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lundi 31 août 2015

Yves Barsacq

Le sympathique Yves Barsacq a très bien connu Louis De Funès. D'une part, ils sont tous deux d'anciens élèves de l'Ecole de Photo et de Cinéma à Paris, d'autre part, il fut comédien dans "Le diable et les dix Commandements", "Des Pissenlits par la racine", "Pouic Pouic", "Le Gendarme se Marie", "Le Tatoué" et "Le Gendarme en balade". Preuve de son talent, Yves Barsacq a aussi côtoyé tous les plus grands, comme vous le verrez... Qui ne souvient pas de ses coups de sang qui ont donné des répliques cultes pour les passionnés de Louis De Funès ? "Pellot !" " Patate !". Depuis quelques années, il se consacre au doublage de films et de dessins animés. Il donna entre autres sa voix à l'un des deux Dupondt dans "Les Aventures de Tintin" ou au grand-père de "Cédric". Il nous reste à le remercier chaleureusement pour sa disponibilité et à le féliciter pour sa belle carrière. Il apparaît en effet dans plus de 170 films... Vous avez joué avec les plus grands: Blier, Gabin, Ventura, Serrault, Bourvil...quels souvenirs ?



                            


- J'ai "servi la soupe" à plus de cent vedettes : Bardot, Feuillère, Ventura dans "Le Gorille vous salue bien", c'est le seul qu'il ait fait, après ils ont pris Hanin et c'était quand même moins le personnage parfois. Lino était sympa à cette époque, il n'était pas encore une grosse vedette. Il était parfois renfermé et triste (je pense à cause du handicap de sa fille). Il n'avait pas eu de formation d'acteur mais cela ne l'a pas empêché de devenir un très grand acteur quand même, il était catcheur mais n'aimait pas ce terme, il voulait que l'on dise qu'il était lutteur.- Vos débuts remontent à 1957 dans "Charmants Garçons"...
- J'ai même joué dans un autre film avant. J'ai commencé par être technicien. J'ai fait l'école Louis Lumière. j'ai été deuxième assistant prise de vue et là j'ai connu beaucoup de techniciens. C'était très dur de percer à l'époque. J'ai pris aussi des cours d'art dramatique. Après 3 ans de cours, j'ai commencé à tourner un peu grâce aux gens que j'ai connus. Mais aujourd'hui, je ne connais plus personne. Les réalisateurs ne connaissent plus les seconds rôles de ma génération. J'ai commencé à tourner au cinéma en 1957 dans "Un amour de poche" de P. Kast avec Jean-Claude Brialy. Source : http://nimotozor99.free.fr/yves-barsacq.htm


                             

                 

Le septième juré : Film de Georges Lautner (France, 1962). D'après le roman de Francis Didelot. Image : Maurice Fellous. 90 mn. NB. Avec Bernard Blier : Grégoire Duval. Maurice Biraud : le vétérinaire. Francis Blanche : le procureur. Danièle Delorme : Geneviève Duval. 
Un notable, juré au procès de l'homme injustement accusé d'un crime qu'il a lui-même commis, va tout tenter pour le faire acquitter. Malheureusement, la ville préfère le faux coupable au vrai coupable...
Pourquoi le pharmacien Duval, homme au dessus de tout soupçon, partenaire de bridge des notables de la ville, s'acharne-t-il lors de son procès à faire innocenter le bellâtre Sautral qu'on accuse d'avoir étranglé sa compagne, une demi-prostituée qui l'entretenait? D'abord, parce que l'ironie du sort a voulu que Duval soit choisi comme juré du procès, ensuite, parce, l'ayant lui-même étranglé dans un moment d'égarement pour la faire taire quand elle se refusait à lui, le respectable pharmacien ne sait plus comment sortir d'une culpabilité qui le ronge... 



