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jeudi 11 février 2016

Andrea Bianchi

Andrea Bianchi (né le à Rome) est un réalisateur italien.
Honnête artisan du cinéma d’exploitation italien, auteur notamment du plutôt sympathique Le manoir de la terreur ou du giallo érotique Nue pour l’assassin, ou encore Malabimba, the malicious whore... Un réalisateur dont la carrière serait plutôt ancrée dans le tournage de productions érotiques plutôt que fantastiques.Si le Giallo fait fureur dans l'Italie du début des années soixante-dix, il s'essouffle progressivement, comme le cinéma transalpin s'oriente vers d'autres styles, tels le polar violent ou la comédie militaire. On ne s'étonne donc pas que Andrea Bianchi, metteur en scène ayant émergé à cette période, vienne de s'illustrer dans deux longs métrages de ces genres, respectivement QUELLI CHE CONTANO et LE COLONEL EN FOLIE.


                   


Il dirige ensuite un giallo tardif, NUDE PER L'ASSASSINO, sorti en 1975, l'année de LES FRISSONS DE L'ANGOISSE. Tourné à Milan, il bénéficie de deux acteurs populaires en Italie. D'une part, on trouve la comédienne Edwige Fenech, une habituée du giallo et du mystère (L'ALLIANCE INVISIBLE, L'ILE DE L'EPOUVANTE, LES RENDEZ-VOUS DE SATAN…), appelée à devenir une star de la comédie érotique (en 1975 sort aussi LA PROF DONNE DES LECONS PARTICULIERES et LA TOUBIB DU REGIMENT arrive en 1976).  D'autre part, on reconnaît Nino Castelnuovo, acteur ayant déjà derrière lui une longue carrière de jeune premier et une filmographie européenne très variée : LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques Demy, LE TEMPS DU MASSACRE de Lucio Fulci, L'EMMERDEUR d'Edouard Molinaro… On remarque encore le rondouillard de Franco Diogene, dont la silhouette joufflue agrémenta thrillers et comédies des années soixante-dix. Son rôle le plus connu du grand public reste celui de l’avocat doucereux et corrompu chargé de défendre Billy Hayes dans MIDNIGHT EXPRESS d'Alan Parker ! Après la mort mystérieuse d'Evelyne, une top model travaillant pour l'agence Albatros, les meurtres liés à cette entreprise se multiplient. Avec l'aide de son assistante et maîtresse Magda, le photographe Carlo Bianchi tente de démasquer l'assassin, un maniaque massacrant ses victimes à l’arme blanche…Le milieu de la mode, avec ses jeunes beautés et ses personnalités insolites, a toujours été un bon cadre pour les thrillers, et l'on ne s'étonne pas qu'un des tous premiers giallo, SIX FEMMES POUR L'ASSASSIN de Mario Bava, y ait recouru. NUDE PER L'ASSASSINO utilise lui aussi cette toile de fond et se complait dans la description de l'ambiance délétère régnant dans une agence de mannequin de Milan, froide capitale européenne du luxe et de la mode.



            


Autour de ces créatures de rêves rôde un tueur maniaque, un motard portant un casque noir et une combinaison de cuir. NUDE PER L'ASSASSINO n'invente rien, puisqu'un tel tueur motard sévissait déjà l'année précédente dans LA LAME INFERNALE de Massimo Dallamano. On retrouve une silhouette identique plus tard, aux USA, dans le slasher LES YEUX DE LA TERREUR de Ken Hugues. NUDE PER L'ASSASSINO contient de plus des scènes de meurtres parfois assez gore, un des moments les plus impressionnants restant la découverte des cadavres d'un couple. Le mari a vu son bas-ventre réduit à l'état d'un répugnant steak haché, tandis qu'un sein de la femme a été découpé sans ménagement ! Nous retrouvons ainsi cette violence sans ménagement, déjà sensible dans le giallo I CORPI PRESENTANO TRACCE DI VIOLENZA CARNALE de Sergio Martino, et qui allait éclater dans LES FRISSONS DE L'ANGOISSE.


