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lundi 14 septembre 2015

Un condamné à mort s'est échappé

Un condamné à mort s'est échappé (sous-titré : ou Le vent souffle où il veut) est un film français réalisé par Robert Bresson, sorti en 1956, adaptation du récit autobiographique d'André Devigny, Un condamné à mort s'est échappé, paru la même année chez Gallimard.
Ce film (tourné en noir et blanc) manifeste bien le goût de Bresson pour l'austérité et la rigueur : très grande économie de moyens : unité de lieu (hormis la première et la dernière scène, et une brève sortie du prisonnier, tout se passe dans la prison ; quelques lieux seulement en sont montrés : cellule, escalier, cour de promenade) ; peu de personnages ; dépouillement visuel : les décors sont extrêmement simples, de même que les plans utilisés. dialogues brefs et intenses le plus souvent. usage assez important de la répétition des mêmes scènes et des mêmes sons. D'autre part, la situation dramatique a un certain caractère tragique : les personnages principaux attendent leur mort dans une réclusion rigoureuse (et le film est rythmé par le bruit de plusieurs exécutions de prisonniers, et Fontaine sait comme ses camarades que leur tour viendra). Mais le message général du film semble plutôt anti-tragique et optimiste : le succès de l'évasion de Fontaine, qui doit très peu au hasard, peut se lire comme une exaltation de la volonté humaine individuelle. Cela dit, ce film a la particularité d'être organisé autour d'un fil dramatique très classique (la préparation de l'évasion de Fontaine), ce qui le rend plus accessible que d'autres œuvres de Bresson. Un condamné à mort s'est échappé présente donc une ressemblance de surface avec les films relevant du genre de l'évasion : ici aussi, c'est d'abord un problème pratique et matériel qui est représenté (par quels moyens s'échapper ?), et tous les détails concrets des préparatifs sont montrés (démontage de la porte en bois, fabrication d'une corde et de crochets, repérage des lieux, etc.). 


             

Mais la grande spécificité du film de Bresson est d'insister sur les enjeux moraux et spirituels de cette évasion : l'important dans les préparatifs de Fontaine, c'est la force de volonté qu'il met en œuvre, l'intelligence pratique qu'il déploie, l'espoir qu'il parvient à entretenir. Le personnage de Fontaine, cependant, n'est pas représenté comme un héros ou un saint (sa détermination à s'échapper fait qu'il envisage de supprimer Jost, et tue une sentinelle allemande). La problématique religieuse est explicitement indiquée par la présence d'un pasteur et d'un prêtre parmi les prisonniers, et par les fréquentes discussions qu'a avec eux Fontaine (au cours de l'une d'entre elles, le pasteur recopie pour lui un passage de l'évangile selon saint Jean, l'entretien de Jésus et de Nicodème (Jean 3, 3-8), qui donne au film son sous-titre, Le vent souffle où il veut). La majorité de l'action prend place dans une prison plutôt silencieuse, et où un certain nombre de bruits se détachent donc. Bresson en fait un usage esthétique important. C'est le cas notamment durant la longue scène de l'évasion, rythmée par un certain nombre de bruits extérieurs (cloches d'une église voisine, passage de trains, sifflets de locomotive).


                 

La bande-son fait d'autre part un usage important du Kyrie de la Grande messe de Mozart en do mineur (et non pas de son Requiem, comme cela est parfois écrit fautivement) : l'introduction est accompagnée par toute la première partie de ce Kyrie ; lors de plusieurs scènes, Bresson utilise brièvement la phrase principale de cette introduction, dans la tonalité initiale de do mineur, ou bien transposée en sol mineur, ou bien en mi bémol majeur (le passage au mode majeur étant riche de sens) ;
enfin la dernière scène est accompagnée par toute la dernière partie du Kyrie (mi bémol majeur, puis retour à la tonalité principale). Cette phrase musicale joue donc un rôle de leitmotiv dans le film.  
Robert Bresson délivre ici une épure totale qui parvient à rivaliser avec les meilleurs films de prison et ceci sans recourir aux canons habituels du genre (trafic en tout genre, matons pervers, rivalités entre clans,...). Bresson se concentre sur son héros et sa minutie à préparer sa sortie, fruit de sa détermination à ne pas subir le sort qui lui est réservé. Bresson se plait à nous rendre la monomanie de la vie en prison, propice à partir d'une étude en règle à l'échafaudage de tous les plans. 



                           

Si la patience est de votre côté, les conditions de votre réussite finiront par se présenter. Les paroles sont réduites au minimum et c'est par l'image rendue par un objectif unique se rapprochant de la vision humaine (50 mm) que Bresson transmet son message . Seule la voix off nous renseigne sur les ressentis du héros; celle-ci disparaissant dès que Fontaine se voit adjoindre une camarade de cellule dont il se méfiera dans un premier finissant par comprendre que c'est à deux que les meilleures chances s'offriront à lui.  Par une belle leçon de cinéma Bresson nous propose en 1956 son film le plus accessible. La minutieuse prèparation d'èvasion d'un rèsistant français incarcèrè par la Gestapo, analysèe et dissèquèe de façon abstraite par Robert Bresson, où chaque geste prend une importance considèrable est vraiment remarquable! Dans cette adaptation du rècit d'Andrè Devigny, l'authentique hèros de cette histoire vraie a servi de conseiller technique à Bresson qui a reçu le Prix de la mise en scène au festival de Cannes! Dès le premier plan, la camèra, rivèe sur des mains semble filmer la libertè elle-même! Le thème du mur nu s'affirme dans l'univers carcèral d'"Un condamnè à mort s'est èchappè"! A qui veut saisir cette exigence de puretè nèe d'un total dèpouillement (les dècors sont extrêmement simples, de même que les plans utilisès), il convient de voir ce grand film austère de Bresson... Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-66160/critiques/spectateurs/star-4/

3 commentaires:

  1. Bien, je vais donc réviser Bresson...on verra bien si je m'en remet!
    J'ai un souvenir très mitigé de ce film mais je tente!
    Merci pour ce devoir de rentrée.
    radisnoir

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