            

Petit à petit, le personnage de Duval évolue, au début, il voudrait bien sauver sa peau, ensuite, il ne veut pas faire condamner un innocent à sa place, puis, chemin faisant, alors qu'il a réussi à faire innocenter Sautral au tribunal, cela ne lui suffit plus. Soudain réveillé de l'anesthésie de sa vie vide de sens, non seulement  Duval veut aider Sautral, acquité mais montré du doigt comme un assassin remis par erreur en liberté par sa faute, mais il veut être reconnu coupable,  mieux, reconnu comme un homme capable d'avoir désiré une jeune femme. Une femme désirable qui lui rappelle une fille du même âge qu'il n'a pas osé aimer dans sa jeunesse. La morale du film est ambigüe : Duval est embarqué en ambulance alors qu'il sortait se livrer à la police, son épouse préférant le faire enfermer dans un hôpital psychiatrique que de compromettre l'avenir de la pharmacie. Mais Duval enfermé, "cette prison ou une autre", comme il le dit lui-même, sera sans doute plus libre dans sa tête que le pharmacien Duval derrière son comptoir ou faisant le quatrième au bridge avec ses pairs... 



                                           



Le réalisateur Georges Lautner n'a pas toujours fait des films parodiques et légers, il a commis d'autres films qu'on a oubliés comme "La Route de Salina", par exemple, dans les années 70, polar hippie culte mais introuvable. Avec "Le 7° Juré" Lautner  livre un film dans la tradition du film noir français des années 50/60 avec une analyse incroyablement sombre de la bourgeoisie de province. Non seulement, personne ne va soupçonner Duval, ni le commissaire de police, ni le procureur, ni aucun de ses semblables du milieu conservateur bien-pensant auquel il appartient, mais, pire, personne ne veut qu'il soit coupable et surtout pas son épouse Geneviève qui voyait en lui un futur député... Bernard Blier est franchement génial dans ce rôle d'un homme se réveillant d'une existence mortelle en commettant un meurtre, le visage et le regard tellement expressifs transmettant les tempêtes morales et les conflits qui le dévastent. Au casting également, du beau monde, Maurice Biraud, Francis Blanche, Danielle Delorme, etc... 
                                       

Tourné en 1962, filmé en noir et blanc, jouant avec les ombres et les clair-obscurs, sur la voix off de Blier racontant son parcours mental, le procès n'est pas celui de Sautral (occupant une partie du film) mais un réquisitoire noir c'est noir contre l'hypocrisie bourgeoise et les préjugés d'une certaine élite provinciale bornée et réac pour qui l'assassin doit avoir le profil d'un assassin et payer au passage pour son absence de moralité (Sautral se fait entretenir par des femmes) et pas celui d'un  notable comme eux, ce qui entacherait la respectabilité de l'entité bourgeoise dans son ensemble. Programmé à 0h35 sur le câble, pour insomniaques, bien évidemment... ce film gagne à être (re)connu, une période du cinéma français riche en bonnes surprises. Source : http://www.cinemaniac.fr/le-7-jure-au-dessus-de-tout-soupcon/


                


