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lundi 29 février 2016

Roland Armontel

Roland Armontel, né Auguste Louis Magnin, le à Vimoutiers (Orne), et mort à Paris XVe le est un comédien français de théâtre et de cinéma. Il est inhumé dans le cimetière ancien d'Asnières (Hauts-de-Seine).Il débuta très jeune puisque enfant il se produisait aux côtés de Max Linder. Au théâtre, il se produit dans de nombreuses pièces, en particulier  : Le Train pour Venise de Louis Verneuil, Les Jours heureux de Claude-André Puget, Bichon de Jean de Létraz, La Bonne Soupe de Robert Thomas, Messieurs mon mari, Mon bébé, Il faut marier maman, Une femme par jour, etc. Au cinéma, il apparait dans plus de 80 films entre 1932 et 1979.Comédien très fin, Roland Armontel est tout aussi crédible dans des emplois plus sérieux. Il n’est, pour s’en convaincre, que de le voir en commissaire Martin dans «L’ange rouge» (1948) de Jacques Daniel-Norman, avec Paul Meurisse, en juge d’instruction dans «Le martyr de Bougival» (1949) de Jean Loubignac ou en docteur Fezin, qui abrite des gangsters, dans «Maigret voit rouge» (1963) de Gilles Grangier. Vers la fin de sa carrière, l’acteur se réfugie sur le petit écran, apparaissant dans plusieurs épisodes des «Aventures de Tom Sawyer» (1968), dans «La poupée sanglante» (1976) avec Yolande Folliot ou encore dans un épisode des «Cinq dernières minutes» (1977), avec Jacques Debary.


                                 

Les Petites du quai aux fleurs est un film français réalisé par Marc Allégret, sorti en 1944. Un brave libraire qui élève seul ses quatre filles les emploie toutes dans sa boutique. Elles sont surtout intéressées par leurs histoires sentimentales. Rosine (Odette Joyeux), la plus jeune, tombe amoureuse de Francis (Louis Jourdan), le fiancé d'Édith (Simone Sylvestre), l'aînée. Francis la repousse, Rosine annonce qu'elle va se suicider. Bertrand (Bernard Blier), un étudiant en médecine, décide de l'en empêcher en veillant sur elle. Après quelques péripéties, tout finit par s'arranger. Édith garde son fiancé, le père (André Lefaur), auquel on a caché l'aventure, retrouve le cours habituel de sa vie, et une nouvelle histoire commence entre Bertrand et Rosine. Aux côtés des acteurs déjà confirmés que sont Odette Joyeux et Bernard Blier, on trouve de jeunes comédiens alors au début de leur carrière : Louis Jourdan, Danièle Delorme, Gérard Philipe, Daniel Gélin. C'est la dernière apparition à l'écran d'André Lefaur. Odette Joyeux raconte: "André Lefaur, mon père dans cette histoire, était notre doyen. Il savait nous amuser avec gentillesse, ayant toujours en réserve de petites histoires à nous raconter. Avec Bernard Blier, Gérard Philipe, Danièle Delorme, nous étions des gamins par rapport à lui et ne pouvions que prendre plaisir à l'écouter. Ce tournage s'est déroulé sous le signe de la bonne humeur [...]".Christian Gilles,Le cinéma sous l'Occupation - 1940-1944; interviews exclusives, L'Harmattan . L'entrée en matière et l'issue se tiennent malgré la confusion qui s'invite au bout d'un quart d'heure. On compatit totalement avec ce père sans compagne obligé de se coltiner les frasques de ses quatre filles dont une, amoureuse du prétendant de sa soeur, veut se supprimer.


   

Or, ce valeureux père constitue la prestation la plus attachante du lot, charmant, on l'excuse d'avance quel que soit son comportement (impayable quand il pousse la chansonnette !), on voudrait le déplacer dans un film qui en dirait plus et mieux. Il y a bien Bernard Blier en sauveur désintéressé, la juvénile Danièle Delorme si vive, si naturelle, le distingué Gérard Philipe si beau, si grave, des présences indéniables sauf qu'elles tournent à vide... On oublie vite les autres têtes d'affiche, hélas desservies par des échanges bavards, des situations trop peu reliées entre elles... Un tournage à Paris avec scénario au synopsis prometteur probablement gâchés par quelque calamité due à la guerre (sortie officielle en 1944).


                              

Trois jours à vivre est un film français réalisé par Gilles Grangier, sorti en 1958.
Simon Belin est un acteur qui fait les tournées de province avec sa compagnie. Bien que talentueux, il n'a jamais eu la chance de véritablement briller sur scène. C'est toujours Bérimont qui tient les grands rôles. Un jour, Simon est témoin d'un meurtre. Sous la pression de la justice, mais aussi de son agent qui y voit une belle occasion de publicité, Simon identifie un suspect, Ferrari, dont il n'est pas certain de la culpabilité. Devenu la coqueluche de la ville, Simon Belin remplace bientôt Bérimont en tant qu'acteur vedette. Mais Ferrari s'évade et le menace, il n'a plus que 3 jours à vivre…
Unique témoin du meurtre d’un gros bonnet du milieu, Simon, jeune acteur ambitieux faisant partie d’une troupe itinérante, gagne la une des journaux, du fait de cette publicité inattendue, il obtient le rôle dont il rêvait.
 Convoqué pour être confronté à l’assassin présumé, Lino Ferrari, Simon, qui guigne toujours les gros titres, affirme le reconnaître, malgré de sérieux doutes. Devenu une vedette, il coule des jours tranquilles en compagnie de Jeanne, l’habilleuse de la troupe, jusqu’au jour où Ferrari s’évade et menace de lui régler son compte d’ici trois jours. Apeuré, Simon confesse sa lâcheté à Jeanne et, sur les conseils de celle-ci, projette de quitter le Havre pour New York après la dernière représentation en cette ville.


   
   


Malgré la présence de la police dans le théâtre, Ferrari, réellement innocent et n’ayant plus rien à perdre, s’apprête à abattre Simon lorsque Jeanne s’interpose entre les deux hommes. Profitant de la confusion, la jeune femme entraîne Ferrari au-dehors et tente en vain de le séduire pour l’occuper le temps que Simon prenne la mer.
 En désespoir de cause, elle le tue, et malgré la pitié qu’elle ressent pour Simon, la pire chose qu’elle puisse éprouver pour un homme, elle se retrouvera à son chevet à la suite d’une tentative de suicide théâtrale et sera acquittée pour légitime défense.
Gélin assez fade et Ventura hélas sous-employé. Ce film est sympa mais aurait mérité un face-à-face entre la proie et le prédateur...

