.

.

samedi 12 septembre 2015

L'Enfer des tropiques

L'Enfer des tropiques (Fire Down Below) est un film américano-britannique de Robert Parrish sorti en 1957. L'histoire d'une rivalité amoureuse sous les cocotiers au temps de la marine à vapeur. En dépit d'une scène finale exagérément longue (le sauvetage inespéré de Jack Lemmon), voir Robert Mitchum écouter Beethoven et Rita Hayworth se lancer dans une danse frénétique (qui la rajeunit immédiatement de 10 ans) valent leur pesant d'or. 
Un trio d'acteurs formidable et qui se complètent très bien, des seconds rôles bien choisis, des extérieurs de carte postale magnifiques, des personnages bien composés, une mise en scène solide comme du béton, aucune fausse note sauf... Le script original d'Irwin Shaw comportait une construction en flashback que Robert Parrish aurait voulu utiliser. Mais les producteurs qui ne savaient certainement pas que ce système de narration n'était pas particulièrement anti-commercial et que le spectateur moyen y était habitué depuis le cinéma muet en avaient décidé autrement et ils ont hélàs "toujours raison" quand le cinéaste n'a pas le final cut. On voit bien quand on regarde le film ce qu'il aurait dû être. On sent bien qu'avec ce système le film aurait considérablement gagné en puissance et en ambiguïté. Bref, on nage en plein dans ce que Truffaut appelait un "grand film malade".
Ce film méconnu dont il n’existe pas de DVD zone 2 en France est exceptionnel mais difficile. Il faut le voir plusieurs fois pour l’apprécier à sa juste valeur car il est fort peu commercial et n’exploite pas le talent de ses 3 acteurs principaux qui jouent tout en retenu sauf à quelques rares moment. Sa force provient d’une mise en scène impeccable tout au service de personnages qui ne présentent strictement aucun interet pour personne mais qui sont terriblement humains et que seul le cinéma peut nous faire cotoyer de si pres sans prendre le moindre risque affectif. Beaucoup de choses ne sont pas dites sur eux et les deviner ou les ressentir fait partie des qualités de ce triste mélodrame desespèrant mais terriblement éducatif pour les jeunes intellectuels cinéphiles qui s’y interesseraient. 




            

Irwin Shaw était le scènariste du ‘’bal des maudits’’ lui aussi trés complexe; il peut être fier de ‘’l’enfer des tropiques’’, titre français pour une fois remarquable: l’enfer etant celui de Sartre. Haywort a 39 ans, ,elle est déjà marquée par sa propre vie ce qui rend son rôle en core plus attachant, mais dans le film ce sont les hommes qui l’ont rendu ainsi comme elle le dit ouvertement ‘’ à quoi Dieu pensait -il quand il a crée l’homme’’ ,c’est loin d’être une phrase en l’air . La condition féminine étant de nos jours encore la plus répandue de toutes les injustices. Le scénario romanesque de Fire Down Below qu’avait écrit Irwin Shaw pour Robert Parrish prenait pour point de départ un navire en flammes et l’histoire y démarrait en flash-back. Mais le synopsis fut mutilé et remonté par les producteurs. En remontant l’histoire dans l’ordre chronologique, ils éliminèrent certaines séquences, quelques personnages et effectuèrent « d’invraisemblables plans de coupe. » Le réalisateur citera les trois acteurs parmi les comédiens avec qui il eut le plus de plaisir à travailler.



                

Robert Mitchum retravaillera avec Parrish pour L'Aventurier du Rio Grande, un western qui sera coproduit par l’acteur. Pour Jack Lemmon c'est l’occasion de s’échapper de ses rôles comiques et de prouver ses capacités à interpréter dans rôles plus dramatique. Ce film est aussi le retour de Rita Hayworth après quatre années d’absence des écrans, la star étant toujours sous contrat à la Columbia Pictures. Après avoir divorcé de son quatrième mari, Dick Haymes, en 1955, Rita Hayworth passe son temps à voyager en Europe avant que Robert Parrish ne la déniche à l’hôtel George V à Paris pour lui proposer le rôle d’Irena. Il réussit à l’intéresser au projet et après avoir signé le 13 avril 1956 pour L’Enfer des Tropiques la star reprend le chemin des studios, cette fois londoniens, en octobre 1956. Les extérieurs sont tournés pendant deux mois aux Caraïbes sur l’île de Togado dans les petites Antilles.


                               

La star de Gilda avait perdu de sa popularité et le « symbole sexuel » des années quarante avait cédé la place aux Marilyn, Ava, Elizabeth… « Cela ne m’importait pas, je voulais rester une actrice, pratiquer mon métier, je ne cherchais plus à être un sex symbol ni à tourner la tête des hommes. Je ne recherchais pas non plus la fortune car sur ce plan-là, je n’avais pas d’inquiétudes à me faire », déclara t-elle. Robert Parrish dit d'elle : « Hayworth, la fameuse déesse de l’amour et symbole sexuel, se révéla plutôt une sœur cadette pour moi, une sœur aînée pour Lemmon, et une nièce préférée pour l’avunculaire Mitchum » Le tournage se déroula dans la bonne humeur et les trois stars s’entendirent à merveille. Robert Mitchum se lia d’amitié avec Rita Hayworth dont le côté fille perdue lui rappelle Marilyn : « Le secret de Rita, est qu’il n’y a pas de secret, dit-il à Robert Parrish. C’est tout simplement une fille sacrément gentille et simple, dont ont abusé trop de gens depuis longtemps. » Le film reçut un très bon accueil et les admirateurs de Rita furent heureux de la retrouver après une si longue absence. Robert Mitchum, inspiré par ce tournage aux Caraïbes, en profita pour enregistrer un disque de Calypso en mars 1957. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2648.html

1 commentaire: