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mercredi 26 août 2015

Larry Gates

Larry Gates est un acteur américain né le à Saint-Paul, Minnesota (États-Unis), décédé le à Sharon (Connecticut).
Voilà une petite adaptation d'un roman de Simenon par Phil Karlson dont les deux films vus précédemment ne m'avaient pas particulièrement emballé. The Brothers Rico me laissera malheureusement tout autant sur ma faim. Il y a pourtant quelques bonnes idées dans l'histoire de ces trois frères liés à la mafia, une mafia dont il semble bien difficile de s'extraire. Le frère aîné, Eddie Rico (Richard Conte, de faux airs de Cassavetes mais qui peine terriblement à émouvoir quand il le faut...), est rangé des voitures et a ouvert une blanchisserie - symbole, ouais. Il cherche, avec sa femme, à adopter un gosse, comme s'il cherchait quelque part à ne pas lui transmettre le virus qui a failli le perdre dans le passé. 


Seulement pas de bol, ses deux frères, eux, n'ont pas coupé les tentacules, pardon les liens avec la pieuvre et sont mouillés jusqu'au cou dans un meurtre. Ils sont en fuite et les pontes ont peur qu'ils fassent de grosses bêtises - genre aller à police, dénoncer leur chef et tout le tralala. Rico est contacté par le Big Boss pour qu'il remette sur le droit chemin le cadet, Gino, (en le renvoyant au bercail des mafieux) et, surtout, retrouve la trace du benjamin, Johnny : ce dernier s'est marié avec une jeune donzelle dont il est follement amoureux, et le frère de cette dernière a été récemment aperçu dans les bureaux de la police - c'est suspect, forcément... Bien qu'Eddie sache pertinemment que ses deux frères ne sont point des mouchards, il se fait un devoir de remettre la main sur les deux frérots pour éviter tout malentendu, ayant pleine confiance dans la mansuétude du Big Boss - un vieil ami de la famille. Eddie a tôt fait de remettre la main sur le cadet (qui se jette illico dans les bras de la Mafia) et part en chasse du jeunot. Un jeu de piste qui le mène de New-York à la Californie : de multiples rencontres pour remonter jusqu'à la cache du petiot, bon c'est pas qu'on s'ennuie mais on s'attendait à un peu plus d'action... Quand Eddie croise - enfin ! - le petit jeune, ce dernier annonce derechef à son big brother qu'il a salement été manipulé : Eddie a joué les chiens de chasse pour les mafieux et Johnny ne se fait po d'illusion sur le sort qu'il les attend, lui et son frère Gino ; sa jeune femme étant enceinte, Johnny pensait disparaître pour que son fils ne soit pas touché à son tour par les ventouses de la pieuvre et son frère a tout fait foirer. Eddie demeure sceptique, grave grave erreur... 


   
           

Karlson tente de filmer tout cela de façon plutôt sèche et froide, c'est bien tenté mais on a un peu de mal à trouver à l'ensemble une véritable patte. Les acteurs - notamment toute la famiglia Rico - sont méchamment ternes et on prie pour que le Eddie finisse par s'énerver après avoir été aussi impuissant et couillon - un peu comme une serviette de bain qui a abusé de l'adoucisseur. Comme il reste à peine dix minutes, c'est clair qu'on trépigne sa mère... La conclusion nous prouvera qu'on peut "laver son linge sale" en famille (les Rico, la Mafia) et qu'il est toujours possible pour les rejetons (le fils de Johnny, l'enfant adopté par Eddie) d'espérer une vie où ils seront blancs comme neige. Bah c'est moral, gentiment mené mais pas vraiment ultra trépidant... On regrette tout de même point de ne pas s'être fait un Maigret sauce Cremer - n'exagérons rien, certes.      Source : http://shangols.canalblog.com/archives/2010/08/09/18776538.html


                 

Phil Karlson filme et monte avec dynamisme et sans chichi. Il opte pour une photo assez plate de téléfilm, tournant le dos aux clairs-obscurs de rigueur dans le ‘film noir’. Cela donne un aspect quasi-documentaire à certaines scènes et ajoute à la crédibilité. Il n’évite pas toujours le mélo dans le personnage de la « mamma » larmoyante sortie d’un catalogue de clichés ou dans cet épilogue d’une niaiserie dégoulinante. Heureusement, les seconds rôles de gangsters sont bien croqués et joués par des gueules qu’on reverra souvent dans LES INCORRUPTIBLES comme Paul Picerni, Dick Bakalyan ou l’excellent Harry Bellaver en tueur pragmatique. On reconnaît aussi le jeune James Darren(futur héros de la série-culte AU CŒUR DU TEMPS dans le rôle du frangin fugitif.Un film assez mineur, mais jamais ennuyeux, qui rend bien compte du pouvoir tentaculaire de la mafia, d’un État à l’autre, sans échappatoire possible. Source : http://wild-wild-western.over-blog.com/article-les-freres-rico-1957-55070838.html


John Sturges signe son dernier très bon film : 7 secondes en enfer ; Il reprend l'histoire là où elle s'était arrêtée, dans son film de 1957 "Règlement de comptes à O.K. Corral". Il ne fait pas appel au même casting. Et offre au spectateur un meilleur film que son opus précédent. Bien entendu la réalité historique est foulée du pied comme souvent dans les productions américaines, John Sturges s'attachant plus à la légende et à la geste westernienne. Pas de rôle féminin dans ce film. Ainsi le réalisateur ne se prend pas les pieds dans le tapis avec des scènes intimistes qu'il ne maîtrise pas. Film viril donc et fort plaisant. L'ambigüité de Wyatt Earp est bien mise en évidence le héros sous le costume de Marshal federal se lance dans une vendetta dont il n'est pas fier, d'autant que son ami Doc Holliday le lui rappelle plusieurs fois, mais vers laquelle une pulsion irrépressible le pousse. Le casting est tout à fait remarquable des trois principaux rôles au rôle des hommes de main de Ike Clanton. James Garner impérial et Jason Robards fait un Doc Holliday d'anthologie. La musique de Jerry Goldsmith est à la hauteur de l'ensemble: assez remarquable. Le début de ce film est pour le moins surprenant. 12 ans après Réglement de Compte à OK Corral, John Sturges convoque à nouveau les frères Earp, Doc Holliday et la clan Clanton. Et commence ce film par le duel qui devrait finir n'importe quel western. Pourquoi refaire un film sur le même sujet ? Parce qu'il avait sûrement autre chose à dire. Très vite après le duel où deux hommes des Clanton ont été abattu, le scénario nous entraîne dans un tribunal pour une première scène de procès. Et on comprend où Sturges veut en venir. Interprété par James Garner, Wyatt Earp nous apparaît comme un psycho-rigide obsédé par le respect absolu de la loi, à la moindre virgule. 


          

Le jeu de Garner augmente encore son aspect quasiment robotique : presque inexpressif, droit comme la justice, avec une démarche pas très humaine. Le thème de la justice est pourtant lancé dès le début : Earp, c'est le respect des lois; Clanton, c'est la corruption. Mais peut-on arrêter un homme comme Clanton, qui joue sur les failles de la loi et sait se placer sur les franges de la légalité ? Constamment, Earp nous apparaît comme ayant une longueur de retard ; il subit la loi de Clanton. D'où l'énervement qui monte. Et le risque qui se pointe de voir la justice se transformer en vengeance. A la distinction entre loi et corruption s'ajoute également une opposition géographique : Wyatt Earp représente le gouvernement, ces lois qui viennent de l'Est, autant dire de l'étranger, et qui voudraient nous empêcher de tuer en rond. L'argument de Clanton, c'est la rhétorique très américaine selon laquelle on devrait avoir le droit et la liberté de faire tout ce qu'on veut, sans la moindre contrainte fédérale. Pour connaître personnellement quelques Américains, je sais que cette opposition est toujours très vivace actuellement. L'interprétation est très bonne (j'ai toujours une grande admiration pour Jason Robards, qui tient ici le rôle du Doc). Le travail de Sturges est maîtrisé et efficace. Un bon film.



              

"Hour of the gun" propose un scénario un peu déroutant ; en effet, le héros régule sa vie sur le livre de la loi, et veille donc à ne jamais commettre quoi que ce soit qui serait illégal. Ca change des westerns habituels où les duels à mort sont tolérés voire appréciés. De ce fait, il s'agit là une originalité qui fait à la fois le point fort et le point faible du film. Point faible parce qu'un héros qui ne jure que par la loi sans aucune auto dérision, c'est un peu ennuyant quand même. Puis le film commence par une séance de tribunal pas des plus palpitante. Mais point fort parce que les conflits se situent ailleurs que dans la poussière : le héros doit trouver un moyen d'avoir la loi de son côté, justifier ses actes. Et en un sens, cela sonne comme une terrible critique de ce qu'est la justice : quelle différence y a-t-il entre les agissements du malfrat et ceux du marshall ? Le plus intéressant, c'est lorsque le Marshall comprend que la loi n'est plus possible, qu'il comprend que ce qu'il fait n'est pas tellement glorieux, que sa justice s'est corrompue en simple vengeance.