                          

Audiard: "Alexandre rejoue Lorenzo demain à Rouen." "Le pauvre vieux..." "Il est ravi!" "Ah non, je parlais de Lorenzo.
Petit film de samedi soir, très daté (ah ! le portrait du mirobolant Président René Coty dans les commissariats !),qui manque un peu de rythme, qui ne vaut guère que par quelques traits du dialogue d’Audiard, par le comportement vénéneux de Jeanne Moreau et par la présence physique de Lino Ventura qui manque, toutefois, un peu de distance par rapport à l’immense acteur qu’il deviendra.



                 


L’histoire est loin d’être insignifiante, suffisamment originale pour retenir l’attention et assez bien racontée (un peu poussivement, on l’a dit). Le meilleur en est le regard narquois posé sur ce petit monde des tournées théâtrales minables, quittant le casino de Fécamp pour le Kursaal de Saint-Valéry en Caux, dans une sorte de course effrénée pour l’oubli de leur propre médiocrité. Un regard un peu plus appuyé (et un peu plus inspiré, disons-le), et ce ramassis de minables se retrouvera quelque jour dans la bouilloire méchante de La fin du jour ; un peu plus tendrement considéré, c’est le trio pathétique, désolant et délicieux desGrands ducs… Quoi qu’on en dise et qu’on qu’on y fasse, cinéma et théâtre sont des mondes à part, moins connivents qu’adversaires, se méprisant et se jalousant tout à la fois dans une impossible concurrence. Et, à dire le vrai, à part quelques beaux Guitry (notamment Le Comédien) et Les enfants du Paradis, je ne vois pas beaucoup d’hommage à cet art …(http://dvdtoile.com/Thread.php?43668)

dimanche 28 février 2016

Boris Sagal

Boris Sagal est un réalisateur et producteur américain né le à Dnepropetrovsk (Ukraine), décédé le à Portland (Oregon). Boris Sagal a donné la vocation d'actrice à sa fille, Katey. Après l'avoir fait jouer dans un épisode de "Colombo" qu'il produisait, celle-ci s'est fait connaître en incarnant pendant plus de 10 ans la mère de famille déjantée dans la série télé "Mariés, deux enfants".
Boris Sagal a eu, au total, 4 enfants : Katey, Joe, Jean et Liz. Il a été marié deux fois. Boris Sagal est né en URSS en octobre 1923 dans une ville située dans le centre du territoire et qui s'appelle Dnipropetrovsk. Cette cité fait maintenant partie du territoire ukrainien. Il émigre très jeune pour les États-Unis où il suit des cours dans la prestigieuse université de Yale, dans la spécialité Théâtre. Dès le début des années 50, il se spécialise dans la réalisation de série et de feuilletons pour la télévision.


               


Opération V2 (Mosquito Squadron) est un film de guerre britannique de 1969 réalisé par Boris Sagal.
Thriller d'espionnage dans lequel on a la joie de retrouver le trop rare D. Mac Callum; dans une histoire spirituelle & bien souvent remplie d'absurde ou de total manque de sens, en dépit de plusieurs erreurs de continuité. (nb: la scène des "instantanés est à ne pas rater.) Les Forces alliées luttent contre l'Armée allemande, mais une menace plus importante encore apparaît sous la forme d'une fusée V2 qui vient d'être mis au point dans un centre de test ultra secret. L'escadron Mosquito de la RAF est chargé de détruire le site… La bombe à rebondissement utilisée dans le film était une vraie arme. Connu comme Highball (une plus petite version de la bombe d'entretien de Dambusting), elle a été à l'origine conçue par Dr. Barnes Wallis pour être utilisée contre des cuirassés, tels que le Tirpitz. Chaque bombe emportait 1,280lb (580kg) ou 600lb (272kg) d'explosifs et était assez petite pour être portée en tandem par un chasseur-bombardier Mosquito. Juste avant sa libération, la bombe avait une rotation arrière de 700-900 révolutions par minute, elle était lâchée à grande vitesse (360 M/H (580km/h)) et à basse altitude (60 pi (18.2m)). Ce n'est pas le premier film comportant des scènes avec ce type de bombe à rebondissement, elles ont également été vues dans le film britannique "Les briseurs de barrages" (1955).


            

Les scènes du château de Charlon ont en fait été tournées au manoir de Minley, près de Yateley et de Farnborough dans le Hampshire en Angleterre. La plupart des scènes aériennes de vol ont été filmés à l'aérodrome de Bovingdon dans le Hertfordshire.
Les avions britanniques du film sont les Mosquito DH98 de Havilland. En raison de la pénurie en temps de guerre de métaux stratégiques, ses ailes et le fuselage étaient composés de bois stratifié et contreplaqué au lieu de l'alliage d'aluminium habituellement utilisé. Pour cette raison, l'avion a parfois été désigné sous le nom de "la merveille en bois".
La voiture de David McCullum est une Rolls Royce Phantom I Henley Roadster de 1927 .Ce film utilise une intrigue proche de deux autres films plus anciens "Operation Crossbow" (1965) et "Mission 633" (1964).


                                


Joseph Slaughter contacte le docteur Kramer, biochimiste et Prix Nobel. Leur discussion parle d'une expérience dangereuse et sans précédent dont le gouvernement assurera les frais. Kramer a émis l'idée, grâce à des expériences, qu'il est impossible de transférer chimiquement la mémoire d'un animal à un autre. Il s'agit cette fois de transférer un cerveau humain et le donneur est un savant ramené de Russie et mortellement malade, Karl Hauser. Mais qui sera le receveur ? Kramer décide de l'être lui-même mais Mondoro, son jeune assistant, le devance et s'injecte le sérum dans le bras. C'est le début d'une expérience fascinante et horrifique. L'Obsession infernale (1970) : Adaptée par Adrian Spies, le scénariste du Dernier train du Katanga de Jack Cardiff, cette histoire d’espionnage / science-fiction tirée d’un écrit de Curt Siodmak marque la troisième et ultime collaboration entre l’acteur David McCallum et le réalisateur d’origine ukrainienne Boris Sagal, après The Helicopter spies, l’une des dernières et plus séduisantes aventures au format long de la série The Man from U.N.C.L.E, et le nettement moins convaincant Mosquito squadron, mélodrame guerrier d’une absolue ringardise. Ajoutons enfin qu’Hauser‘s memory n’est pas pour son réalisateur une incursion isolée dans le domaine du fantastique, puisqu’on lui doit dans le même genre une agréable adaptation du I am legend de Richard Matheson, signée l’année suivante (The Omega man, avec Charlton Heston), mais aussi quelques épisodes de The Twilight zone, l’excellent premier segment du téléfilm Night gallery, pilote de la série éponyme, ou encore l’intéressant suspense de politique-fiction / anticipation World War III. A priori on est donc entre de bonnes mains. Et il serait malhonnête de dire que l'on passe un désagréable moment à la vision de cette production télé soignée et bien interprétée.


