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mardi 27 décembre 2016

Eartha Kitt

Eartha Mae Kitt, née le 17 janvier 1927 à North en Caroline du Sud, et morte le 25 décembre 2008 à Weston dans le Connecticut, surnommée « Miss Kitt », est une danseuse, chanteuse de variétés - fortement influencée par le jazz - actrice et artiste de cabaret américaine. Elle fut qualifiée de « the most exciting woman in the world » (la femme la plus stimulante du monde) par Orson Welles qui lui fit tenir sur scène le rôle d'Hélène de Troie.Eartha Kitt est née dans une plantation de coton à North en Caroline du Sud, d'une mère noire et cherokee, et d'un père d'origine allemande ou néerlandaise. Eartha a été conçue lors d'un viol. Elle est envoyée à l'âge de huit ans chez un oncle à Harlem. Elle travaille en 1943 avec la troupe de danse de Katherine Dunham et fait des tournées au Mexique, en Amérique du sud et en Europe. Elle quitte la troupe et s'installe à Paris pour être chanteuse de cabaret et commence à se faire un nom. La jeune créole, à l'enfance malheureuse, persévère et devient une vedette internationale d'élégance et de sensualité dès les années 1950.


   


En 1950, elle est choisie par Orson Welles pour incarner Hélène de Troie dans Time runs, une adaptation du Docteur Faustus de Christopher Marlowe. L'accueil critique est excellent et Eartha tourne en Allemagne et en Turquie. De retour en Amérique, elle accède à la popularité en jouant dans New faces of 1952, une revue à Broadway, et en sortant ses premiers disques. Artiste polyvalente à la voix rauque et suave, elle a chanté dans dix différentes langues et s'est produite dans une centaine de pays. En 1953, Eartha Kitt enregistre C'est si bon avec l'orchestre d'Henri René pour son album That Bad Eartha . Le 6 octobre 1953 à New York, elle enregistre « Santa Baby » avec Henri René et son orchestre, chanson qui deviendra un classique de Noël. En 1954-55, elle est applaudie dans la comédie musicale « Mrs. Patterson » à Broadway puis, en 1957, elle joue au cinéma avec Sidney Poitier dans The Mark of the hawk.


   


En 1967, elle personnifie le personnage de Catwoman dans la populaire série télévisée Batman. En 1968, elle crée un malaise lors d'un déjeuner organisé à la Maison Blanche par la Première dame, Lady Bird Johnson, en se prononçant contre la guerre du Viêt Nam. Cet incident l'ayant mise à l'index aux États-Unis, elle est contrainte à poursuivre sa carrière à l'étranger jusqu'en 1974. Dans les années 1980, ses tubes font le tour de la planète : « Where Is My Man » (1983), « I Love Men » (1984), « This Is My Life » (1986) et « I Don't Care » (1986).En 1996, elle déclarait à l'Associated Press : « Les spectacles sont presque tous devenus fades. Leur réussite dépend des gadgets et des lumières. Aujourd'hui, vous n'avez pas besoin d'avoir du talent pour avoir du succès. Je pense que nous devions avoir quelque chose à offrir, si nous voulions que notre valeur soit reconnue et récompensée. ».


   


Cette même année, elle apparaît dans l'épisode « Escapade à Paris » (A Pup in Paris) de la sitcom « Une nounou d'enfer » (The Nanny). Sa dernière apparition sur les scènes de Broadway remonte à fin 2003. En 2007 et 2008, elle a remporté deux Emmy Award pour meilleure interprète dans un programme d'animation pour « The Emperor's New School ». Elle a obtenu le prix dans la même catégorie pour « The Wonder Pets » en 2010.(post mortem???) Le jeudi 25 décembre 2008, à Weston dans le Connecticut, elle s'éteint à l'âge de 81 ans à la suite d'un cancer du côlon.De son nom complet Eartha Mae Keith, Eartha Kitt a vu le jour à North, Caroline du sud, le 17 janvier 1927. Elle est née dans un champ de coton d'une mère Afro-américaine et d'un père Blanc. Durant son enfance, Eartha Kitt est ballottée de famille en famille avant de connaître sa mère biologique et ensuite de partir pour New-York.(Wiki)


   


Eartha Kitt est, pour le moins qu'on puisse dire, une femme intelligente étant donné qu'elle parle une dizaine de langues. Par ailleurs, elle commence sa carrière à la fin des années 40 auprès de la compagnie Katherine Dunham. C'est ainsi qu'elle se fait révéler par son talent, ce qui lui vaut de jouer son premier rôle dans le film « Casbah » en 1948. La carrière de chanteuse de Eartha Kitt démarre par la même occasion avec les titres tels « Love for sale », « C'est si bon » ou encore « Under the bridges of Paris ». Contre la guerre En 1950, Eartha Kitt est sollicitée pour incarner le rôle d'Hélène de Troie dans l'adaptation de la pièce « The tragical history of Doctor Faustus » de Christophe r Marlowe par Orson Welles . Par la suite elle enchaîne dans de nombreux autres films dont la majorité sont réalisés par Orson Welles .




Dans les années 60, elle fait ses débuts au petit écran en reprenant le rôle de Catwoman dans la série « Batman ». Elle sera reconnue par la qualité de son jeu tel que son nom est désormais lié au personnage. En 1968, alors qu'elle est invitée à la Maison Blanche, Eartha Kitt s'exprime comme étant contre la guerre au Viêt-Nam. Cette position la contraindra à continuer son art hors des frontières des États-Unis pendant de longues années. Une carrière bien remplie De retour aux États-Unis au milieu des années 70, Eartha Kitt joue à Broadway dans la célèbre revue « Timbuktu ». En 1984, l'artiste revient dans la Chanson en sortant le titre « Where is my man » qui obtient un succès triomphal en France et sera suivi peu de temps après par « I love men ».


   

Durant les années 90, elle continue d'interpréter des rôles au cinéma comme dans « Boomerang », « Unzipped », « I woke up early the day I died ». En 1998, elle prête sa voix à Yzma dans le film animé de Disney, « Kuzco, l'Empereur mégalo », une belle prestation qui lui permettra de remporter de nombreuses récompenses. Dans sa vie personnelle, Eartha Kitt s'est mariée en 1960 avec John William McDonald avant de divorcer 5 ans plus tard. De cette union naîtra leur fille, Kitt qui donne naissance à deux petits enfants Jason et Rachel Shapiro. Atteinte d'un cancer du colon, Eartha Kitt s'éteint le jour de Noël 2008 chez elle à Weston, Connecticut. L'artiste a sorti plus d'une trentaine d'albums et joué dans autant de films.(http://www.nostalgie.fr/artistes/eartha-kitt)