Avec "Le Chat", adaptation du roman de Georges Simenon, Pierre Granier-Deferre revient sur la vie d'un couple après de longues années de mariages, ils ne se parlent plus beaucoup et leurs sentiments l'un envers l'autre ont régressé, mais un chat vient chambouler leur vie, lorsqu'il se prendra d'affection et pour lui et qu'elle en deviendra jalouse. Il nous livre un très bon film, mais surtout bouleversant, il aborde le thème de la vieillesse et notamment à travers le mariage, des relations de coupe, de la vie, de la nature humaine et tout ca à travers deux personnages merveilleusement écrit et bien interprété par un duo dont l'alchimie est impeccable. Simone Signoret est bouleversante dans la peau d'une veille marié au problème physique et Jean Gabin géant. La mise en scène est impeccable et adéquat, et l'atmosphère prenante, à l'image de cette vision Parisienne, entre chantier, bruit et désenchantement. La partition musicale est superbe. Un grand film, toujours juste, parfois dur et finalement bouleversant.  Un film dur et d'une infinie tristesse qui nous plonge dans le morne quotidien d'un couple au crépuscule de la vie, usé et aigri par le temps. De leur amour, il ne reste plus que de lourds silences et de vains regards qui en disent plus que n'importe quel dialogue. Seuls, diminués et reclus dans leur pavillon au cœur d'un quartier qui n'est plus qu'un vaste chantier de démolition, ils sont trop habitués l'un à l'autre pour se dire qu'ils s'aiment, sont trop vieux pour se séparer et n'ont désormais plus que la confrontation pour briser un tant soit peu l'indifférence qui s'est installée entre eux. Véritable drame humain, "Le Chat" m'a autant troublée par sa cruauté et son réalisme, qu'il m'a émue par sa pudeur, sa simplicité, et bien sûr l'interprétation magistrale et déchirante du couple Signoret/ Gabin. 



   

Un film amer mais plein de justesse qui n'a pas volé son titre de classique. Sous ses airs de huit clos étouffant qui soit dit-en passant est quasiment dépourvu de dialogues (du moins entre les deux personnages principaux), Le Chat est en réalité une histoire d'amour cachée sous la haine et l'indifférence d'un vieux couple ne se supportant plus et qui se déchire lentement. De plus, l'arrivée d'un chat va provoquer une tension supplémentaire. Gabin et Signoret ne communiquent que grâce a des petits messages sur papier. Chaque petit bout de papier envoyé traduit un éloignement inévitable et laissant croire qu'il n'y a plus aucun sentiments. Mais ces sentiments dissimulés éclateront au grand jour lors des dernières minutes du film... Le contexte: Paris sombre du début des années 70 qui est lui aussi victime du modernisme, on détruit les vieux pavillons pour les remplacer par des logements un peu plus luxueux. Un film culte du cinéma français avec en tête d'affiche deux monstres sacrés du cinéma français.Le chat fonctionne sur la relation violente et mutique entre les personnages joués par Jean Gabin et Simone Signoret. Tous les deux forment un couple d'enfer et les deux acteurs fournissent une excellente interprétation. Signoret, vieillie et usée prématurément est touchante en quinquagénaire alcoolique, boiteuse et mélancolique de sa jeunesse d'acrobate. 


                 


Le troisième personnage, tel sorti d'un film d'Antonioni, est le beau chat d'où tout converge (ses apparitions sont bien distillées, à la limlite du fantastique). Les scènes d'impossible communication entre les deux protagonistes renvoient aussi à un Antonioni très franchouillard ; ces scènes sont les meilleures du film dont le montage est bien réussi. Plus qu'un simple affrontement entre deux vieilles personnes ou l'étude des problèmes des vieux couples, le film montre aussi la fin d'une époque. Tourné en 1970, Le Chat est corrélatif de l'expansion du quartier de la Défense où les petits pavillons se sacrifient sur l'autel de la verticalité des habitations ce qui fait ressembler le vieux quartier en travaux du couple au Bronx de la pire époque. La monotonie de ce vieux couple pathétique affronte ainsi les mutations de l'environnement ; le vainqueur ne fait aucun doute, d'où la mort des deux ex amants, tel un suicide déguisé. Les films sur la vieillesse ne sont pas si fréquents au cinéma (le top étant tenu par Ozu, McCarey ou De Sica). Georges Simenon montre ici son immense talent dans la description des comportements humains. Il s'agit sûrement de l'un des meilleurs films de Gabin (en tout cas son dernier grand film) et peut être le plus réussi de Pierre Granier-Deferre généralement un cinéaste consensuel et académique.Jean Gabin et Simone Signoret ont reçu tous deux un Ours d'argent à Berlin pour leur interprétation. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-4686/secrets-tournage/

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