                               

Tourné (plus ou moins) on location en Europe – principalement en Allemagne de l’Ouest et notamment au célèbre checkpoint US de Berlin Ouest - le film possède de ce fait un agréable petit parfum d’authenticité qui compense en partie l’aspect rocambolesque de son intrigue, basée quant à elle sur une astucieuse idée de science-fiction, celle du transfert de mémoire. Reste que ces quelques atouts ne suffisent pas à faire de l’ensemble une œuvre entièrement satisfaisante. L’intrigue demeure tout de même bien bavarde d’un bout à l’autre et son intéressant postulat s’avère légèrement sous-exploité, ne servant finalement qu’à illustrer une très classique histoire d’espionnage de l’ère post WWII, par ailleurs entravée d’ellipses brutales, censées reproduire les troubles de la mémoire du personnage central mais ne faisant au final qu’obstruer notre compréhension du récit. Si l’on ajoute à cela que la réalisation statique de Sagal ne concourt pas non plus à dynamiser le scénario et qu’elle accuse aujourd’hui sévèrement le poids de son âge dans ses rares tentatives d’effets visuels visant à simuler les troubles comportementals du héros, on obtient un divertissement non sans charme mais au sujet duquel on ne peut s’enthousiasmer véritablement.(http://www.devildead.com/forum/viewtopic.php?f=1&t=23203)


                                

La Troisième Guerre mondiale (World War III) est un téléfilm américain de politique-fiction en deux parties, réalisé par David Greene et Boris Sagal (ce dernier étant mort accidentellement pendant le tournage) en 1982. Ce téléfilm met en scène les prémices d'une guerre mondiale entre les États-Unis d'Amérique et l'URSS. Suite à une mission de parachutistes de l'armée rouge envoyée en Alaska pour détruire l'oléoduc trans-Alaska et qui se trouve confronté à une unité de la garde nationale des États-Unis en manœuvre, la situation dégénère en une guerre thermonucléaire.Une troupe de l'armée russe entre clandestinement en Alaska avec pour mission de saboter un pipeline de pétrole en représailles de l'embargo américain sur les céréales. Ce téléfilm, loin d’être exempt de toute critique, possède néanmoins la particularité d’être une des rares œuvres de fictions à aborder aussi frontalement la question du déclenchement d’une guerre nucléaire massive  entre deux superpuissances.L’astuce principale du scénario consiste à regrouper l’affrontement militaire aux combats que se livre le commando de spetsnazs russe et le petit groupe de Gardes Nationaux commandé par David Soul. La faiblesse des effectifs étant compensée par le côté exotique du terrain, l’Alaska. Le tournage eut en réalité lieu en Oregon, pas loin de la frontière canadienne, dans des conditions visiblement difficiles. La fin du film est un pur copié-collé de celle de Fail Safe, elle devait restée suffisamment  ouverte pour qu’une suite soit envisageable en cas de grosse audience, ce qui ne fut pas le cas.


             


La 3ème guerre mondiale est un pur produit de son époque, et son année de production 1982, précède de façon tout à fait logique l’opération de l’OTAN «Able Archer» qui constitua un des grands moments de tension de la guerre froide avec la crise des missiles de Cuba. Le point de départ du scénario, un embargo américain sur les exportations de blé vers l’URSS fut réellement décidé par le Président Jimmy Carter de 1979 à 1980.Cette mini-série a remportée l'Emmy Award des meilleurs effets spéciaux de maquillage aux Primetime Emmy Awards de 1982 pour Paul Stanhope Jr. Cette mini-série est sortie en DVD aux États-Unis chez Warner Archives Collection le 13 novembre 2012 au format 1.78 panoramique .Elle reste toujours inédite en France sous ce format. (http://www.la-fin-du-monde.fr/2011/02/dossier-3eme-guerre-mondiale-17-2-2-2-2/)



                               

A ces scènes d’actions, le film offre un contrepoint assez efficace grâce à la tension croissante qui gagne les wars-rooms des deux camps. Rythmée par l’élévation du niveau DEFCON et par les argumentations des faucons (militaires) et des colombes (conseillers spéciaux) la progression vers l’impensable est plutôt finement amenée jusqu’à la prise de décision finale qui n’exonère aucun des deux camps. De ce point de vue, le scénario original, écrit par Robert L. Joseph offre une approche relativement mesurée du comportement des Soviétiques, qui ne sont pas tous décrits comme des fanatiques sanguinaires, le travail de documentation est également assez fouillé comme en témoigne, par exemple, la lecture du Single Integrated Operational Plan par le président américain.Deux anecdotes pour finir, le réalisateur original était Boris Sagal, le réalisateur du Survivant, qui s’est malheureusement tué dans un accident d’hélicoptère en Oregon lors de la préparation du tournage, il fut remplacé par David Greene, un vétéran de la TV US (il réalisa même un épisode d’Amicalement Votre). 

samedi 27 février 2016

Marius Goring

Né à l'Île de Wight en 1912, son père est le Docteur Charles Goring et sa mère, Kate Macdonald, était une pianiste professionnelle. Il a 6 ans lorsque son père meurt. Sa mère l'encouragea dans sa vocation artistique, qui l'introduisit dans le milieu du théâtre. Le jeune Goring fait ses études à l'université de Cambridge, ainsi qu'en Allemagne et à Paris. Il débute sur les planches au Théâtre Old Vic à Londres, au Sadler's Wells, joue dans The Voysey Inheritance de Harley Granville-Barker, et dans des pièces de Shakespeare au cours des années 1930, dont le rôle de Feste dans La Nuit des rois et dans Macbeth.
Au cinéma, il est révélé en 1940 dans le film The Case of the Frightened Lady de George King, révélation confirmée quelques années plus tard dans Les Chaussons rouges (The Red Shoes) de Michael Powell et Emeric Pressburger, grâce au rôle de Craster, musicien-compositeur embauché dans une compagnie de ballet, dont l'amour pour la danseuse étoile (incarnée par Moira Shearer) est contrarié par la personnalité tyrannique du directeur. À partir des années 1960, il se fait plus rare au cinéma, au profit de productions pour la télévision britannique. Marius Goring fut marié à Mary Westwood Steel de 1931 à 1941, à l'actrice allemande Lucie Mannheim de 1941 au décès de celle-ci en 1976, et à Prudence Fitzgerald de 1977 à son propre décès en 1998.