Clive Selsby

Clive Selsby Revill est un acteur néo-zélandais né le 18 avril 1930 à Wellington (Nouvelle-Zélande).Il est connu du grand public pour avoir été la voix de l'Empereur dans les premières versions de L'Empire contre-attaque (la scène a été retournée en 2004). Il a incarné au cinéma deux de ses rôles les plus fameux sous la direction de Billy Wilder, dans La Vie privée de Sherlock Holmes (Nikolai Rogozhin) et Avanti (Carlo Carlucci). Il est également apparu dans des séries comme Columbo ou Lois et Clark : Les Nouvelles Aventures de Superman.
En 1978 , il est l'invité de Columbo et joue ainsi le rôle de Joe Devlin, ex-terroriste irlandais, devenu un riche et célèbre poète installé à Los Angeles. Officiellement, il soutient un cercle américain d'aide aux victimes du conflit nord-irlandais. Mais dans un même temps, il se livre secrètement à un trafic d'armes afin d'approvisionner l'IRA. Le trafiquant d'armes Vincent Pauley essaie de le doubler en gonflant ses prix, et Devlin le tue. Columbo suspecte ce dernier en raison de deux indices retrouvés sur les lieux du crime, une bouteille de whisky alors que la victime, soufrant de diabète, ne buvait pas, et le dernier livre de Joe Devlin intitulé Up From Ignorance (Sauvé de l'Ignorance), dédicacé quelques jours plus tôt par l'auteur à l'attention de la victime, qui avait elle-même écrit sur la même page « Ourselves alone » (« Nous mêmes »), traduction anglaise de Sinn Féin. Pendant que l'inspecteur mène l'enquête, Joe Devling essaie en même temps de trouver le fournisseur, ou à défaut un autre fournisseur, afin de tenir ses engagements.(http://www.latourdesheros.com/ltdh/index.php/Clive_Revill)



   



Tout le monde adore Yul Brynner dans le rôle du robot-tueur dans « MONDWEST ».Schwarzenegger a même affirmé s’être inspiré de son (non)jeu pour créer son Terminator. En fait, en revoyant ses anciens films, on se rend compte que Brynner a TOUJOURS joué comme un robot ! Et c'est d’autant plus flagrant dans « LA GRIFFE ». Franklin J. Schaffner étant un bon réalisateur, il n’a pas cherché à affiner l’interprétation de sa vedette, mais l’a contraire accentuée et s’en est adroitement servi. Car dans ce genre de scénario où un héros est remplacé par un sosie censé lui voler sa vie, il y a généralement un bon et un méchant. Là, c'est plus compliqué : Dan Slater de la CIA est un « son of a bitch » antipathique et déplaisant. Il a abandonné son fils dans une pension suisse où il vient d’être victime d’un accident de ski suspect. Il soupçonne un de ses plus vieux amis qu'il n’hésite pas à cogner, ne décroche pas un sourire de tout le film et a constamment l’air exaspéré. Aussi, quand un espion trafiqué par le bistouri prend-il sa place, on en vient presque à le trouver plus attachant que l’original ! C'est d'ailleurs ce qui le perdra… Quand il déclare « J’aimais mon fils », son ex-collègue sait immédiatement qu'il ne peut s’agir du vrai Slater. Pourquoi ? Parce que Slater – de son propre aveu – n’a jamais aimé rien ni personne de sa vie ! C'est LA bonne idée de ce film vieillot et beaucoup trop touristique, à la construction poussive et mécanique, au dialogue pauvret et aux personnages réduits à l’état de pantins sans âme. Mais pour le fan du Yul, c'est un bonheur sans pareil, puisqu’il en aura deux pour le prix d’un. Hélas, aucun des deux ne change une seule fois d’expression en 1 H 45. On ne peut pas tout avoir.


   

À noter que sur la jaquette du film récemment sorti chez Warner Archives, Elke Sommer est annoncée comme partenaire féminine de Brynner, alors qu'il s’agit de Britt Ekland… Encore un complot ?(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-la-griffe-1967-86261256.html)Juste avant de réaliser un des plus grands film de science-fiction de tous les temps (La Planète des singes), un des meilleurs films de guerre (Patton), et tout simplement un des films qui arrivent le mieux à vous arracher les tripes (Papillon), Franklin J. Schaffner qui était donc loin d'être un manchot avait réalisé ce film d'espionnage assez méconnu. Cette oeuvre peut paraître fade à côté de ses autres films mais elles possèdent quelques belles qualités. Seul très gros point négatif : une musique d'ascenseur style sixties alors qu'une partition à la Bernard Herrmann aurait été la bienvenue pour accentuer le suspense. Quelques légères maladresses autrement mais rien de bien grave. Le fait que le film ait été tourné en extérieurs dans le Tyrol autrichien est un plus (dommage pour les transparences lors de la séquence de ski!). L'intrigue a beau être assez conventionnelle, elle réserve tout de même deux ou trois rebondissements assez inattendus.


            

L'ensemble est assez dense pour qu'on ne décroche pas et puis surtout Yul Brynner apporte son charisme fort et sa silhouette unique tout au long du film. Par surcroît, le couple qu'il forme avec la belle Britt Ekland fonctionne très bien. Une rareté à voir.Le peu d’importance attribué à ce « Double Man » par les critiques professionnels est très surprenant. Il dénote en tout cas un certain manque de jugement. Franklin J. Schaffner, dans ce film fait certes preuve de conformisme, entre autre autres pour la musique, mais le film est loin d’être dépourvu d’intérêt. Les choix narratifs du début sont très bons, et le suspense est solide et bien mené. En outre, le rôle finalement peu sympathique et très ambigüe de l’agent peu enclin à sa propre remise en question, est formidablement bien rendu par Brynner. Enfin, Il est à noter, car très rare, de voir une traduction française d’un titre, être bien meilleure que le titre original lui-même, car il amputait le film des trois quarts de son suspense.(Allociné)


              

Une petite troupe de scientifiques et de médiums fait une escapade dans une maison hantée. Cela ne vous rappelle rien ? Oui, à peu de choses près, ce point de départ ressemble pas mal à la fameuse MAISON DU DIABLE de Robert Wise. Le film a d'ailleurs pas mal de points communs. Pourtant, le scénario se base sur un livre de Richard Matheson n'ayant rien à voir avec celui ayant inspiré LA MAISON DU DIABLE. Et c'est justement Richard Matheson qui écrit le scénario de LA MAISON DES DAMNES. Il faut dire que l'auteur a déjà pas mal bossé pour le cinéma jusque-là. D'ailleurs, nous l'avions déjà évoqué rapidement lorsque nous avions critiqué les DVD de LA CHUTE DE LA MAISON USHER et de LA CHAMBRE DES TORTURES. Ainsi, en plus d'écrire des livres dont nombreux sont ceux qui ont été adaptés au cinéma (LE SURVIVANT, HYPNOSE, QUELQUE PART DANS LE TEMPS, L'HOMME QUI RETRECIT, LES SEINS DE GLACE et j'en passe…), il participe activement à l'écriture de scénarios que ce soit pour des séries télévisées (LA QUATRIEME DIMENSION au hasard) ou l'adaptation de livres pour le petit et le grand écran (CHRONIQUES MARTIENNES, DRACULA ET SES FEMMES VAMPIRES ou LE MAITRE DU MONDE…). Autant dire que le Monsieur a un bien joli curriculum vitae le mettant à l'abri d'une accusation de plagiat.Dans les années 70, les effets spéciaux n'étaient pas ce qu'ils sont devenus à présents. De même, on ne faisait pas forcément de films en se basant sur l'équation "Action + Effets Spéciaux = Succès" dans le genre qui nous intéresse. Il n'est pas question de dénigrer les grosses productions fantastiques de ces dernières années puisque votre serviteur en est, lui-même, plutôt friand ! Néanmoins, et cela a sûrement été déjà dit ici, l'épouvante a disparu depuis belle lurette des écrans en dehors de quelques exceptions (LES AUTRES de Amenabar ?).


   

En plus de son sujet, LA MAISON DES DAMNES est donc très proche dans son traitement de LA MAISON DU DIABLE. Sobre et jouant plus sur l'ambiance pour mieux ménager ses effets. Pourtant, ce n'est pas tant la peur qui se ressent à la vision de LA MAISON DES DAMNES mais un sentiment d'angoisse à la limite oppressante. Enfin, on sent une approche ouvertement sexuelle du sujet de l'esprit frappeur (au sens propre) que l'on retrouvera de façon largement décuplée quelques années plus tard dans un style moins "british" dans L'EMPRISE. La médium se voit être l'objet des convoitises d'une entité invisible alors que la femme du physicien a une libido exacerbée. Le scénario s'amuse d'ailleurs souvent à laisser planer le doute quant à l'origine voire la réalité des phénomènes, ce qui amène psychologie, parapsychologie et physique se mêler dans une approche scientifique du problème.Encore une fois, il faut bien comprendre que LA MAISON DES DAMNES est un film d'ambiance et n'a rien d'un slasher. Encore heureux, avec ses quatre locataires, la maison serait vidée au bout de trente minutes. De même, ne vous attendez pas à voir valser les tableaux ou nos pauvres héros se faire courser par des ectoplasmes en image de synthèse pendant une grande partie du film. Cela peut être divertissant, c'est certain, mais ce n'est pas le propos de LA MAISON DES DAMNES.


                  

Elle s'adressera en priorité aux spectateurs aimant le cinéma d'épouvante, celui qui vous intrigue puis vous inquiète sans débarquer avec ses gros sabots. Il en va de même avec un final astucieux et étonnant nous révélant le secret de la maison.A la réalisation, on trouve John Hough qui se sera illustré en mettant en scène LES SEVICES DE DRACULA (sans Dracula !) pour la Hammer Films, LES YEUX DE LA FORET de l'éphémère branche "Epouvante" de Disney ainsi que deux productions plus enfantines (LA MONTAGNE ENSORCELEE et LES VISITEURS D'UN AUTRE MONDE) et pour le reste AMERICAN GOTHIC, un amusant INCUBUS ou une collaboration à la seconde série télévisée de la Hammer Films.Sobre, le film l'est aussi de par le nombre de personnages présents à l'écran, ce qui limite le casting à quatre personnages principaux dont l'un d'entre eux est interprété par Roddy McDowall (LA PLANETE DES SINGES). Mais dans LA MAISON DES DAMNES, vous pourrez aussi voir une courte et silencieuse apparition de Michael Gough (CRIMES AU MUSEE DES HORREURS). A ne pas confondre avec le réalisateur, même si les deux hommes ont des noms très proches, sont des citoyens britanniques et ont oeuvré durant leur carrière entre autre au sein de la Hammer Films.(http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=337&NamePage=maison-des-damnes--la--the-legend-of-hell-house-)

dimanche 25 décembre 2016

Giulio Petroni

Giulio Petroni, né le 21 septembre 1917 à Rome et mort le 31 janvier 2010 (à 92 ans) dans la même ville, est un réalisateur italien., connu pour ses spaghetti western Tepepa (1969), avec Orson Welles et Tomas Milian, Death Rides a Horse (1967), avec Lee Van Cleef dans l'un de ses premiers rôles principaux, et un ciel rempli d'étoiles pour un toit (1968). Né à Rome, Petroni a commencé à faire des courts métrages d'engagement politique en 1951. Il a fait ses débuts en tant que réalisateur en 1959 avec le film de comédie La cento chilometri. À partir de 1967 Petroni a dirigé cinq westerns spaghetti, considérés généralement parmi les plus importants dans son genre. En plus de ceux mentionnés, les titres comprennent La notte dei serpenti (1969) et Life Is Tough, Eh Providence? (1972), avec Tomas Milian comme Provvidenza. Il a ensuite travaillé à la télévision RAI et a également été un romancier apprécié et essayiste.(Wiki)


                  

La mort était au rendez-vous (1967) - Un an après la sortie de "Et pour quelques dollars de plus", et juste avant son rôle mythique de Sentenza ("Le bon, la brute et le truand"), Lee Van Cleef fait un détour chez Giulio Petroni et casse la baraque. Après un début fracassant (la scène du viol et de la tuerie d'une famille, puis l'entraînement aux armes du gamin rescapé), Giulio offre un western spaghetti typique avec une patte transalpine dévergondée. Il apporte ici et là des éléments chers à Leone en les embrasant dans une mixture western. Peut être pas un chef d’œuvre, mais un film à découvrir impérativement. On peut voir qu'il s'agit bien d'un western dans un premier temps. C'est ici que la touche léonienne est vérifiée. Vincenzoni au scénario (malgré qu'il soit un peu délaissé), Morricone en pleine forme (et offrant des partitions originales et collant très bien au déroulement de l'histoire de ce western transalpin), et des acteurs ayant une bouille typique chère à Leone : Van Cleef avec sa pipe (dans l'un de ses meilleurs rôles sans aucun doute !), Mario Brega (on le reverra dans "The good..." dans le rôle du tortionnaire de Tuco (Wallach), scène censurée lors de sa sortie aux États-Unis) et Luigi Pistilli (après les deux derniers "Dollars", il a rejoué chez Corbucci ("Le grand silence") et Rosi ("Cadavres exquis") parmi d'autres) notamment. Pour rester du côté du casting, on peut remarquer dans un second temps que l'acteur principal est incarné par un John Philip Law alors à ses débuts. On a pu le voir par la suite dans "Barbarella" de Vadim, "Le voyage fantastique de Sinbad", "Le pont de Cassandra" avec Richard Harris, ... . Il incarne ici ce héros solitaire sans jamais se prendre au sérieux. Du coup il m'a fait pensé à William Berger dans "Sabata" (toujours avec Van Cleef d'ailleurs !). John Philip Law apporte ainsi le côté parodique du western. Giulio Petroni avait il prévu de briser la glace avec cette interprétation parodique d'Eastwood ? Sans doute. La question reste cependant en suspens.


   

A méditer Je tiens à informer les spectateurs sur les flashbacks utilisés par Giulio. La teinture rougeâtre de la pellicule vu dans un ensemble de plans saccadés nous remet dans l'émotion et dans le sujet de l'histoire. Un style percutant, choc, violent à chaque fois, et faisant appel à l'imaginaire pour des réalisations à venir. Je pense aux sanglants "Casino" et "Pulp fiction". Un pendant à montrer non seulement la cruauté des hommes, mais aussi de montrer que tout un chacun est marqué par une épreuve dans sa vie. L'idée de la vengeance du personnage principal est ici mise à nue et conforte Leone (je suppose) à parler de son Homme sans nom comme un révolutionnaire, un rebelle, un homme hors du temps. Dans "La mort était au rendez-vous", cela est retranscrit dans le titre originel qui était "Da uomo a uomo". Pour parler du final, je peux dire que l'assaut du village est bigrement mis en place avec des fusillades et des explosions rappelant que le western traditionnel existe encore bel et bien. Une dernière petite chose pour dire que le duel final est anticonformiste. Un régal de la part de Giulio Petroni !!