                               

Toutefois, NUDE PER L'ASSASSINO n'est pas qu'un simple giallo. Il se voit rehaussé de nombreuses séquences érotiques et de nudités toutes plus gratuites les unes que les autres. De plus, il n’hésite pas à jouer très fort la carte d'un humour bien lourd. La vision de Franco Diogene se baladant en slip et soufflant dans une poupée gonflable est à déconseiller aux esprits délicats ! Surtout, ce manque de sérieux nuit à l'homogénéité de l'intrigue criminelle, dont, il faut bien dire, tout le monde se moque éperdument. Face à tant de balourdise et de négligence, le spectateur finit par s'ennuyer mortellement. Après avoir savouré les rondeurs coquines d'Edwige Fenech, à laquelle la coupe garçonne sied fort bien, celui-ci s'assoupit doucement, terrassé par la vulgarité et la morosité de ce giallo vraiment mineur.(http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1182)


                  


Aujourd'hui, on va remonter le temps et redécouvrir l'âge d'or du cinéma bis italien, à savoir la fin des années 70 jusqu'au milieu des années 80 avec un film plus ou moins connu à savoir Le Manoir de la Terreur d'Andrea Bianchi. Ce film raconte la survie de trois couples piégés dans un manoir ( sans dec... ) subissant les assauts de morts vivants réveillés malhencontreusement suite à des fouilles archéologiques. Avec le succès de Dawn of the dead de Romero, on voit fleurir tout un tas de films mettant en scène des zombies à la fois pour le pire ( surtout ) et pour le meilleur ( très rarement ). Le Manoir de la Terreur s'inscrit entre les deux. On peut lui reproché d'emblé une interprétation vraiment foireuse des acteurs ( la VF n'aide pas du tout ) et un petit côté film érotique de luxe car il faut bien avoué que la motivation première des personnages est de copuler à droite et à gauche ( sans doute ce qui fait le charme de cinéma italien ). Après la mise en place de l'intrigue, et la caratérisation des personnages, le réalisateur passe aux choses sérieuses et prend un pied d'enfer à filmer ses zombies. Et sur ce point, il n'y a pas erreur sur la marchandise, on se retrouve face un vrai film de zombies qui a le mérite d'étaler sur 1h20 des meurtres assez sympas pour peut que l'on ne soit pas allergique aux maquillages FX de l'époque. Bien sur, Night of the living Dead n'est pas loin, voir des morts vivants tenter de rentrer à l'intérieur du manoir et observer la résistance qui s'organise à l'intérieur rappel fortement le chef d'oeuvre de Romero. Mais on constate tout de même une envie de se démarquer en créant des zombies vraiment pourrissants, très crades et se mouvant très lentement, ce qui les rapproche plus de leurs congénères tout droit sortie de l'Enfer des Zombies de Fulci. Si il y a un point sur lequel le film se démarque c'est sur son atmosphere étrange dû en partie à une musique synthé très expérimentale qui marque l'avancée des nombreux morts vivants qui sont capables de se servir aussi bien de hache que de faucille, ce qui donnera d'ailleurs un meurtre plutot pas mal...


           


En tout cas, mise à part une impression de déjà vue et une interprétation calamiteuse, Le Manoir de la Terreur est avant tout un film dynamique avec tout plein de petits effets spéciaux réussit ( pour l'époque ) qui pourra sans aucun mal vous détendre lors d'un après midi orageux.
Bianchi est pas un crack, c'est une certitude, mais son film, malgré une bien pauvre facture technique, retient l'attention sur plusieurs points : d'une part, les maquillages assez rigolos des zombies (visiblement de simples masques, au vu des scènes hilarantes de mastication, où les dents apparentes ne se touchent pas) valent la peine d'être admirés. D'autre part, Le Manoir de la terreur nous permet de d"couvrir une des tronches les plus dérangeantes du cinéma bis, j'ai nommé Peter Bark (aka Pietro Barcella). Pour plus d'infos sur cet illustre inconnu, je vous renvoie sur cette page de myspace.


                                 


Fake ou pas, ça vous donnera une bonne idée du faciès assez intrigant du bonhomme : Peter Bark joue donc dans Le Manoir de la terreur un enfant au visage assez spécial, qui entretient une relation toute particulière avec sa moman, puisqu'après l'avoir surprise au lit avec un invité autre que son père, le fiston va se mettre au fil du film à plotter sa maternelle (après tout y a pas de raison). Le climax de cette relation intervenant lorsque, une fois zombifié, il tète les maternelles mamelles à grands coups de dents...Principale attraction du film, la relation mère / fils toute oedipienne permet de mieux faire passer les nombreuses incohérences et petites longueurs qui émaillent le film, qui reste tout de même bien distrayant. Du bon bis rital bien débile et bien saignant, disponible comme d'hab' en DVD chez Neo (possiblement la meilleure édition du film, vu que celle que je possède, de chez Vipco, est assez dégueulasse, quoiqu'intégrale - c'est déjà ça)...(http://www.mad-movies.com/forums/index.php?showtopic=17596)

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