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mercredi 26 août 2015

Promenade au park

Réalisé pour 50 000 dollars (La Dernière maison sur la gauche, tourné en 1972 par Wes Craven, a par titre de comparaison coûté 100 000 dollars), Punishment Park reste à peine quatre jours à l’affiche avant d’être retiré suite à des critiques assassines et à la crainte des exploitants de voir des actes de violences se manifester lors des séance. Le film sort en France en 1973, assorti d'une interdiction aux moins de dix-huit ans pour « incitation à la violence ». Ce film, qui sera très peu montré aux Etats-Unis et jamais à la télévision, est pourtant aujourd'hui l’œuvre la plus connue de Peter Watkins. Après The Gladiators, réalisé en Suède en 1969, Peter Watkins tourne son premier (et unique) film américain durant l'été 1970. Le cinéaste profite de la vague du Nouvel Hollywood qui ébranle alors le modèle des studios, pour réaliser ce brûlot contre la politique de Nixon et contre ce qu'il nomme la monoforme. Punishment Park a donc deux cibles qui sont étroitement imbriquées par les choix de mise en scène de Watkins: l’impérialisme et le fascisme latent du gouvernement américain d’un côté, les mass médias de l’autre. En 1950, Patrick McCarran, le président de la commission d'enquête sur les activités anti-américaines, propose un projet de loi afin d'interdire les organisations « ayant pour but avoué ou inavoué d’obtenir un changement de régime politique aux USA », projet prévoyant notamment l'inscription automatique de tout sympathisant communiste auprès des autorités. Les sénateurs libéraux, par crainte de passer pour des faibles ou des collaborateurs auprès du public (à l'heure où les communistes sont en Corée du Sud), proposent de leur côté la mise en place d'un plan de détention pour les personnes susceptibles de commettre des actes de sabotage ou de terrorisme. La proposition est reprise par McCarran qui intègre à son projet l'enfermement des suspects dans des camps « aussi longtemps que le requiert l’enquête sur le danger supposé que ces individus font courir à la Nation et sans qu’ils puissent avoir recours à un avocat ou communiquer avec l’extérieur »



          

Harry Truman s'oppose violemment à cette proposition de loi (« Nous devons protéger notre sécurité nationale, certes, mais nous abandonnerions notre plus précieuse tradition si nous laissions restreindre nos libertés fondamentales. Le coup fatal porté à la Bill Of Rights ravira les dictateurs du monde entier car il ridiculise notre volonté de servir d’exemple pour la liberté dans le monde ») et il présentera le projet des libéraux comme « la proposition de loi sur les camps de concentration ». Mais le sénat américain passe outre le veto du président et la loi est adoptée, les libéraux devant accepter de voter pour l'ensemble du projet pour voir leur contribution mise en avant. Le McCarran Act est toujours en vigueur aujourd'hui. Peter Watkins part donc de cette loi pour livrer sa vision de la politique américaine : un gouvernement fascisant, impérialiste, qui bafoue la liberté de parole, qui écrase la jeunesse révoltée. Une critique radicale qui est déjà à l’œuvre au sein même de la production cinématographique américaine depuis 1967. Watkins ne fait finalement que s’engouffrer dans la brèche contestataire ouverte au sein de l'industrie hollywoodienne par des films comme Bonnie & Clyde et Easy Rider. Punishment Park est, sur le papier, un film d’anticipation qui prend comme point de départ le contexte politique de l'Amérique du début des 70's. 


                             


On y parle de la guerre du Vietnam, des mouvements pour la paix, de la lutte pour les droits civiques ou encore pour l’égalité hommes / femmes, on y évoque la façon dont le gouvernement écrase toute velléité contestataire. Watkins ne fait que pousser un peu les choses en inventant un camp punitif et une traversée du désert qui se transforme en chasse à l’homme. Pour le reste, tout est factuel: les arrestations arbitraires, les tribunaux d’exceptions, les jugements expéditifs... Les acteurs qui incarnent les militants sont tous issus des mouvement contestataires. Ce qu’ils disent, ce qu’ils pensent, les histoires qu’ils racontent viennent de leur propre vécu. De même, en face, plusieurs des acteurs interprétant les membres du tribunal ont été choisis par Watkins dans une population s'opposant à tous ces mouvements, le cinéaste leur demandant simplement de dire ce qu’ils pensent réellement de ces jeunes, de leur lutte et eux d’embrayer avec leurs propres mots, souvent d'une violence inouïe. De même les policiers sont interprétés par des militaires d'une base militaire située non loin du lieu de tournage. Grâce au procédé adopté par Watkins (prendre des acteurs qui sont ce qu'ils doivent incarner à l'écran et les laisser s'exprimer), les scènes de tribunal de deviennent une saisissante captation de la confrontation entre deux Amériques : d'un côté ceux qui se sont révoltés, qui ont été battus par les policiers, qui ont connus le racisme ordinaire, les brimades, les arrestations abusives, les humiliations, et de l'autre la population conservatrice qui se sent en danger, qui voit son monde vaciller. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/punishment-park-watkins



                