                

Et donc de préciser qu'il ne s'agit pas d'un western léonien. Giulio ne prend pas aussi bien le temps d'insuffler à son épopée le souffle lyrique que Leone a magnifié dans "The good, the bad and the ugly" puis sublimé pour le duo Coburn-Steiger avec "A fistful of dynamite". Giulio reste sur sa première impression et signe ainsi un western certes réaliste mais non lyrique. Pour résumer, "Death rides a horse" (traduit en français par "La mort était au rendez-vous) est un western italien méditerranéen pur et dur qui reste bien dans la tradition du western où tous les genres se culbutent (huis-clos, parodie, western traditionnel...). Du pur bonheur ! Giulio Petroni (qui a fait jouer Welles dans "Trois pour un massacre") se démarque de Leone rien que pour notre plaisir. Spectateurs, reprendrez vous un peu d'extasy avec mister Van Cleef ? Interdit aux moins de 12 ans.(Allociné)


                


Un tueur nommé Luke (1970) - Un alcoolique (Luke Askew) est engagé pour assassiner une personne dont on convoite l'héritage. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il s'agit d'un enfant, comme celui qu'il a perdu lors d'un pari stupide. Les anti-héros alcooliques du western, américain et européen, sont nombreux. Citons ceux des petits CHEVAUCHE ET TUE/POUR UN WHISKY DE PLUS et KIDNAPPING ou celui de EL PURO LA RANCON EST A TOI de E. Mulargia, inoubliable quant à lui par sa noirceur extrême. Aux USA, les classiques de Howard Hawks RIO BRAVO et EL DORADO comportent aussi de célèbres personnages de ce type. UN TUEUR NOMME LUKE traite donc d'un thème récurrent, qui n'a rien de bouleversant. Mais, on le sait depuis LA MORT ETAIT AU RENDEZ-VOUS (sans doute trop tributaire de Sergio Leone cependant), Giulio Petroni n'est pas un manchot. Et son traitement fait toute la différence. Ce, dès le scénario, passionnant. Petroni signe même là son meilleur film. Tout d'abord parce que le personnage de Luke est vraiment intéressant. Sorte de clochard méprisé par une bande de Mexicains, épave hantée par l'un des passés les plus sombres du genre tout entier, Luke bénéficie aussi du physique particulier de Luke Askew. Pour une fois on n'a pas droit à un beau gosse mal rasé. Askew est laid, trop blond, sans charisme particulier. Un homme normal pourrait-on dire. Dans la première partie du film, il n'est même plus bon tireur-même si l'on se doute que cela ne durera pas. Son passé perçu à travers de nombreux flash-backs est terrifiant puisque, en proie à l'ivresse, il a tué son propre fils d'une balle en pleine tête lors d'un défi imbécile à la Guillaume Tell.


   

Ce n'est donc pas ce drame qui l'a fait plonger dans l'alcool, mais bien l'alcool qui est responsable de tous ses malheurs. Luke est un coupable dépressif, détruit par les regrets et par son vice. Au début du film, il n'est qu'une ruine prête à tout pour se payer de l'acool. A la fin, il est redevenu un homme, avec sa dignité et sa morale. UN TUEUR NOMME LUKE conte donc l'histoire d'une rédemption. La scène où il découvre l'identité de celui qu'ildoit tuer est réussie. C'est une très bonne idée de scénario. Les méchants du western spaghetti sont prêts à tout pour des raisons bassement matérielles, même à faire descendre un enfant comme ici. On se souvient de la stupeur d'Henry Fonda lorsque Leone lui proposa son rôle de IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST où dès son entrée en scène il exécutait froidement un gamin. Parmi les méchants, du beau monde : l'excellent et très classe Luigi Pistilli en militaire corrompu, la bestiale et sensuelle Chelo Alonso en prostituée et l'efficace William Bogard en chef des Mexicains.


                

La mère de l'enfant, qui sait toucher le coeur de Luke sans doute autant que son fiston, n'est autre que la magnifique Magda SATANIK Konopka. Toujours un ravissement de voir cette charmante créature,même si on la préfèrera évidemment dans le film de Piero Vivarelli où elle est vraiment renversante. Dommage qu'elle n'ait pas connu une carrière plus importante. Riz Ortolani fait dans la musique d'inspiration hispanisante ; son seul nom est gage de qualité. Tout comme celui de Giulio Petroni à la réalisation très soignée, tout en sobriété. A bien y réfléchir, il n'a jamais fait, techniquement, de petit western, même si son Providence est certainement mineur quant au fond. UN TUEUR NOMME LUKE a tout pour plaire : un héros différent, des victimes attachantes et une belle brochette d'ordures à massacrer.(http://www.sueursfroides.fr/critique/un-tueur-nomme-luke-1063)

Sorcerer

Sorcerer est un album de jazz hard bop du Miles Davis Quintet sorti le 23 octobre 1967.Miles Davis grave deux disques importants en l'espace de deux mois "Sorcerer" dont la pochette est ornée du profil de Cicely Tyson, sa nouvelle compagne, qui remplace Frances Taylor sur les couvertures et dans son cœur. L'album est inventif, et le recours à l'ostinato met en exergue les mouvements improvisés, il trouvera son prolongement encore plus abouti dans Nefertiti". L'album présente curieusement un enregistrement de 1962 chanté par Bob Dorough.Cet album de Davis est celui du quintet. Comme pour son successeur, "Nefertiti", Davis ne signe rien, mais ici plus encore il se met de côté et laisse briller plus haut Hancock et Wayne Shorter. De "Pee wee", où il ne joue même pas, à "Vonetta", où malgré les soli, c'est bien Herbie Hancock et ses accords sublimes qui illumine le plus, "Sorcerer" est un album de groupe. "Masqualero" la merveilleuse, mélodique, harmonique, tour à tour aérienne, nocturne, lascive et percutante, est une alchimie exceptionnelle de sons, de notes, d'intentions et d'inflexions rythmiques par delà le discours ordinaire du modal : Hancock cherche le narratif et l'atmosphérique dans les armes de l'harmonie, de la joliesse, et les emportements qui les réunissent tous montrent bien que Davis, peu de temps après ça, plongera dans l'électrique. 

Dans ses neuf longues minutes les musiciens sont peintres, coloristes et conteurs, déjà les fresques futures aux timings symphoniques sont ici esquissées, Davis et ses amis cherchent à réinventer, à se surprendre, à user d'une rythmique aussi bien comme d'une danse, que comme d'une force tribale. Frénétique, le morceau "Sorcerer", pour qui s'y laisse tomber, est une véritable fusion entre les deux solistes, on voit l'un quand c'est l'autre et les deux s'évertuent à décrocher la Lune. Incarnation ultime du freebop, ce jazz rapide et typé, complexe et qui sut explorer jusqu'au bout les richesses mélodiques du modal, "Sorcerer", comme "Nefertiti", est à déconseiller à ceux à qui le jazz déplaît. On ne trouve pas ici l'évidence merveilleuse d'un "ascenseur pour l'échafaud", ni l'hypnotique mystique, universelle, de "Bitches brew". Juste du grand jazz.(http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=4547).



                 


Sorcerer, sorti en 1967, est une des réussites absolues de Miles Davis, avant qu'il ne passe au mode électrique en 1969 avec Filles De Kilimanjaro (avant ce disque, il sortira encore Nefertiti et Miles In The Sky, qui sera sa première incursion électrique, en fait). L'album, dont la photo de pochette représente, de profil, l'actrice Cicely Tyson (sa compagne de l'époque), possède une étrangeté en la présence de Nothing Like You, le dernier titre, qui est chanté par Bob Dorough. Oui, une chanson sur un album de Miles Davis ! Rarissime, si ce n'est unique ! L'album, sinon, pour 7 titres, dure 40 minutes. La fameuse chanson n'en dure que 2 (et est franchement pas terrible, surtout la voix de Bob Dorough) !Enregistré avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Tony Williams et Ron Carter, Sorcerer est un immense album, mis à part la présence de ce titre final dont je viens de parler (sur ce dernier titre jouent Frank Rehak, Wayne Shorter, Paul Chambers, Jimmy Cobb, Willie Bobo et Miles). L'album aligne les perles comme sur un collier : les neuf minutes (plus long titre de l'album) de The Sorcerer, Prince Of Darkness, Limbo, Vonetta, Masqualero...Mis à part Nothing Like You, le seul titre qui me plaît moins que les autres, ici, est Pee Wee, mais ce morceau reste quand même très bon. On considère souvent que cet album est un coup d'essai pour le futur Nefertiti, mais, pour ma part, je l'aime largement plus que Nefertiti (un bon album selon moi, mais pas un immense cru davisien).Bref, dans l'ensemble, ce "sorcier" mythique est une réussite totale (ou presque), un album jazzy imprégné d'ambiances, bien plus original que ce que sa pochette glamour et anodine ne peut le laisser présager. Pour amateurs de jazz, pour fans de Miles, cet album est rigoureusement indispensable ! Dommage juste qu'il ne dure pas deux minutes...de moins ! Et dommage que je n'ai pas trouvé de clip convenable de morceaux de l'album, aussi...(http://clashdohertyrock.canalblog.com/archives/2011/01/26/20205574.html)


