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dimanche 31 janvier 2016

Sous le soleil de minuit

Vingt ans après la mort d'Hugo Pratt, le célèbre marin revient, le 30 septembre 2015, dans une nouvelle aventure illustrée par Rubén Pellejero et scénarisée par Juan Díaz Canales. Après vingt-trois ans de silence, Corto Maltese renaît sans Hugo Pratt. Son créateur ayant souhaité «être écrasé par la notoriété de (son) personnage», c'est au tandem ibérique Juan Díaz Canales-Rubén Pellejero que l'on doit cette résurrection. Sous le soleil de minuit débute par un poème de Robert W.  Service (1874-1958). Sur une étendue neigeuse, Corto file vers son destin, accompagné de Raspoutine. L'atrabilaire ami de Corto craint de mourir de froid… avant que Corto ne se réveille. Belle entrée en matière à la fois onirique, poétique et arctique. Comme jadis Alcide Nikopol sortait de son sommeil cryogénique dans La Foire aux immortels, de Bilal, Corto rouvre les yeux à San Francisco, en 1915. Entre les mains, il tient l'ouvrage de Robert W.  Service. Jack London (qui mourra un an plus tard) lui confie une mission: remettre une lettre à un amour de jeunesse, aux confins du grand Nord. Seul Corto peut parcourir le monde au péril de sa vie afin de rendre service à un ami. C'est d'ailleurs là que réside la principale réussite de Sous le soleil de minuit : Corto est bien de retour. Corps et âme. L'Espagnol Rubén Pellejero, fils spirituel de Pratt depuis Le Poignard d'Istamboul, a retrouvé l'esprit graphique du maestro sans se trahir lui-même. Cursif, raffiné, son trait redonne vie aux jambes interminables de Corto.



                   


Quant à l'intrigue bondissante de Juan Díaz Canales, elle permet à notre marin romantique de croiser une galerie saisissante: l'explorateur noir Henson, éclipsé par Peary, un boxeur amoureux d'une peste, un mercenaire irlandais renégat à la solde d'un Inuit fou, disciple de Robespierre, sans oublier un régiment de la police montée canadienne. Corto traverse cette aventure avec le flegme et l'élégance qui le caractérisent. Il revient comme le fils prodigue de la parabole. Et on lui trouve toutes les qualités. Sur la tranche de l'album, le chiffre 13. Se pourrait-il que cela lui porte malheur? Que nenni! Adolescent, Corto s'est entaillé la paume de la main au rasoir pour se faire une ligne de chance. Grâce à ce talisman, il est invulnérable. Pour notre plus grand plaisir. (http://www.lefigaro.fr/livres/2015/09/23/03005-20150923ARTFIG00296--sous-le-soleil-de-minuit-le-retour-de-corto-maltese.php)



                   

Le public adore être surpris par ce qu'il connaît déjà. A cette aune, Juan Diaz Canales (scénario) et Ruben Pellejero (dessin) ont plutôt réussi leur reprise de Corto Maltese. Tous les ingrédients "prattiens" sont réunis dans Sous le soleil de minuit : une tempête en mer, une lettre mystérieuse, un trésor, le fantôme de Jack London, un Raspoutine bien vivant portant chapeau Charleston et cravate, des soliloques du héros au pied d'un arbre, une pirogue, des femmes, le tout sur fond d'Alaska enneigé de 1915...   Si le scénario est parfois un peu compliqué en raison du nombre de personnages - cela va d'indépendantistes irlandais à des Inuits en passant par une prostituée japonaise -, l'histoire retombe sur ses pieds grâce au savoir-faire de Canales. Dans ses dialogues, le scénariste a bien su retrouver le laconisme propre à Corto.   Le dessin, lui, renoue avec l'Hugo Pratt des années 1970, quelque part entre Les Ethiopiques et Fable de Venise, loin des deux derniers albums un peu plus relâchés du maître. Pellejero, qui reprend fidèlement nombre d'attitudes corporelles du marin maltais, offre au passage quelques très belles cases muettes. Les couleurs, en revanche, faites de grands à-plats ocre et gris, feraient plutôt penser à la série Jonathan de Cosey. A l'arrivée, Canales et Pellejero livrent une solide bande dessinée d'aventure. Un chouïa trop solide même, peut-être, tant on aimait aussi chez Pratt les chemins de traverse, les histoires un peu bancales, les conversations sous la lune et les ellipses poétiques...(http://www.lexpress.fr/culture/livre/sous-le-soleil-de-minuit-que-vaut-le-nouveau-corto-maltese_1719041.html)

Doni doni

Erik Truffaz Quartet c'est avant tout une entité collective formée en 1997. Désormais, c'est un nouveau casting (Marc Erbetta, le batteur historique du groupe cède désormais sa place à Arthur Hnatek), une nouvelle énergie et un nouveau son. Après trois ans d'absence discographique, le quatuor sort l'album « Doni Doni ». Toujours à la frontière ténue du jazz et de la pop instrumentale, continuellement sur le fil, entre originalité et accessibilité, le Erik Truffaz Quartet, fidèle à une tradition établie depuis de nombreux albums, invite deux voix à cette communion des mots et des notes : Rokia Traoré et Oxmo Puccino. Et comme à son habitude, ce dernier s'en remet une fois encore à la force et à la magie des échanges entre musiciens plutôt qu'à une volonté de démonstration virtuose. 5 ans après une révolution échouée sur les côtes amères d’un régime militaire, la bande passe sur les notes des « lendemains qu’elles chantent »: série de portraits réalisée au Caire, avec des femmes qui chantent, composent, produisent ou mixent leur avenir sur une scène musicale indépendante qui survit aux désillusions et aux attaques de la censure d’état. Deuxième portrait avec Maie El Sabi, alias KIDMIMS, DJ autodidacte qui mixe son hypersensibilité sur les platines de son amour pour la musique, notamment au Cairo Jazz Club, repère excentré des hipsters et des artistes de la ville. C’est là qu’elle rencontre Lydie Mushamalirwa, à qui elle confie le labyrinthe intérieur de sa détermination qui, dans une ville où plus de 95% de femmes ont déjà été victimes d’harcèlement sexuel, résonne comme une rébellion souterraine et féministe.(http://www.rfi.fr/emission/20160112-erik-truffaz-s-ouvre-afrique-son-nouvel-album-doni-doni)



                           

Grand trompettiste s'inscrivant dans la lignée de Miles Davis, il a vendu plus de 600 000 albums dans le monde. Depuis plus de vingt ans, il croise les styles et les influences au point de brouiller les contours traditionnels du jazz. Son nouveau projet Doni Doni, réalisé avec son fameux Quartet, avec la participation d'Oxmo Puccino et de Rokia Traoré, sortira le 15 janvier. Il y fusionne sons, horizons et regards dans une « pop instrumentale » éclectique et poétique. Erik Truffaz est l'invité d'Augustin Trapenard. (http://www.franceinter.fr/emission-boomerang-en-phase-avec-truffaz)
Toujours à la frontière ténue du Jazz et de la Pop instrumentale, toujours sur le fil, entre originalité et accessibilité, le ERIK TRUFFAZ QUARTET, fidèle à une tradition établie depuis de nombreux albums, invite deux voix à cette communion des mots et des notes : Rokia Traoré (victoire de la musique 2009) et Oxmo Puccino (victoire de la musique 2010 et 2013). La chanteuse malienne viendra envoûter trois chansons de son timbre doux et mystérieux, alors que Oxmo Puccino, ami de longue date que l'on trouvait déjà sur le dvd "Paris Tour", posera sa voix sur un titre. Deux personnages, deux artistes, deux caractères vocaux diamétralement opposés, que la musique du ERIK TRUFFAZ QUARTET, jouant sur les osmoses autant que les contrastes, va pourtant réunir et fusionner. (http://eriktruffaz.com/newsletter/2015/may/index.html)


                  


Le terme de « fusion » a été régulièrement employé pour décrire l’approche musicale du trompettiste et compositeur Erik Truffaz. Du jazz à l’électronique, du rock aux musiques dites « du monde », le recours à une diversité de codes harmoniques et mélodiques, de métriques, va chez lui bien au-delà de l’effet, de l’ornement. Tout comme la mise en jeu de diverses voix selon les enregistrements. Celles de Rokia Traoré et d’Oxmo Puccino sont présentes pour cinq des dix compositions de l’album Doni Doni. Douce, en intimité de souffle avec la trompette pour Rokia Traoré, à quatre moments, dont le très touchant Seydou. Au cœur d’une manière pop-soul, en fluidité swing pour Oxmo Puccino dans Le Complément du verbe. Le va-et-vient entre instrumentaux (que cela soit dans la dynamique de Kudu, l’étalement lyrique de Szerelem, la tension rock de Fat City) et chansons est fort bien conçu. Moins thématisé que d’autres disques de Truffaz, Doni Doni peut aussi s’entendre comme une anthologie, fort réussie, de ses principales explorations. Sylvain Siclier

samedi 30 janvier 2016

Catherine ,Marco et Marcello

Personnalité originale du cinéma italien, Ferreri, après avoir abandonné des études de vétérinaire, découvre le cinéma en réalisant des films publicitaires pour la société de liqueurs dont il est par ailleurs le représentant. Associé à Riccardo Ghione, il produit en 1950-51, sur une idée de Zavattini, des Documents mensuels qui se proposent de renouveler le genre des actualités cinématographiques et auxquels collaborent des cinéastes et des scénaristes célèbres (Fellini, De Sica, Visconti, Emmer, Moravia, Zavattini, Sinisgalli). L'échec de cette entreprise ainsi que l'insuccès financier des films auxquels il participe en tant que producteur (l'Amour à la ville L'amore in città, collectif, 1953 ; Donne e soldati, de Marchi et Malerba, 1955) le conduisent à abandonner le cinéma et à partir pour l'Espagne faire commerce d'appareils de projection et d'anamorphoseurs. Lié d'amitié au journaliste et romancier Rafael Azcona qui deviendra son scénariste attitré, Ferreri s'introduit dans les milieux cinématographiques et fait ses débuts de metteur en scène en tournant successivement El pisito (1958), Los chicos (1959), la Petite Voiture (El cochecito, 1960), trois films qui définissent déjà un univers d'ironie, de grotesque, de paradoxe, d'humour noir. Rentré en Italie et après avoir collaboré au film collectif réalisé à l'initiative de Zavattini, Les femmes accusent (Le italiane e l'amore, 1961 ; sketch Gli adulteri), Ferreri met en scène le Lit conjugal (Una storia moderna : l'ape regina, 1963), dont le contenu provocateur vis-à-vis de l'institution du mariage lui vaut les foudres de la censure. Désormais, le style de Ferreri est bien au point et le cinéaste va broder toute une série de variations sur le thème de l'aliénation de l'homme moderne, sur les contraintes, les frustrations et les tabous qui pèsent sur lui, notamment dans le domaine sexuel. 



                                     


Le film Inspiré d’une nouvelle d’Ennio Flaiano (écrivain et scénariste italien, notamment de Fellini, en duo avec Tullio Pinelli), Liza a pour titre italien La Cagna, qui signifie “la chienne” (titre déjà pris par Jean Renoir). Marco Ferreri, deux ans avant le scandale de La Grande Bouffe, raconte l’histoire d’une jeune femme qui devient volontairement la chienne d’un homme, au sens propre (elle se conduit comme si elle était son chien). C’est Catherine Deneuve (qui vient de porter la peau d’un âne chez Demy…), période blond californien, qui incarne Liza.
Pour ceux qui douteraient encore du génie de Deneuve et de la variété de son jeu, regardez Liza : personne n’a jamais joué ce qu’elle joue de cette manière dans toute l’histoire du cinéma. Même quand elle lèche les mains ou le visage de Mastroianni, quand elle court après un bâton, elle n’est jamais ridicule ou vulgaire, elle est vraie. La relation entre Liza et Giorgio est d’autant plus troublante qu’elle est interprétée par deux amants dans la vie. C’est en effet Marcello Mastroianni qui joue l’homme, Giorgio, sans doute un intellectuel. Il s’est retiré du monde pour vivre dans un bunker situé sur un îlot rocheux au large de la Corse. Quand Liza y débarque un jour d’un voilier dans son tailleur Yves Saint Laurent blanc, Giorgio fait un peu la tête.



           

Mais la belle est très belle (Deneuve est au summum de sa beauté, magnifiquement filmée et photographiée, et on ne l’a jamais autant vue nue sur un écran), ils couchent ensemble, elle s’en va, revient, aimantée par cet homme taciturne. Alors, jalouse parce que Giorgio parle à son chien, elle tue l’animal et prend sa place…
Les personnages de ce conte philosophique, comme toujours chez Ferreri, agissent : on ne les voit jamais prendre une décision. Ils vivent coincés entre leurs instincts et leur sociabilité, entre leur animalité et leur humanité, entre la raison et l’irrationnel. Le fait qu’ils en aient conscience n’y change rien. Giorgio a fui la société parce qu’elle est éloignée de la nature, aliénante (l’étonnante scène où Mastroianni et Piccoli, très complices, devisent à la terrasse des Deux Magots), mais il a bien conscience de ce que le couple qu’il forme avec Liza a d’inacceptable pour une société certes conformiste, mais qui salit et détruit surtout tout ce qui lui échappe.


