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dimanche 21 février 2016

Cinésecte

Chômage en hausse, violences scolaires, corruption politique, déforestation sauvage, guerre au Mali, attentats terroristes, conflit au Haut-Karabagh, meurtres d’enfants, augmentation du SIDA, nouvel album de Zaz, etc. Notre monde va mal, difficile de le nier. Il n’est guère étonnant de voir les sectes en tous genres prospérer sur cette société anxiogène en proposant de soigner de la maladie de vivre. Privé de repères, souffrant de solitude, subissant la pauvreté ou la violence sociale, l’individu égaré est la cible favorite des gourous pervers qui offrent une grille de lecture simplifiée du monde. Le dogmatisme sectaire ne pouvait qu’intéresser le cinéma : le cloisonnement dans une contre-culture autarcique et la négation de la complexité du monde constituent des thèmes riches pour un art ancré dans la réalité, aussi inconfortable soit-elle.(http://www.mapausecafe.net/archive/2013/06/12/secte-cinema-les-illumines-des-salles-obscures.html)



                 


"Nous voulions faire un film d’anti-horreur." (Robin Hardy).L’expression est étrange mais caractérise parfaitement The Wicker Man. Son statut d’OVNI culte mérité doit autant à ses qualités filmiques qu’à sa "légende" où se mêlent rumeurs et anecdotes étranges. Rod Stewart aurait-il vraiment cherché à en racheter toutes les copies pour cacher aux yeux du monde la plastique exposée de sa compagne Britt Ekland ? "L’Homme d’osier" brûlé - le Wicker Man du titre – a-t-il autrement existé que dans un récit de Jules César ? Ce film est-il responsable d’un renouveau néo-païen en Grande-Bretagne ? Ce qui est revanche certain, c’est que Christopher Lee le considère comme son meilleur film et que le négatif original a été égaré et littéralement "enterré". Si un critique a pu le qualifier de "Citizen Kane des films d’horreur", The Wicker Man est un film minimaliste, davantage horrifique dans son ton que dans sa forme. C’est aussi une comédie musicale faussement bucolique, un conte cruel symbolique, un manifeste post-hippie et un cours de religions comparées. Oui, tout cela en même temps ! The Wicker Man est l’œuvre du réalisateur Robin Hardy et du scénariste Anthony Shaffer. Au début des années 70, les deux hommes dirigent une société produisant publicités, pièces de théâtre filmées et documentaires – la plupart réalisés par Hardy – pour la télévision. Un peu lassés, ils décident de mettre sur pied un projet de film d’horreur ambitieux, un film fantastique (en français dans le texte), dans la lignée de Marcel Aymé comme aime le rappeler l’ancien étudiant aux Beaux-Arts parisiens que fut Hardy (on est quand même loin de Garou-garou). Symptomatiquement, The Wicker Man apparaît alors que le studio emblématique du film d’épouvante gothique britannique, la Hammer, semble artistiquement exsangue. L’idée d’inclure très tôt dans le projet l’immense Christopher Lee - l’une des vedettes-icônes de la Hammer pour son rôle de Dracula - peut être ainsi lue comme une double volonté de perpétuer une certaine qualité anglaise du genre tout en renouvelant ce dernier.


   

Proposer une alternative au gothique anglais revient à mettre de côté toute l’imagerie vampirique/satanique, et les auteurs remplacent celle-ci par le paganisme pré-chrétien, soit le druidisme, les religions et les symboles celtes. La survivance de ces pratiques en Ecosse, en Bretagne ou dans le Pays Basque frappe leur imagination. Les auteurs puiseront beaucoup dans cette somme victorienne encyclopédique sur l’occultisme - parfois erronée - qu’est Le Rameau d’Or de Sir James Frazer. Shaffer - plus connu pour avoir scénarisé Frenzy d’Hitchcock et surtout Le Limier de Mankiewicz à partir de sa propre pièce - ajoute au scénario son goût de la manipulation et du whodunnit. Le budget du film (environ 460000 £) sera modique et Lee - surtout motivé par l’ambition du script - jouera gratuitement. Ingrid Pitt - connue pour ses rôles de femme-vampire… pour la Hammer - et Britt Ekland (l’argument de charme pour attirer les acheteurs étrangers et les spectateurs) rejoignent le casting, respectivement en tant que bibliothécaire nymphomane et Willow, la fille du tavernier.


                               

Un temps pressenti pour jouer le sergent Howie face à Lee, Peter Cushing - l’autre star de la Hammer - fait place à Edward Woodward, acteur de théâtre et surtout de télévision, ensuite plus tardivement connu pour la série TV américaine The Equalizer. Le film est tourné en automne 1972 en Ecosse, une épreuve parfois pour les acteurs pendant les extérieurs, puisque l’action est censée se dérouler fin avril. Les réels problèmes commencent lorsque EMI, qui a racheté la maison de production du film British Lion, décide de couper de 11 minutes au montage final, car peu confiante dans sa réussite commerciale. L’œuvre mutilée sortira à la sauvette aux Etats-Unis. En Grande-Bretagne, il est présenté en double-programme avec un autre film considéré comme inexploitable par EMI… Ne vous retournez pas de Nicholas Roeg ! Lee et Shaffer durent appeler tous les critiques qu’ils connaissaient pour les persuader d’aller voir le film (Lee promettait même de leur payer leur place !). En dépit de critiques favorables, The Wicker Man eut une courte carrière dans son pays d’origine. Le statut culte du film se forgera ensuite tout au long des années 70 et 80, à cause de son "invisibilité", en particulier aux Etats-Unis dans le milieu étudiant.(http://www.dvdclassik.com/critique/the-wicker-man-hardy)



                                  


Lorsqu'il tourne "La pluie du diable" en 1975, Robert Fuest n'en est déjà plus à son coup d'essai et s'est déjà fait une petite renommée méritée avec ses premiers films tournés en Angleterre comme ce qui reste à ce jour son classique, "L'Abominable Docteur Phibes". Ses premiers pas cinématographiques étaient déjà prometteurs ("And Soon and Darkness" en 1970), mais c'est le plus souvent sa collaboration avec Vincent Price que l'on retient. Fuest avait pourtant livré deux films, certes inégaux, dont la suite de "Phibes" puis surtout les très intéressantes "Décimales du Futur" d'après les écrits de Michael Moorcock. Bien que diversement appréciés, ses derniers films n'avaient pas entaché la bonne réputation du réalisateur qui, pour le coup, migre aux Etats-Unis, à la tête d'un projet ambitieux et d'envergure. Le casting dont il bénéficie est même assez bluffant puisqu'on retrouve ici pas mal d'acteurs confirmés à commencer par Ernest Borgnine - qui s'en donne à coeur joie - dans le rôle casse gueule du gourou de Satan à la recherche du manuscrit ancestral. William Shatner, le Capitaine Kirk toujours en action est aussi de la partie. Outre la série "Star Trek", on avait pu apprécier un véritable talent d'acteur dans des films, certes peu connus, mais pourtant très estimables comme "Incubus" de Leslie Stevens ou l'excellent "The Intruder" de Roger Corman. On retrouve également Eddie Albert qui a déjà alors plus de 35 ans de carrière ainsi que Claudio Brook, la grande Ida Lupino, Tom Skerritt et accessoirement John Travolta puisque c'est ici son premier rôle, peu marquant il est vrai. Il faudra d'ailleurs être très vigilant pour le remarquer. Par ailleurs et pour la crédibilité du projet, on fit appel, en qualité de consultant, à Anton LaVey, fondateur de l'Église Satanique américaine, auteur d'une Bible Satanique qui a fait le tour du monde et fut même traduite en français. L'auteur apparaît même à l'écran comme assistant du diabolique prédicateur. Bref on peut raisonnablement dire que ce fut là un projet ambitieux avec un véritable souci de réalisme dans sa représentation du diable.


   


Pourtant force est de constater que le résultat à l'écran est très inégal, donnant tour à tour un sentiment de réussite puis de grotesque. Si les acteurs ne sont pas à condamner, peut-être que les situations qui les mettent en scène ne convainquent pas toujours et flirtent très souvent avec le kitch dans le meilleur des cas, le ridicule dans le pire. Par exemple, un final qu'on a le droit d'apprécier par ce même côté kitch, mais qui s'étire beaucoup trop jusqu'à devenir risible. De même le long flash back qui intervient à mi-film et qui semble avoir été rajouté pour raccorder in-extremis le tout et cassant un peu trop subitement le rythme du film. C'est d'ailleurs un peu dommage car la photographie ocre / orange est des plus belles. En contre partie, les qualités intrinsèques et les bons moments ne manquent pas non plus. D'ailleurs tout ce qui touche à la direction artistique est superbe, comme l'intérieur très contrasté de cette église du mal, la photographie de ce désert menaçant dans lequel seul le vent semble donner signe de vie et qui fait la première demie heure du film.


                             


La meilleure partie selon moi, soutenue du reste par une remarquable musique d'Al De Lory qui laisse constamment le spectateur sur le qui-vive. Ailleurs les serviteurs aux visages énucléés font leur petite impression également même si l'on pourra trouver le maquillage un brin daté. Désuétude qui fait à la fois le charme et les limites de ce "Devil's rain", puisqu'ailleurs il faudra être sans doute plus tolérant quant à la tête de bouc qu'arborera durant quelques scènes Ernest Borgnine. Soit, on sourit, mais le film perd alors sa dimension inquiétante qu'il avait su installer ailleurs. Tout ceci reste finalement très inégal, avec d'un côté un récit trop contrasté, de l'autre des fautes de goût et un brin de complaisance. Impression également mitigée côté acteurs. Si Ernest Borgnine semble se démener comme un beau diable, le rôle eût été peut-être plus seyant à un acteur plus rompu à l'exercice diabolique comme Vincent Price ou Christopher Lee. Borgnine, sans démériter, finit d'avantage à évoquer le lutin qu'à provoquer la peur. Ça se joue à peu de choses, mais c'est suffisant pour détourner le film de son objectif et de substituer au spectacle angoissant initialement voulu un spectacle de série B aux allures rigolardes.(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/627-pluie-du-diable-la)
Bonus :

   

C'est bien connu, les américains font toujours tout plus grand, plus haut, plus fort. Et quand il s'agit de suicide collectif, ils n'y vont pas non plus avec le dos de la cuillère. Le Temple du Peuple est une secte fondée au début des années 50 par le révérend Jim Jones. La secte bénéficiait alors d'une réputation positive due à son action contre le racisme et l'aide qu'elle apportait aux pauvres. En 1974, ses membres décident de créer en Guyane une communauté autonome politiquement inspirée par le socialisme. Le 18 novembre 1978, celle-ci connaît une fin tragique : 914 personnes périrent par ingestion de cyanure de potassium ou assassinat. C'est cette tragédie que René Cardona Jr. se propose de nous raconter, à travers un film qui, bien que proche de l'exploitation, se révèle cependant crédible et, semble-t-il, fidèle à la réalité. René Cardona n'a pas gangé ses galons d'auteur mais a su constituer une filmographie importante émaillée de quelques films culte, comme ce fameux CYCLONE où les survivants d'un crash aérien, réfugiés sur un canot de sauvetage, sont assiégés par des requins. Notons que la famille Cardona semble attachée aux faits divers puisque le paternel avait déjà livré une excellente adaptation de cet autre effroyable crash aérien, survenu dans la Cordillère des Andes et où les survivants avaient cette fois dû s'entredévorer pour survivre ! Si l'exploitation d'un drame est sans doute l'intention première de l'auteur, ce n'est pas sans avantages pour le spectateur. Par deux ou trois fois, LA SECTE DE L'ENFER s'aventure assez loin dans la description des éprouvantes punitions infligées aux membres de la communauté qui ne sont pas sages. On pense en particulier à cette séquence durant laquelle trois enfants sont sévèrement punis pour avoir essayés de chiper un peu de drogue. Notre débat sur la fessée fait pâle figure à côté de ce que les pauvres chérubins doivent endurer ! Ces excursions dans le sordide permettent finalement à LA SECTE DE L'ENFER de s'avérer plus « réaliste » que GUYANA TRAGEDY : THE STORY OF JIM JONES, téléfilm également tiré de la même histoire et réalisé l'année suivante. Mais LA SECTE DE L'ENFER n'est pas seulement un film d'exploitation. C'est aussi et surtout la reconstitution fidèle d'un drame qui marqua le monde entier à l'époque.