Remarquable polar situé dans le froid moscovite, « Gorky Park » réussit le tour de force de se montrer à la fois très réaliste dans l'évolution de l'enquête et de ses implications tout en n'étant jamais ennuyeux. Il faut dire que Michael Apted a trouvé un ton très juste pour nous raconter ce récit froid, désincarné, mais pour lequel on se passionne presque tant il est élégant, bien réalisé et présente nombre de situations fortes. C'est toutefois dans le traitement des personnages que l'oeuvre séduit le plus, comme en témoigne ce héros mystérieux qu'incarne magnifiquement William Hurt, dont l'affrontement tendu avec un Lee Marvin magistral est un grand moment de cinéma. Il y a la fois beaucoup et peu d'humanité dans le film, et c'est ça qui le rend si intrigant, si étrange, à l'image d'une fin aussi belle que triste, que le réalisateur filme d'ailleurs magnifiquement. Un vrai coup de coeur que « Gorky Park », assurément l'une des grandes réussites de son auteur. Ce thriller placide sort vraiment des sentiers battus. Tout d'abord,il se passe en Russie en pleine fin de la Guerre Froide,et son héros est un milicien moscovite avec un cas de triple homicide à résoudre. Ensuite,la mise en scène de Michael Apted joue habilement des longueurs pour que l'ambiance soit aussi inquiétante que languissante. Enfin,le réalisateur a un véritable point de vue,quelque part entre le romanesque désespéré et l'humanisme utopique. "Gorky Park"(1983)peut être déroutant par son scénario alambiqué qui avance à pas de loups et son refus du spectaculaire gratuit. Il préfère miser sur une confrontation feutrée où l'homme doit faire face à sa nature,au-delà du camp auquel il appartient. William Hurt est parfait en policier perturbé par le sens de son enquête et par son attachement soudain à la femme-témoin. Lee Marvin apparaît peu,mais il jubile en salaud opportuniste. Prestation haute en couleurs également de Brian Dennehy,éternelle seconde gueule du cinéma US des 80´s. La photographie hivernale,le sens du cadre et la musique tout à fait adéquate achèvent d'en faire un petit classique méconnu. 



          

On entend dèjà les voix nasillardes des persiffleurs de service qui savent toujours tout avant même d'avoir vu les films : Oui un Russe qui rencontre un amèricain, on a dèjà vu ça dans "Double dètente". Sans intèrêt donc [...] Mais "Gorky Park" de Michael Apted vient bien avant le film de Walter Hill! il se situe à Moscou et examine avec beaucoup de subtilitè le cas de conscience d'un homme face aux lois de son propre gouvernement, tandis qu'un film comme "Double dètente" transplantait un Russe hors de son milieu pour le confronter à un règime ètranger! Film d'espionnage moscovite haletant, "Gorky Park" est malheureusement un peu compliquè à suivre et souvent long (même s'il assume sa longueur) pour adhèrer totalement à ce polar dense et insolite! Reste que le spectateur se laisse prendre par l'ambiance « rideau de fer » et par la soliditè de son casting, avec un cocktail William Hurt-Lee Marvin qui donne son prix au film! Brian Dennehy et Joanna Pacula ne passent pas non plus inaperçus... L'originalité de ce film américain tiré d'un best seller éponyme de Martin Cruz Smith est de se situer à Moscou au début des années 1980 quand la guerre froide était encore une dure réalité. 


                               

Dans ce ténébreux polar il y est question, de corps sans visages, de têtes coupées puis reconstituées, de passage à l'ouest, d'un flic américain venu venger la mort de son frère, de trafics d'objets d'arts et de peau de zibelines, de prostitution, de corruption de l'appareil judiciaire soviétique, et d'un homme d'affaire américain, et de bains publics servant de lieu de réunion. Bref autant dire que tout ceci est assez alambiqué mais finalement plutôt plaisant à suivre. On pourra reprocher cependant quelques baisses de régimes dans la tension du scénario écrit par Dennis Potter. C'est un peu dommage une scène d'action supplémentaire aurait permis de mieux tenir le spectateur en haleine. Tandis que William Hurt débute sa carrière de façon assez tonitruante (il en est à son 6ème film dont 5 comme tête d'affiche), Lee Marvin achève la sienne il ne lui restera plus que trois films à tourner et pas des chefs d'œuvres hélas! Pour Michael Apted la Gageure est de faire croire au spectateur que son film tourné à Helsinki et Stockholm se situe bel et bien à Moscou. C'est plus ou moins réussi. Si l'on compare ce film à "La Maison Russie" de Fred Schepisi tourné (en partie) à Moscou. On s'aperçoit que Michael Apted filme ses extérieurs en cadres relativement serrés et ne s'attarde pas sur des vues "cartes postales" de grandes avenues ou de grands monuments moscovites. Il est vrai que le spectateur se trouve un peu frustré à ce niveau là. Cela reste cependant un bon polar qui peut faire le régal des accrocs au genre. Source : http://www.senscritique.com/film/Gorky_Park/critique/14053553

3 commentaires:

  1. https://ejuwgz.1fichier.com/
    https://mpfzavqgto.1fichier.com/

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  2. Merci pour cet excellent "gorky park" .
    radisnoir

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    1. Merci ! La B.O. en bonus : http://uloz.to/xqgMHdd/gorky-park-www-soundtrack-centrum-cz-rar

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