                                  

Loin d’être un brulôt antiféministe ou contre le couple, Liza dit au contraire qu’un vrai couple est toujours scandaleux, parce qu’il constitue une société qui a ses lois propres. A la fin, quand Mastroianni et Deneuve (avec ce petit sourire inquiétant et funèbre qu’elle a souvent chez Buñuel) font semblant de croire qu’ils vont réussir à quitter leur île dans un petit avion rose, leur union est totale et poignante. Trois ans plus tard, Deneuve fera le remake, version comédie, de Liza : ce sera Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau, avec Yves Montand dans le rôle de l’ermite.(http://www.lesinrocks.com/cinema/critique-dvd/liza/)



                 

Un O.V.N.I de très haut vol, dans la lignée des grands films libertaires débridés de ces années là (cf. "L'Aventure c'est l'aventure"...) Le décalage historique fonctionne à plein régime, et on se laisse gagner par cette "adaptation" historique transformé sous nos yeux en fable intemporelle. Ferreri livre au passage un véritable boîte à outil de compréhension ludique du monde marchand et de certaines de ses règles impitoyables, parfaitement résumés par cette formule lapidaire du général en chef (Philippe Noiret) : "La guerre, pour être populaire, se doit d'être inévitable.". Le casting est réjouissant, la mise en scène audacieuse. Le rythme, rapide, lorgne souvent vers la Comedia del arte. Enfin, les décors du désert des Halles offrent à ce film un cachet absolument unique. Bref, un film aussi foutraque que généreux, qui en séduira plus d'un.   Trop orignal pour être un chef-d’œuvre ? Je me suis d’abord dit ça. Après, je me suis dit que je devrais arrêter de faire la fine bouche. Enfin une vraie anti- œuvre réussie ! un genre de film de genre inattendu, que personne n’attendait plus. Le temps ne lui ôte pas son pouvoir de démolition iconoclaste, bien au contraire. La preuve, je l’ai vu pour la première fois, l’autre jour, il y a une semaine à peu près, et je suis toujours sous le choc. Western-cassoulet- spaghetti surréaliste franco-italien, avec un esprit frondeur dada, qui flirte avec un happening. Intelligent comme un pamphlet politique, une audace totale dans la mise en scène, j’en passe et des meilleures. A mon avis, Ferreri réussit là où « La grande bouffe » reste pour moi, un poil ambiguë, un poil moins réussi. 


           

On a la même équipe d’acteurs majeurs. La différence entre un acteur majeur et un acteur mineur, c’est que l’acteur majeur, même quand il ne fait rien, il écrase l’écran, et reste dans les têtes, et dans les cœurs. Piccoli cabotine, Noiret et Reggiani composent, Mastroianni fait un peu des deux, Deneuve fait l’éternel féminin. Et le titre n’a rien à voir avec son rôle, fausse piste. Montage monstrueux pour un tournage qui ne l’est pas moins, humour décalé, c’est le cas de le dire…théâtre hors les murs, docu-fiction, (on voit même les badauds qui passent sans se rendre compte, que c’est filmé…je rêve !) Un truc pareil, genre objet filmé non identifié, complètement impossible à refaire aujourd’hui, est à voir d’urgence. Il y a bien plus que le titre du film, dans le film. 



                                


Un film de Marco Ferreri (1974) produit par Jean Yanne avec Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Alain Cuny, Serge Reggiani, Dary Cowl (quelle distribution !) Il faut un petit moment pour entrer dans le film qui au début ne semble être qu'une pochade. Puis on s'y installe et on se prend à s'intéresser aux personnages de cet étrange western tourné dans le premier chantier du forum des Halles de Paris en 1973... Et ça fonctionne... Les acteurs sont très bons, même s'ils ne sont pas tous au même niveau : Philippe Noiret sort du lot, Serge Reggiani en indien fou rasé et presque à poil est étonnant, tout comme Darry Cawl. Alain Cuny est toujours aussi impassible et Michel Piccoli cabotine (trop). Quant à Catherine Deneuve, sa beauté crève l'écran. Un très belle fable philosophique, peut-être un peu trop manichéiste, mais néanmoins savoureuse. (Allociné)                            

Faith Domergue

Faith Domergue née à La Nouvelle-Orléans (États-Unis) le , morte le à Santa Barbara, est une actrice américaine de cinéma et de séries télévisées.Elle fut pendant très longtemps la protégée de l'excentrique milliardaire Howard Hugues, celle qui fut aussi comparée mais en talent plus moindre à l'actrice Jane Russell mit de son côté une large partie du public qui l'adopta de suite pour ses compositions dans les divers genres où elle se produit. Dans le registre de la science-fiction, les amateurs du genre auront pu l'appréciée dans This island earth pour celle qui fut le temps d'une décennie la princesse de la série B. Erégie d'Howard Hugues à la RKO, il n'en fit pas moins une star mais une actrice au tempérament de feu que la gente masculine apprécia et qui en ce qui nous concerne dans le western sera l'héroïne de quelques westerns non dépourvus d'intérêt L'aventure est à l'Ouest (1953) en est la parfaite démonstration, elle fut au côté de Jeff Chandler dans ce western réalisé par Lloyd Bacon très inspiré dans cette histoire de tunique bleue et d'indien survoltés. Elle fut aussi dans la prestigieuse distribution d'un western moderne signé Jack Arnold, Le salaire de la violence. Sur la fin, elle ne tourna plus et se consacra à l'écriture elle le fit fort bien en écrivant un livre sur ses relations ambiguës avec Howard Hugues dans Ma vie avec Howard Hugues sorti en 1972. james


                  

Voyage sans retour (1950). Les premiers moments doivent, surtout, à la photo superbe de Nicholas Musuraca : ombres expressionnistes rendant un hôpital inquiétant... Puis, dès que Robert Mitchum reçoit — dans tous les sens du terme — un coup sur la tête (il tombe raide dingue d'une garce et quasiment dans les pommes quand le mari l'assomme avant de mourir), le film trouve son style : John Farrow en fait un thriller décalé, oblique, où Mitchum semble flotter dans un monde privé de repères jusqu'à sa déchéance finale (le médecin qu'il est se traîne aux pieds de celle qui lui a inoculé le virus de la passion). Problème : Faith Domergue, la protégée éphémère du producteur Howard Hugues, ne fait pas le poids : il eût fallu, évidemment, Lauren, Rita ou Ava... — Pierre Murat .Malgré un script assez conventionnel ainsi que la prestation en demi-teinte d’une Faith Domergue pas toujours très inspirée dans le rôle de la femme fatale, j’ai suivi sans réel ennui ce film noir américain en grande partie grâce à la qualité de la mise en scène de John Farrow et surtout par rapport à la très grande performance du grand Robert Mitchum. Ce dernier impose tout son talent et son charisme dans le rôle d’un docteur tombant rapidement amoureux d’une patiente qui se trouvera être une vraie psychopathe. On notera également les sympathiques seconds rôles de Claude Rains et de Maureen O’Sullivan (femme du réalisateur à l’époque) et aussi une photographie en noir et blanc d’une certaine beauté. Encore un bon film noir de John Farrow où Robert Mitchum n'a pas de remède contre la femme fatale! Le sujet idèal pour un studio dèsireux de produire un nouveau film de la RKO pour l'une de ses plus grandes stars sur le point de devenir une lègende dans les annèes à venir! Mitchum y joue remarquablement un mèdecin tombant amoureux d'une malade mentale incarnèe à la perfection par Faith Domergue, une sous-Jane Russell qui compte à son actif plusieurs classiques du cinoche amèricain! Mais cette idylle n'est pas sans danger où mieux vaut ne pas tenter de dissèquer la trame de plus en plus noire de "Where Danger Lives" pour mieux apprècier les performances de Robert Mitchum (qui peine à retrouver ses esprits pendant tout le mètrage) et Faith Domergue (l'une des femmes fatales les plus animées du film noir). 