               


Dans les albums Nefertiti, et Sorcerer, enregistrés en mai 1967, puis Water Babies, terminé en 1968, la notion de climax et d’espace est raffermie. Sur les morceaux Nefertiti et Pinocchio, le thème est répété inlassablement du début à la fin du morceau. Du coup la batterie, ou plutôt l’esprit de percussion dans le jeu de Tony WILLIAMS est mis en valeur. On retrouve ce shème de répétition dans les morceaux d’inspiration indienne que Miles enregistre dans les années 70. Dans les ballades, comme dans les morceaux Fall, Pee Wee, et Vonetta, le temps s’étire, et l’ambiance musicale est plus sereine qu’au début des années 60. Au milieu du morceau Pee Wee, à une minute cinquante de la fin, et sur le morceau Vonetta trois minutes cinquante cinq avant la fin, on entend un motif de piano, joué par Herbie HANCOCK, et un motif de trompette de Miles DAVIS qui vont souvent être repris par d’autres musiciens et samplés par les DJ’s pour s’en servir de motif ou de boucle.Certains thèmes, comme Madness sont très courts, ramassés dans le temps, allant à l’essentiel et servant plus de prétexte à une improvisation libre qu’à une forme mélodique et harmonique déclinée pendant les solos. Les morceaux Limbo, Water Babies et Two Faced ont un caractère intemporel du à une rythmique flottante, dans laquelle la pulsion est subdivisée alternativement de manière ternaire et binaire. Sur ces albums, le climax post free se renforce, le piano n’est plus positionné en accompagnement, le chromatisme règne, et les déclinaisons autour des thèmes sont plus fluides et rythmiques. Fin 1967, Miles rajoute un second saxophone ténor à son groupe, en la personne de Joe HENDERSON. Dans le même temps il commence à supprimer les pauses entre les morceaux en construisant une forme de Suite, il gardera cette idée d’enchaînement rapide jusqu’à la fin de sa carrière. Le quintet continue à tourner, et le vibraphoniste Lionel HAMPTON, remplace brillamment Herbie HANCOCK lors d’un concert à San Francisco.(http://www.brotski.fr/conferences-concerts/miles-davis/biographie-et-commentaires/de-1967-a-1971.html)

samedi 24 décembre 2016

Nicole Stephane

Fille du baron James-Henri de Rothschild, Nicole Stephane était Chevalier de la Légion d'honneur et Chevalier des Arts et des Lettres. Juive, engagée dans l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a connu la prison en Espagne en 1942 en franchissant les Pyrénées pour rejoindre les Forces françaises libres, a été agent de liaison en Allemagne. Elle a été repérée en 1948 par Jean-Pierre Melville dans un cours d'art dramatique, car elle avait échoué au Conservatoire. Melville la fait tourner dans Le Silence de la mer et Les Enfants terribles. Un accident de voiture l'ayant, en partie, éloignée du jeu, c'est vers la production que Nicole Stéphane s'est tournée. Elle réalise deux courts métrages sur Israël, La Génération du désert (1958) et Une guerre pour une paix (1967), et En attendant Godot à Sarajevo (1993). En 1962, Nicole Stéphane obtient les droits de filmer À la recherche du temps perdu. C'est le début d'une longue aventure, au cours de laquelle elle collabore non seulement avec Luchino Visconti, mais aussi avec Ennio Flaiano, Harold Pinter, Joseph Losey, Peter Brook et Volker Schlöndorff. Au début des années 1970, elle vit une relation amoureuse avec Susan Sontag, dont elle produit le film Promised Lands en 1973, un documentaire tourné en Israël à la fin de la guerre du Kippour.(Wiki)


   


Si la Guerre devait nous inspirer une bruit, le silence serait certainement le dernier à être cité. Nous pourrions citer des bombardements, des cris, des tirs, des pleurs, ... Mais le silence, non. Le silence s'apparente plutôt à des moments de calme intense, où le Mal n'est qu'à venir. Nous nous souvenons tous des silencieuses matinées pluvieuses qui annonçaient une terrible tempête. "Le Silence de la Mer" de Jean-Pierre Melville exploite avec brio le silence comme facteur d'émotion, comme seul et unique tremplin vers l'ébranlement du moi. Car si Werner von Ebrennac, soldat SS amoureux de la France venant loger chez l'habitant, se livre à de longs monologues interminables sur son enfance, sa vie en Allemagne et son amour pour la culture française, ce n'est pas pour toucher le spectateur, mais pour briser la glace imposée par le mépris de ses logeurs. Un mépris qui est progressivement en proie à l'habitude et à l'attachement qu'ont les humains les uns envers les autres lorsqu'ils vivent en communauté. Avec une plastique simple mais efficace, ce film transporte le spectateur dans une autre dimension, une autre époque. Une époque de doute, de peur, mais aussi de réelle fragmentation entre dominé et dominant. Parlant d'optimisme, de mariage, d'amour et d'amitié, sur fond d'un théâtre bien sanglant où la violence est renvoyée dans un hors-champ que l'on ne sait que trop présent. Pour son premier film, Melville signe ici l'un des plus beaux chefs-d'oeuvres de l'Histoire du Cinéma. Certes, les monologues rendent le film lent et parfois pesant, mais l'atmosphère qui règne dans ce film est maîtresse et transporte littéralement le spectateur dans la Guerre - et dans le silence morbide de celle-ci.


   


Un film hallucinant, d'une audace incroyable au regard du challenge que s'impose Melville : bâtir un film sur un long monologue en banissant toute idée d'un quelconque dialogue ! Un pari périlleux que Melville, véritablement transcendé par son sujet, réussit à merveille en prenant le parti pris de la simplicité et de l'épure. Un coup d'essai qui ressemble à s'y méprendre à un coup de génie. L'un des premiers films de Melville et sans doute le meilleur. Il y a quelque chose de "bressonien" dans cette oeuvre que l'on peut aisément comparer à l'exceptionnel "Jeanne d'Arc", quelque chose dans la pureté, dans l'expression des corps, le minimalisme intelligent, quelque chose qui ressemble à ces monuments cisterciens qui laissent pénétrer la lumière en même temps que le divin. Le "Silence de la mer" est à l'esprit ce que le "Jeanne d'Arc est à Dieu. Une digue inébranlable qui se dresse au-devant de ceux qui voudraient tordre l'esprit humain. Un chef-d'oeuvre tout simplement.(Allociné)


               


