.

.

mercredi 5 août 2015

Lee Remick

Née le 14 décembre 1935 à Quincy près de Boston, Lee Remick fait des études de danse et débute à seize ans à Broadway, puis participe à des comédies musicales comme Oklahoma et Show Boat. Dès 1953, on la voit à la télévision dans des dramatiques en direct. Remarquée par Elia Kazan, elle tourne son premier film en 1957, Un homme dans la foule.
Deux ans plus tard, elle remplace Lana Turner pour le principal rôle féminin d'Autopsie d'un meurtre d'Otto Preminger, où elle donne la réplique à James Stewart.
En 1961, sort le film Sanctuaire de Tony Richardson, elle y tient le rôle principal aux côtés d'Yves Montand.
En 1962, sous contrat à la Fox, elle est pressentie pour remplacer Marilyn Monroe dans Something's Got To Give de George Cukor. L'idée est finalement abandonnée. A la mort de Marilyn le film reste inachevé.
En 1962, elle obtient une nomination à l'Oscar pour Le Jour du vin et des roses. Elle quitte les États-Unis en 1969 pour s'établir à Londres avec son mari, le réalisateur Kip Gowans ; elle y tourne notamment la Grande Menace avec Lino Ventura et Richard Burton.
La mini-série télévisée Jennie lui vaut une énorme popularité et plusieurs prix d'interprétation. A la télévision on la retrouve dans d'innombrables téléfilms et des séries à succès comme l'Amour en héritage, et au cinéma dans la Malédiction de Richard Donner ou les Européens de James Ivory.


                              


Après treize années passées derrière les caméras, Richard Fleischer avec These Thousand Hills signe son vingtième long métrage et son premier véritable western : il s'agit d'une nouvelle formidable réussite du réalisateur qui n a pas été avare en la matière durant cette décennie. Fils de Max Fleischer, l’un des pionniers du film d’animation, Richard Fleischer souhaite devenir acteur; mais au lieu de jouer il est engagé par la RKO pour le montage de ses films d’actualités. Il tournera ensuite pour le studio plusieurs films de série B jusqu’à ce sommet du film noir qu’est le concis et trépidant Enigme du Chicago Express (The Narrow Margin) avec Charles McGraw. Il sera l’un des premiers à utiliser le Cinémascope pour son film suivant à la MGM, Arena. Les studios Disney ayant repéré son aisance à filmer dans ce nouveau format large, Fleischer est engagé pour mettre en scène le film en prises de vues réelles qui restera très légitimement leur plus célèbre titre de gloire, la superbe adaptation de Jules Verne qu’était son Vingt mille lieues sous les mers, la fameuse et inégalable version avec Kirk Douglas ainsi que James Mason en Capitaine Nemo. Ce seront ensuite les non moins superbes Les Inconnus dans la ville (Violent Saturday), autre cime du film noir, l’inoubliable Les Vikings avec Tony Curtis et Kirk Douglas, ou encore le magnifique film de guerre qu’était Le Temps de la colère (Between Heaven and Hell) avec Robert Wagner. Bandido Caballero avec Robert Mitchum, beaucoup moins convaincant, flirtait avec le western sans en être vraiment un. Duel dans la boue (titre absurde et beaucoup moins poétique que l’original, je ne l’utiliserai donc plus jusqu’à la fin de cet article) marque donc sa première contribution au western, genre qu’il disait n’apprécier que moyennement et pour lequel il n’était pas attiré. Il ne s’y frottera qu’à une seule autre reprise, quinze années plus tard, avec Du Sang dans la poussière (The Spikes Gang) qui ne déméritera pas au sein de cette passionnante filmographie.


            

These Thousand Hills est le quatrième film de Richard Fleischer pour la 20th Century Fox ; le réalisateur retrouve à cette occasion le producteur de Between Heaven and Hell, David Weisbart. On a fait assez peu de cas de ce western en France ou alors très succinctement, seul Charles Ford dans son Histoire du western écrivait à son propos : "A tous points de vue, finalement, le film de Richard Fleischer est une œuvre qui mérite d'occuper une place de choix dans la mémoire des amateurs." Depuis que Richard Fleischer a retrouvé une certaine légitimité auprès de la critique, certains reviennent dessus avec plus d’attention dont Bertrand Tavernier dans les bonus du DVD Sidonis.
Au cours d’une de leurs rencontres, le réalisateur français nous raconte qu'ils s’étaient longuement entretenus sur These Thousand Hills ; Fleischer lui avoua être très fier de son western, aimant beaucoup le sujet qui s’attaquait au mythe de la réussite et qui mettait à mal le "rêve américain". Alors certes, comme l’ont fait remarquer la plupart des admirateurs du film, la démarche des auteurs était très audacieuse par le fait de mettre en avant un antihéros arriviste pour faire passer le message. 



                               

Seulement ces mêmes louangeurs parlaient également d’un surcroît de hardiesse dû au fait que le scénariste Alfred Hayes - Le Démon s’éveille la nuit (Clash by Night) de Fritz Lang - avait expressément cherché à ce que le spectateur ait de la difficulté à ressentir de l’empathie pour Lat, l’identification avec le personnage principal devenant alors quasiment impossible. Si c’était le but recherché (ce dont je ne suis pas convaincu), je trouve au contraire que la formidable réussite et la grande modernité du film proviennent avant tout du fait qu’au contraire, le protagoniste s’avère malgré tout attachant et profondément humain. Il est en tout cas génialement interprété par Don Murray, comédien habituellement moyennement convaincant - y compris dans La Fureur des hommes (From Hell to Texas) de Henry Hathaway - mais qui trouve probablement ici son plus grand rôle, le plus riche et le plus complexe aussi. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/duel-dans-la-boue-fleischer


                 


Rejeton bûcheur de l’Actors Studio, sex-symbol chromé, producteur de télé et de cinéma, champion de sport automobile, philanthrope, baron de la vinaigrette, Paul Newman connut plus de carrières qu’il ne réalisa de films et, de fait, peu nombreux sont ceux qui se souviennent de lui comme du fin cinéaste qu’il fut pourtant.
Son intermittente trajectoire de réalisateur, faite d’une demi-douzaine de longs métrages, vaut toutefois infiniment mieux que la plupart des films qui écrivirent sa légende d’acteur.
L’année dernière, on redécouvrait en salle De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (1972), alerte portrait féminin sublimant son épouse Joanne Woodward sous l’ombre portée, jamais écrasante, de Cassavetes et de Barbara Loden, et l’on rêverait de voir reparaître le rarissime The Shadow Box (1980), qui jouit d’une jolie réputation – Skorecki en écrivit dans les pages de Libé que c’était là le chef-d’œuvre de Newman, en qui il voyait “un cinéaste de la trempe de Cocteau ou de Laughton”, pas moins.
En attendant, voici Le Clan des irréductibles (1970), adaptation d’un roman de Ken Kesey, également auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou et figure phare du psychédélisme.
Newman aurait originellement dû n’en être que l’interprète, mais sa mésentente avec le réalisateur Richard Colla entraîna la défection en cours de tournage de ce dernier. Qu’est-ce qui put bien pousser l’acteur, alors auteur seulement du saisissant coup d’essai Rachel, Rachel (1968), à vouloir ainsi se saisir soudain des rênes du film ?


           


On soupçonne l’attrait du thème de la dislocation de l’iconique famille américaine, qui traverse toute son œuvre de cinéaste, tout comme la perspective d’y filmer la beauté pas encore fanée de Lee Remick et le mythe vieillissant Henry Fonda, en patriarche intransigeant d’un clan de bûcherons briseurs de grève.
Surtout, Newman s’identifia peut-être à la bizarrerie déphasée d’un scénario à la fois très sensible et un brin réac, à contre-courant des seventies naissantes, lui qui, comme acteur, avait attrapé l’ère classique hollywoodienne par la queue, alors qu’en expirait l’âge d’or.
Il en tira un film hybride, entre élégie classique et sécheresse documentaire, rudesse du trait et douceur raffinée de l’étude de caractères, aux superbes embardées mélo – voir la scène, magnifique dans sa dilatation, de la noyade de l’un des bûcherons. On dit que, plus tard, Newman renia ce film. S’il s’agit sans doute du segment le plus étrange de sa courte filmographie de cinéaste, ce Clan des irréductibles n’en est certainement pas le moins beau. Source : http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/le-clan-des-irreductibles/

1 commentaire: