix, Marcel Bozzuffi reste fidèle à ses rôles de durs et de caïds, emplois dont il aura du mal à se dédouaner. Mais son passage derrière la caméra ainsi que ses interprétations nous montrent que l’on peut légitimement beaucoup attendre de cet excellent acteur, devenu un artiste complet. Sa notoriété dépasse même les frontières françaises quand William Friedkin lui propose un rôle de dealer dans «French Connection», vigoureux film policier avec Gene Hackman en tête d’affiche. Robert Altman lui donne la possibilité de changer provisoirement de registre avec «Images», dans un rôle de composition plus nuancé que d’habitude. Mais, considéré comme l’équivalent français de Jack Lambert, il se retrouve vite à jouer, comme à l’accoutumée, les gangsters dans de très nombreuses productions en France, en Italie, mais aussi aux Etats-Unis.



                               


La Vie, l'amour, la mort : Après deux immenses succès, qu'étaient Un homme et une femme et Vivre pour Vivre, Claude Lelouch se détourna un instant du sentimentalisme ambiant pour évoquer la peine de mort. L'ultime sentence, plus que jamais d'actualité en cette année 1968, a encore quelques années devant elle, et Amidou, l'acteur d'origine maghrébine, incarne le condamné (François Toledo). La retranscription, longue et douloureuse, démontrant l'absurdité humaine, s'assimile presqu'à un authentique documentaire. La marque Lelouch est admirablement imprégnée, magistrale, en initiant son film par des images de corrida, ou plus cocasse, filmant dans l'usine où la maîtresse de Toledo, Caroline (Caroline Cellier), fabrique des poupées. Comme conseiller technique, Maître Albert Naud, l'avocat de l'auteur Céline en personne, accepte la collaboration, acceptant même d'apparaître dans le film. Fervent opposant de la peine capitale, à l'instar du réalisateur, il proposera une vision réaliste, plus qu'une inutile caricature propagandiste. L'histoire s'inspire de fait réels, soit d'un impuissant qui venge son mal par l'adultère et le meurtre de prostituées. Nul ne sait si la vision de Claude Lelouch apporta une pierre à l'édifice dans l'abolition de la peine en France, mais son résultat glace le sang et retournerait la veste du plus pourfendeur de cette barbarie (in)humaine. Une fiction peut-être encore plus poignante que Deux hommes dans la ville, réalisé quatre ans plus tard, même s'il ne bénéficie bien sûr pas de son casting…


   


Claude Lelouch montre remarquablement dans ce film de 1968, à plus d'un, ce qu'est véritablement la peine de mort en France. Il ne fait aucune critique, aucune polémique, mais montre à tous ceux qui ne comprennent pas, que la peine capitale est quelque chose de cruel, de terrible, d'inhumain dans la société ou nous vivons. En tous cas, ce message est bien passé, puisqu'au début des années 80, la peine de mort a été abolie. Lelouch s'en sort remarquablement à faire vivre les derniers instants présents d'un condamné en prison qu'est Amidou. Il est vraiment remarquable comme acteur et se met à fond dans le personnage. La seule chose que l'on peut regretter, c'est que les premières scènes du film sont un peu trop lentes. Mais par la suite, tout va mieux. A ne pas rater !(Allociné)



                                

Sturges est un maitre du western et en dépit de circonstances générales défavorables, il a réussi à trouver le bon climat malgré en plus l'insuffisance criante de Bozzuffi et celle plus discrète de Ireland; donc une étoile. Sturges sait tenir une caméra et sa mise en scène est constamment belle, extérieurs compris; donc deux étoiles. Ne bénéficiant pas d'un bon scénario Sturges à su étirer le temps d'une façon fort adroite, il a fait de son film un superbe documentaire sur les chevaux adapté au contexte géographique; donc trois étoiles. Enfin, il a magnifiquement utilisé Bronson auquel il donne une véritable force intérieure ce qui donne à ''Chino Valdez'' une quatrième étoile. Les quelques critiques que l'on pourrait reprocher à Sturges disparaissent derrière le plaisir de passer un excellent moment avec Bronson dans une histoire lui convenant parfaitement, il n'est en aucun cas un justicier et ne tire que pour défendre sa vie. Lorsqu'elle n'est pas en danger, c'est fini même si cela parait injuste. Cette morale là se comprend et peut se justifier selon le contexte. Mon admiration pour Sturges sort grandie de ce film pourtant quasiment voué à l'échec au départ. Un bon petit film qui aurait pu être un chef d’œuvre avec une meilleure mise en scène (il y a eu un changement de réalisateur pendant le tournage). Le rythme du film, pourtant court, s’en ressent. Dommage, car Bronson est formidable. Son rôle de dresseur de chevaux faussement rude lui va comme un gant, et il faut le voir se trimballer un poulain dans les bras. Jill Ireland est aussi pas mal du tout (https://pourquelquestoilesdeplus.wordpress.com/2015/01/12/chino-valdez-il-mezzosangue-john-sturges-duilio-coletti-1973/)



           


Elle tire profit, comme dans C’est arrivé entre midi et trois heures, de sa beauté blonde aristocratique, opposée à cet homme rugueux et taiseux qui ne vit qu’au contact de ses bêtes, jusqu’à imiter leur comportement. La scène où l’accouplement des chevaux donne des idées à Chino est inénarrable ! Les relations avec les indiens sont bien campées. L’acteur qui joue le frère de Jill (Marcel Bozzuffi) n’est pas génial, j’aurais voulu un acteur « méchant » plus expressif. Les paysages sont vraiment ternes et gris (l’Espagne ne remplacera jamais les États-Unis), mais participent au côté mélancolique du film. Le tout a un charme certain, dû en grande partie au jeu de Bronson, et au côté touchant de son personnage maltraité et méprisé, véritable plaidoyer contre le racisme. Les superbes images de chevaux, et la fin non conventionnelle, achèvent de faire de ce petit film un bijou, imparfait, certes, mais à voir et à revoir.


                              


Voir Marcel Bozzuffi, remplaçant Ventura (?!), dans un western, est déjà étonnant... voir que ce western aux 3/4 spaghetti donc, est un film original, signant la mort du genre et dans un même temps, de l'héroïsme, ne l'est pas moins.  Bronson y livre l'une des ses compositions les plus subtile et singulière, en métis éleveur de chevaux indépendant et irascible, proche des indiens, qui se retrouve ensuite, à cause de nouveaux relevés, chassé de force de ses terres. Ce dernier sera en plus menacé d'être purement et simplement tué par Bozuffi (propriétaire terrien, maitre poseur de clôtures blessant les chevaux habitués à vaquer librement) après que le gentleman bronson ait frayé avec sa soeur (Jill Ireland - une sacrée pouliche, faut bien le dire ! -) et soit sommé de ne plus la voir, ni même de l'approcher : Un Bronson qui se prend d'amitié pour un gamin, de manière bourrue mais, avec à la clé, une amitié solide, sans tomber dans le pathos, bien au contraire, chose tout aussi surprenante et difficile à réussir.(http://www.psychovision.net/forum/viewtopic.php?t=5689&sid=264db8794070eba26c6f2f3569dc1d85)

3 commentaires:

  1. https://2f5ww99fku.1fichier.com/
    http://uptobox.com/j6tmdf2o1uxs

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  2. Merci pour Chino (vu il y a plus de trente ans déjà !) et La vie l'amour la mort que je découvre. Excellent blog.

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