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vendredi 22 janvier 2016

George Hamilton

Il était admirable dans le western de Joseph Newman Tonnerre Apache 1961 en jeune sous-lieutenant arrivant vers un poste avancé de l'armée dans le désert ou un soulèvement indien était proche. Richard Boone était son supérieur et très vite l'animosité des deux sera un des aspects de ce western d'une très grande qualité sous fond de passion entre des êtres fragiles. George Hamilton qui fut en son temps l'un des jeunes premiers des plus en vue devra subir la loi de la nature en retrouvant très vite les pieds sur Terre, en effet après des débuts fracassants où il travaillera avec: Anderson, Minelli, Sturges... Il ne tenu pas les promesses que la profession avait mise en lui, il tira néanmoins son épingle du jeu dans quelques adaptations des plus fraternelles tels que Celui par qui le scandale arriva, Lumière sur le piazza, Les vainqueurs, Le fantome de Cat Dancing... Il connaîtra ses heures de gloire jusqu'à la fin des années 60, ne retrouvant pas par la suite son statut de vedette. Dans le western, il fut de quelques westerns assez intéréssants puisqu'il débute chez Vincent Sherman dans L'étoile du destin pour terminer dans un téléfilm Poker alice au côté de son amie Elisabeth Taylor. La fin sera pour lui des plus cruelles car caricaturé dans de variantes parodies de Zorro ou Dracula lamentable au yeux de son entourage. James


                              


Écrit par J.W. Bellah, le scénariste des films de garnison de John Ford, réalisé par un honnête faiseur et interprété par des comédiens de séries TV et de jeunes premiers à la mode, TONNERRE APACHE est un film d’une banalité absolue. Il n’est resté dans les annales du genre que par son insistance à décrire la réalité quotidienne des guerres indiennes: le film s’ouvre sur un massacre atroce sous les yeux d’une fillette choquée à vie, les cadavres se décomposent au soleil dans une puanteur insupportable obligeant les à porter un foulard sur le visage, les soldats dépensent leur paie en whisky qu'ils boivent jusqu'à l’hébétude, etc.C'est la vraie différence avec les films de Ford qui avait tendance à gommer les détails déplaisants pour glorifier l'homme de l'Ouest et son épopée, à créer une geste héroïque du Far-West.Sorti de cela, le CinémaScope de TONNERRE APACHE n’est pas très bien utilisé, le scénario se perd en à-côtés à peine dignes d’un mauvais ‘soap opera’ et les séquences d’action n’ont rien de très spectaculaire. À peine retiendra-t-on quelques plans généraux au milieu d’immenses cactus. Oui, c'est peu…Le buriné Richard Boone tient un rôle qui aurait parfaitement pu être joué par John Wayne. Grand second rôle, Boone n’a pas vraiment l’aura d’une tête d’affiche et traverse le film en bougonnant. Il n’est guère aidé il est vrai, par George Hamilton, acteur transparent et gauche.


            


C'est parmi les seconds rôles qu'il faut chercher quelques petits plaisirs fugaces : la poupine Luana Patten, Richard Chamberlain débutant en lieutenant propre sur lui, Slim Pickens en troufion et surtout Charles Bronson amusant en soldat chaud-lapin et insolent, qui assure la meilleure séquence du film : la bagarre avec Hamilton (enfin… sa doublure!) dans l’étable. C'est un personnage périphérique, mais avec sa façon de mâcher sa chique, de cracher à tout bout de champ et son étrange petit ricanement aigu, Bronson compose une silhouette inhabituelle, la seule un tant soit peu fantaisiste du film. Richard Boone se démarque nettement de tous les autres acteurs, c’est lui le héros si l’on peut s'exprimer ainsi, il sauve le film de la médiocrité. C’est un western triste dans lequel les militaires écrasés par la chaleur ou l’ennui trainent leur vie dans un fort perdu d’une contrée jadis peuplée d’apaches. Certains, devenus mendiants se réfugiant parmi eux. 


                

Dans cette atmosphère assez glauque, Newman a cru bon d'introduire une ancienne histoire d’amour pour tenter de la faire revivre, il n’en sortira que de la tristesse. Charles Bronson, à ses débuts se comporte comme un voyeur en manque permanente de rapports sexuels, c’est dire s’il est glorieux. George Hamilton est insignifiant et Luana Patten fait ce qu'elle peut dans ce contexte étrange ou une petite fille, devenue aphone suite au massacre de sa famille, erre la nuit. Il n’y a pas de mise en scène, aucun soin ne lui est apporté, les extérieurs sont si mal filmés qu'il sera difficile de comprendre la stratégie de la bataille finale. Pour compliquer les choses le capitane Maddocks parle par énigmes, pourtant, c’est le seul personnage qui aura des paroles profitables aux spectateurs, une leçon de vie en tant de guerre, c’est déjà ça.
(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-tonnerre-apache-1961-60836526.html)

 
                 


