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mardi 15 septembre 2015

Claude Autant-Lara

En 1931, Claude Autant-Lara est recruté par un représentant parisien de la Metro-Goldwyn-Mayer pour tourner les versions françaises de films américains. A l'aube du parlant, et avant que n'apparaisse la post-synchronisation, c'était la seule manière d'exporter des films à l'étranger. Cet intermède lui permet de diriger Buster Keaton («Buster se marie» en 1931, «Le plombier amoureux» en 1932) et Douglas Fairbanks le petit («L'athlète incomplet», 1932). Supportant mal ne n'avoir pas la possibilité de semer son grain de sel dans la recette, le cuisinier se fâche et prend le chemin du retour. La réalisation de «Ciboulette» (1933), sur le premier scénario écrit par Jacques Prévert, apporte à Claude Autant-Lara son lot d'ennuis : film raccourci, montage modifié, etc. Pire, pour son devoir britannique, «The Mysterious Mr Davis» (1936), il ne sera jamais payé ! Discrédité avant même de s'être fait un nom sur un écran, il doit accepter de collaborer, davantage “nègre” que co-réalisateur, avec Maurice Lehman sur trois films : «L'affaire du courrier de Lyon» (1937), «Le ruisseau» 1938) et l'amusant «Fric-frac» (1939, avec Arletty, Michel Simon et Fernandel). Ces travaux auront au moins l'avantage de générer sa rencontre avec le scénariste Jean Aurenche …A quelque chose malheur est bon. L'Occupation, avec son besoin de sang neuf, remet notre homme sur le devant de la table. Une table à laquelle lui et son scénariste vont convier à quatre reprises la charmante Odette Joyeux, déjà épouse de Pierre Brasseur et maman d'un petit Claude du même nom. «Le mariage de Chiffon» (1941, terminé par son producteur), «Lettres d'amour» (1942), «Douce» (1943, première constitution du trio Autant-Lara/Aurenche/Bost) et «Sylvie et le fantôme» (1944, sur une pièce d'Alfred Adam) ne sont pas dénués d'un certain charme et de beaucoup d'insouciance, compte tenu de la noirceur de l'époque. 
                               
Mais, en ce temps-là, pas facile de constituer le menu de son choix … Avec «Le diable au corps» (1946), Claude Autant-Lara prend sa revanche sur Cocteau. Ce dernier, qui a collaboré de très près à l'écriture du roman de Raymond Radiguet (on dit même que …), rêve de porter l'oeuvre à l'écran. Mais il s'est fait “griller” dans l'attribution des droits d'auteur. Le réalisateur choisit d'accentuer la présence de la guerre au coeur d'une histoire d'adultère qui fait scandale : pensez-donc, ma chère dame, que le cocu est au front, comme ses cornes ! Qu'à cela ne tienne, on va faire mourir l'héroïne … Bien fait ! Tout aussi iconoclaste est «L'auberge rouge» (1951), avec un Fernandel à contre-emploi. Au départ, il s'agissait de mettre en scène le roman homonyme de Balzac. Finalement, on se rabat sur l'adaptation de l'affaire de Peyrebelle. Pour se faire pardonner son blasphème, Fernandel endossera peu après l'habit de Don Camillo, un ecclésiastique somme tout plus catholique ! Adaptant le roman de Colette, «Le blé en herbe» (1953), le trio de scénaristes n'arrange pas sa situation : faire dépuceler un enfant de 16 ans par une quarantenaire en goguette n'est pas encore une aventure banale sur les écrans parisiens ! Cette oeuvre, certes, très sage (les temps ont changé) mais parfaitement bien réalisée, est de surcroît magistralement interprétée par Edwige Feuillère. «La traversée de Paris» (1956) est devenu un film intemporel, parce qu'il met en scène, pour l'unique fois, un trio majeur : Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès, à l'aube d'une grande carrière. On n'est pas loin de «La grande illusion» de Renoir, à savoir que les peintres seront toujours traités comme des artistes et les chauffeurs de taxi comme des prolétaires. Claude Autant-Lara voulait une fin plus signifiante, à l'issue de laquelle Bourvil ne reviendrait pas de son exil germanique. Source : http://encinematheque.fr/real/R33/index.asp


                                 
                                 

Certains dialogues dans ce domaine sont franchement atroces, mention particulière à ceux de Marguerite Moreno avant et pendant la "scène de la visite aux pauvres" (rendue involontairement célèbre par la censure vichyssoise pour cause de coupe au montage, certainement pas très "Travail, famille, patrie" surtout quand il y a une réplique qui appelle à la révolte...!!!) qui sont vraiment horribles de chez horribles d'autant plus qu'il y a une part de vérité là-dedans. L'interprétation est de grande qualité surtout en ce qui concerne Marguerite Moreno qui s'en donne à cœur joie en vieille peau certaine de sa supériorité de classe et l'adorable Odette Joyeux (la maman de Claude Brasseur pour l'anecdote !!!) dans le rôle-titre. Dommage que les motivations de cette dernière ne soient pas toujours claires et gâchent un peu le tout m'enfin... Pour la douceur (petite précision, on peut légitimement penser que le titre est ironique !!!) et l'optimisme, allez voir ailleurs, pour le noir de chez noir et le pessimisme, vous frappez à la bonne porte. On a très souvent présenté ce film comme une critique anarchiste et cruelle de la bonne conscience et de l’aveuglement de l’aristocratie de la fin du 19ème siècle ; sans doute y a-t-il cela, mais sans doute est-ce plus vaste.