Une poignée de plombs : Siegel s’empare des codes traditionnels du western pour contextualiser son œuvre. Il met en valeur une ligne de chemin de fer, des saloons, emblèmes du genre. Il met également en scène avec précision différents personnages liés au genre, tels qu’un « as de la gâchette » solitaire, au passé mystérieux, des « piliers » de bar, éternels témoins passifs de l’intrigue, des hommes d’affaires dépassés face au héros, une bigote accompagnant fidèlement un curé perdu au milieu des duels et des tueries. La ville est essentielle tout au long du film, elle renferme l’action dans son intégralité. L’unité de lieu respectée (mise à part la scène à la lisière de la forêt) enferme les personnages en huis clos et les pousse ainsi à se confronter. Tout se sait mais rien ne se dit explicitement, les rumeurs et les ragots sont étouffants. Quand le « duel » final s’achève, tous les anti-héros (les habitants passifs de la ville) se regroupent autour du cadavre gisant, qu’ils ont tous regardé passivement se faire sauvagement tuer sous le drapeau américain. Frank Patch aurait eu la possibilité de s’enfuir de la ville mais il refusa toutes les aides qu’on lui offrit pour ce faire. Comme disait justement Louis-Ferdinand Céline (1894 – 1961) en 1933 : « Nous sommes tous en fait absolument dépendants de notre société. C’est elle qui guide notre destin ». Cette citation s’applique ici à une société qui, prise d’un élan d’hypocrisie, pointe du doigt un citoyen anciennement respecté jusqu’à l’opprimer et le laisser se noyer dans la solitude. Cette vision très précise de la ville permet à Siegel par la suite d’émettre une situation qui donne corps au film. Cette situation est un duel opposant un shérif (« [un] cow-boy d’un temps passé ») vivant en harmonie avec la nature et sa terre natale, et des notables uniformes, sans identités individuelles, qui cherchent à tous prix à rendre « leur » ville attractive (dans un dessein lucratif) en l’industrialisant et en adoptant un régime capitaliste. Cette opposition marque une rupture évidente entre deux époques. Nous trouvons d’une part celle incarnée par Frank Patch, l’Amérique de l’Ouest dont le western a fait l’apologie, en communion avec la nature, et d’autre part celle du conseil municipal, une société anticipatrice de nos sociétés contemporaines qui soudent des buildings et déracinent des arbres. Cette confrontation, symbolisée par le duel entre le cheval et le train, résume en grande partie l’histoire de l’Amérique moderne, qui, dans sa marche vers la « civilisation », a d’une certaine manière, dû tuer collectivement sa conscience. Don Siegel décrit la folie qui pousse les hommes à s’entretuer. 


          


Dans son film, les meurtres ne sont pas exceptionnels, lorsque Frank Patch abat un homme (ce qui conduira à une violente polémique à son égard), un de ses amis lui dit tout simplement : « un meurtre de plus ». Ce shérif se dit usé (« je suis fatigué »), il ne veut pas de conflit mais malgré lui, son passé ressurgit. Il aime profondément la nature dans laquelle il vit ainsi que les citoyens qu’il protège ; une très belle scène du film réside dans sa simple discussion avec son apprenti au sein d’une nature immaculée, jusqu’à l’arrivée - grandiose - remarquée du conseil municipal. Néanmoins ce marshall est impulsif, brutal, il repousse lui-même ses derniers amis avant de s’en vouloir cruellement (« bon Dieu, que se passe-t-il ? »), il est extrêmement violent lorsqu’il traîne un homme derrière son cheval, attaché à son lasso, homme qu’il laisse se faire piétiner par un troupeau de bovidés (« mauvaise habitude, je perds vite patience »), tant d’éléments qui rendent le personnage principal contestable et inexplicable. Face à ce héros gravitent d’autres personnages. Citons pour commencer le conseil municipal constitué de notables. Obsédés par l’envie de se débarrasser du shérif, ils n’hésitent pas à enfreindre des lois (divines ?) en engageant des tueurs qui interviendront dans une profonde démesure (le shérif finira opposé à plusieurs dizaines de pistoleros).  Il y a aussi tous les habitants de la petite ville qui assistent à ce carnage final, une « boucherie » durant laquelle un homme gratte machinalement une allumette. 


                            


On peut penser à l’ambiance claustrophobe qu’a instaurée Lars Von Trier dans Dogville (2003) où les décors ne comprenaient pas de murs pour montrer l’épiage des habitants entre eux, sans pour autant s’en parler explicitement. Siegel mentionne également, trop succinctement, le rôle de la religion. Alors qu’un office funéraire est célébré en la mémoire de la victime du shérif, ironiquement, ce même shérif est pris dans une fusillade au-dehors de l’église, le prêtre feint de ne pas entendre. On retrouvait ce même prêtre quelques scènes auparavant dans une séquence dans laquelle Patch, se sachant condamné, allait voir le cercueil (dont il est à l’origine) et la veuve dans l’église alors que le prêtre, après lui avoir tourné le dos, le regarde droit dans les yeux, dépassé par une telle folie humaine, une telle violence et une telle haine qui déchirent les hommes. Le prêtre dira d’ailleurs : « seigneur, aie pitié de moi », comme s’il était lui-même la victime. Puis, sarcastiquement, nous entendons des bénédictions fuser dans des situations inappropriées ou ubuesques, comme s’il s’agissait d’une normalité. Enfin, une maigre réflexion sur la mort est mise en place, tenue par l’assistant de Frank Patch qui remet innocemment en cause l’existence. Suite au meurtre déclencheur, les membres des pompes funèbres manient le cadavre de sang-froid comme s’il n’était plus qu’un objet et s’adressent immédiatement à la veuve pour le règlement de leurs honoraires. Voici une riche énumération qui reflète le cynisme dont nous fait part Don Siegel, jusqu’à l’ironie ultime d’un personnage qui déclare : « c’est beau la civilisation ». Source : http://www.findeseance.com/Trois-enterrements-dossier-D

1 commentaire:

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