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jeudi 31 décembre 2015

Ricardo Montalbán

Ricardo Montalbán, né Ricardo Gonzalo Pedro Montalbán Merino, le à Mexico, au Mexique, et mort le à Los Angeles, aux États-Unis, était un acteur et réalisateur mexicain. Il est surtout connu pour ses rôles de Monsieur Roarke dans la série télévisée L'Île fantastique et de Khan Noonien Singh dans la série télé Star Trek et le film Star Trek II : La Colère de Khan.  Paradoxe pour cet acteur qui fera le sens inverse dans ses débuts, en effet il vint d'abord aux Etats-Unis avant de repartir au Mexique où il devint une énorme star. Il apprend son métier d'acteur en débutant dans diverses troupes théâtrales avant d'être engagé par la MGM ou il sera une vedette pendant des années pour ces studio. Il reprit le rôle des "Latino lovers" dans le cinéma et ce personnage à l'accent sensible lui collera à la peau pendant des années, le romantisme fut donc ses terres de prédilection au cinéma et ce durant une décénie avant de changer son fusil d'épaule pour s'intéresser à d'autres genre pour le plaisir de ses fans. Il fut remarquable dans le film de guerre Bastogne (1949).Dans le western, il du limiter son talent dans une dizaine de longs-métrages. Mais, certains sont très riches en qualité (Au-delà du Missouri 1951 et Les Cheyennes). Son rôle d'indien pisteur dans Les dynamiteros (1970) de Burt Kennedy est assez bien joué, dommage que le film manque cruellement de moyens et d'enthousiasme. Ricardo Montalban fut de la série La conquête de l'Ouest (1978). Ricardo Montalban est marié à Georgina Young, la soeur de la cèlèbre actrice Loretta.


                 

Première réalisation d’Anthony Mann à la MGM après son passage à la Eagle Lion, Incident de Frontière, comme son titre l’indique rétrospectivement, marque une étape, une transition dans sa carrière entre les films noirs des débuts et le cycle des westerns à venir. D’ailleurs, durant de longues années, il fut souvent rangé dans l’une ou l’autre de ses catégories alors qu’il emprunte aux deux. On a souvent dit de Mann qu’il avait fait glisser divers éléments propres au film noir dans ses westerns, et l’on peut regarder ce film plutôt méconnu comme une œuvre sombre qui sortirait des espaces clos exigus et étouffants de ses réalisations précédentes pour s’attarder dans les champs immenses du Texas et du désert à la frontière mexicaine. Car Incident de frontière est le premier vrai film de Mann tourné en extérieurs, où le paysage est déjà un élément essentiel et dramatique. Il emprunte également à un autre sous-genre du film noir tel que Mann en réalisât dans les années 40 : celui du documentaire policier. Sous-genre dans lequel il s’était illustré dans Il marchait dans la nuit, mais surtout dans La Brigade du suicide qui compte de nombreux parallèles avec Incident de frontière. Il s’agissait d’un fac-similé de reportage déjà photographié par John Alton, d’une histoire d’infiltrés où la voix-off est prédominante. Incident de frontière a aussi quelques points communs avec Marché de brutes, d’une violence tout aussi peu ordinaire pour l’époque. Toujours photographié par Alton, Denis O’ Keefe y interprétait un gangster qui cherche à récupérer 50 000 $ pour gagner l’Amérique du Sud et échapper à la police. Or, dans Incident de frontière, George Murphy, policier qui se fait passer pour un faussaire, tente de berner son ennemi en expliquant qu’il a besoin rapidement d’être payé pour s’envoler au Pérou et ainsi échapper à la justice.
Le film s’ouvre donc de manière on ne peut plus documentariste : un long plan survole les champs de la Joaquín Valley et une voix-off explique la situation actuelle des Braceros, ces paysans mexicains qui viennent aux États-Unis pour travailler dans les cultures frontalières. Le commentaire est édifiant : les Braceros sont d’honnêtes voyageurs, tandis que d’autres, désespérés de ne toujours pas recevoir leur autorisation légale de travail, franchissent illégalement la limite. Ils sont ainsi exploités à de très bas salaires avant de repartir chez eux et d’être assassinés par les mêmes bandits qui leur avaient fait payer leur passage. La scène d’exposition, d’une rare violence, qui donne le ton brutal d’un film qui le deviendra de plus en plus, montre ainsi quelques Braceros sauvagement assassinés par une bande très organisée qui les laissent sombrer sans laisser aucune trace dans les sables mouvants.


            

Le film se montre d’inspiration sociale or, comme l’explique Pierre Rissient, c’est l’année où les studios parient sur des œuvres engagées puisque sortent à peu près au moment Haines de Joseph Losey et La Demeure des braves de Mark Robson, produit par un certain Stanley Kramer. Une initiative qui sera de courte durée puisque Incident de frontière parait en 1949, soit un an avant le discours à Wheeling de Joseph McCarthy dont la future Chasse aux sorcières allait mettre un terme à cette inspiration sociale de l’industrie hollywoodienne. S’il n’est pas crédité au générique en tant que producteur, cette vaine engagée du film doit être portée au crédit de Dore Schary, déjà producteur l’année précédente du Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey et qui venait à son tour de rentrer à la MGM. En divisant d’emblée les honnêtes Braceros des autres, condamnés à une mort brutale, John C Higgins, le scénariste attitré d’Anthony Mann dans les années 40, introduit une des principales thématiques du film : une forme de fragmentation entre les individus, divisés entre les forts, les idiots et les faibles. 


                               


A diverses reprises, le film approfondira ces distinctions : le policier mexicain (Ricardo Montalban) sera traité d’idiot par son ami Juanito (James Mitchell), qui finira à son tour par vouloir franchir illégalement la frontière au prétexte qu’ « un homme a le droit d’être idiot. » La plupart des sous-fifres des bandits ont des airs vaguement débiles, ne misent que sur leur force et sur l’intimidation. Tandis que les chefs des réseaux américains et mexicains sont des types malins, méfiants, prudents et organisés. Quand Karlson (Howard Da Silva), le patron américain, sera trahi par son associé (Charles McGraw), celui-ci lui rétorquera qu’il « a décidé de devenir malin. » Cette distinction entre les intelligences donnera lieu à une scène symbolique autour d’une partie d’échecs, point culminant du film en termes de suspense. Comme l’expliquera Karlson à Jack Bearnes (George Murphy) : « J’aime ce jeu car il permet de savoir ce que l’autre pense. ». Source : http://www.dvdclassik.com/critique/incident-de-frontiere-mann


                                

Madame X est le dernier grand rôle de Lana Turner (qui allait ensuite progressivement se retirer des plateaux pour de brèves apparition à la télévision comme dans le feuilleton Falcon Crest) et qui offre là ce qui est sans doute sa plus belle prestation. Le film adapte la pièce de Alexandre Bisson La Femme X dont le cinéma su immédiatement saisir le potentiel puisque deux ans après les premières représentations sur les planches avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre, une première adaptation vit le jour en 1910. Trois autres versions muette suivront en 1916, 1920 et 1929 et le parlant s'en emparera en 1937 dans un film réalisé par Sam Wood. David Lowell Rich signe là la huitième et plus célèbre adaptation bien que deux autres voient le jour en 1981 (avec Tuesday Weld et Eleanor Parker) et en 2000.
Cette version est revue et corrigée à travers l'imagerie du mélo hollywoodien des 50's, âge d'or du genre mais sans doute déjà un peu désuet en 1966. Lana Turner y retrouva les sommets du box-office grâce à l'immense succès de Peyton Place (1957) de Mark Robson et de Mirages de la vie (1959) de Douglas Sirk. C'est d'ailleurs Ross Hunter, le producteur de tous les grands mélos de Sirk à la Universal qui officie ici et il hormis Sirk reparti en Allemagne il réunit ici toute la fine équipe de l'époque avec Russell Metty à la photo et Frank Skinner signant la bande originale.





Rebondissements énormes, drames exacerbé et envolées outrancières, tout ce qui fait le charme du grand mélodrame est ici largement exploité. Holly Parker (Lana Turner) jeune femme d'origine modeste épouse Clayton Anderson (John Forsythe) riche héritier aux grandes ambitions politiques. Se sentant peu à peu délaissée par les multiples obligations de son époux elle s'égare et entame une liaison avec le séduisant Phil Benton (Ricardo Montalban). Son amour pour Clayton est pourtant le plus fort et après la promesse de ce dernier de consacrer plus de temps à sa famille elle décide de rompre avec son amant mais celui-ci meurt accidentellement dans la violente altercation qui suit. Sa belle-mère Estelle (Constance Bennett) qui ne l'a jamais aimée saisit donc l'occasion de se débarrasser d'elle par un odieux chantage. Pour ne pas briser la carrière politique de Clayton par un scandale, elle devra simuler sa mort et disparaître sous une nouvelle identité. Cette trame rocambolesque et bien chargée s'avère bien prenante grâce à l'équilibre du script de Jean Holloway, le travail sur la forme qui accompagne les multiples péripéties et ruptures de ton ainsi que la très grande performance de Lana Turner.


                               



Le début est très elliptique avec ses moments de bonheur filant à toute vitesse et dont on ne saura profiter à l'image de l'héroïne : mariage, naissance, ascension politique. Le drame se noue à chaque fois que cette narration se ralentit, ici avec les angoisses d'une Lana Turner esseulée et de la liaison avec le séducteur Ricardo Montalban. La forme plutôt sobre prend des accents baroques au fil de la déchéance progressive de Lana Turner où défilent dans un tourbillonnant fondu enchaîné les chambre d'hôtel sordides, les trajets de train tous identiques, les amants de passages et les bouteilles vides entamée par une Holly basculant dans l'alcoolisme.La photo de Russell Metty s'orne d'une palette agressive, presque psychédélique pour signifier la dépravation de l'héroïne avec des teintes violettes sombres et décadente. Lorsque cette fuite en avant s'arrête brièvement, c'est pour voir une Holly inconsolable refuser un nouveau bonheur possible (la romance avec le musicien danois) ou la retrouver physiquement ravagée (remarquables maquillages qui vieillissent une Lana Turner au départ aussi pimpante qu'à sa grande époque) entre les griffes d'un ignoble maître chanteur (Burgess Meredith). La mise en scène n'a de cesse de perdre la silhouette frêle de Lana Turner pour illustrer ce sentiment de désespoir et de profonde solitude.


                               

Le jeu très expressif de Lana Turner se prête parfaitement à ce personnage brisé et l'actrice bouleverse plus d'une fois. On n'est pas prêt d'oublier sa détresse face aux peurs nocturnes de son petit garçon qu'elle s'apprête à quitter, plus tard lorsqu'elle s'effondre de douleur le soir de noël hantée par le souvenir de son bonheur disparu. Le sommet est atteint lors de l'épilogue flamboyant osant l'emphase la plus totale.
Holly accusée de meurtre voit le moyen d'en finir définitivement en laissant la procédure suivre son cours et la mener vers une peine de mort en forme de délivrance pour elle qui n'est plus personne si ce n'est cette Madame X suscitant la curiosité des journaux. C'est sans compter le tour du destin puisque l'avocat commis d'office ne sera autre que son propre fils (Keir Dullea futur héros du 2001 de Kubrick). Le double sens des échanges, de la plaidoirie entre la mère et le fils, la connivence et l'affection inexplicable pour ceux pensant être des inconnus l'un pour l'autre créent ainsi de très grand moment d'émotion jusqu'au grand final où Lana Turner magnifique s'abandonne totalement et se libère de toutes ses souffrances.
Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/

mardi 29 décembre 2015

Richard Basehart

Richard Basehart est un acteur et réalisateur américain né le à Zanesville, Ohio (États-Unis), décédé le à Los Angeles (Californie).
Ancien journaliste et animateur de radio, il débutera au cinéma en 1947 et tournera lui aussi avec les plus grands réalisateurs.
Richard Basehart tournera aussi beaucoup en Europe ou il épousera une actrice Valentina Cortese. Ses composition seront très remarqué notamment chez Sam Fuller Bayonette au canon ou encore Moby dick.
Il sera aussi de ces acteurs à avoir tourné pour Fellini dans La strada ou bien Il bidone. Son talent fut alors reconnu internationalement, dans le western Richard Basehart tournera 4 longs métrages et le reste pour la télévision américaine.  James.


                 

14 Heures (Fourteen Hours) est un film américain réalisé par Henry Hathaway, sorti en 1951.
Dans les rues de New York, l'agent de police Charlie Dunnigan effectue son habituelle ronde. Tout se passe sans histoires quand il aperçoit au dix-huitième étage d'un immense gratte-ciel, un homme en équilibre sur la corniche. Comprenant que le malheureux est sur le point de se jeter dans le vide, Dunnigan décide alors de l'en empêcher. Lorsqu'il arrive à l'étage où se trouve le candidat au suicide, le policier tente d'engager la conversation. Petit à petit, les curieux s'approchent, la télévision et la radio ont vent de l'affaire et déploient les grands moyens pour couvrir l'événement. Sentant la pression monter, Dunnigan s'acharne à dissuader le suicidaire...
C'est pendant l'ètè 1950 que Grace Kelly connait sa première aventure hollywoodienne en obtenant un rôle secondaire dans "Fourteen Hours" que Henry Hathaway tourne pour la Twentieth Century Fox! Ce drame, inspirè d'un fait divers, raconte le suicide d'un jeune homme qui veut se tuer en se jetant du quatorzième ètage d'un immeuble; Grace incarne Mme Fuller, jeune femme qui assiste au suicide depuis l'immeuble d'en face, alors qu'elle est en train de discuter de son divorce avec un avocat! Ce terrible suspense parfaitement mis en scène par Hathaway n'eut pas un succès fracassant à sa sortie, et la critique remarqua surtout l'excellente prestation de Richard Basehart, qui incarnait le jeune suicidaire! Un bon film à découvrir... 



La base du film a la largeur d'une corniche et 


on ne sent pas Richard Basehart très motivé pour sauter cependant Hathaway s'en sort bien et propose un film très regardable.
Le concept du film rappelle « Le gouffre aux chimères » de Billy Wilder, tourné la même année. Hors si Hathaway s’en sort plutôt bien côté suspense et spectaculaire, son film n’a pas la force et la profondeur de la satire sociale de Wilder. Faute à un ton humaniste qui vire bien souvent aux bons sentiments. Reste une excellente mise en scène qui utilise à merveille les contraintes de cette unité de lieu et de temps, tout en mettant en valeur les architectures vertigineuses de New York. Même si "Quatorze heures" est un film mineur dans la carrière de Henry Hathaway, il serait dommage de passer à côté de ce bon petit suspense plutôt bien interprété. Les cinéphiles pourront en outre apprécier le premier passage à l'écran de Grace Kelly.
Le scénario du film a été écrit à partir d'un fait réel, relaté par un article de Joel Sayre, paru dans le magazine américain The New Yorker. Parmi la figuration se trouve le cinéaste John Cassavetes. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=50347.html


                               

Moby Dick…Directed by John Huston. Le générique terminé, la musique s’arrête brutalement pour faire place à des chants d’oiseaux sur des images de nature idyllique au milieu de laquelle avance un homme, le baluchon sur le dos. Appelez-moi Ishmaël ! prononce une voix off. Simultanément s’élève à nouveau la majestueuse partition de Philip Stainton qui accompagne avec lyrisme la suite de ce beau monologue : "Il y a quelques années, n’ayant plus d’argent, l’envie de me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l’eau. Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand je suis d’humeur à faire valser les chapeaux, quand un novembre bruineux s’empare de mon âme, c’est qu’il est grand temps que je prenne le large..." Nous le voyons alors arriver, dans ce jour radieux, au sommet d’un plateau dominant un paysage magique de lande anglaise avec en arrière plan, la mer, but de toutes ses aspirations : "La mer où chaque homme, comme dans un miroir se retrouve". Le plan suivant nous fait basculer brusquement de la lumière à l’obscurité ; nous retrouvons Ishmaël, en ville cette fois, courant sous la pluie à la recherche d’un abri : "C’est ainsi que j’arrivais à New Bedford par un samedi orageux à la fin de 1841". Quelle belle entrée en matière, n’ayant pas à rougir de celle du roman de Melville, et qui embarque d’emblée le spectateur dans une aventure à la Conrad ou à la Forester. Un tel prologue pouvait laisser imaginer un film d’aventure palpitant aux multiples rebondissements. Et pourtant, quelques minutes après, c’est à un long sermon du père Marple auquel nous assistons. Très peu de plans pour cette scène dans laquelle Orson Welles prouve une nouvelle fois son génie de conteur. Après être monté en chaire (qui a la forme d’une proue de bateau), le pasteur raconte la parabole de Jonas et de la baleine. Cette séquence, assez austère dans sa réalisation, est portée à bout de bras par l’acteur : Huston lui fait confiance et, sans effets de mise en scène ou de montage, le filme quasiment en plans fixes durant toute son oraison : ce sera son unique contribution au film et elle demeure mémorable. 


                 


A la suite de cette scène, nous assistons à la rencontre du narrateur avec les futurs membres de l’équipage dont Queequeg, au corps et au visage bariolés de tatouages ; personnage pittoresque et surprenant grâce à qui (mais nous ne dirons pas comment) le narrateur sera le seul survivant de cette aventure . Le voyage peut dès lors commencer et le film sera désormais un véritable ‘huis-clos sur mer’. Nous sommes dès à présent, et ce jusqu’au terme du film, entraîné aux cotés de cet équipage, dans sa vie quotidienne à bord du navire. Le capitaine Achab ne fera sa première apparition qu’au bout d’une demie-heure, ce qui renforcera son côté mystérieux en plus d’avoir attisé l’attente du spectateur.
Huston a commencé sa carrière de réalisateur en adaptant magnifiquement un grand roman de la littérature policière : Le faucon maltais de Hammett. Ce coup de maître le confortera et il se fera quasiment une spécialité de s’emparer de livres pratiquement intouchables avec la plupart desquels il réalisera ses meilleurs films : la liste impressionnante des auteurs adaptés comprend entres autres Malcolm Lowry, Carson McCullers, Tennessee Williams, Romain Gary, James Joyce et Rudyard Kipling. En 1950, installé en Irlande, se pencher sur l’œuvre de Melville ne l’intimide pas même s’il sait que la tâche sera difficile. 

L’élaboration du scénario durera un an et demeure un souvenir éprouvant pour Ray Bradbury qui fût en perpétuel conflit avec le réalisateur. Filmé aux Iles Canaries, aux Açores, au Portugal et au Pays de Galles, cette aventure nous permet de voir de superbes images maritimes mais au prix de terribles conditions de tournage. Malgré ces difficultés, que le spectateur ne ressent jamais, le résultat est remarquable.
Le roman se déroule sur trois plans simultanés : aucun ne sera sacrifié par Huston, ce qui, loin de déséquilibrer le film, lui donnera au contraire une force et une modernité supplémentaire. Ces trois plans sont le roman d’aventure maritime (dont on a vu que la scène d’ouverture nous faisait entrer de plein pied), l’ouvrage philosophique et métaphysique (l’élément ambitieux de l’œuvre qui lui donne son ton unique) et enfin le documentaire sur la chasse à la baleine. Ces séquences de chasse sont à la fois filmées à hauteur d’hommes, sans pour autant renoncer à un côté assez grandiose, les marins devant pour cette tâche accomplir des actions courageuses et dangereuses. L’insertion de ces scènes à l’intérieur de ce récit d’aventure n’a rien de choquant et ce cachet d’authenticité en plein mysticisme donne un petit côté surréaliste et moderne à la mise en scène... 



                                           


A l’opposé, Huston a le culot d’inclure une séquence qui fait aborder son film aux limites de la mythologie et du fantastique, celle des feux de Saint-Elme. Pourtant, elle ne sombre jamais dans le ridicule et ne surprend pas vu l’ambiance totalement démesurée qui règne à ce moment dans le bateau par la sorte d’ascendant que prend le capitaine sur son équipage (on pense à cet instant à une sorte de gourou). ‘Ne viens pas me parler de blasphème, fiston, je frapperais le soleil s’il m’insultait car si le soleil l’a pu faire, je peux lui rendre la pareille’ : cette phrase montre bien la sorte de folie et l’ambition blasphématoire dans laquelle se débat Achab. D’ailleurs plus avance le film, plus son personnage se révèle totalement différent de celui de Jonas dont le pasteur faisait l’apologie dans son sermon. En effet, contrairement à Jonas qui, conscient de ses erreurs, se repent et retrouve Dieu qui en fait un de ses disciples, Achab restera jusqu’à sa mort un Prométhée possédé par le désir de puissance, un blasphémateur tentant de se hisser au niveau de Dieu sans aucuns problèmes de conscience.
La composition tant décriée de Gregory Peck dans ce rôle très difficile est aujourd’hui encore assez impressionnante. Habitué à le voir jouer des hommes réfléchis, sobres et calmes, nous sommes surpris de le retrouver dans la peau de cet illuminé. 


Son cabotinage finit pourtant par servir ce personnage halluciné et buté qui décide d’entrer en lutte avec le mal, Dieu ou les deux selon les interprétations. Sa mort, accroché aux flancs de la baleine, son ennemi juré, demeure une scène d’anthologie. John Barrymore avait déjà interprété Achab par deux fois dans des précédentes adaptations au début des années 30 mais Gregory Peck n’a pas à rougir de sa prestation même si en lisant le roman, on imaginait plus John ou son père Walter Huston dans la peau du capitaine. C’est d’ailleurs à son père qu’il pensait offrir le rôle et, celui-ci décédé, de se l’octroyer. Gregory Peck dira "John voulait réellement jouer Achab ; il voyait le personnage comme une combinaison de son père et de lui-même". Le reste du casting est très bien distribué et Huston n’a pas cédé aux pressions des producteurs qui voulaient y inclure Ingrid Bergman. L’absence de femmes est totalement justifié ; pour le faire, il aurait fallu qu’une histoire d’amour soit aussi forte que l’histoire de haine qui occupe le centre du récit.


                 



Beaucoup conspués eux aussi, les effets spéciaux sont de très grandes qualités pour l’époque et les baleines en caoutchouc n’ont rien de risibles, les scènes finales possédant même une force peu commune, aidées en cela par la musique et la virtuosité du maniement de la caméra. L’alternance de gros plans hiératiques et de plans éloignés en furieux mouvements, le tout buriné par une couleur irréelle et terrifiante, grandiose par ses ocres, inquiétante par ses jaunes, nous plonge dans une ambiance vraiment intrigante.
Mais que se cache-t-il vraiment derrière ce film d’aventure ? Quel message a voulu nous délivrer Huston ? Au lieu d’essayer maladroitement de l’analyser, laissons parler le réalisateur lui-même. En 1956, dans une interview au cours de laquelle Robert Benayoun lui demande ce que représente pour lui le chef d’œuvre de Melville, Huston répond: "On a trop discuté sur le sens même de Moby Dick, qu’on a voulu secret et énigmatique. En ce qui me concerne, il n’y a aucune équivoque, il s’agit noir sur blanc d’un énorme blasphème. Achab est l’homme qui a compris l’imposture de Dieu, ce destructeur de l’homme, et sa quête ne tend qu’à le confronter face à face, sous la forme de Moby Dick, pour lui arracher son masque. Achab est en guerre avec Dieu. Il voit dans le masque de la baleine le masque que porte la divinité. Il considère la divinité comme un être malveillant qui erre en tourmentant la race des hommes. Achab est le noir champion de notre monde en lutte contre cette force omniprésente et asservissante".

                          

Une chose est certaine, Huston nous livre une remarquable adaptation du roman. Le film garde intact le mysticisme et la force métaphysique du livre. Mais l’intrigue allégorique déroute le public de son époque qui souhaitait aller voir un pur film d’aventure, un simple divertissement sans autant de ‘bavardage’ : ce n’est pas franchement un succès ni public ni critique. Pourtant, sa vision au premier degré est tout à fait possible. Encore aujourd’hui, il est très controversé mais ceux qui l’aiment le placent très haut dans leurs panthéons personnels. Après Reflets dans un œil d’or, c’était le film préféré de son auteur : un bon choix ! Source : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=30074&hilit=huston&start=105


lundi 28 décembre 2015

Jane Birkin

En 1964, elle débute au cinéma en Angleterre dans le film de Richard Lester, Le Knack... et comment l'avoir, film emblématique du Swinging London où elle apparaît aux côtés d'autres débutantes telles que Jacqueline Bisset ou Charlotte Rampling. Le film est un succès et Jane Birkin enchaîne sous la direction de Michelangelo Antonioni dans le film Blow-Up, présenté au Festival du film de Cannes : il remporte La Palme d'or. Alors âgée de dix-neuf ans, elle pose sous l'objectif de Jeanloup Sieff pour Harper's Bazaar. Elle épouse le compositeur anglais John Barry (auteur de la musique de plusieurs James Bond, du thème de The Knack ou de la série télévisée Amicalement vôtre). De leurs amours naît une fille en 1967, Kate Barry (plus tard connue en tant que photographe, elle meurt le 11 décembre 2013). Elle décide alors d'aller en France pour tenter sa chance comme actrice. Elle est engagée après des essais désastreux (elle finira en pleurs) pour le film Slogan de Pierre Grimblat durant le tournage duquel elle rencontre l'acteur et auteur-compositeur-interprète-cinéaste français Serge Gainsbourg. Elle apparaît dans un rôle comme l'amante de Brigitte Bardot dans Don Juan ou si Don Juan était une femme en 1973. En 1975, elle a un des rôles principaux dans le premier film de Serge en tant que réalisateur, Je t'aime moi non plus qui attire l'attention et le scandale au sujet du film qui évoque l’ambiguïté sexuelle . Pour sa performance, elle est nommée au César de la meilleure actrice. En préservant en parallèle entre 1975 et 1985, plusieurs incartades dans la comédie populaire comme au côté de Pierre Richard dans La Moutarde me monte au nez ou encore avec Patrick Dewaere dans Catherine et compagnie, Birkin parvient à convaincre à la fois la critique et le grand public.


                               

La Piscine est un film français, réalisé par Jacques Deray, sorti sur les écrans en 1969.
Jean-Paul, agent publicitaire, et Marianne, qui vivent heureux depuis deux ans et demi, profitent de la vie dans une superbe villa avec piscine au-dessus de Saint-Tropez. C'est l'occasion de très belles scènes (torrides, mais convenables) autour de la piscine avec Romy Schneider et Alain Delon.
Ils sont interrompus par un coup de fil de Harry annonçant sa venue. C'est un play-boy vieillissant, travaillant dans une maison de disques, le meilleur ami de Jean-Paul et un ancien amant de Marianne. Il est prétentieux, venu dans une voiture de sport ayant fait « Paris Saint-Tropez en 7 h 15 avant hier ». Il est venu avec sa fille Pénélope de 18 ans, femme-enfant dérangeante. Marianne propose à Harry et Pénélope de rester quelques jours, ce qui ne plaît pas beaucoup à Jean-Paul. Ils font un tour en voiture, mais Jean-Paul regrette leur intimité détruite, ainsi que le côté prétentieux, riche et vieux beau de Harry. Harry part à Saint-Tropez. Pendant ce temps-là, le couple d'amants est un peu gêné par la présence de Pénélope, trop sage et introvertie. Harry revient avec une bande de plus ou moins faux amis et vrais pique-assiette. Jean-Paul accepte mal cette fête qui leur est imposée.



            
   
Après avoir vu Marianne danser tendrement avec Harry, il se rapproche de Pénélope qui se sent étrangère à la fête. Le lendemain matin, tous les quatre se retrouvent seuls, plus ou moins vaseux et insatisfaits. Marianne s'inquiète de la relation naissante entre Jean-Paul et Pénélope. Elle part en voiture avec Harry, ce qui provoque une certaine jalousie de Jean-Paul. Pendant qu'ils sont seuls, Pénélope raconte à Jean-Paul que son père s'est invité tardivement dans sa vie, mais devient envahissant, la faisant passer pour sa maîtresse afin de paraître plus jeune. Elle en dit beaucoup de mal, notamment qu'il déclare avoir cédé Marianne à Jean-Paul, mais pouvoir la reprendre quand il le déciderait, et qu'il considère Jean-Paul comme un raté. Harry va voir un ami avant son départ prochain. Marianne fait une scène à Jean-Paul, car elle pense qu'il est amoureux de Pénélope. Harry rentre tard en voiture à moitié ivre et heurte le portail. Jean-Paul, qui avait cessé de boire, se remet à boire avec Harry.