« Une fois prêtre, toujours prêtre ! » Pierre Fresnay est Maurice Morand, un prêtre dèfroqué! Cet homme qui n'a eu que des sarcasmes pour la foi des détenus de l’Oflag XIII-4 en avril 1945! On ne savait de lui que ce qu'on ne connaissait : un professeur d'histoire au Caire, un homme d'études! il y a un adage qui dit que si un roi se retire pour ce qu'il pense être son devoir, on ne doit pas croire qu'il l'a fait pour une femme! Maurice Morand n'est pas roi mais règne sur soi-même! C'est difficile ? Non, juste orgueilleux! Bref, tout vaut mieux que les fausses vocations! Morand en est un célèbre exemple! Ours de bronze au Festival de Berlin, "Le défroqué" n'est pas ce qu'on appelle un chef d'oeuvre du genre! Le film a mal vieilli et l'affrontement final entre Morand et Lacassagne est à la limite du ringard! Reste la grâce du dernier plan (la larme à l'oeil de Morand qui prie en latin) et le jeu excessif de Pierre Fresnay! N'est pas Bresson qui veut monsieur Léo Joannon, réalisateur français à qui l'on doit "Atoll K", le plus mauvais film du tandem Laurel & Hardy...A mes yeux éberlués ce film fut un succès très tangible à sa sortie. Tant mieux pour lui puisqu'il est sincère. Sincère, oui, mais empesé; bien plus qu'un Renoir gêné dans ses mouvements, plus coincé qu'un Autant-Lara par des ligues de vertu. Le problème me semble être le cadre. Dans les films qui traitent gracieusement de la Foi, le cadre doit être large; c'est une aspiration qui occupe tout le sac pulmonaire, ce qui monopolise tout le corps. A amenuiser son cadre en permanence, Joannon amenuise ainsi la portée de son propos. Les propos tenus par les prisonniers ne sont pas non plus très "en situation"; le film me semble une régression totale par rapport au sublime (viscéral, pour tout dire) "Journal d'un curé de campagne" de Bresson.


   


Peut-être parce que le film de Bresson tenait debout sans chercher à s'affider un public, celui-ci en trouve un à force de se défiler sans cesse. Rien ne tient debout ici, les dialogues sonnent faux, mais ce n'est pas un film réellement haïssable, juste songe-creux. Quel film! Il vous prend aux tripes dés le départ et ne vous lâche pas un instant, sans jamais s’écarter du sujet . C’est courageux et magnifique d’autant que les deux principaux acteurs sont bouleversants parfois de violence et parfois d’humilité, bien dirigés et bien filmés. La foi, la grâce, la communion des Saints sont des choses passées de mode en France où le catéchisme n’est plus assumé par des prêtres et pourtant elles existent et devraient intéresser tout à chacun. Ce film unique qui vient de sortir en DVD est l’occasion pour les gens curieux de métaphysique de comprendre ces notions difficiles à vivre.


                           


On n’en sort pas indemne, c’est souvent insoutenable et c’est par la souffrance qu'on atteint la grandeur de cette oeuvre. La notion de sacrifice, si discutable est ici poussée à son paroxysme à tel point que Dieu et le Diable se confondent parfois. Merci au cinéma de nous enrichir à ce point. Leo Joannon a pris le risque de l'incompréhension et du ridicule, il a atteint le sublime proche de la folie des ses personnages mais à s’approcher trop de Dieu ou de Satan n’est ce pas l’inévitable? Je n’avais jamais vu ce film, ni un tel film. Pialat, Bunuel, Bresson n’ont jamais été aussi loin, mais attention à bien le comprendre. Sans une solide connaissance de ce que pouvait être l’église catholique romaine il y a 60 ans dans notre pays ou un athéisme soutenu par une forte culture des religions le mot fin peut se transformer en point d’interrogation.(Allociné)

vendredi 23 décembre 2016

Jesús Franco

Jesus Franco se fait la main en tournant des documentaires et des courts-métrages, avant de tourner son premier long en 1959. Mais rapidement, le contexte culturel étriqué de l’Espagne franquiste lui pèse : amateur de romans et de films d’épouvante, il souhaite faire autre chose que les mélodrames à l’eau de rose que ses collègues ibériques moulinent à la chaîne. Sa liberté artistique, il la trouvera très rapidement par le biais des coproductions, et notamment grâce à son travail avec la compagnie française Eurociné, dirigée par Marius Lesoeur. Grâce au patronage d’Eurociné, Franco peut réaliser « L’Horrible Docteur Orlof » et « Le Sadique Baron Von Klaus », deux succès des salles de quartier qui lui permettent d’imposer un style de réalisation fort efficace dans la création des ambiances glauques et malsaines.C’est le début d’une filmographie pléthorique qui va voir Franco devenir l’un des artisans les plus prolifiques et les plus polyvalents du cinéma bis européen : épouvante, espionnage, polar, aventures, notre ami gère tous les genres. Réalisateur, scénariste, compositeur de musique, acteur occasionnel, Franco est un véritable homme-orchestre et multiplie les pseudonymes, composant parfois à lui tout seul la moitié du générique du film. Sa débrouillardise devient rapidement légendaire, ce qui pousse Orson Welles à l’engager comme assistant-réalisateur sur « Falstaff », qu’il tourne en Espagne. C’est d’ailleurs Franco qui sauvera le film en trouvant in extremis un nouveau financier alors que le tournage risquait de s’interrompre. Mais il avait négligé d’avertir Welles avant d’agir : fâché, le réalisateur enlèvera du générique le nom de son assistant.(http://www.nanarland.com/acteurs/acteur-jesusfranco-jesus-franco.html)


               


Dans la filmographie insensée de Jess Franco (près de 200 longs métrages en 55 ans de carrière), on ne peut qu’entrer par effraction, au risque de se perdre à tout jamais dans une œuvre foisonnante et surprenante, foutoir qui rassemble le meilleur du « cinéma bis » européen, et le meilleur du pire. Vampyros Lesbos appartient à une période faste du cinéaste qui enchaînait alors les films sexy et psychédéliques en Allemagne, en Espagne ou au Luxembourg. Il s’agit d’une lecture saphique très personnelle de l’univers de Bram Stoker, préalablement adapté avec beaucoup de respect par Franco (Les Nuits de Dracula, 1970). Le vampire est devenu ici une fascinante jeune aristocrate qui séduit une version féminine de Renfield venue lui rendre visite sur une île ensoleillée. On retrouve le plaisir insatiable de Franco à filmer à l’infini les mêmes histoires, des actrices peu farouches et des décors naturels paradisiaques. Érotomane, voyeur et fou de littérature fantastique, Franco n’a jamais été autant inspiré que par le récit de Bram Stoker et le corps splendide de Soledad Miranda. Cette jeune actrice espagnole deviendra l’égérie du cinéaste le temps de quelques films avant de disparaître dans un accident de voiture à l’âge de 27 ans. Le long strip-tease qu’elle effectue sur une scène de cabaret, entre un mannequin de chair et un miroir coctaldien, bercée par une fabuleuse musique électro teutonne constitue l’ouverture inoubliable d’un long solo de free jazz cinématographique riche en surprises et en hallucinations. Vampyros Lesbos devrait convaincre les néophytes du génie unique de Jess Franco. Olivier Père.(http://cinema.arte.tv/fr/article/vampyros-lesbos-de-jess-franco-jeudi-15-septembre-00h45)


   


Voilà un film qui a suscité en son temps bien des phantasmes, surtout pour tous ceux qui ne l'avaient pas vu et avaient bien du mal à se le procurer. Le fait est que Vampyros Lesbos n'est pas un chef d'oeuvre, mais pas non plus un ratage total. Comme souvent, Jess Franco alterne le pire et le meilleur, des séquences magiques suivies de passages d'une platitude navrante. Jacques Zimmer avait très bien résumé le sujet dans La Saison Cinématographique, écrivant : "Jesus Franco ou l'auberge espagnole : onirique, fantastique, érotique, touristique ; son film passe d'un genre à l'autre sans qu'une volonté délibérée soit présente... On se prend à regretter, au hasard d'un beau plan ou d'une situation forte, que Franco ne prenne pas le temps de bâtir un film complètement achevé." Et c'est malheureusement vrai, Vampyros Lesbos aurait pu être très bon si Franco ne s'attardait pas tantôt sur le port d'Istanbul, tantôt sur un papillon ou un scorpion (même si ce dernier est symbolique). Le jeu des acteurs vaut avant tout pour l'interprétation de ses deux héroïnes : la blonde Ewa Strömberg (vue aussi dans "The Devil came from Akasava"), et évidemment Soledad Miranda, la première égérie du metteur en scène, qui a personnifié la sensualité dans les oeuvres de Franco quand Lina Romay personnifiera plus tard la sexualité.


