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dimanche 31 janvier 2016

Sous le soleil de minuit

Vingt ans après la mort d'Hugo Pratt, le célèbre marin revient, le 30 septembre 2015, dans une nouvelle aventure illustrée par Rubén Pellejero et scénarisée par Juan Díaz Canales. Après vingt-trois ans de silence, Corto Maltese renaît sans Hugo Pratt. Son créateur ayant souhaité «être écrasé par la notoriété de (son) personnage», c'est au tandem ibérique Juan Díaz Canales-Rubén Pellejero que l'on doit cette résurrection. Sous le soleil de minuit débute par un poème de Robert W.  Service (1874-1958). Sur une étendue neigeuse, Corto file vers son destin, accompagné de Raspoutine. L'atrabilaire ami de Corto craint de mourir de froid… avant que Corto ne se réveille. Belle entrée en matière à la fois onirique, poétique et arctique. Comme jadis Alcide Nikopol sortait de son sommeil cryogénique dans La Foire aux immortels, de Bilal, Corto rouvre les yeux à San Francisco, en 1915. Entre les mains, il tient l'ouvrage de Robert W.  Service. Jack London (qui mourra un an plus tard) lui confie une mission: remettre une lettre à un amour de jeunesse, aux confins du grand Nord. Seul Corto peut parcourir le monde au péril de sa vie afin de rendre service à un ami. C'est d'ailleurs là que réside la principale réussite de Sous le soleil de minuit : Corto est bien de retour. Corps et âme. L'Espagnol Rubén Pellejero, fils spirituel de Pratt depuis Le Poignard d'Istamboul, a retrouvé l'esprit graphique du maestro sans se trahir lui-même. Cursif, raffiné, son trait redonne vie aux jambes interminables de Corto.



                   


Quant à l'intrigue bondissante de Juan Díaz Canales, elle permet à notre marin romantique de croiser une galerie saisissante: l'explorateur noir Henson, éclipsé par Peary, un boxeur amoureux d'une peste, un mercenaire irlandais renégat à la solde d'un Inuit fou, disciple de Robespierre, sans oublier un régiment de la police montée canadienne. Corto traverse cette aventure avec le flegme et l'élégance qui le caractérisent. Il revient comme le fils prodigue de la parabole. Et on lui trouve toutes les qualités. Sur la tranche de l'album, le chiffre 13. Se pourrait-il que cela lui porte malheur? Que nenni! Adolescent, Corto s'est entaillé la paume de la main au rasoir pour se faire une ligne de chance. Grâce à ce talisman, il est invulnérable. Pour notre plus grand plaisir. (http://www.lefigaro.fr/livres/2015/09/23/03005-20150923ARTFIG00296--sous-le-soleil-de-minuit-le-retour-de-corto-maltese.php)



                   

Le public adore être surpris par ce qu'il connaît déjà. A cette aune, Juan Diaz Canales (scénario) et Ruben Pellejero (dessin) ont plutôt réussi leur reprise de Corto Maltese. Tous les ingrédients "prattiens" sont réunis dans Sous le soleil de minuit : une tempête en mer, une lettre mystérieuse, un trésor, le fantôme de Jack London, un Raspoutine bien vivant portant chapeau Charleston et cravate, des soliloques du héros au pied d'un arbre, une pirogue, des femmes, le tout sur fond d'Alaska enneigé de 1915...   Si le scénario est parfois un peu compliqué en raison du nombre de personnages - cela va d'indépendantistes irlandais à des Inuits en passant par une prostituée japonaise -, l'histoire retombe sur ses pieds grâce au savoir-faire de Canales. Dans ses dialogues, le scénariste a bien su retrouver le laconisme propre à Corto.   Le dessin, lui, renoue avec l'Hugo Pratt des années 1970, quelque part entre Les Ethiopiques et Fable de Venise, loin des deux derniers albums un peu plus relâchés du maître. Pellejero, qui reprend fidèlement nombre d'attitudes corporelles du marin maltais, offre au passage quelques très belles cases muettes. Les couleurs, en revanche, faites de grands à-plats ocre et gris, feraient plutôt penser à la série Jonathan de Cosey. A l'arrivée, Canales et Pellejero livrent une solide bande dessinée d'aventure. Un chouïa trop solide même, peut-être, tant on aimait aussi chez Pratt les chemins de traverse, les histoires un peu bancales, les conversations sous la lune et les ellipses poétiques...(http://www.lexpress.fr/culture/livre/sous-le-soleil-de-minuit-que-vaut-le-nouveau-corto-maltese_1719041.html)

1 commentaire:

  1. http://nitroflare.com/view/6B8E30517096536/Corto_Maltese_T13.pdf

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