                                 

Harry reproche à Jean-Paul d'être un raté et de chercher à se venger en essayant de séduire sa fille. Il veut lui donner un coup de poing, mais tombe dans la piscine. Jean-Paul l'empêche de remonter, le rejette à l'eau et finalement lui maintient la tête sous l'eau et le noie. Il sort le corps de l'eau, lui enlève ses vêtements et le rejette à l'eau. Il va jeter le linge mouillé de Harry.
Après des obsèques avec « presque personne », ils se retrouvent tous les trois dans la maison. Un inspecteur se présente. Il est surpris de voir que les vêtements prétendument laissés par Harry sont absolument propres et n'ont pas été portés, et qu'il s'est baigné avec une montre de grande valeur.


Pour les besoins de l'enquête on leur demande de rester sur place. Marianne écoute les soupçons de l'inspecteur. Lors d'une discussion, Jean-Paul pense que Marianne a retrouvé les vêtements mouillés d'Harry. Il lui avoue la vérité et lui indique que les vêtements mouillés d'Harry sont cachés sous un tas de bois à la cave. Elle s'y rend. Elle conduit alors Pénélope à l'aéroport.
Jean-Paul met ses valises dans la voiture et souhaite que Marianne mette les siennes aussi. Mais elle choisit de prendre un train. Elle veut commander un taxi par téléphone. Jean-Paul interrompt l'appel téléphonique. Le film se conclut par une étreinte entre Jean-Paul et Marianne qui se sont retrouvés. Le tournage est réalisé en deux langues, le français et l'anglais. Le montage spécifique à la version anglaise (sensiblement identique) est inclus dans l'édition DVD de 2008 et Blu-ray de 2009.


                                          


On peut constater que la totalité des acteurs s'y expriment dans la langue de Shakespeare, y compris en postsynchronisationComposée par Michel Legrand dans la foulée de la bande-son du film L’Affaire Thomas Crown, la bande-son de La Piscine (1968) est très jazzy et contient des morceaux planants, souvent assez mélancoliques. On retrouve sur ce disque le violon de Stéphane Grappelli.L’album s’ouvre sur le thème principal de La Piscine qui évoque une certaine douceur de vivre avec les chœurs de Michel Legrand et de sa sœur Christiane, accompagnés par le violon de Stéphane Grappelli. Du Michel Legrand typique. Dans un état d’esprit un peu similaire, la chanson « Ask Yourself Why » chantée par Sally Stevens rappelle ce que faisait Sergio Mendes à cette époque. Puis les instrumentaux deviennent plus mélancoliques comme le délicat « De souvenirs en regrets » sur lequel on retrouve de nouveau les chœurs de Michel et Christiane Legrand ou le très beau « Chassé-croisé ». D’autres instrumentaux introduisent une note d’inquiétude comme « Piège à reflets », le beau « Blues for Romy » et le « Générique » de La Piscine qui partagent le même thème, ou les chœurs presque religieux de « Fugue criminelle ». Ces morceaux contrastent avec des morceaux enjoués qui illustrent les folles soirées de Saint-Tropez. C’est le cas du guilleret « Dans la soirée » et de la chanson assez anodine « Run, Brother Rabbit, Run ». Outre Stéphane Grappelli, on retrouve sur ce disque l’organiste Eddy Louiss et le pianiste Maurice Vander.



                                                

Deray retrouvera ensuite Delon à 8 reprises notamment dans « Borsalino », « Flic story », « Trois hommes à abattre »… mais « La piscine » reste un film à part dans la carrière du réalisateur qui mettra en scène surtout un cinéma de genre. Neuf ans après « Plein soleil » de René Clément (que je vous recommande également), la piscine réunit donc de nouveau Ronet et Delon, les similitudes entres les personnages de ces deux films sont d’ailleurs nombreuses et le duel fonctionne de nouveau à merveille. Un chef d’œuvre dont le « Swimming pool » de François Ozon apparaît comme une copie détournée, certes réussie mais moins que l’original. En lisant récemment « UV » de Serge Joncour je me dis que cette piscine-là n’a pas fini d’inspirer écrivains, scénaristes et réalisateurs mais qu’aucune encore n’a réussi à susciter la même incandescence trouble. Un film sensuel porté par des acteurs magistraux, aussi fascinants que cette eau bleutée fatale, un film qui se termine par une des plus belles preuves d’amour que le cinéma ait inventé. A voir et à revoir. Plongez dans les eaux troubles de cette « piscine » sans attendre une seconde ! La période estivale est le moment rêvé…à vos risques et périls. Source : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2008/07/03/la-piscine-de-jacques-deray-une-plongee-dans-une-eau-savour.html



                                

Un titre à rallonge comme les affectionne Michel Audiard (ici rèalisateur), l'expert des dialogues cultes qui offre au grand Jean Carmet un rôle en or: celui d'un VRP geignard qui parvient toujours à ses fins dans sa vie professionnelle ou privèe! "Comment rèussir quand on est con et pleurnichard" où Carmet, grand acteur, a prouvè aussi qu'il valait mieux que ce genre de rôle qu'on lui a proposè trop souvent! il y a aussi dans le reste de la distribution Jane Birkin et Andrèa Ferreol, deux comèdiennes au physique bien diffèrents, mais très populaires dans le cinèma français des annèes 70! Sans oublier quelques pointures comme Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort pour une comèdie qui n'est pas toujours du meilleur goût mais qui èmaille de nombreux gags dû au talent immense de Carmet... « Des artistes comme toi, j’fous un coup d’pompe dans l’piano, il en dégringole une douzaine ! ». « Confidence pour confidence, des connards comme vous, j’fous un coup d’pompe dans la télé, il en dégringole 50 ! ». « La tête dure et la fesse molle, le contraire de c’que j’aime ! ». « Qu’il s’agisse des clés de voitures, de rasoirs ou de femmes, j’ai tout en double ! ». « J’étais sûre que t’étais formidable. Je suis pas déçue. Tu m’as loupée comme un chef. T’as pas arrêté de dire des conneries. T’as failli mettre le feu au paddock avec ta cigarette. Tu portes un maillot de corps. Tu gardes tes chaussettes. Et y a même ta maman. T’es une synthèse ! » Voila quelques répliques bien fendardes. Et encore, j’aurai pu en citer davantage. « Comment réussir quand on est con et pleurnichard? » est en quelque sorte la quintessence du cinéma de Michel Audiard. Pourquoi? Car c’est un vrai florilège. Tout une myriade de dialogues à consommer sans modération. Les répliques fusent dans tous les sens. Du début à la fin, on nage dans le non sens le plus total. Le scénario (appelons ça ainsi) par en couille d’entrée de jeu. Et pourtant, voyez-vous, on se laisse « séduire » par ce jeu des chaises musicales. On s’échange les boulots et les bonnes femmes.


   

Le Audiard scénariste en avait strictement rien à foutre de la cohérence de l’histoire. Ce qui l’intéressait, c’était le numéro des acteurs. Il est ici servi avec une pléiade d’interprètes: Jean Carmet, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Stéphane Audran, Daniel Prévost et Jane Birkin s’en donnent à cœur joie. Se complaisent dans le ridicule et semblent savourer pleinement les dialogues du maître. Certaines scènes sont d’une vulgarité délicieuse et d’autres sont complètement débiles, mais on s’en fout pas mal, on se marre. Cependant, il manque la présence d’un acteur « spécial Audiard ». Bernard Blier par exemple. Bon il est vrai que cinématographiquement parlant, la qualité est plus que quelconque. En revanche, auditivement parlant, on est à la limite de l’orgasme.


                              


Petit vaudeville filmé sympathique que ce Comment réussir quand on est con et pleurnichard. Je dois dire que c’est une comédie agréable. Le casting y est évidemment pour une bonne part. Il est franchement attrayant. Entre un casting masculin doté de talents aussi divers que complémentaires, affichant en trio de tête Carmet-Marielle-Rochefort, qui ne sont quand même pas les premiers venus et qui en plus s’en donnent à cœur joie avec des personnages taillés pour eux, et un casting féminin hautement séduisant, on est gâté. En effet, Audran, Buyle et Birkin forme un trio de charme là aussi très complémentaire, et si le jeu de Birkin est relativement approximatif, en revanche Buyle et surtout Audran se débrouillent fort bien. En tout cas un casting plein de punch et de subtilité, que l’on suit avec plaisir. Le scénario est typé vaudeville, c’est un fait. Maintenant c’est rondement mené, et ceux qui apprécient le genre seront aux anges. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-34500/critiques/spectateurs/

dimanche 27 décembre 2015

Dennis Weaver

William Dennis Weaver, né le à Joplin, Missouri et mort d'un cancer le à Ridgway (Colorado), est un acteur américain. Il est diplômé de l’université d'Oklahoma. Dennis Weaver a été pilote dans la Naval Air Corps. Il a été l'un des finalistes américains dans le décathlon aux Jeux olympiques d'été en 1948. De 1955 à 1964, il joue dans la série Gunsmoke. Au cinéma, il interprète en 1958 le rôle du veilleur de nuit névrosé dans La Soif du mal d'Orson Welles. Entre 1970 et 1977, il interprète le shérif Sam McCloud dans la série policière Un shérif à New York. Son rôle le plus connu est celui de David Mann dans le téléfilm Duel de Steven Spielberg en 1971 (adapté en version longue pour le cinéma en 1973). Il y joue le rôle d'un conducteur, harcelé et menacé par un poids lourd. À la télévision, il apparaît en guest star dans un épisode des Simpson. Il enregistre plusieurs disques de musique country et monte des spectacles shakespeariens dans lesquels il joue jusqu'à 19 rôles. Jusqu'à son décès, il est l'époux de Gerry Stowell (du au ) et a trois fils : Rick, Robby et Rusty. Il n'a aucun lien de parenté avec l'acteur Fritz Weaver ni avec l'actrice Sigourney Weaver.

 

                                

Un homme nommé Sledge (1970): James Garner est parfait dans ce western "spaghetti" avec la sublime Laura Antonelli qui meurt tragiquement, je me souviendrai toujours de cette phrase qui revient dans la mémoire de Sledge "Nous n'avions pas besoin de l'or pour être heureux". On veut y croire mais force est de constater que dès les premières minutes on devine que Sledge ne sera pas un western très palpitant et après une scène d'ouverture peu engageante le reste se révèle tout aussi peu prenant c'est du en grande partie à une histoire mal racontée. Le seul moment vraiment réussi dans ce western c'est la mutinerie dans la prison et le final aussi qui est pas trop mal. Laura Antonelli en blonde joue la chérie de James Garner.Correct western produit par Columbia, longtemps disponible dans les vidéoclubs français jusqu'au début des années 90.
il ne faut pas trop chercher de la psychologie dans ce film où l'action se place à un niveau convenable; James garner, entouré de son gang composé entre autre du très bon Claude Atkins va tenter de s'emparer d'un chargement d'or conservé et bien protégé à l'intérieur d'une prison; une fois récupéré, l'inévitable fièvre gagne la bande d'hors-la-loi qui veux un partage de l'or entre le minimum de personnes... belle photographie et Laura Antonelli. Revu ce soir la version française de cette coproduction italo-américaine tournée à Alméria. Pas grand chose a dire sur ce film qui se suit avec plaisir. Tous les poncifs du western italien sont là : violence, brutalité, traîtrise et la fièvre de l'or qui enflamme tout. Des gros plans, une caméra virevoltante, une musique récurente et quelques séquences de bagarre parfaitement filmées.


