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mercredi 9 septembre 2015

Le Médaillon

The Locket se situe dans la vague psychanalytique et labyrinthique qui dominait le film noir à l'époque à travers des films comme La Maison du Docteur Edwards ou Laura. John Brahm signe même un des fleurons du genre par son brio narratif et son atmosphère unique. Le film s'ouvre sur les célébrations du mariage à venir entre Nancy (Laraine Day) et John (Gene Raymond). Tout est fait pour donner les attraits les plus charmants à la future mariée, que ce soit sa beauté simple et sa modestie ou encore la sincère admiration que lui vouent tous les convives en place homme et femme. Ces choix n'en rendront que plus troublants l'image d'elle qui nous sera renvoyée lorsqu'un mystérieux visiteur (Brian Aherne) rapporte au fiancé le passé qui le lie à Nancy.
Si l'usage du flashback est typique du film noir des 40's, il prend là un tour nettement plus alambiqués tout en restant parfaitement limpide pour le spectateur. Dans un premier temps le premier retour en arrière de Brian Aherne prend un tour très elliptique, visuellement très commun pour narrer sa rencontre et ses premières semaines de mariage heureux avec Nancy. C'est après que les choses se compliquent quand intervient le personnage de Robert Mitchum pour réitérer la situation de départ dans le flashback et rapporter son passé tumultueux avec Nancy.
Pour ce flashback dans le flashback Brahm déploie cette fois de multiples effets visuels pour appuyer le côté psychanalytique et rêvée de la confession (se déroulant dans le cabinet de Aherne qui est donc psychiatre) : un mouvement de caméra vers le visage de Mitchum tandis que le décor s'obscurcit autour de lui pour mieux nous enfouir dans le souvenir tandis que l'on découvre la nature sulfureuse de l'avenante Nancy qui va s'avérer kleptomane et meurtrière.
L'atmosphère est déjà nettement plus trouble dans ce second flashback où la photo gagne en sophistication au fil de la montée de la suspicion de Mitchum envers Nancy notamment cet échange tendu après qu'il ait découvert son premier vol. Là le script de Sheridan Gibney s'offre une nouvelle audace en insérant un troisième flashback sur l'enfance de Nancy délivrant les origines de son trouble. 
Là on plonge pour de bon dans le pur onirisme et le royaume des peurs et frustration enfantine à travers la symbolique du médaillon (déjà amorcée dans le second flashback et le tableau jouant sur la nature double de Nancy avec l'association à Cassandre qui donne les clés de l'intrigue), le jeu sur les contre-plongées où Nancy fillette fait face au la suspicion et cruauté des adultes.


            

L'atmosphère est déjà nettement plus trouble dans ce second flashback où la photo gagne en sophistication au fil de la montée de la suspicion de Mitchum envers Nancy notamment cet échange tendu après qu'il ait découvert son premier vol. Là le script de Sheridan Gibney s'offre une nouvelle audace en insérant un troisième flashback sur l'enfance de Nancy délivrant les origines de son trouble.
Là on plonge pour de bon dans le pur onirisme et le royaume des peurs et frustration enfantine à travers la symbolique du médaillon (déjà amorcée dans le second flashback et le tableau jouant sur la nature double de Nancy), le jeu sur les contre-plongées où Nancy fillette fait face à la suspicion et cruauté des adultes.Après ce tour de force narratif, Brahm atténue ses artifices puisqu'il a réussi à désormais instaurer la paranoïa au sein d'une imagerie plus classique. Les scènes chocs n'en sont que plus inattendues comme une scène de suicide saisissantes ou encore le moment où Brian Ahern découvre à son tour le vrai visage de celle qu'il aime avec une transition mémorable où Brahm fait un usage brillant de ce si perturbant tableau qui hante le film.



                             

Laraine Day offre une prestation troublante, aux antipodes de de la femme fatale classique. Dépassée par sa nature et manipulatrice à la fois, elle dissimule parfaitement cette ambiguïté derrière un masque charmeur et bienveillant d'autant plus trouble lorsqu'il se lézarde et laisse entrevoir les fêlures de Nancy.
Robert Mitchum est excellent également et le flashback qui l'inclue est le plus captivant de tous. Après avoir semé le doute en ne dévoilant les mauvais penchants de Nancy qu'au travers des souvenirs des autres, Brahm les révèle au grand jour dans un final grandiose se déploie toute sa virtuosité : bande-son surchargée, caméra au mouvement incertain, fondus enchaînés et transparence en forme de précipices, du grand art rehaussé par une Laraine Day plus perturbée que jamais. On regrettera juste le final un chouïa trop explicatif alors que les images ont tout dit mais ça n'en demeure pas moins un sacré film.
Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2012/04/le-medaillon-locket-john-brahm-1946.html

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