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mardi 26 janvier 2016

Prunella Ransome

Prunella Ransome est une actrice anglaise née le 18 janvier 1943 à Croydon au Royaume-Uni et décédée en mars 2002. Elle fait ses débuts dans la comédie musicale de 1959 "Jane Eyre" et d'autres apparitions dans "Do Re Mi" et "ou est Oliver?". Elle  passe ensuite cinq mois à chanter dans un cabaret à Athènes et à son retour au Royaume-Uni travaille  pour un concessionnaire automobile de Londres avant de se produire en 1965 dans  Les filles jouent des matches. Après 1966 ,son jeu  ayant attiré l'attention d'un producteur ,elle obtient une nomination au Golden Globe Award (second rôle féminin) pour Loin de la foule déchaînée.Elle progresse dans sa carrière cinématographique en jouant le premier rôle féminin dans le film de 1969 Alfred le Grand. Sa carrière  , cependant, a été axée presque exclusivement sur ​​la télévision, Ransome a  fait ses débuts dans ce milieu dans la série de 1967 Kenilworth. Dans les années 1970, elle a des rôles majeurs dans trois  séries télévisées bien considérées : Navire de guerre et un cavalier à cheval par la BBC; ainsi que des connaissances Dangereuses pour Southern Television. Elle est également apparue dans d'autres séries de télévision durant cette période...



                  


Le titre original (Man in the wilderness) et le titre français (Le convoi sauvage) de ce chef-d’œuvre méconnu de Richard C. Sarafian sorti en 1971, si on les réunit, recomposent l'image globale d'un film fracturé en deux pratiquement dès le départ. Le cinéaste nous embarque au beau milieu d'une expédition de trappeurs pour le moins improbable (mais inspirée d'une histoire vraie) dans le nord-ouest américain des années 1820. Ayant fait le plein de peaux de castors valant leur pesant d'or, les hommes du capitaine Henry (interprété par le grand cinéaste John Huston) se dirigent vers le fleuve Missouri en tirant un bateau monté sur roues à travers les terres à l'aide d'un attelage de 22 mules. Lors d'une halte, Zachary Bass (Richard Harris), membre de l'équipage et favori du capitaine, est attaqué par un ours qui le met en pièces. Le capitaine Henry commande à deux de ses hommes de veiller sur son protégé aux portes de la mort jusqu'à ce qu'il trépasse puis de l'enterrer pendant que lui et le reste du convoi poursuivront leur route. S'il n'est pas mort au petit matin, qu'ils l'achèvent. Mais Zach Bass n'a pas l'air de vouloir y passer et ses deux fossoyeurs attitrés, effrayés par l'approche de quelques indiens, le laissent en l'état. Petit à petit, le mourant recouvre ses forces et se remet sur pattes, au point de se lancer vaille que vaille à la poursuite de ceux qui l'ont abandonné.Autant dire que si nous sommes bien dans un western avec cette chevauchée sans pareille de chasseurs en manteaux à franges confrontés à une Amérique du nord montagneuse, enneigée et hostile, peuplée de bêtes sauvages et d'indiens, c'est à un western bien particulier et complètement hybride que nous avons affaire. Le film s'ouvre en indiquant qu'il se base (très librement en réalité) sur des faits réels mais prend immédiatement l'aspect d'un conte sidérant. Les premiers plans, où le convoi tumultueux et le bateau roulant qu'il charrie à grand bruit sur une musique géniale de Johnny Harris se distinguent lentement derrière des broussailles dans un paysage séculaire, donnent le ton en nous plaçant immédiatement devant une sorte de chimère mécanique, pure apparition jaillissant de nulle part dans un no man's land propice à l'irruption du fabuleux.