           

Les séquences d'intérieur sont tournées par le producteur italien Dino de Laurentis lui-même. Aucun reproche a faire aux acteurs, Jammes Garner et Laura Antonelli en tête, et on s'amusera
a essayer de reconnaitre les seconds couteaux italiens ! Un bon moment, quoi ! Un bon western ,sans la moindre fausse note ....à part peut-être la musique qui fait parfois penser à celles des séries policières u.s. du début des années 70 , notamment à cause de la flûte ....mais ce n'est pas grave.
Bon scénario ,décors impeccables , scènes d'action bien filmées et distribution au poil . Et donc ,on peut reconnaître : Ken Clark et Remo de Angelis en joueurs de poker , Franco Giornelli et Bruno Corazarri en hommes de main de Sledge , Wayde Preston en shérif , Riccardo Garrone en directeur de prison , Stephen Zacharias en gardien , Fausto Tozzi , Angelo Infanti et Luciano Rossi en prisonniers.
Source : http://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?t=922


                                 

Duel est un téléfilm américain, réalisé par Steven Spielberg, diffusé pour la première fois sur le petit écran en 1971 sur ABC, et exploité ultérieurement en salles. Il est inspiré d'une nouvelle de Richard Matheson, qui signe le scénario. Duel est un film de suspense mettant en scène un représentant en informatique, interprété par Dennis Weaver, dont la vie est menacée par un camion poids lourd (Peterbilt 281) : tout le film consiste en une longue course poursuite sur les routes du désert de Californie. L'horreur du film vient en grande partie du fait que l'on ne voit jamais le visage du chauffeur du camion, on ne voit que ses pieds quand il descend de son véhicule, et son bras quand il fait signe à l'agent de commerce de le dépasser.Premier long métrage de Steven SpielbergDuel est une œuvre annonciatrice de l’extraordinaire filmographie du réalisateur. Au départ destiné à la télévision, ce métrage adapté d’une nouvelle de Richard Matheson publiée dans le magazine Playboy s’est bâti au fil du temps une réputation solide au point de faire une sortie triomphale dans les salles de cinéma outre-Atlantique.




   


Le propos est d’une simplicité effarante : un homme, parti pour se rendre à son travail, est pris en chasse par un camion. Un pitch que même les pro-Nazis de base (pléonasme) pourront comprendre. Pourtant, Duel ne peut se résumer à cette seule description réductrice. Inclassable, le film participe à plusieurs genres sans réellement s’imbriquer complètement dans l’un ou dans l’autre. Film catastrophe ? L’étiquette est trop dommageable et peu évocatrice. Film fantastique ? Assurément pas. Aucun événement surnaturel ne pointe le bout de son nez. Thriller ? Si la mécanique du film à suspense est clairement utilisée voire sublimée, le terme est trop schématique et englobant pour rendre compte de la virtuosité de la mise en scène et de la profondeur du sujet.


                                                    

Tourné en une douzaine de jours uniquement en extérieur (un exploit !), Duel se présente autant comme film d’action hargneux, mouvementé et virevoltant que comme un essai sociologique et ontologique. David Mann, commercial sans charisme, n’est pas seulement la victime du camion. Le personnage reflète le mal-être mysoginique de la société contemporaine. Hanté par une routine qu’il semble détester (le fameux métro-boulot-dodo qui l’oblige à avaler invariablement des dizaines de kilomètres quotidiens), avili par une femme dominatrice, David Mann est un personnage torturé qui ne trouve plus sa place dans la société, à l’image de ces machos post-seconde guerre mondiale qui ont pris un 
coup à la braguette en constatant que leurs épouses pouvaient se débrouiller sans eux. La soumission de l’homme à la maîtresse de maison, après avoir été évoqué furtivement lors de l’émission radiophonique du début du film, se voit illustrée lors de l’entretien téléphonique avec son épouse. Assez sûr de lui au moment de prendre l’appareil (la position masculine, le pied sur l’accoudoir), Mann se recroqueville de plus en plus au fur et à mesure des explications qu’il a avec sa femme. Au point de se voir enfermé dans un hublot situé à l’avant-plan, symbole de sa position délicate au sein de la cellule familiale.



                                           

A côté du quotidien qui l’a transformé en moribond, Mann doit affronter un ennemi d’un jour, personnifié par ce Peterbilt 351. Au sein de l’immense réseau routier américain bordé par des plaines à perte de vue (la société américaine), Mann combat à armes inégales face à ce géant motorisé qui représente la dominance technologique et industrielle de la société actuelle. Seul importe le camion, métonymie de la dérive technologique, au détriment de son conducteur que Spielberg comme Matheson ont effacé totalement (mis à part son avant-bras et ses bottes). L’engin est un personnage à part entière (la preuve en est qu’il a subi un casting) au sein du métrage spielbergien. D’ailleurs, le réalisateur ne cesse de le rappeler par le biais d’une multitude de prises de vue mettant en exergue le visage du camion (le nez représenté par l’avant, les yeux par les phares, la bouche par le pare-chocs).




                               


Magnifié malgré sa laideur apparente, sublimé malgré son aspect convenu, le Goliath se veut à la fois attirant (par son côté masculin, archaïque) et effrayant (par son manque d’esthétisme et sa brutalité).
La lutte omniprésente entre l’homme et la machine amène son lot de dérives psychologiques autant que physiques. Blessé lors de la course-poursuite, Mann souffre avant tout d’une fracture mentale. De torturé, l’homme devient paranoïaque (la scène du bar) et asocial (son comportement troublant face au conducteur de car). Amputé de ses repères, destitué de ses fonctions primaires, l’homme moderne n’est plus de taille à lutter et est voué à l’extinction.
Avec Duel, Spielberg marque le cinéma de son empreinte à tout jamais et s’ouvre la voie vers des cieux encore plus reluisants. Loin d’être beau comme un camion, Duel est une réussite formelle indéniable qui démarre sur les chapeaux de roue mais ne se termine pas en queue de poisson. Source : http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Duel-Putain-de-camion.html