                    


« Indéniablement le plus beau film en Technicolor. Une vision jamais égalée » affirmait encore tout récemment Martin Scorsese qui est à l'origine de l'extraordinaire restauration numérique du film en 2009 supervisée par Robert Gitt (UCLA Film and Television Archive). Comme le disaient Michael Powell et Emeric Pressburger, The Red Shoes était leur première tentative en vue de réaliser à partir d'un scénario original un "spectacle total" au sein duquel la couleur devait tenir un rôle primordial. Mêlant musique, danse, peinture et cinéma, The Red Shoes pourrait être considéré comme le point culminant de leur fabuleuse carrière, le "spectacle total" étant double puisque le ballet de 17 minutes, sorte de film dans le film, s'avère l'une des séquences les plus parfaites et les plus éblouissantes jamais vues sur un écran de cinéma (dans le domaine du ballet, seul Vincente Minnelli à Hollywood rivalisera avec ce morceau de bravoure, par l'intermédiaire de celui d'une durée à peu près équivalente clôturant Un Américain à Paris) ! Après avoir signé quelques films de propagande durant la Seconde Guerre mondiale, Michael Powell et Emeric Pressburger ont très vite fondé leur propre compagnie de production, The Archers. Ils réalisèrent par la suite quelques grands classiques qui n'ont aujourd'hui encore, presque 70 ans plus tard, rien perdu de leur splendeur. Ce furent entre autres Colonel Blimp (1943), I Know Where I'm Going (Je sais ou je vais - 1945), Une Question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death - 1946), Le Narcisse noir (Black Narcissus - 1947) ou Les Contes d'Hoffman (The Tales of Hoffmann - 1951).


   

Non seulement le duo s’occupa de la mise en scène, mais les deux hommes furent aussi les auteurs des scénarios ainsi donc que les producteurs. Avec successivement Le Narcisse noir et Les Chaussons rouges, on peut dire qu'ils sont arrivés à l'apogée de leur art aussi bien en ce qui concerne leur créativité visuelle que leurs innovations techniques, sans oublier la fluidité et l'intelligence de leur écriture scénaristique. Ils ont atteint et réussi ce qu'ils ont toujours dit vouloir faire, ce fameux spectacle total ! Après s'être séparés (mais le succès n'était plus franchement au rendez-vous, le duo s'avérant trop avant-gardiste), Michael Powell réalise Le Voyeur (Peeping Tom) en 1960 ; c'est un énorme scandale et l'opprobre lui tombe dessus ainsi du même coup que sur toute sa carrière antérieure. Les productions The Archers deviennent des pestiférées ; elles seront dénigrées encore quelques temps avant que les "barbus" des années 70, les Spielberg, Coppola, De Palma ou Scorsese tombent en pamoison devant elles (de même que des personnalités plus inattendues pour ce type d'œuvre comme George Romero).


                               

Ils seront les premiers à réhabiliter le duo de cinéastes d'autant que Les Chaussons rouges fait partie de ces quelques films qui leur auront donné envie de se lancer à leur tour dans le milieu du septième art. A sa vision aujourd'hui encore, il est facile de comprendre pourquoi il s'avère toujours aussi moderne, intelligent, sensible et esthétiquement bluffant : un chef-d'œuvre immortel et magique sur lequel tout a été déjà dit à maintes et maintes reprises - et dont on a beaucoup reparlé récemment lorsque est sorti en salles, voici à peine plus d'un an, le film Black Swan qui comportait effectivement de nombreux points communs avec The Red Shoes sans qu'il soit utile de les comparer qualitativement parlant, Darren Aronosky étant lui aussi un cinéaste loin d'être inintéressant. (http://www.dvdclassik.com/critique/les-chaussons-rouges-powell-pressburger)


                                


Jack Cardiff a vidé "La motocyclette", d'André Pieyre de Mandiargues, de tout prolongement, ne gardant que la suite des évènements! Le réalisateur a soustrait du livre tout ambiguïté, banalisant l'intrigue et les personnages, supprimant les détails les plus significatifs! Ainsi Marianne Faithfull est nue sous sa tenue de caoutchouc, Cardiff faisant appel à un èrotisme franc et sain pour èmoustiller le spectateur! Dans le livre, elle a gardé un slip, mais elle a omis de le changer et il est donc de propreté douteuse! Le trouble émoi sensuel plus ou moins malsain est ainsi remplacé par l'image de la pin-up hollywoodienne belle et fraîche! De même, dans le chalet où elle est violèe, elle reconnaît qu'il ne s'agit pas de son fiancé en touchant dans le noir le crâne légèrement dégarni de son amant! Mais là encore le séducteur professionnel d'âge mûr devient dans le film le classique play-boy aux dents blanches Alain Delon, montré en un plan très bref teinté d'orange! De fait lorsque Cardiff est impuissant à traduire la magie du langage, il donne dans l'abstrait, terminant les scènes d'amour par un bariolage non figuratif de plusieurs minutes! Aussi, au lieu de respecter le début limpide de Pieyre de Mandiargues (la fille se levant à l'aube pour enfourcher sa moto), le film commence par un curieux rêve psychanalytique à base de numéros de cirque et de dompteurs! Dès lors l'habileté de technicien du rèalisateur qui fait des randonnées à moto de superbes moments du cinéma devient inutile! Certaines situations sont en effets puissantes en elles-mêmes, mais d'autres ne valent que par le regard du romancier qui saisit un détail plutôt qu'un autre et suggère l'explication psychologique! Pieyre de Mandiargues est évidemment un écrivain de cette catégorie, le plus difficile à adapter, car il faut tout "récrire" avec la caméra une fois établies les grandes lignes du scénario! Reste une excellente photographie et une bonne interprétation d'Alain Delon et Marianne Faithfull...