   

Sans oublier les mots douloureux de cette dernière dans le final: "Personne n'a le droit de me prendre en pitiè". On peut dire que la dècennie dèmarre en trombe avec la sortie de "Where Danger Lives", suivi des "Gun Crazy", "The Asphalt Jungle" et compagnie...Le thème de la femme fatale qui cache une maladie mentale est assez récurrent dans le film noir. On pense à Gene Tierney dans «Péché mortel » de John Stahl (1945) ou à Jean Simmons dans « Un si doux visage » d’Otto Preminger (1953) ou encore à Marylin Monroe dans « Troublez moi ce soir » de Roy Ward Baker (1952). Le problème de John Farrow sur cette production RKO est de devoir se coltiner la très fade Faith Domergue qui à l’époque est la nouvelle égérie d’Howard Hughes que l’on a connu plus avisé dans ses choix de conquêtes féminines. Le tout s’embarque mal avec cette mante religieuse de pacotille dont le regard bovin finit par rendre complètement marteau au sens propre comme au sens figuré le pauvre Robert Mitchum qui collabore pour la première fois avec John Farrow.


                                  

L’entame du scénario pose d’emblée un problème de crédibilité au film qui ne s’en remettra jamais. Comment un toubib bien dans ses baskets peut-il en deux temps et trois mouvements se retrouver en fuite vers le Mexique avec une inconnue venue se faire soigner pour une tentative de suicide ? Franchement avec la meilleure volonté du monde on a du mal à croire que le solide Mitchum puisse se laisser berner ainsi. Le scénariste Charles Bennett , a bien prévu que le coup reçu sur la tête par Bob lui fasse perdre en grande partie ses capacités de discernement, mais même cet artifice un peu grossier ne sauve pas l’affaire, pire il amoindrit le jeu de Mitchum qui perd sa célèbre nonchalance. Charles Bennett ayant travaillé avec Hitchcock à son arrivée à Hollywood, c’était pourtant un gage de réussite. Mais l’on sait aujourd’hui qu’il était dur de résister à Howard Hughes quand il entendait mettre en valeur une de ses nouvelles lubies. Reste un noir et blanc de qualité qui patine juste assez le film pour nous faire accepter tous ses errements. (Allociné)



                              

Voyage sur la planète préhistorique (Voyage to the Prehistoric Planet) est un film américain réalisé par Curtis Harrington, sorti en 1965. Deux vaisseaux "Sirius et Véga" partent de la base lunaire pour explorer la planète vénus. Les astronautes et leur Robot découvrent une planète hostile et habité par des êtres étranges. Un film de Curtis Harrington (1965) qui reprend des scènes du  film soviétique de Pavel Klushantsev La Planète des tempêtes (1962). C'est mou et assez neuneu, c'est peu intéressant (et pourtant ça aurait pu l'être, les ingrédients étaient bien là) Il y a comme ça des films dont on se dit qu'il est dommage qu'ils soient ratés. Roger Corman est connu pour avoir de tous temps produit et réalisé des séries Z improbables, bien ancrées dans leur temps et proposant tout un panel de clichés horrifiques jouissifs et ridicules à la fois. En 1965, devant l’émergence totale de la SF, il décide de confier à l’un de ses poulains, Curtis Harrington, la réalisation de Voyage sur la planète préhistorique, film au pitch alléchant. Partis de la base lunaire 7, les navettes spatiales Sirius et Véga entament un voyage vers la planète Vénus. Les astronautes se rendent vite compte que la vie existe sur la planète et que des monstres en tous genres y pullulent. Une lutte pour la survie s’engage alors… Tous les éléments sont réunis pour qu’Harrington propose un métrage original qui se démarque totalement des films de SF de l’époque. Hélas, le manque de moyens est de mise comme pour toute production Corman. Le réal fait dès lors avec les moyens du bord, s’échinant à faire monter la pression comme il le peut. Cependant, Harrington n’a visiblement pas compris que pour faire un film où l’action est reine, il faut autre chose que des dialogues écrits à la va-vite sur le coin d’une table ! 


   


Procédant à une multiplication de séquences de discussions radio soi-disant tendues pour faire ressortir le côté tragique et mystérieux de l’aventure, le cinéaste parvient tout juste à susciter un ennui incommensurable. L’interprétation désastreuse des différents comédiens ajoutée à une mise en scène statique corrobore la bien pâle qualité de l’ensemble. La mignonne Fatih Domergue est sans doute la seule à tirer quelque peu son épingle du jeu et, sans nous proposer une prestation quatre étoiles, elle gère au mieux l’unité de lieu et la monotonie des dialogues. Malgré cet ennui naissant dès les premières secondes, la découverte de Vénus suscite encore un intérêt… bien vite rendu illusoire par un Harrington bricolant comme il peut des scènes à la limite du reportage archéologique. Le manque de moyen se fait à nouveau sentir dans la présentation de décors chippés au film russe La planète des tempêtes. Les personnages, toujours aussi statiques, doivent ainsi lutter contre des dinosaures qui s’avèrent être… des figurants qui ont enfilé un costume de gros lézard.  