               

La première apparition de l'actrice remonte à 1960, dans "La Belle du tabarin". Mais son premier rôle important sera dans "Les Nuits de Dracula" (1969). En tout, elle tournera dans huit films de Franco, avant sa mort tragique à 27 ans peu après le tournage de "The Devil came from Akasava". Une mort longue et atroce, suite à un accident de voiture. Jess Franco, très longtemps, sera hanté par sa mémoire, jusqu'à l'entendre et la voir durant son sommeil, à l'instar du personnage de Linda dans "Vampyros Lesbos". Très étrange... "Vampyros Lesbos" peut être considéré comme une version détournée du "Dracula" de Bram Stoker, dont il avait déjà livré sa version l'année précédente (avec Christopher Lee et Klaus Kinski). En fait, on remplace Nadine Carody par Dracula, Linda Westinghouse par Jonathan Harker et le Docteur Seward par le Professeur Van Helsing, et le tour est joué ! Mais le film est surtout connu pour sa bande originale, un sommet de "psychédélisme groovy", que l'on doit au duo Manfred Hübler / Siegfried Schwab, une musique qui a fait le tour du monde, et qui comporte notamment une refonte incroyable du "Satisfaction" des Rolling Stones. La B.O., ajoutée aux scènes de spectacles érotiques dans le cabaret (il n'y a que Franco pour imaginer une Comtesse vampire se livrant à des shows "chauds" dans un club privé), et les passages saphiques entre Ewa et Soledad suffisent à sauver le film. Mais bon, Papy Jess a fait quand même mieux (et surtout pire, diront certains).(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/802-vampyros-lesbos)


                  


Quartier de femmes 1974 - Après une très grosse double déception lors du visionnage de deux films récents de Jésus Franco, je me suis lancé, sans grande conviction, dans celui de ce Quartier de femmes. Pourtant, c’est une belle surprise, qui vaut mieux que son titre racoleur. Coté casting on a le droit à des acteurs assez inégaux dans leurs prestations et leurs personnages. Pour ma part très clairement c’est Dennis Price qui se détache le plus du lot, en montrant de réelles qualités d’interprètes et en s’avérant toujours d’une belle constance dans ses apparitions. Le couple héros du film est plutôt bien interprété, même s’il y a des hauts et des bas dans la prestation des acteurs, Geneviève Robert emportant le morceau sur un Andrés Resino un peu plus timoré. Pour le reste le casting est relativement prétexte, avec des actrices surtout au jeu aléatoire, et une petite prestation d’Howard Vernon. Le scénario est un bon point du film. Laissant supposer un métrage plein de sévices et de lesbiennes sadiques dans une prison pour femme, la réalité est toute différente. Alors il y a bien la fessée et autre petite torture de ci de là, mais enfin le film ne s’attarde pas vraiment sur cela, où alors essaye de le faire avec un certain réalisme (bagarre…). En fait il construit une histoire plus travaillée, montrant un couple accusé injustement d’un meurtre, et cherchant à se barrer du bagne. C’est fait avec sérieux, le rythme est très solide, aidé en plus par une durée courte (1 heure 20), les événements s’enchaînent plutôt bien, et la fin est une grande réussite. Franco ne loupe pas sa sortie, et c’est une bonne chose. La mise en scène n’est pas exempte de défauts, avec un franc coté artisanal (caméra qui peine à se stabiliser dans les plans fixes…), mais au bout du compte ce n’est pas mauvais du tout. Il y a de bonnes idées, des plans visiblement travaillés et réfléchis (sur la fin notamment), et une certaine nervosité dans la réalisation qui surprend chez le réalisateur.


   

La photographie n’a rien d’exceptionnel elle non plus, mais elle est assez propre pour un film fauché des années 70, et certains plans sont même assez jolis. Les décors en revanche sont franchement à la peine, et manque nettement de crédibilité. Le budget en est surement la cause, et cela se retrouve encore dans les costumes, assez misérables. Alors ce film est soft, vous ne verrez en matière érotique, qu’un petit sein qui se dévoile et en matière de torture absolument rien de violent. C’est presque du tout public. Enfin la bande son est un autre aspect très positif du film. Il n’y a qu’un thème certes, et il fait un peu rire lors de sa première entrée en matière tant on se dit qu’il a un coté dramatique trop appuyé, mais au final son retour régulier fait plaisir, et Franco ayant pensé son film comme une sorte de tragédie grecque à grand renfort de passages tragiques, ce thème, soigné, s’intègre fort bien. En clair Quartier de femmes est un drame tout à fait plaisant à suivre. Dans son registre il se démarque du style habituel, privilégiant torture et violence bis, au profit d’une réflexion plus psychologique, et d’une réelle dramatisation. Certes le casting est inégal et on ne peut pas dire que le film soit très beau à regarder, avec un petit budget qui se fait clairement sentir, mais il y a du potentiel, c’est certain...(Allociné)

mercredi 21 décembre 2016

Vigo et Ed

Dans une précédente critique sur "Cosmopolis" de David Cronenberg, j'ai fait une allusion, que dis-je, un compliment, sur un autre de ses films, à savoir "A History of Violence", dont vous lisez la critique en ce moment même. Sauf que voyez-vous, contrairement à "Cosmopolis", métrage où Robert Pattinson tenait le rôle titre, "A History of Violence" n'est ni long ni ennuyeux, ou même plat. Non, là, il se passe presque tout le temps quelque chose, à une ou deux exceptions prêts, et il n'y ni longueurs ni lenteurs. Seulement deux scènes ne servent pas à grand chose, si ce n'est à rajouter de la durée à ce film d'une heure et demie, donc j'y reviendrai plus tard. C'est surtout une fois passées les vingt premières minutes que vous rentrerez dans le fil de l'histoire, et pourrez alors profiter du scénario tortueux et des divers retournements de situation qui s'offriront généreusement à vous. Car oui, moi qui pensait ne voir qu'un métrage sur les médias et le procès d'un père de famille ayant usé de légitime défense pour tuer deux hommes, je peux vous dire que j'ai été bien plus que surpris! Agréablement, cela va de soi. Je ne vous dirai pas de quoi parle "A History of Violence", pour ne pas vous spoiler l'intrigue, puisque trop vous en dire serait vous gâcher, d'une certaine façon, le plaisir de visionner cet excellent film. Une fois de plus, David Cronenberg apporte sa propre touche à son oeuvre. A la manière de la réalisation de "Cosmopolis", celle ci est tout aussi maîtrisée et, tout de même, assez "virtuose", surtout lorsque l'on peut assister aux scènes de combat, divinement bien tournées. Et justement, on retrouve ici une violence plutôt présente qui, sans être trop poussée, sera suffisamment là pour rendre le tout assez dur. Bon, il ne l'est pas autant que "Les Promesses de l'ombre" du même réalisateur, mais quand même! Quand on s'attend à un film lent et plat, on ne peut qu'être surpris par de l'action et du sang qui gicle à quelques reprises. Argument imparable, "A History of Violence" est tellement bien pensé, scénarisé et réalisé que sa violence n'est jamais exagérée. En effet, elle demeure, durant toute la durée du film, crédible et réaliste.