           

Sans doute un des films les moins connus de Delon, un film oublié, et pourtant un film que j'adore. C'est n'importe quoi (je peux comprendre qu'on puisse mettre 0 étoiles) mais un film révélateur de la liberté de l'époque, et avec Marianne Faithfull en cuir!  Vous l’aurez deviné si vous avez lu le résumé de l’histoire, le scénario de « The Girl on The Motorcycle » ne casse pas des briques. Mais la mise en scène sous hallucinogène de Jack Cardiff est quasi expérimentale, et c’est finalement ce qui évite le film de ressembler aux légendaires films érotiques du dimanche soir sur M6. Pour info, l’intrigue est tirée d’un roman d’André Paul Édouard Pieyre de Mandiargues, surréaliste et collectionneur de pornographie (ah c’est donc ça !).


                               

Jack Cardiff est bien entendu un directeur de la photographie légendaire, le Dieu du Technicolor (« Les chaussons rouges » et « Le Narcisse noir » pour Powell et Pressburger c’est lui !), mais en tant que réalisateur son film le plus célèbre reste « Sons and Lovers » (1960) un film en noir et blanc adapté du roman de D.H. Lawrence qui lui a valu une nomination aux Oscars. Parmi la dizaine de films qu’il a réalisé, deux sont de vrais OFNIs (objets filmiques non identifiés) : « The girl on the motocycle » (1968) et « Mutations » (1974). La séquence de rêve qui ouvre « The girl… » donne le ton. Surimpressions, négatif saturé aux couleurs criardes,… Comme on dit « je ne sais pas ce qu’il a fumé mais ça devait être de la bonne » ! Marianne Faithfull est sublime mais elle avait probablement le même fournisseur. Il faut dire que Jack Cardiff a eu la bonne idée de lui demander d’avoir l’air de prendre son pied à chaque fois qu’elle est sur sa moto, et qu’elle y passe bien la moitié du film. Alors évidemment ça lui donne un air un peu (ahem) particulier. Surtout qu’à la fin, on ne la retient plus !  ( http://www.cinemaderien.fr/the-girl-on-the-motorcycle-la-motocyclette-1968/)                         

vendredi 26 février 2016

Jacques Debary

Jacques Debary est un acteur français, né le à Saint-Quentin, Aisne, et mort à Paris le . Jacques Debary fait partie, tout comme René Lamps, de l'équipe de longue paume, championne de France 1932. Avant d'être comédien, il est instituteur. Une école de Rosières-en-Santerre (Somme), où il a été un temps maître d'école, porte aujourd’hui son nom. Passionné de théâtre, il est « instructeur d'art dramatique » dans le cadre des actions « Jeunesse et Sports ». Ce qui le conduit ensuite à une carrière d'acteur, atypique, parce que tardive. Elle débute à l'approche de la cinquantaine par le rôle d'Orgon dans le Tartuffe de Molière. Au théâtre, il travaille sous la direction de grands metteurs en scène, comme Roger Planchon, Patrice Chéreau ou Peter Brook et devient pensionnaire de la Comédie-Française à partir de 1984, où il participe à des spectacles marquants de l'époque de l'administrateur Jean-Pierre Vincent. Mais il est connu du grand public surtout pour le personnage du commissaire Cabrol de la série télévisée Les Cinq Dernières Minutes, qu'il incarne de 1975 à 1992. Au cinéma, il est connu entre autres pour son rôle du directeur de l'école primaire dans Le Maître d'école. Il participe à une trentaine d'autres films. Après s'être retiré de la scène en 1998, il vit une retraite paisible dans sa région natale, la Picardie. 



                                


Le tueur (1972) :Un polar violent et sans faille bien dans le ton du cinèma de l'èpoque et qui n'ajoutera rien à la gloire du grand Jean Gabin! A la mise en scène: le solide mètier de Denys de La Patellière ; A l'interprètation: Bernard Blier en patron des services de police, Fabio Testi en redoutable tueur (jeune premier du cinoche italien très demandè à l'èpoque) et bien sûr Gabin dans un rôle taillè sur mesure, celui du Commissaire Le Guen, 67 ans et à l'âge de la retraite, si on le souligne avec ironie (non pas comme comèdien mais comme commissaire de police). "Le tueur" où s'oppose deux policiers (Gabin et Blier) traquant, selon des mèthodes diffèrentes, un dangereux criminel, n'en demeure pas moins plaisant à suivre avec l'atmosphère des 70's! On notera la courte apparition de Gèrard Depardieu qui donne juste le temps de deviner le tempèrament de son personnage en y jouant Fredo, un gangster inexpèrimentè utilisè par la police pour traquer Gabin! Honnête...
Découvrir Gérard Depardieu dans son troisième long métrage et retrouver Jean Gabin dans à la fois un de ses derniers films et un des rares n'ayant pas déplacés un million de spectateur,cela ne se manque pas. C'est d'ailleurs en revoyant ces films français des années 70 qu'on mesure mieux toute les changements physiques de notre société actuelle. Revoir Paris,ses voitures datées ,le trou des halles,ses bistrots et le style des habitants de cette époque récente est un vrai plaisir pour le parisien que je suis.



   


Coté cinéma,il faut avouer que c'est bien moyen mais cependant avec de beaux moments comme le traquenard final qui est réussi. Fabio Testi s'en donne à coeur joie mais ne s'impose pas ,ce qui n'est pas le cas non plus du chanteur Felix Marten qui passe bien inaperçu. L'idéologie de la police française et ses rapports avec les élus politiques est intéressante car même si elle est ici caricaturale (Gabin/Blier),elle reste et restera toujours d'actualité sous nos démocraties de plus en plus liées à l'argent.        Exclusivement réservé aux fans de Gabin et Blier. Un homme aux cheveux longs est méchant et a la détente facile... mais il a un cœur ! et une copine tirée du trottoir de Marseille... Ils rêvent d'Amérique du sud... Un flic ayant passé l'âge de la retraite veut la peau du "tueur".