                                 

Abattus en 30 secondes, ces trois carnassiers provoquent l’hilarité mais constituent en fait la seule scène un peu plus rythmée d’un ensemble qui s’enlise par la suite, de découvertes en découvertes… Entre la lave d’un volcan qui cause le décès du sympathique John le Robot et une mystérieuse sirène horripilante par ses chants, Harrington parvient encore à caser un « requin-dauphin » parfaitement pitoyable… La naïveté de l’œuvre rend le spectacle ahurissant jusqu’à un final simplifié au possible afin d’en finir avec ce massacre cinématographique ! La curiosité du début a fait place à un écoeurement sans bornes. Cette production Corman est l’exemple type de ce qu’il ne faut pas faire et la représentation parfaite d’un kitsch de mauvais goût. Plutôt que de produire à tort et à travers le génial Roger aurait peut-être mieux fait de se concentrer sur des projets plus sérieux… Du Z, d’accord, mais pas n’importe lequel non plus ! (http://www.cinemafantastique.net/Voyage-sur-la-Planete.html)

vendredi 29 janvier 2016

Michael Lonsdale

Né le 24 mai 1931 d'une mère française, et d'un père anglais, Michael Lons­dale est un acteur français.   Après avoir passé son enfance entre la France, l'Angle­terre et le Maroc, il découvre le théâtre grâce à sa rencontre avec Roger Blin en 1947. Passionné d'art drama­tique, il est alors élève du cours de Tania Bala­chova.  Dès 1956, il multi­plie les petits rôles au cinéma, notam­ment dans les films de Gérard Oury et de Jean-Pierre Mocky. Il fait même une appa­ri­tion en prêtre dans Le Procès d'Orson Welles. Mais c'est François Truf­faut qui lance véri­ta­ble­ment sa carrière ciné­ma­to­gra­phique en lui offrant deux rôles, l'un dans La Mariée était en noir en 1967, l'autre dans Baisers volés en 1968. Des années 50 à nos jours, Michael Lons­dale joue dans des dizaines et des dizaines de films pour le cinéma et la télé­vi­sion. Il croise ainsi la route de nombreux réali­sa­teurs de renom, tels que Louis Malle, Jean Eustache Jean-Jacques Annaud ou encore Luis Bunuel… Les films dans lesquels il tourne sont d'une extrême variété. Le comé­dien fait preuve d'une grande ouver­ture dans ses choix artis­tiques. Il joue aussi bien dans des films « d'avant-garde » que dans de grosses produc­tions holly­woo­dienne, comme un James Bond en 1979, ou Munich de Steven Spiel­berg en 2005.


               


Le souffle au coeur : avec ce film, Louis Malle évoquait un sujet relativement complexe: à savoir l'inceste mais avec un tact et une pudeur incroyable. Dijon en 1954. Famille Bourgeoise composée des trois enfants, dont le plus jeune étant agé de quatorze ans part en cure avec sa mère. A partir de là, la relation unissant la mère et son fils va franchir un cap pour finalement franchir la ligne de l'interdit. On n'est pas étonné que le film ait provoqué un véritable tollé à sa sortie en 1971, à cause, bien évidemment de la relation incestueuse que Malle a fait naître entre ses deux personnages principaux. Un film qui s'est avéré bien dérangeant pour tous les critiques et censureurs de l'époque. Louis Malle, en parallèle signe avec ce film une critique relativement acerbe de la bourgeoisie des années 50. Une magnifique Léa Massari qui reprend de nouveau le rôle d'une femme dont les pulsions adultérines semblent incontrôlables. Bon accueil au Festival de Cannes, nomination pour le meilleur scénario et beau succès public, pour Louis Malle, ce film est une réussite sur quasiment tous les points de vue. A noter tout de même qu'en mai 1971, lors de l'émission Post-Scriptum, Louis Malle était venu présenter le film, la conversation tournait bien entendu autour du thème de l'inceste. Suite à ça l'émission fut arrêté et Italiques en prit la succession.Un portrait incisif d'une bourgeoisie française des années 50 mais Louis Malle ne tombe jamais dans l'excès ou la facilité. La relation entre le personnage de la mère et son fils Laurent est intense et cela transpire à l'écran. Le ton est juste et démonstratif, Léa Massari magnifique et le reste du casting convaincant.



            

On retrouve ici les thématiques "malliennes":la grande bourgeoisie et ses turpitudes que Malle connait bien mais qu'il ne juge pas,le goût de la provocation et de la liberté,le difficile passage de l'adolescence à l'âge adulte...Lea Massari rayonne de beauté,Benoit Ferreux me paraît un peu gauche mais peut être le rôle en est la cause.Film intéressant sur une époque(1954),une classe sociale qui peut aisément tricher ou mal se conduire car elle ne manque de rien au niveau matériel.Un petit bémol toutefois: pourquoi les jeunes portent-ils tous des cheveux longs alors qu'on est en 1954!?(même remarque qu'on pourrait faire de manière encore plus accentuée à Pasolini pour Salo se passant dans les années 40). Avec "Le souffle au coeur", Louis Malle rèussit à aborder le sujet dèlicat de l'inceste avec autant de tact que de pudeur! L'action se situe dans la belle ville de Dijon en 1954 dans une famille bourgeoise de trois enfants dont le cadet, âgè de quatorze ans, atteint d'un souffle au coeur, se voit contraint de partir en cure où sa relation avec sa mère va se resserrer au point de finir par franchir la ligne des interdits!



                                     


Il n'est évidemment guère surprenant que le film ait susciter à sa sortie en 1971 une grande polèmique à cause de la relation incestueuse que Malle dèveloppe entre ses deux personnages principaux! Une relation encore plus dèrangeante pour les censeurs de l'èpoque que le rèalisateur peut s'instaurer d'actes tabous au fil des scènes sans imposer à aucun moment un jugement moral! Ni bien ni mal bien au contraire, laissant le spectateur libre de faire son propre jugement! Prestation magnifique de sensibilitè de Lèa Massari qui relève le jeu très faible des jeunes acteurs qui finissent par agacer! Mais par delà cette situation, Malle signe avec "Le souffle au coeur" un portrait incisif de la bourgeoisie des annèes 50 avec ce couple dont la femme trompe allègrement son mari gynècologue incarnè ici par Daniel Gèlin! Projetè à Cannes avec un bel accueil, ce film polèmique reçut même une nomination à l'Oscar du meilleur scènario avec en plus un joli succès en France...(Allociné)               


   


Glissements progressifs du plaisir est un film français d'Alain Robbe-Grillet sorti en 1974.
Ce film est une ode à Anicée Alvina, construit pour elle et autour d'elle et c'est tout simplement magnifique, les images sont à la fois troublantes et splendides distillant un érotisme subtil. La narration est déroutante mais c'est volontaire, on sait très bien que ces cellules aux murs blancs immaculés gardées par des religieuses n'existent pas, pas plus que les inquiétants sous-sols. Alors, ce qu'on voit ce sont (peut-être) les fantasmes de ses clients (puisque Olga et Anicée jouent le rôle de prostituées occasionnelles) mélangés aux siens (fantasmes lesbiens, fantasmes de domination, fantasmes de sang et de mort). Certes, il faut entrer dans ce genre de film, mais ces demoiselles nous aident bien, il suffit de se laisser entraîner. Le film se veut également un pied de nez aux institutions établies (police, justice, religion, ordre moral). A noter deux curiosités, d'abord la présence furtive (quelques secondes) de Catherine Robbe-Grillet et d'Isabelle Huppert, et puis cette magnifique démonstration d'anamorphoses sur les murs blancs par Anicée Alvina. La scène est d'une beauté à couper le souffle, et si le résultat fascine c'est parce que nous avons vu sa réalisation. Sans cela, le désintérêt remplace la fascination, et c'est sans doute ce que n'a jamais compris Yves Klein. Style particulier pas accessible à tout le monde, l'absurde donne bien souvent naissance à des oeuvres intéressantes et/ou provocatrices - comme en ce cas présent -; et surtout pour des scènes de cachot pas piqués des hannetons, malgré un effilochement singulier de l'histoire.