                 


La scène fameuse où la vieille marquise de Bonnafé (Marguerite Moreno) quittant ses pauvres et leur souhaitant "Patience et résignation" se voit suivie par l’apostrophe de son brûlant régisseur (Roger Pigaut) "Et moi impatience et révolte !" est typique à cet égard.
Puisque la révolte du régisseur, sa volonté de prendre pied dans un ordre social dans lequel il n’est pas et ne peut pas être admis s’achèvera par la catastrophe absolue, la mort de Douce, l’horreur tombée davantage encore que sur une famille, sur une "Maison" (le cri de haine de la vieille nourrice, Gabrielle Fontan pour ceux qui sont venus tout assassiner) et le renvoi des deux révoltés, le régisseur et sa complice (Madeleine Robinson) venus perturber ce qui était un ordre, sans doute injuste, mais apaisé pour ceux qui l’acceptaient. Après le passage des révoltés, il n’y a plus rien ; c’est pire. Il fallait toute l’idiote naïveté, la cafardise prétendument bien-pensante, l’aveuglement au mieux stupide (et quelquefois criminel) de la Révolution nationale pour s’indigner vertueusement, en 1943 devant ce chef-d’œuvre noir, réalisé par un Autant-Lara misanthrope absolu, souvent méchant comme une teigne et en tout cas superbement inspiré par un scénario des deux grands scénaristes Pierre Bost et Jean Aurenche, sur la base d’un roman de Michel Davet qui n’a pas laissé grande trace et dont je suppose – témérairement, je le reconnais – que le texte était moins mouillé d’acide que ne l’est le film. Source : 
http://www.senscritique.com/film/Douce/critique/16888336



                


D’après le roman èponyme de Dostoievski, "Le joueur" est, disons le tout de suite, infèrieure au roman et frise dans certaines sèquences la caricature! Quatre ans après "Le rouge et le noir", Gèrard Philippe, inhabituellement barbu, retrouve le cinèaste Claude Autant-Lara! Dans le dècor feutrè d'une ville d'eau, le comèdien campe un amoureux romantique que sa passion malheureuse pour une femme pousse, en dèsespoir de cause, vers l'enfer du jeu! Les beaux dècors de Max Douy ne remonte guère le niveau du film n'offrant de ce pèriple aux coeurs d'âmes tourmentèes qu'une vision extètieure et tourmentèe! Malgrè une prestigieuse distribution (Bernard Blier, Françoise Rosay...), on lui prèfère le roman de Dostoievski...
Le Joueur est la troisième collaboration de Gérard Philipe, une des principales vedettes masculines d’après-guerre (Fanfan la Tulipe), et Claude Autant-Lara (La Traversée de Paris), après Le Diable au corps (1947) et Le Rouge et le Noir (1954) – deux adaptations littéraires déjà, qui furent d’immenses succès. Philipe avait d’ailleurs déjà joué dans une adaptation de Dostoïevski : L’Idiot (1946) de Georges Lampin. On retrouve au casting du Joueur d’autres grands acteurs de l’époque : Bernard Blier (Quai des Orfèvres, Les Tontons flingueurs), Françoise Rosay (soixante ans de carrière, dont Drôle de drame de Marcel Carné ou L’Auberge rouge de Claude Autant-Lara), Liselotte Pulver (Le Temps d’aimer et le temps de mourir de Douglas Sirk, Un, deux, trois de Billy Wilder), Sacha Pitoëff (L’année dernière à Marienbad d’Alain Resnais) ou Julien Carette (La Grande Illusion, La Bête humaine, La Règle du jeu). Paradoxalement, Autant-Lara affirme avoir donné une tournure plus stendhalienne de l’œuvre du romancier russe, s’attachant à dénoncer les mœurs bourgeois, qui succombent tous au démon de l’argent, qu’il soit au jeu de la roulette ou dans les relations familiales (mariage, héritage) purement intéressées financièrement. Le tout dans des splendides décors et costumes !Dans "le joueur" Autant-Lara retranscrit à l'écran le célèbre roman de c. Mais comme, Autant-Lara l'avouera plus tard, il a voulu faire du Stendhal en adaptant du Dostoievski. Les premières vingt minutes sont un peu traumatisantes. En effet, on y voit le banc et l'arrière banc du cinéma français de l'époque essayaient de singer les Russes. Ainsi, Bernard Blier et Françoise Rosay sont des russes.


   

Il ne faut pas trop chercher de côté là. Mais surtout ce qui choque ce sont les décors, qui font très cartons-pâtes. Puis avec l'arrivée de la grande tante (Françoise Rosay) le film s'améliore. Quoiqu'il faut noter dans cette première partie, une relation sado-masochiste assez audacieuse, et troublante même pour l'époque entre Gérard Philipe et Liselotte Pulver.La deuxième partie du film est la meilleure, car elle détruit totalement la première partie poussive par les résultats du jeu. Et les différents protagonistes vont à la rencontre de leur destin dans un épilogue, ou une 3ème partie assez différente du roman original de Dostoievski. Le jeu devient en effet ici une dénonciation des moeurs de la grande bourgeoisie, mais aussi le révélateur et surtout l'ascenseur social pour le domestique qui ne pouvait espérer tant. On ressort donc enfiévré de ce "joueur" et il donne énormément envie de redécouvrir "le rouge et le noir" du même Autant-Lara, avec le même Gérard Philipe. Et après l'avoir vu, on ne comprend pas bien pourquoi la jeune critique de l'époque, Truffaut en tête décidèrent de tirer à boulets rouges sur l'acteur, en le qualifiant "d'acteur indirigeable, terreur des metteurs en scène et dont le timbre de voix est une infirmité". On ne saurait être plus en désaccord avec Truffaut sur ce point, même si parfois Gérard Philipe en fait un peu trop. Mais ce n'est pas le cas ici. Source : http://hollywoodclassic.hautetfort.com/archive/2014/07/18/le-joueur-1958-5413071.html

1 commentaire:

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