Richard Sarafian aimait les images insolites, et c’est ainsi qu’après l’improbable arche tirée à travers le désert par une trentaine de mules du Convoi sauvage, Le Fantôme de Cat Dancing s’ouvre par la découverte, presque aussi saugrenue, d’une cavalière apprêtée, petite ombrelle et chapeau haut-de-forme, arpentant un décor désertique où l’on s’attendrait plutôt à croiser des sauvages ou des bandits crasseux (ne nous inquiétons pas, ceux-ci ne vont pas tarder). Il s’agit de Catherine Crocker (incarnée par Sarah Miles, l’actrice britannique ayant alors récemment joué les premiers rôles chez Losey, Antonioni ou Lean), jeune femme distinguée à l’allure victorienne imaginée par l’auteure du best-seller paru en 1972 mais qui fut probablement développé par la scénariste et coproductrice Eleanor Perry selon sa propre expérience. Mariée à un avocat, Eleanor Irene Rosenfeld quitta en effet celui-ci pour un homme de 16 ans son cadet, Frank Perry. Ensemble, ils réalisèrent plusieurs films (seul Frank étant crédité à la réalisation), dont The Swimmer, cet étrange film avec Burt Lancaster. Puis, parti tourner en Espagne, Frank Perry avait décidé de quitter Eleanor et obtint un divorce unilatéral. En 1971, Eleanor Perry est donc une presque sexagénaire bafouée, aux idées féministes attisées par cet outrage. Et sa collaboration désastreuse avec son coproducteur Martin Poll ne viendra pas calmer son tempétueux caractère, loin de là ! La liste des griefs établie par Eleanor Perry à l’encontre de celui-ci est interminable : un bureau trop luxueux, une place de parking, un crédit au générique, mais surtout, l’adjonction forcée d’un co-scénariste masculin, car, selon Poll, « seul un homme sait écrire des dialogues de western » ! Le loup mâle étant entré dans la bergerie, un certain nombre d’autres scénaristes non crédités au générique vinrent ensuite apporter leur grain de sel au scénario (dont Robert Bolt, époux de Sarah Miles et co-auteur, notamment, de Lawrence d’Arabie), ce qui acheva d’excéder Eleanor Perry. Deux mois après la sortie du film, ulcérée, elle se fendit dans le Los Angeles Times d’un dévastateur article exutoire intitulé « The Woman who hated Cat Dancing. »


             


Mais la scénariste du film n’était pas la seule « femme libérée » du plateau : Sarah Miles, précédée de sa réputation sulfureuse, apporta elle aussi son lot de péripéties, en l’occurrence autrement plus tragiques. En plus de son époux Robert Bolt, donc, Sarah Miles était venue accompagnée de son publiciste, David Whiting, qu’elle avait pris sous son aile après qu’il ait écrit en Angleterre un article intitulée « Sarah Miles, la vierge croqueuse d’hommes » !... Miles avait alors invité Whiting à venir habiter chez elle, officiellement pour qu’il écrive un livre sur l’actrice, mais certaines mauvaises langues suggèrent qu’il puisse y avoir eu d’autres raisons officieuses (Whiting avait 26 ans, Miles 30, et Bolt 48…). Une fois à Gila Bend, trou paumé où se tournait donc le film, Sarah Miles s’était pourtant apparemment lassée de son poulain (ou de son étalon...), caractériel et dépressif. Un soir qu’elle s’était rendue dans un bar local et que Lee J. Cobb la raccompagnait, Whiting l’agressa, à son retour, en l’insultant et la giflant. Miles s’enfuit, trouvant refuge chez Burt Reynolds. Au petit matin, toutefois, le corps sans vie de David Whiting fut retrouvé, baignant dans une flaque de sang, un flacon de pilules à la main mais également une plaie au crâne. Une cour de justice s’improvisa à Gila Bend, où le juge était aussi le plombier local, où il n’y avait pas de greffier et aucune infrastructure suffisante pour accueillir la horde de journalistes venus couvrir le scandale. On bâcla la procédure, la thèse du suicide fut retenue et personne ne sut jamais le fin mot de l’histoire…


                   

On imagine, dans ces conditions, le manque de sérénité du réalisateur devant gérer de telles personnalités et de tels évènements sur le tournage de son propre film. Richard Sarafian, qui avait hérité d’un projet prévu initialement pour Brian Hutton, a pourtant réussi à imprégner le film de sa personnalité, prenant d’ailleurs certaines décisions radicales (comme virer Michel Legrand en qualifiant sa pré-partition de « musique de maquereau »). Jay Grobart, devenu finalement au fil du projet le personnage principal, presque plus que Catherine Crocker, est une variation autour d’une figure archétypale du solitaire insoumis, traînant les fantômes de son passé violent, en quête d’une rédemption incertaine, comme Kowalski dans Vanishing Point ou comme Bass dans Le Convoi sauvage. On peut d’ailleurs prolonger la comparaison avec ce dernier, au-delà même du cadre « westernien », autour d’une thématique un peu morbide de la filiation : Bass comme Grobart ne prendront conscience de leur devoir de père qu’une fois confrontés à une mort imprévisible et violente. L’une des plus belles réussites du film tient d’ailleurs au portrait qui est fait de l’absente, ce personnage dont tout le monde parle mais que nous ne verrons jamais et qui, comme l’évoque joliment le titre français, hante le film. Un peu comme dans Rebecca d’Alfred Hitchcock, la nouvelle compagne doit entamer une inégale rivalité contre une défunte - possédant qui plus est ici le même « prénom » - s’imaginant (à tort, comme chez Hitchcock) qu’elle ne pourra conquérir l’homme que si elle parvient à lui ressembler - c’est ainsi que Catherine Crocker transforme au fur et à mesure du film sa propre nature, vers une espèce de « sauvagerie » dont on ne la soupçonnait pas capable au début du film. (http://www.dvdclassik.com/critique/le-fantome-de-cat-dancing-sarafian)

5 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?ecu6ktlkgz
    http://uptobox.com/3fdyrqhhv02r

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  2. Nom d'une moustache, un Burt Reynolds inconnu (de moi) !
    Merci Corto pour ce "Fantôme de cat dancing" au joli casting, avec et sans moustaches.

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  3. Merci ! J'apprécie beaucoup George Hamilton et sa reconversion en agent immobilier, à mon sens, ne représente aucunement une dépréciation de son talent !

    Merci pour ces liens, qui augurent de belles découvertes !

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