           


Le Convoi sauvage prend très vite l'aspect d'une légende, avec l'ancrage dans un fond de vérité historique et l'extrapolation mythologique que cela implique. Cette dualité est à l’œuvre durant tout le film (même si rien n'y est binaire ou simpliste, comme nous le confirmera la fin du récit), au point que l'histoire se scinde en deux. D'un côté le film prend la forme d'un survival, où Richard Harris se reconstruit petit à petit pour rattraper ses anciens camarades et se venger, et de l'autre celle d'une épopée homérique. La partie la plus importante de l'histoire, le titre original ne s'y était pas trompé, concerne le personnage de Zachary Bass qui, parallèlement au voyage de l'énorme véhicule monstrueux et composite du capitaine Henry, digne d'une créature féérique, va lui-même se transformer en chimère organique, mi-homme mi-bête. Après s'être fait déchiqueter par un grizzli, Zach sauve sa peau en pêchant le crabe à la main et en cueillant des baies, il se recouvre de feuilles pour que l'odeur de son sang n'attire pas les prédateurs, dispute la viande d'un bison agonisant - qu'il dévorera crue - à des loups sauvages, et n'hésite pas à chasser le léopard afin d'en utiliser la peau comme vêtement.


                    


Difficile de ne pas penser à Essential Killing en voyant le film aujourd'hui, mais le héros de Sarafian emprunte finalement une trajectoire contraire à celle du personnage de Skolimowski, même si dans les deux cas il s'agit pour l'homme d'opposer résistance à la fatalité et de préserver coûte que coûte une part d'humanité. Le taliban joué par Vincent Gallo, peu à peu condamné à sombrer, est poussé dans ses derniers retranchements et dans ses plus bas instincts bestiaux par des circonstances sans issue, en dépit de l'insoumission farouche de sa conscience d'homme. Zachary quant à lui retrouve peu à peu forme humaine lorsqu'il réapprend à faire du feu et à se tenir debout, quand il se recouvre de peaux de bêtes et reprend la route. Il reste pourtant double jusqu'à la dernière scène : humain parce que mu dans son épreuve par le souvenir de sa femme et de son fils, la première moitié du film étant rythmée par des flashbacks sur la vie de Zach, comme dans le film de Skolimowski, visions oniriques auxquelles s'ajoute une scène d'hallucination (qui contribue d'ailleurs à installer la dimension merveilleuse du récit) dans laquelle le héros se projette parmi les siens, et cette part d'humanité du héros rejaillit d'un bloc lorsqu'il est bouleversé de voir une femme indienne accoucher seule au milieu de la forêt dans l'une des plus belles séquences du film ; mais bestial encore en tant qu'il reste obsédé par sa haine et sa volonté de vengeance.(http://ilaose.blogspot.fr/2013/02/le-convoi-sauvage-man-in-wilderness.html)



                  

Présenté au festival d’Avoriaz 1977, couronné d’un Prix de la Critique puis devenu quasi-introuvable, amputé de plusieurs séquences dans ses versions internationales, voire interdit pendant de longues années dans plusieurs pays (Finlande, Islande…), il n’en fallait pas plus à ¿Quién puede matar a un niño? pour se forger chez les amateurs de cinéma de genre une réputation de choix, décuplée par sa rareté. La sortie d’un DVD zone 1 en 2007 chez Dark Sky Films, puis celle d’un zone 2 fr chez Wild Side courant 2008, permettent enfin d’évaluer sur pièce la pérennité de l’impact d’un film-choc des années 70. Et bien que les critères de subversion par l’image aient indéniablement évolué en 30 ans, bien qu’il soit aujourd’hui bien plus difficile de surprendre ou de choquer un public quotidiennement abreuvé de diverses formes de violence, force est de constater l’admirable tenue, visuelle comme thématique, de ce film étonnant, qui déroutera et décevra probablement les amateurs exclusifs de bis sanguinolent (pour peu que cela existe). En effet, s’il demeure exploité en France sous son titre apocalyptico-futuriste (et désormais totalement ringard) de Révoltés de l’an 2000, et si les exploitants internationaux auront rivalisé d’opportunisme racoleur pour suggérer l’horreur (le film est parfois appelé Lucifer’s curse ou Island of the damned, en référence illégitime aux enfants « damnés » du Village of the damned de Wold Rilla), l’essentiel du film réside dans son titre original, ¿Quién puede matar a un niño?, que l’on pourrait traduire par « Qui peut tuer un enfant ? ». Question faussement provocatrice dont l’inattendue réponse est brutalement donnée dès l’implacable générique de début, durant lequel des images d’archives des camps d’Auschwitz, des guerres de Corée ou du Viet-Nam, ou encore des famines provoquées par les guerres civiles nigérianes viennent illustrer le propos du cinéaste : en fait, tuer des enfants est un exercice pratiqué en permanence par l’Humanité, puisque ces innocents sont les premières victimes de la folie des adultes. 