                               


Et la vilaine modernisation de la police veut empêcher les bonnes vieilles méthodes du vieux flic ! ah la la !   Un peu déçu à vrai dire par ce film dont j'attendais pas mal, il est moins bon que d'autres polars de la même époque, Le pacha par exemple. L'histoire repose pour beaucoup sur Fabio Testi, et pas assez sur Gabin, d'un autre côté j'ai trouvé que l'action etait assez mollassonne ce qui ets préjudiciable au film. Le personnage de Gabin a aussi un peu trop tendance à se tenir en retrait, c'est dommmage. Par contre on note pas mal d'excès, au niveau des tueries ça part dans tous les sens, c'est un peu trop à mon goût. Ce qui sauve le film d'une assez grande médiocrité c'est le face-à-face hiérarchique entre Blier et Gabin, on a 2 monstres sacrés du cinéma Français qui "s'affrontent" et ça cogne dur dans les dialogues.         


                               


Premier film à traité de la rafle du vel d’hiv, « les guichets du Louvre » s’oppose en tout points à « La rafle ». Il prend pour personnages principaux un jeune couple auquel il est facile de s’identifier, un étudiant républicain entêté, idéaliste et courageux et une jeune juive, ouvrière résignée à son sort (la regrettée Christine Pascal). La mise en scène insiste sur l’aspect angoissant de la situation, la répétition du passage des bus vert et le quadrillage des rues par les forces de l’ordre, finis par créer un climat de traque anxiogène plutôt réussis, proche de l’univers de Kafka. L’histoire sentimentale prend tout de même le dessus au final. Le film vaut aussi pour le portrait assez manichéen qu’il fait du comportement des français à l’époque, partagé entre les justes, les antisémites et les profiteurs qui pillent les appartements fraîchement désertés, en cela il rejoint le film de Rose Bosch, sans doute est il difficile de nuancer son récit quant on évoque une époque où les sentiments et les opinions étaient aussi tranchés. Reste un film sobre et sensible, réalisé avec tact et talent. A (re)découvrir.   Infèrieur à "La rafle" de Rose Bosch où l'on voyait de l'intèrieur la tragèdie de la rafle du Vél' d'Hiv', "Les guichets du Louvre" vaut avant tout pour sa brillante reconstitution d'èpoque et pour l'interprètation parfaite de Christine Pascal en jeune et frêle juive, avant Tavernier! il y a quelque chose de scolaire et d'acadèmique dans ce drame français qu'on ne saurait trop recommander pour sa leçon d'histoire!



   

Avec nèamoins, d'une jolie scène comme ce beau et long baiser entre Paul et Jeanne! A cette tension, rèpondent quelques dèambulations dans la capitale, rehaussèes parfois par le choix des seconds rôles, tels que Michel Auclair, ou par la musique, celle de Mort Shuman! Le temps prend la parole (les couleurs des glaïeuls paraissent distillèes. L'èclat pur de ces touches ècrase presque la substance vivante de la fleur), et nous devenons des passants, essayant de retenir vainement une ombre (Jeanne) qui nous ressemblent! Dommage que le jeu constipè de Christian Rist gâche un peu le plaisir! Mais Christine Pascal ètait si belle et talentueuse...  Sur un sujet aussi difficile et bouleversant on frise la perfection. Nul besoin (surtout pas) des effets Hollywood de Rose .... ni de la saga tragique sur trois générations avec d'incessants va et vient de "elle s'appelait Sarah".


                                  


Tout en finesse, pas manichéen, les salauds eux-mêmes sont mal à l'aise et les braves gens tout surpris (et heureux) de leur courage. Les flics un peu sonnés par le rôle ignoble qu'on leur fait jouer. (Rappelons que grâce aux fuites des commissariats, plus de la moitié des hommes ont échappé à la rafle.) Seule la milice est hideuse, Mitrani n'en fait pas plus que nécessaire. L'utilisation de ce couple de fiction permet d'éviter le style reportage, la jeunesse et l'indécision de ces "pauvres petits" rendent au mieux compte de ce que les faibles vivaient. La fin est l'allégorie parfaite de ce drame. Le film idéal pour faire découvrir en douceur et avec grande empathie ces évènements à ceux qui ne l'ont pas vécu. Michel Borel

jeudi 25 février 2016

Sig Ruman

Incarnation classique du paradoxe des acteurs allemands émigrés aux Etats-Unis dans les années 30, Sig Ruman va se spécialiser dans la caricature teutonne made in Hollywood. Sa grande carrure, ses sourcils fournis, la barbe et l’œil noirs, tout en lui contribue à développer cette image inquiétante qu’il saura pourtant mâtiner d’humour, surtout après son stage intensif d’un jour et deux nuits avec les Marx Brothers ! Hermann Gottlieb, le directeur de théâtre d’«Une nuit à l’opéra» (1935), comme le Dr.Leopold X. Steinberg d‘«Un jour aux courses» (1937) seront les bêtes noires idéales de Groucho. Après-guerre, l’infernal trio se souvient de ce bon Sig pour «Une nuit à Casablanca» (1946) où il campe Heinrich Stubel, clin d'oeil au personnage de Conrad Veidt dans le film mythique de Michael Curtiz. A l’instar d’Emil Eggelhoffer, le psychiatre de «La joyeuse suicidée» (1937), ou du Dr.Julius Gustav Krogmann dans «Les aveux d’un espion nazi» (1939), les consonances allemandes seront au rendez-vous tout au long de sa filmographie, à deux ou trois exceptions près comme le Sergent Pellerin, grand-père d'Annabella dans «Suez» (1938). Il campera aussi quelques apparatchiks égarés dans la foulée de «Ninotchka» (1939) d’Ernst Lubitsch : il faut dire que le rôle de Michael Simonavich Iranoff, commissaire soviétique menant joyeuse vie à Paris, lui offre une de ses meilleures prestations. Après «Illusions perdues» (1941) – on l’y voit en M.Kafka, un Hongrois jovial – Lubitsch le rappelle pour son inénarrable interprétation de «To Be or Not to Be» (1942) : le redoutable Colonel Erhardt, chef de la Gestapo, s’avère un dangereux crétin qui éclate d’un rire tonitruant lorsqu’il apprend qu’on le surnomme Camp-de-Concentration-Ehrardt ; dans ce rôle, Sig Ruman atteint des sommets de férocité burlesque : c’est à lui que revient la plus célèbre réplique du film : "Il a fait à Shakespeare ce que nous avons fait à la Pologne !".(http://encinematheque.net/bibli/A0/A074/index.asp)



                  