Sur la base d'un film policier, le rèalisateur Alain Robbe-Grillet propose une dèconstruction du rèel, qui livre une certaine idèe de la beautè cachèe derrière l'indicible! Malheureusement ici tout n'est que ennui avec comme toujours un goût pour les intrigues qui se font et de dèfont, les personnages qui se dèdoublent, se multiplient et se confondent! "Glissements progressifs du plaisir" se prèsente donc comme un polar avec des scènes abruptes et une bonne dose d'èrotisme qu'on a du mal à comprendre (le jaune d'oeuf, la peinture rouge...)! Si l'on accepte ce jeu d'intellectuel, le film peut plaire mais pour les autres le temps risque d'être long! Trop de tête et pas assez de tripes, de plus qu'est venu faire le grand Jean-Louis Trintignant dans cette histoire sans queue ni tête... Probablement l'un des plus cérébralement érotiques qu'il soit, ce film qui bénéficie de la rare et stupéfiante présence d'Anicée Alvina recèle des scènes inoubliables, en grande partie grâce à des jeux érotiques d'anthologie, littéraires et culinaires. C'est un peu comme si PERSONA avait été mis en scène par Andrzej Zulawski, VERTIGO par Walerian Borowczyk ou EMMANUELLE par... Philippe Garrel ! (Allociné)

mercredi 27 janvier 2016

Valentina Cortese

Ses seize ans atteints, bien déterminée, Valentina Cortese  quitte la Lombardie pour Rome, afin de s'intégrer le plus rapidement possible dans la vie artistique. Trop jeune pour être admise à l'Académie d'Art Dramatique, elle est provisoirement accueillie à l'Ecole de diction de la "Scalera Films" dirigée entre autres par Guido Salvani, celui-là même qui, deux ans plus tard, lui confiera son premier rôle cinématographique, certes court, dans «L'orizzonte di pinto» (1940). Sans attendre, elle enchaîne avec «Le grand homme de Venise» (1941), recevant les encouragements de Rossano Brazzi, le courageux et séduisant héros de cette histoire de cape et d'épée. Puis, en parfaite ingénue, blonde et diaphane, elle est séduite et abandonnée par le non moins fougueux Amedeo Nazzari dans «La cena delle beffe/Le dîner des illusions» (1941), film attaqué par la censure catholique à cause de l'apparition du premier sein nu sur un écran italien, en l'occurrence celui de Clara Calamai, la grande vedette de l'époque. Darryl F. Zanuck, producteur pour la Twentieth Century Fox, l'introduit dans «Thieve's highway/Les bas-fonds de Frisco» (1949) en grande partie tourné dans la ville au célèbre fog venant du Pacifique. Elle y tient le premier rôle féminin, son salaire est devenu respectable et son nom transformé en Cortesa. “Prêtée” à la MGM pour «Malaya» (1949), elle campe une chanteuse italienne, égarée dans un tripot malais, qui s'éprend d'un ancien détenu incarné par Spencer Tracy.(http://encinematheque.fr/oeil/Y020/index.asp)



                                  

La Maison sur la colline (1951).L'idée de départ est excellente ce qui peut faire regretter que le thème de «l'usurpation d'identité» n'est pas été beaucoup plus exploité dans la suite de l'intrigue. Reste que malgré ce problème ainsi qu'un final qui aurait gagné à être moins conventionnel, ce film ne mérite certainement les reproches cinglants qu'à eu cette oeuvre par son réalisateur, Robert Wise. Surtout que ce dernier montre son incontestable efficacité réussissant parfaitement à faire régner une tension extrême dans certaines scènes et montrant l'ancien monteur qu'il était dans une séquence totalement remarquable de ce point de vue-là, celle de la voiture dont les freins ne répondent plus. Mais là où on peut totalement rejoindre le point de vue du réalisateur c'est quand il ne tarissait pas d'éloges envers l'actrice principale Valentina Cortese, qui donne une interprétation parfaite apportant un grand plus au film. Un autre point plaisant, c'est que la réalisation s'inspire très visiblement de celle d'Hitchcock, en particulier «Soupçons» le verre de jus d'orange remplaçant le verre de lait. Sans faire partie des oeuvres majeures de Robert Wise, «La Maison sur la colline» a tout de même le grand mérite d'être prenant du début jusqu'à la fin. Certainement pas le meilleur film de Robert Wise, on est loin de "Marqué par la haine" ou de l'exceptionnel "Maison du diable", mais une fois encore le réalisateur fait preuve d'une maîtrise de la mise en scène remarquable. Wise ne laisse rien au hasard... et ça se voit ! Le souci du détail, la quête de l'excellence permet au film de décoller, de créer une tension présente tout du long, et ce, malgré la faiblesse de l'interprétation, notamment masculine. Un très bon film, Un film qui lorgne énormement sur Hitckock , avec talent .


                 

Réalise par Robert Wise en 1951, " La Maison sur la Colline " est un mélange de mélodrame et de thriller qui possède une premiere partie un peu poussive, mais qui s'avère bien plus intéressant par la suite. L'histoire parle d'une rescapée, Victoria Kowelska, des camps de concentration qui prendra l'identité d'une amie décédée et partira à San Francisco pour y eduquer le fils de cette dernière. Elle y épousera là-bas Alan Spender, le tuteur du jeune garçon, ce qui ne sera pas sans conséquence . Dans le rôle principal, nous retrouvons Valentina Cortese qui s'avère satisfaisante dans ce rôle pourtant assez ambigu, par contre la performance de Richard Basehart n'a rien de franchement mémorable, surtout dans les séquences les plus importantes du film. Mais le tout se suit agréablement grâce évidemment à une mise en scène d'un Robert Wise toujours aussi inspiré ( et qui ressemble par bien des aspects au style d'un certain Alfred Hitchcock ) et à une photographie très classe de Lucien Ballard. Il ne s'agit donc pas pièce maîtresse dans la filmographie de ce cinéaste, mais d'une oeuvre qui est tout de même à découvrir.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-20075/critiques/spectateurs/)