   

Cette crédibilité est due à la présence d'un casting impressionnant. René Cardona est parvenu à réunir des acteurs à l'aura déclinante mais encore suffisamment vivace. Dans le rôle du révérend Jones, nous retrouvons Stuart Whitman, nominé aux Oscars en 1961 pour THE MARK de Guy Green. Stuart Whitman, c'est le Shérif Martin dans LE CROCODILE DE LA MORT. A ses côtés, l'immense Joseph Cotten, dans le rôle de son avocat John Ireland, et Yvonne de Carlo (Lily, l'épouse de Herman dans la série Les Monstres). La reconstitution du village de Jonestown est également pour beaucoup dans le réalisme de l'entreprise. Les préfabriqués du film ressemblent aux photos immortalisant le village créé par Jim Jones et ses adeptes.« Petit film » d'exploitation, LA SECTE DE L'ENFER se révèle en fin de compte plus ambitieux que ce qu'on aurait pu en attendre. Dénué de temps mort, réaliste, crédible, il bénéficie également de quelques scènes magistrales, comme celle du suicide collectif. Une séquence impressionnante où des hommes et des femmes, certaines portant leur enfant dans les bras, faire la queue pour ingurgiter le cyanure, pendant que ceux qui les précèdent meurent déjà par dizaines juste à leurs côtés. André Quintaine


                                 


A noter aussi que Jim Jones le fondateur et pasteur du groupe religieux d'inspiration protestante : le « Temple du Peuple » dont il a fait le siège d'une lutte pour l’égalité raciale et la justice sociale qu’il appela « socialisme apostolique » et dont la communauté établie au Guyana a parfois été considérée, à l'origine, comme un projet agricole communiste avant d'être le lieu d'un massacre et finalement désignée comme l'archétype de la secte dangereuse... est aussi à l’origine d’une des dérives religieuses les plus connues de l’Histoire ayant provoqué un traumatisme à l’échelle mondiale. Sa communauté connut une fin tragique le 18 novembre 1978 à Jonestown où 908 personnes périrent par ingestion de cyanure de potassium ou assassinat. Leo Joseph Ryan est le représentant de la Californie au Congrès, membre du Parti démocrate,qui est allé enquêter au Guyana sur le Temple du Peuple dirigé par le révérend Jim Jones et a été assassiné par des membres de la secte à Jonestown.(http://www.senscritique.com/film/Guyana_la_secte_de_l_enfer/critique/47682073)

1 commentaire:

  1. http://www.multiupload.nl/ZFLIBNDD02
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    http://www.multiupload.nl/DF8WNEXGHK
    http://www.multiupload.nl/QQJH5E3LWD
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    http://youtubeinmp4.com/redirect.php?video=2fgLbmZ-uB4&r=8RDcMBKnyLUKBxc44C3l9ANvcnyb4C9vHDFHbUogpJQ%3D

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