Le film repose ainsi sur un postulat horrible mais légitime (ou horrible parce que légitime) : et si les enfants du monde décidaient de ne plus subir et se retournaient contre leurs bourreaux, c’est à dire nous ? Dès ses premières minutes, ¿Quién puede matar a un niño? place ainsi son spectateur dans une extrême situation d’inconfort, en cherchant par ce biais de « défictionnalisation » à s’affranchir d’un statut de divertissement horrifique, pour en quelque sorte confronter son public à de bien réelles responsabilités collectives. Le réalisateur, Narciso Ibanez Serrador, regrettera ensuite ce choix d’ouvrir son film par ce générique lourdement didactique, qui aurait été plus à sa place selon lui en tant qu’épilogue du film. Cela étant, tant pour la gravité qu’elle confère d’emblée au film (et dont celui-ci ne se départira quasiment jamais) que pour l’équilibre de la vraie fin, la place de cette séquence ne nous semble pas préjudiciable, mais il n’est pas interdit de trouver la démonstration un brin appuyée, d’autant qu’elle sera de nouveau étayée par des images d’enfants thaïlandais lors d’une séquence plus tardive chez le vendeur de pellicules photographiques. ¿Quién puede matar a un niño? pourrait donc s’apparenter à un « survival » à double entrée : d’une part et de manière littéralement diégétique, pour ce couple de touristes en milieu hostile ; d’autre part, et de manière bien plus réflexive, pour l’Enfance même, dans une réaction de violence qui tiendrait donc autant de la revanche que du réflexe de survie.

                              


L’idée des enfants maléfiques, dans la littérature comme au cinéma, n’est pas unique : on a cité le Village of the Damned de Wolf Rilla, daté de 1960, mentionnons également parmi les films emblématiques reprenant ultérieurement cette idée son remake homonyme signé John Carpenter, Children of the CornPet Semetary ou La malédiction. Elle offre cependant au sein du genre horrifique l’opportunité de traiter la peur de manière assez différente, et Narciso Ibanez Serrador ne s’en prive pas. Dans beaucoup de films d’horreur, l’effroi naît en effet de peurs extrêmement primitives, au premier rang desquelles la peur du noir et la peur des monstres. Mettez un bogeyman affreux dans un appartement privé d’électricité la nuit, et même vos spectateurs les plus rôdés ne pourront s’empêcher de cramponner leur fauteuil à un moment ou un autre. La démarche, dans le registre qui nous intéresse, est bien différente et consiste à créer une peur purement intellectuelle, en ce qu’elle heurte nos conceptions les plus figées, en ce qu’elle bouleverse l’ordre du monde tel que nous l’envisageons. Le trouble naît donc de l’incompréhension et de l’impossible acceptation d’un état de fait incompatible, en l’occurrence, avec notre vision de l’enfance, ce monde de l’innocence, de la pureté et de la vérité, laquelle, c’est bien connu, sort de la bouche des enfants. Dans ¿Quién puede matar a un niño ?, avant même de commettre sous nos yeux l’impensable, ces enfants ne nous paraissent pas vraiment « normaux » et la suite offre régulièrement un déstabilisant contraste (parfois simultané) entre des gamins souriant, jouant, courant, rigolant tels que nous les envisageons, et des monstres froids, impassibles, manipulateurs, capables des pires atrocités et des pires mensonges. (http://www.dvdclassik.com/critique/les-revoltes-de-l-an-2000-serrador )

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