Sorti en 1946, Une Nuit à Casablanca aurait déclenché la fureur de la Warner Brothers qui menacèrent d'un procès pour l'emploi abusif du nom "Casablanca" trois ans après qu'ils l'avaient déposé à l'occasion du film de Michael Curtiz. Les Marx Brothers répliquèrent qu'ils pourraient eux aussi porter plainte : les "Marx Brothers" ont en effet déposé leur nom avant la "Warner Brothers", ces derniers ont donc ont usurpé la marque "Brothers". La Warner n'insista pas et les Marx s'en sortirent une fois de plus par une de ces pirouettes qui les caractérisent. Une Nuit à Casablanca a été réalisé par Archie Mayo, célèbre par ailleurs pour La Forêt pétrifiée, l'un des premiers succès de Bogart. S'il assemble des gags de très bon cru, Une Nuit à Casablanca met néanmoins un certain temps à démarrer. L'intrigue fait bien évidemment penser à Casablanca (le litige n'était pas si infondé), et on rit franchement lorsque pendant une arrestation des "suspects habituels", Harpo fait tomber une maison qu'il soutenait de la main. Mais le sommet est sans nul doute la scène des bagages où les frangins font tourner le pauvre méchant en bourrique sans aucune pitié. Car les Marx Brothers sont pour qui que soit impitoyables. C'est très bon et complètement loufoque. Ça commence par l'un des gags visuels les plus célèbres de l'histoire du cinéma (Harpo qui soutient le mur d'une maison...)


           


Le film contient deux scènes d'un délire absolu, celle de la préparation des valises et celle de la poursuite avec l'avion. les Marx sont toujours bien dans leurs rôles respectifs,toujours aussi foldingues, et les morceaux de piano (Chico) et de Harpe (Harpo) sont toujours aussi bien. On notera la présence au générique de Lisette Verea dont on se demande pourquoi elle n'a pas fait carrière dans le cinéma, avec son physique à la Ava Gardner.  Ce film nous fait sourire du début à la fin. Les Marx Brothers courent partout durant tout le film ce qui rend le film extrèmement marrant. La présence de Harpo est tout à fait remarquable car il ammène un plus au film, un peu de scilence à tout le brouhaha de l'hotel. Durant le film, les trois frêre mênent une enquète qui est entrecoupé de moment de sérénité avec la musique quils interprètent. Seul regret, tout va trop vite...


                               

La légende voudrait que Warner Brothers ait menacé d'attaquer la production pour l'utilisation du mot Casablanca dans le titre et que Groucho Marx ait répondu en les menaçant de les attaquer pour l'utilisation du mot Brothers, sachant que les Marx Brothers existaient bien avant Warner Brothers. A une demande ultérieure de détails sur le scénario, Groucho leur aurait répondu une histoire totalement farfelue (où il est un docteur en théologie australien pendant que Chico vend des éponges aux piliers de bar avinés pour les empêcher de vomir et que Harpo est un porteur arabe qui vit dans un ancien vase grec à la périphérie de la ville). Tout ceci semble toutefois avoir été inventé de toutes pièces et donné à la presse pour faire la promo du film, la Warner a nié tout contact.(http://films.blog.lemonde.fr/tag/harpo-marx/)


                                


Le clown est roi (1954) .Il s'agit d'une comédie en couleur se déroulant dans l'univers du cirque. Lorsqu'ils quittent l'armée Jerry et Pierre se font embaucher dans un grand cirque comme hommes à tout faire. Mais Jerry rêve de devenir clown ... Le scénario est très léger. On voit les deux amis exécuter différentes taches : monter le chapiteau, soigner les animaux, aider les artistes ... Ce n'est pas inintéressant mais cela n'est guère captivant. On assiste à quelques numéros de cirque plus ou moins originaux : funambules, trapèze ... et les clowns bien sur. Les gags sont essentiellement visuels, plus ou moins burlesques. Hormis l'excellent gag du poisson le scénario n'explore pas le comique de l'absurde, c'est dommage. Jerry Lewis qui interprète Jerry est évidemment très bon dans le rôle de clown taillé sur mesure. Dean Martin dans le rôle de Pierre est l'éternel séducteur dont les femmes tombent inévitablement amoureuses ... Ses chansons cassent un peu le rythme et n'apportent pas grand chose au film. Il y a beaucoup de bons sentiments, notamment lorsque le cirque fait une représentation pour les orphelins. Ce passage du film est beau, comique et émouvant à la fois. La mise est scène est très ordinaire essayant juste de mettre en avant le monde du cirque, les animaux et les artistes. Le film est tout de même assez agréable à regarder. Réalisé en 1954 par Joseph Pevney et se rapporte à la période où Jerry Lewis est alors associé au cinéma à son partenaire de cabaret Dean Martin.



   


L’intrigue est fort simple, deux amis dans le besoin, (Jerry et Pete) pour qui la vie se résume à une suite de gags et de farces, finissent par trouver un poste de manœuvres dans un cirque américain à trois pistes, d’où le titre original “3 Ring Circus”. Jerry désire devenir clown et un soir il remplace un clown absent. Son sens de la scène conquiert un public indulgent. Le voilà membre à part entière de la troupe. Pete ne demeure pas en reste et devient, en quelque temps, le manager de la caravane. Une belle trapéziste prend ombrage de ce succès. Elle décide de quitter les lieux. Le nouveau directeur, que l'orgueil conduit à devenir pingre, n'est plus l'homme insouciant qu'il était. Rien ne va plus entre les deux anciens compagnons... “Le clown est roi” qui vient après ”Sous le plus grand cirque du monde“ n’a pas eu le succès de ce dernier, ce qui peut paraître curieux car rarement un film ne nous a montré la préparation de l’entrée comique, monde fait de stress et d’émotion.(http://www.cirk75gmkg.com/2014/05/le-clown-est-roi-3-ring-circus-et-le-jour-ou-le-clown-pleurera-the-day-the-clown-cried-deux-films-avec-jerry-lewis.html)

mercredi 24 février 2016

Tina Brooks

La vie musicale de Harold Floyd « Tina » Brooks commence durant son adolescence, dans le quartier du Bronx où ses parents se sont installés en 1944, à leur arrivée de Caroline du Nord. Il apprend les rudiments instru-mentaux à l’école et grâce aux conseils de son frère « Bubba », saxophoniste ténor (toujours en activité). Après avoir essayé l’alto, il adopte, lui aussi, le ténor. Son aîné, qui entame à cette époque une longue carrière dans les orchestres de rhythm ‘n’ blues, le fait entrer dans celui du pianiste Sonny Thompson, en 1950, à sa suite. Engagé par des artistes tels Charles Brown, Amos Milburn et Joe Morris, Tina passera ainsi plusieurs années au sein d’ensembles d’instrumentistes chanteurs à la mode auprès du public noir, avec lesquels il tourne abondamment et entre parfois en studio. Leur musique tape-à-l’œil lui permet de gagner sa vie mais pas de faire entendre sa voix. Cette insatisfaction le pousse à approfondir en parallèle ses compétences en harmonie et en théorie auprès de Herbert Bourne, à qui l’a recommandé l’arrangeur Sy Oliver. Intégrant en 1955, le big band de Lionel Hampton, il se rapproche du monde du jazz, mais ses attentes sont déçues : on ne lui laisse guère là non plus l’occasion de s’exprimer.