   

Outre une action plutôt bien gérée, ce long-métrage possède une autre qualité imposante. Laquelle? Son casting. Ceux qui connaitront ou auront vu le très bon "Appaloosa" comprendront aisément que Viggo Mortensen, Aragorn du "Seigneur des anneaux", et Ed Harris, acteur principal d' "Abyss" et réalisateur de ce même "Appaloosa", forment un duo aussi impressionnant qu'imposant à l'écran. Les deux sont charismatiques, et je dois dire que je préfère légèrement Viggo Mortensen. Je ne parle pas sur un point de vue de jeu d'acteur, puisque tous deux sont au même niveau, au niveau le plus haut, non. Je les juge plutôt sur les films auxquels ils ont participé et qui ont marqué mon enfance. Pour Viggo Mortensen, il y a "Lords of the Rings", que j'ai cité plus haut, mais aussi "The Road", lui aussi marquant, ou encore "Les Promesses de l'ombre".


                

Pour Ed Harris, je n'en retiens pas des masses, mise à part "Appaloosa" et "Abyss", et comme je n'ai pas grandi avec ce dernier, cet acteur n'a pas eu le même impact sur moi. Pour ce qui est des autres interprètes, c'est parfait aussi, surtout pour William Hurt, très crédible dans son rôle, et Maria Bello, qui nous livre une prestation engagée et dramatique. Plus haut, j'ai dit que deux scènes ne trouvaient pas leur utilité dans le film. C'est simple, ce sont les deux seules séquences de sex, qui, je trouve, et ce n'est que personnel, ne servent à rien. Dans un film, généralement, pour montrer les liens indissociables entre le héros et sa femme, il y a une ellipse, et on les voit directement dans leur lit, dans les bras l'un de l'autre. Au moins, avec cette technique, on passe une scène qui n'aurait servit à rien, surtout sans aucune sensualité, comme dans cette oeuvre, et on rentre dans l'histoire beaucoup plus vite. Ici, elles m'ont surtout laissé penser qu'elles avaient été tournées pour que le métrage ne dure pas 1h25 au lieu d'1h30. Disons juste que pour cinq pauvres minutes de film, on a droit à quelque chose d'inutile et qui ne fait nullement place à la sensualité et à la suggestion ( "Basic Instinct", quand tu nous tiens ! ). Vous l'aurez donc compris, "A History of Violence" est tout le contraire de "Cosmopolis", qui partait bien mais qui, au final, s'est lamentablement planté. Là, on a droit à une oeuvre passionnante, maîtrisée et tellement bien filmée! Un futur classique.(Allociné)



                        



Appaloosa (2008) - Le western que l’on dit souvent mourant renaît régulièrement de ses cendres grâce à quelques nostalgiques du genre, le plus souvent des acteurs. Ici c’est Ed Harris qui s’y colle. Son western est du genre « qui prend le tend de s’installer ». Les deux « gunfights » qui prennent le contrôle juridique d’une petite bourgade terrorisée par un Jeremy Irons qui vient de tuer le dernier shérif sont plutôt du genre cool. Leur couple fonctionne bizarrement car quoique de force égale les deux hommes obéissent à une hiérarchie bien établie jamais remise en cause. On sort très vite de l’intrigue initiale pour s’intéresser au problème de cœur d’Ed Harris qui s’éprend brutalement de la jolie étrangère qui vient de débarquer en ville. Peu macho – qualité plutôt rare pour l’époque- Harris accepte de bon cœur que sa dulcinée ait la cuisse alerte. Les deux hommes entre deux règlements de compte philosophent sur l’amour et c’est au final ce qui rend le film attachant. Le film est sans prétention mais filmé avec soin et surtout on sent que les deux héros ont pris plaisir à évoluer ensemble sous la caméra bienveillante d'Ed Harris.Pour son deuxième passage derrière la caméra après Pollock, Ed Harris se penche sur le western, le vrai, celui à l'ancienne, celui des années 50. Accompagné d'une galerie d'acteurs et de techniciens aux petits oignons, l'acteur-réalisateur nous offre une virée dans l'Ouest du plus bel effet. À ses côtés, l'excellent Viggo Mortensen, toujours aussi ténébreux, la pétillante Renée Zellweger et le désormais discret Jeremy Irons dans la peau du bad guy de service. Derrière la caméra, il s'entoure du directeur de la photographie Dean Semler (Oscarisé pour Danse avec les Loups) et du compositeur Jeff Beal avec qui il a déjà collaboré sur son précédent film ; autant dire que Harris est bien entouré pour ce western réussi en tout point ou presque...


   

Harris incarne donc Virgil Cole, un shérif juste et téméraire qui, accompagné de son fidèle ami Everett Hitch, va faire régner l'ordre dans la petite ville d'Appaloosa sujette au crime et à la décadence. Mais la rencontre avec une veuve très volage va tout bouleverser, surtout l'amitié alors indestructible entre Cole et Hitch... Le scénario sent bon le vieux western avec ses classiques codes et sa simplicité d'écriture. Pourtant, Harris va nous entrainer dans un film passionnant où, entre deux fusillades et une pointe d'humour bien placée, il va filmer la vie d'hommes, des vrais, des mecs qui en ont dans le pantalon et qui aiment le montrer, que ce soit pour impressionner la galerie ou pour conserver ses valeurs. Des hommes qui n'hésitent jamais et qui puent la virilité. Et Appaloosa transpire ce côté macho si bien présenté pour ne pas tomber ni dans la vulgarité ni dans le ridicule. Peut-être un poil trop propre (ou pas assez sale, au choix), le long-métrage manque aussi de répliques badass, de passages vraiment marquants, de ce petit quelque chose qui en fait un film culte. Tout de même réussi et mémorable pour qui aime le genre, Appaloosa s'inscrit dans la lignée directe des récents westerns apparus depuis les années 2000 (Open Range, 3h10 pour Yuma, la série Deadwood...).


                

Et si Ed Harris n'a pas encore la fibre nécessaire pour nous livrer un film au panthéon des westerns, il parvient néanmoins à nous livrer un vrai bon film de cow-boys bien plus sombre et sentimentaliste qu'il n'y parait.Appaloosa est un bon western, qui a surtout le mérite de s’être appuyé sur d’excellents arguments, tout en proposant un film au schéma à la fois classique et innovant. L’interprétation est clairement le meilleur argument du métrage. Le duo Mortensen-Harris fonctionne fort bien. Leurs personnages ont visiblement été pensés, travaillés, et non seulement on sent une réelle symbiose, mais aussi une vraie complémentarité. De surcroît, même si ce sont les héros, ils ne sont pas aussi lisses que cela, et c’est franchement bienvenu. A leurs cotés, Renée Zellweger. Elle assure une prestation honnête, bien qu’inférieure à celles de Mortensen et d’Harris, mais elle bénéficie elle aussi d’un personnage original, parfaitement ciselé, qui en surprendra plus d’un dans le cadre d’un western. Enfin, je ne peux m’empêcher de parler d’Irons, toujours génial dans ses rôles de méchant, qui prend ici un malin plaisir à être détestable.(Allociné)