                                   


La nuit américaine une technique permettant de tourner une scène de nuit en plein jour. C'est à dire de l'art de faire du vrai avec du faux, de produire des effets illusoires. Comme toujours chez Trufaut, on aura donc deux histoires : l'une lumineuse qui raconte la grande aventure du cinéma et l'autre plus tragique et souterraine qui souligne l'extrême solitude du créateur. Truffaut en Ferrand se filme tendu vers la réussite du film en montrant tout le travail qu'il faut faire pour en arriver là : le dialogue écrit sur le mur parce que l'actrice alcoolique ne sait pas son texte, la pluie artificielle le chat qui ne veut pas boire le reste du petit déjeuner, les caprices de la star qui exige le beurre en motte, le butane alimentant le feu de cheminée, l'usage du porte-voix pour faire accélérer un passant ou en ralentir un autre. Selon Michel Chion, la musique emprunte son style à la fois à Bach et à Vivaldi.montage rapide de détails techniques de tournages rythmés par la musique de Delarue, un chœur tragique Ferrand rêve toutes les nuits d'un petit garçon marchant, étrangement avec une canne, dans des scènes crépusculaires désaturées à la limite du noir et blanc. Il s'approche d'un cinéma pour y dérober les photos de Citizen Kane comme dans Les 400 coups, Antoine Doinel dérobait celles de Monika. Ferrand déclare à Alphonse qu, comme lui, il ne pourra être heureux que dans l'exercice de son métier et c'est pourquoi il faut s'y adonner. Curieusement Truffaut ne fait pas du metteur en scène un artiste mais un honnête artisan, un professionnel. Ce n'est donc pas un autoportrait bien qu'il l'interprète lui-même… mais avec un sonotone pour marquer la différence. 








Il ne retient que le côté lisse de sa personnalité, son aspect consensuel tonique, de grand amoureux du cinéma La nuit américaine est tournée aux studios de la Victorine de Nice au moment où ceux-ci connaissent de graves difficultés mais sont encore voués au cinéma. Ensuite ils seront investis par la publicité, par la télévision ou l'audiovisuel. Truffaut déclarait volontiers avoir pensé à Chantons sous la pluie, Huit et demi, Le Schpountz et Les ensorcelés. Le film dans le film raconte le tournage d'un film au scénario caractéristique des films commerciaux des années 50 (Le beau-père et la bru tombent amoureux l'un de l'autre). Casting hétérogène Jean-Pierre Aumont et Valentina Cortese sur le déclin en 1972 sont censés être des stars sur le tournage de Je vous présente Paméla. 



                


En revanche, la jeune chanteuse Dani, extérieure au milieu du cinéma en 1972, joue au premier degré le rôle de la stagiaire maîtresse de Jean-Pierre Léaud, le vilain petit canard ne se sentant pas intégré au milieu du cinéma qui d'ailleurs, de son coté le rejette. Jacqueline Bisset est la star nécessaire à la coproduction internationale de La nuit américaine ; Et Truffaut lui donne exactement ce rôle dans le film : une femme rendue fragile par les désirs qui s'accumulent autour d'elle. Décrire modestement mais avec une fascination bienveillante le monde factice du cinéma, "une unanimité de façade, un univers de faux-semblants où on passe son temps à s'embrasser, car il faut montrer qu'on s'aime comme dira l'un des personnages du film "(Antoine de Baecque, Serge Toubiana François Truffaut, 1996). (  CinémAction n°124. Le cinéma au miroir du cinéma. 2007.)                        

mardi 26 janvier 2016

Susan Hayward

Susan Hayward était arrivée en Californie, appelée par David O. Selznick, qui, cherchant la Scarlett O'Hara de son " Autant en emporte le Vent ", crut l'avoir trouvée dans un numéro du Saturday Evening Post de 1937. Physiquement, elle aurait effectivement constitué un choix idéal. Malheureusement, le " test " qu'elle tourna se révéla désastreux et brutalement, Selznick lui dit : " Regagnez votre Brooklyn et inscrivez-vous dans un cours dramatique. Nous verrons dans deux ou trois ans... ". C'était très mal connaître cette rousse volontaire et têtue. Au lieu de faire comme le suggérait Selznick, elle s'incrusta, parvint à décrocher un modeste contrat de six mois chez Warner, où on lui fit fréquenter le cours dramatique du studio. En réalité, seule sa beauté captivait et c'est comme simple ornement qu'on la fit débuter à l'écran dans " Hollywood Hotel ", où son nom ne parut même pas au générique. On la laissa bien vite partir sans autre forme de procès. Une starlette de plus ne mangeant pas tous les jours à sa faim ! La Paramount consentit à lui accorder une nouvelle chance et, avec cette firme, elle signa un contrat de 350 dollars par semaine. Son premier film lui donna trois partenaires de choix : Gary Cooper, Ray Milland, et Robert Preston. Mais " Beau Geste " était exclusivement un film d'hommes relatif à la Légion Étrangère : encore un semblant de rôle décoratif. Cependant, elle était au travail, l'avenir s'annonçait moins sombre (http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-susan_hayward-5186.php)

                           

 Alerte aux marines fait partie des films de série tournés entre 1941 et 1945 alors que les Américains étaient engagés jusqu’au cou dans la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient pour but, outre le divertissement et la propagande, de maintenir ou remonter le moral des troupes ainsi que des civils restés au pays. Dans le lot sortiront des chefs-d’œuvre mémorables comme Casablanca de Michael Curtiz et, dans une optique plus proche du film qui nous intéresse ici, Aventures en Birmanie de Raoul Walsh ou Les Sacrifiés de John Ford. Il faut donc aussi replacer le film réalisé par Edward Ludwig dans le contexte de l’époque pour en accepter au préalable toutes les conventions : le rictus sadique et méchant (insupportable aujourd’hui) collé sur les "bridés", apparemment tous ravis de tuer ; la vision diabolique de l’ennemi et au contraire tout à fait héroïque des Alliés ; le manichéisme ambiant... Eh bien, malgré cette mise en conditions et l’absence de préjugés,  il est difficile de trouver quelque chose à sauver de ce film belliciste d’une totale médiocrité ! La déception est d’autant plus grande que l’idée de départ (pas mauvaise au demeurant, qui aujourd'hui connaît les Fighting Seabees ?) et le scénario ont été écrits par Borden Chase qui signera plus tard les merveilleux scripts de La Rivière rouge de Howard Hawks et Vera Cruz de Robert Aldrich, et qui collaborera surtout à trois des westerns de l’association miraculeuse formée par Anthony Mann et James Stewart. Contrairement à ces réussites, le scénario est ici très mal construit, mélangeant maladroitement humour plutôt balourd et romance sans intérêt avec l’éternel triangle amoureux pas crédible une seule seconde, film de guerre (comme il se doit) sans énergie ni vrai progression dramatique et même, le temps d’une scène ridicule, comédie musicale (la vision de John Wayne se lançant avec la grâce d’un éléphant dans une danse endiablée est vraiment pénible).