                   


C’est l’année suivante que Tina Brooks fait la rencontre déterminante : celle de « Little » Benny Harris, avec lequel il se produit dans une boite du Bronx, le Blue Morocco (un nom qui ne s’invente pas), qui toute sa vie sera sa tanière. Le trompettiste, historiquement l’un des tous premiers boppers, le prend sous sa protection et l’initie au vocabulaire du jazz moderne, à ses subtilités complexes et à son répertoire. Sous cette égide, le saxophoniste développe rapidement son style, avec pour influences Lester Young et ses fidèles disciples Wardell Gray et Dexter Gordon, tout en étant sensible à ses contemporains : Hank Mobley et Sonny Rollins. Et c’est ici que la chance semble lui sourire. Sur les conseils de son protecteur, Alfred Lion, le producteur de Blue Note, vient l’écouter et repart si conquis que Brooks intègre immédiatement les rangs de la célèbre firme : en quatre mois, il participera à quatre séances d’enregistrement. Ses véritables premiers pas phonographiques ont lieu en février 1958, sur trois morceaux d’une séance marathon en forme de jam-session autour de l’organiste Jimmy Smith, vedette maison. Il y là des habitués auxquels il se mêle timidement : Curtis Fuller, Lou Donaldson, Lee Morgan, Art Blakey... On retrouve ces deux derniers le 16 mars suivant, avec Sonny Clark et Doug Watkins, comme sidemen de son premier disque personnel, connu sous le titre de Minor Move. Avec ce casting, Blue Note met les petits plats dans les grands pour accueillir sa nouvelle recrue qui sait se montrer à la hauteur de l’enjeu. Bizarrement pourtant, ces faces éclatantes paraîtront seulement pour la première fois en 1980, lorsque les producteurs japonais entreprendront de fouiller le fonds miraculeux des bandes inexploitées de la compagnie.


                   


L’essentiel de la carrière fugace de Tina Brooks va se jouer pendant l’année 1960. Un an pour se faire une petite place sur la scène du jazz, trouver des partenaires d’entente, et graver quelques titres éternels. Le premier interlocuteur à sa hauteur est un jeune trompettiste prodige de 22 ans appelé à faire parler de lui : Freddie Hubbard. Les deux hommes se rencontrent par l’entremise de Ike Quebec dans le club de Count Basie, sympathisent et s’admirent mutuellement à tel point que Hubbard invite Brooks en juin à participer à son premier disque : Open Sesame, pour lequel son ami signe trois compositions, dont le titre éponyme et un remarquable « Gypsy Blue ». Tina Brooks lui rend la pareille en septembre en le conviant à collaborer à l’unique disque paru sous son nom de son vivant : True Blue, un chef d’œuvre du hard bop qui bénéficia de l’une des plus belles couvertures graphiques de Reid Miles. Ces disques miroirs laissent apprécier pour la première fois ses talents de compositeur, d’arrangeur et d’improvisateur. Comme dans une lignée obscure des Messengers, à dominante blues, voire fortement gospel – les titres le manifestent aussi –, ses thèmes combinent de manière très intriquée mais sans étouffement les voix du ténor et de la trompette qui exposent ensemble, de façon fragmentée mais remarquablement complémentaire, une mélodie principale, faussement simple et toujours très chantante, tandis que le trio piano - basse - batterie développe une trame harmonique riche, à dominante mineure, et une base rythmique appuyée, volontiers exotique, toujours très balancée.


                    


En septembre, Blue Note planifie une session en sextet où McLean et Brooks se partageraient les composi-tions, les arrangements et la paternité du disque : chacun signe trois morceaux. Une aubaine pour Brooks, toujours en attente de reconnaissance. Le trompettiste Blue Mitchell met sa belle sonorité au service de l’ensemble ; la rythmique Kenny Drew - Paul Chambers - Art Taylor offre son impeccable savoir-faire. Il ne manque aucun ingrédient pour faire un disque susceptible d’attirer attention et lauriers. Or plus d’un an et demi auparavant, McLean a dirigé une session en quintet qui n’a donné que trois titres satisfaisants depuis lors demeurés en at-tente. Etrangement, Lion qui n’a pas d’habitude ce genre de scrupules, tient à la publier coûte que coûte. Au lieu de laisser dormir ces titres anciens, il change ses plans, sélectionne trois titres de la séance en cours et décide d’en attribuer la responsabilité au seul McLean. Tant pis pour le malheureux Brooks, et tant pis pour les morceaux restants, qui, sacrifiés, traîneront au fond d’une boîte jusqu'à ce que les Japonais, en 1979... Vous commencez à connaître l’histoire. En octobre a lieu la troisième session du saxophoniste sous son nom, toujours pour Blue Note : Back to the Tracks. Retour en piste, avec une équipe de choc (la même sans McLean), mais une fois de plus en vain. Ce disque, bien que parfaitement programmé, ne sera jamais commercialisé non plus. Tout est pourtant prévu : un titre (amèrement ironique), une pochette, un numéro de référence (BST-84052). Il est annoncé et répertorié sur les pochettes promotionnelles des vinyles... Aucun exemplaire ne sera produit. Pourquoi ? Mystère. De quoi s’arracher les cheveux. Il faudra toute la ténacité d’un collectionneur insatiable à la recherche de ce disque fantôme pour que l’on prenne conscience, deux décennies après, que l’album n’avait en définitive jamais été mis sur le marché ! Les éditeurs nippons seront les premiers à le publier. (http://hardbop.pagesperso-orange.fr/brooks.html)