           


Le manque flagrant de moyens (quasiment une transparence par scène) n’est malheureusement pas contrebalancé par une mise en scène inventive. Au contraire, celle-ci se révèle très terne, sans aucune personnalité ni aucun rythme. Les seules visions assez originales sont celles des combats entre bulldozers alliés et tanks ennemis qui virent même au surréalisme du fait de l’utilisation pour ces scènes de maquettes qui pourraient être les ancêtres des Playmobil ! L’interprétation n’apporte aucune consolation et abaisse au contraire le niveau du film si cela est encore possible : John Wayne a rarement été aussi inexpressif (pourtant il est défini par le personnage féminin comme un rustre caractériel et soupe au lait) et sa mort ne nous touche absolument pas tout en permettant à la morale d’être sauve ; Dennis O’Keefe est aussi charismatique qu’un portemanteau, et la seule question que nous nous posons en voyant Susan Hayward est de savoir si elle n’a pas eu une dispute avec sa coiffeuse avant le tournage tellement cette bonne actrice est peu mise à son avantage ici.


                             


Enfin, des seconds rôles pittoresques ou savoureux (à la Walter Brennan ou Thomas Mitchell) ne sont même pas de la partie pour rattraper le coup.
Dans la lignée des films de guerre de l'époque, sérieux mais assez primaires quant aux messages qu'ils dégagent. En effet, c'est le bon film patriotique des courageux et gentils américains face aux méchants Japonais, méchants et cruels (il suffit de regarder d'ailleurs le visage haineux donné aux Japonais lors des séquences de bataille pour se donner une idée... Ceci dit, l'ensemble se laisse voir sans la moindre difficulté et on appréciera un trio d'acteurs tout à fait convaincants : Joh Wayne, Susan Hayward et Dennis O'Keefe. Acceptable. (Dvdclassik et Allociné)


                            

Si "The Conqueror" de Dick Powell a mauvaise réputation aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'il est mauvais en soi mais plutôt parce qu'il a été tourné dans le désert du Nevada où avaient été effectués des essais nucléaires quelques mois auparavant, essais qui seraient responsables de nombreux cancers contractés ensuite par les membres de la distribution artistique et de l'équipe technique du film! Sur ce revenons à l'essentiel où John Wayne n'hésite pas, tel un Brando dans "The Tea House of the August Moon", à se brider pour incarner un surprenant Gengis Khan! A ses côtés, la magnifique Susan Hayward et quelques gueules du cinéma américain tels que Ted de Corsia ou Lee Van Cleef complètent la distribution! Bien enlevée, cette biographie de Gengis Khan n'en demeure pas moins plaisante à suivre... Tout d'abord il y a john wayne en jeune genghis khan,il n'a pas le physique de jack palance et ce n'est pas sa petite moustache qui le rend crédible,mais cela n'a vraiment aucune importance.Ce qui compte c'est le cinéma.Ce film en est du vrai des années 50,il ne manque rien dans l'aventure:des dizaines de chevaux qui tombent comme on n'en verra plus jamais,plein de figurants qui s'en donnent à coeur joie,des femmes super belles qui dansent pour notre plaisir,de la passion,de l'amour,de la trahison en veux tu en voila .Bref,du grand spectacle hyper rétro avec en plus un scénario totalement invraisemblable et une fin à la morale monstrueuse ...Louez le vite mais si vous n'êtes pas cinéphile abstenez-vous.Film doté d'une bien mauvaise réputation, " Le Conquérant " à pourtant suffisament d'atouts à son actif pour nous faire passer un moment de cinéma sans réel ennui. En effet, la photographie ne manque pas d'élégance, la BO de Victor Young est très réussi et la mise en scène de Dick Powell nous propose quelques belles séquences. Mais bon, cette superproduction n'a pas du tout un casting approprié - John Wayne n'est pas du tout fait pour le rôle de ce chef Mongol, la rayonnante Susan Hayward ne semble pas totalement impliquée par son personnage -, et l'histoire n'est guère palpitante.



                           

Au final, cela donne que l'on se retrouve devant une oeuvre qui n'a certes rien de catastrophique, mais qui aurait mériter d'être tout de même bien plus flamboyante. Cette superproduction a subi les conséquences d'un événement particulier. Les scènes extérieures furent tournées dans le désert où eurent lieu des essais nucléaires en 1953. Presque la moitié de l'équipe de tournage a développé par la suite un cancer, lequel entraîna le décès de 46 personnes, dont la plupart des vedettes et du metteur en scène, des années plus tard. De plus, ce fut un désastre commercial à sa sortie, malgré le prestigieux plateau de vedettes. Le choix de John Wayne est l'une des plus grosses erreurs de casting de l'histoire du cinéma américain, tout comme celui de Susan Hayward qui s'ennuie à mourir et doit se demander ce qu'elle est venue faire dans cette galère. John Wayne est risible avec ses fausses moustaches autant qu'il est peu crédible dans le rôle de Temujin. John Hoyt est tout aussi caricatural qu'hilarant dans le rôle de Shaman, avec son chapeau ridicule. Par ailleurs, quelques longueurs inutiles comme la scène des danseuses cassent le rythme du film.




                

Malgré ces quelques défauts, "Le Conquérant" reste agréable à visionner et permet de passer un bon moment de détente. Toutefois, un réalisateur comme Raoul Walsh ou Henry King aurait su donner l'impulsion et le rythme nécessaire avec un acteur comme Jack Palance ou Yul Brynner.    Carrément considéré comme un des plus mauvais films de tous les temps, "Le Conquérant", plus connu pour les effets nucléaires tragiques sur une grande partie de l'équipe de tournage que pour ses qualités cinématographiques quasi-inexistantes, ne mérite pourtant pas cette réputation désastreuse. Bon d'accord John Wayne n'est pas une seule seconde crédible en Gengis Khan, la belle Susan Hayward donne l'impression de se demander ce qu'elle fout là sur chaque plan, la prose qui compose les dialogues est pompeusement ridicule et aurait tendance à faire ricaner et le scénario se distingue par son incroyable côté répétitif. Mais il y a quelques belles fulgurances dans cet ensemble, comme la séquence d'ouverture pas trop mal réussie. Ces dernières ne suffisent peut-être pas à empêcher ce film d'être mauvais mais il ne mérite certainement pas d'être considéré comme un des pires du cinéma. (Allociné)